L’entreprise familiale bretonne a fêté ses 40 ans l’an dernier. L’occasion de revenir sur l’histoire de cette marque leader sur le marché des produits énergétiques à qui l’on doit de belles innovations.

Overstim.s, « aller au delà de soi-même », cela pourrait être la signification de ce nom faussement anglophone, véritable réussite à la Française.Depuis plus de 40 ans, Overstim.s est leader de la nutrition sportive. Elle réalise 80% de son chiffre d’affaires dans l’Hexagone, tout en étant présente dans une dizaine de pays, de la Belgique à Hong Kong.


Gatosport, première révolution
d’Overstim.s

Daniel de Saint-Ouen, en 1982.

L’histoire démarre autour d’un passionné. Daniel de Saint-Ouen, son fondateur, est un cycliste amateur en quête de performance. Nous sommes en 1982 et la diététique de l’effort est balbutiante, le marché étant dominé par des produits américains très acides.

Las d’ingurgiter des plats de pâtes à 6 heures du mat’ avant d’aller rouler, réticent aux produits existants peu digestes, il met au point sa propre recette de collation avant-effort. Il s’agit une préparation en poudre permettant de réaliser un gâteau, à la fois énergétique et gourmand. « Le Gatosport, c’est le concept de départ, le produit qui a révolutionné la pratique du sport d’endurance par sa praticité. C’est toujours un best-seller chez nous », raconte Cédric Le Feur.

La formule originelle est validée après de nombreuses expérimentations et une approbation unanime de copains de club. Le succès immédiat invite Daniel de Saint-Ouen à poursuivre l’aventure. La gamme s’étoffe ainsi pas à pas, répondant aux besoins de sportifs.

Arrivent rapidement les premières préparations pour boissons à consommer avant et pendant l’effort (N°1, N° 2 et N°4 à l’époque dont certaines désormais bien connues sous les noms d’Hydrixir et Hydrixir Longue Distance) mais aussi les gels énergétiques. Le fameux « Coup de fouet », dont le nom a été déposé, sera une autre petite révolution avec sa formule à effet rapide et son tube inédit et très pratique à ingurgiter en action.

Du garage familial à l’usine bretonne

Le catalogue Overstim.s comprend 300 références, dont les fameux gels énergétiques.

En 1987, le garage familial devenant trop petit, la première boutique ouvre à Vincennes. Bien placée, proche du circuit du Polygone, lieu d’entraînement de nombreux cyclistes. L’enseigne se fait connaître en vendant par correspondance, étend peu à peu son réseau de magasins spécialisés et multiplie les salons et partenariats sur les épreuves cyclistes, les marathons, les semis et bientôt les trails.

« Cette présence sur le terrain est essentielle depuis toujours. En rencontrant nos clients, nous confrontons nos nouveautés, remontons les nouveaux besoins des disciplines de sports d’endurance. Nous sommes présents sur 200 épreuves environ, mobilisés quarante week-ends par an en moyenne », détaille le responsable, lui aussi pratiquant.

En 1990, l’entreprise met le cap à l’Ouest. Elle s’installe à Plescop, près de Vannes et prend un nouvel essor en intégrant son propre laboratoire à son usine. En 2000, la fille du fondateur, Frédérique de Saint-Ouen, reprend les rênes de la maison familiale. Celle-ci compte aujourd’hui une trentaine de salariés et reste animée par les mêmes valeurs. « Notre objectif reste de trouver des aliments toujours plus efficaces, faciles à consommer et savoureux. Et surtout, de ne pas nous endormir sur nos lauriers ! » détaille en substance la dirigeante.


Une gamme colossale fabriquée en Bretagne  

Le catalogue Overstim.s comprend 300 références, dont les fameux gels énergétiques.

Depuis quarante ans, le succès ne se dément pas, exception faite de la période Covid qui fut difficile en l’absence de compétitions. La gamme disponible est tout simplement sans équivalent.

Pas moins de 300 références, plus de 500 000 produits en stock, des packs nutritionnels complets (cyclosport, marathon, semi, trail etc.) très plébiscités des compétiteurs et une déclinaison aromatique inédite. Rien que le Gatosport s’est décliné ainsi en une quinzaine d’arômes différents pour satisfaire tous les goûts au fil des ans !

Le tout est fabriqué en Bretagne. « Nos lignes de production nous permettent de fabriquer quasiment tout sur place. Nous nous approvisionnons également en France, sauf pour les produits exotiques ou les ingrédients non disponibles sur le territoire. Cette démarche fait partie de nos valeurs depuis toujours, pour beaucoup de raisons, notamment en termes de praticité et de suivi qualité. », détaille Cédric Le Feur.

Des champions testeurs

François d'Haene teste les produits Overstim.s depuis des années.
François d’Haene teste les produits Overstim.s depuis des années. ©Damien Rosso

Si Overstim.s maintient sa position de numéro 1, c’est aussi car elle associe des athlètes à ses innovations. L’ancien champion de France de marathon Dominique Chauvelier compte parmi les ambassadeurs historiques. Citons aussi l’ultra-traileur vedette Kilian Jornet qui a fait partie de l’équipe dans les années 2010. Débastien Chaigneau et François d’Haene, sont eux collaborateurs depuis des années et toujours sollicités pour des tests produits in situ.

« Les retours de ces élites sont précieuses pour développer et adapter nos produits aux contraintes liées à l’endurance. Nous sommes par exemple ainsi passés d’une texture gélifiée à une texture liquide pour nos gels, et nous avons développé une gamme salée pour pallier l’effet de saturation du sucré en ultra-trail notamment. » explique notre interlocuteur.  

Innovations permanentes

L’offre ne cesse ainsi de s’étendre pour satisfaire tous ceux qui pratiquent des sports d’endurance, des débutants aux plus aguerris, en collant aux tendances. Overstim.s propose ainsi des références vegan et sans gluten mais aussi une gamme « bio » initiée il y a déjà treize ans.

Si cette dernière se développe, elle ne représente pas la majorité des produits proposés. La raison est simple : l’agriculture biologique répond à des règles strictes ne permettant par exemple pas l’enrichissement en minéraux ou en électrolytes, essentiels à la performance, et créneau phare d’Overstim.s.

Côté certification, tous les produits répondent à la norme Afnor anti-dopage. Le logo affiché sur les emballages pourrait d’ailleurs être harmonisé prochainement, une volonté portée activement par la marque dans un souci de cohérence vis à vis du consommateur.

Des nouveautés à venir…

Ainsi, sur le site de production du Morbihan le brainstorming est permanent. L’équipe Recherche et Développement est en lien avec nutritionnistes, athlètes, fédérations sportives et médecins du sport. Chaque année, une dizaine de nouvelles recettes sont élaborées, testées puis mises en vieillissement pendant 18 mois pour s’assurer de la bonne conversation de leurs propriétés.

Au final, deux ou trois produits sont mis sur le marché. Des nouveautés arriveront très prochainement : une nouvelle gamme d’endurance verra le jour en 2024, tandis que les compléments alimentaires devraient encore s’étoffer permettant ainsi à Overstim.s de garder une longueur d’avance.  



Un documentaire intitulé « Anaïs » signé Salomon TV, retrace la vie d’Anaïs Quemener, championne de France de marathon 2022. Aide-soignante en banlieue parisienne, elle a surmonté un cancer du sein en 2016, à 25 ans. Un portrait de femme, fort et inspirant où chaque jour est une occasion de faire mieux que la veille.

La course à pied est une passion pour Anaïs Quemener, une passion familiale aussi, toute sa vie. À 25 ans, cette aide-soignante et athlète de haut niveau apprend qu’un cancer la ronge. Loin d’abandonner ses baskets, elle court de plus belle pour se vider la tête, pour garder espoir face à la maladie. Elle fait de la course à pied son allié, elle y puisera sa force. « La course à pied m’a sauvée », reconnait-elle.

Anaïs Quemener : « je vis ma plus belle année »

Anais Quemener.
@margauxlemap

En 2016, elle est sacrée championne de France de marathon, quelques mois après avoir vaincu son cancer du sein. Elle réitèrera la prouesse en 2022, décrochant le titre national à Deauville. Depuis, rien ne l’arrête, toujours armée de ses légendaires paillettes. Première française sur le dernier Marathon de Paris en 2h32, elle vient de battre son record sur le marathon de Berlin en 2h29’ (24 septembre), avant de monter sur le podium des 20 km de Paris (8 octobre), où elle termine à la troisième place.

En 2022 déjà, elle s’enthousiasmait lors d’une interview « Je vis ma plus belle année ». Mais c’était sans avoir vécu 2023, l’année de tous ses records, la première année de son partenariat avec Salomon. L’année de ce documentaire vibrant, Anaïs, réalisé par Hélène Hadjiyianni pour Salomon TV, 29 minutes de passion.

« Je suis quelqu’un de passionnée dans tout ce que j’entreprends, on dit de moi que je suis plutôt déterminée. Mon cancer a été un combat difficile mais il m’a menée là où je suis aujourd’hui.  Je suis plus que jamais reconnaissante des choses qui m’entourent et qui me font du bien au quotidien. Et surtout…  JE SUIS VIVANTE ! » commente la championne, très émue par la sortie de ce film.



Jake Catterall, ambassadeur Odlo s’est lancé dans une traversée de 5700 km à travers l’Europe. Parti de Norvège en août dernier, il devrait rallier l’Espagne le 3 novembre. Nous avons profité de son passage à Paris pour lui poser quelques questions.

Way Beyond : Running Europe Together, c’est le nom du projet de Jake Catterall. Le coureur est parti le 6 août dernier depuis la ville de Nordkapp en Norvège et prévoit de rallier Tarifa, en Espagne le 3 novembre après un périple de 5700 km. Le but de sa traversée de l’Europe : encourager le mouvement, la cohésion et la transformation par le sport. 200 coureurs l’ont déjà accompagné sur les 3000 kilomètres parcourus jusqu’à présent. Cette semaine, des Parisiens ont pu partager quelques foulées avec lui lors de son étape au cœur de la capitale. L’occasion de poser quelques questions à ce coureur installé à Amsterdam que rien n’arrête. Par le passé, il avait notamment déjà réalisé le tour de l’Islande en vélo en 1400 km, ou bien encore couru 200km non-stop aux Pays-Bas.

Jake Catterall s'est lancé dans une traversée de l'Europe en 5700 km invitant à la rejoindre tout au long de son circuit.
@Jakecatterall

Jake Catterall, qu’est-ce qui a motivé ce nouveau défi entre la Norvège et Tarifa ?

« C’est parti d’une discussion amusante avec ma partenaire, je cherchais une idée pour mon prochain projet d’ultra. Je lui ai demandé si je devais courir à travers les Pays-Bas, elle m’a répondu « hmm, ça ne me semble pas assez ». Alors j’ai dit : « Et si je traversais les Pays-Bas jusqu’à la France ? Elle a répondu « hmm cool, mais j’ai toujours l’impression qu’il manque quelque chose… » alors j’ai dit que la prochaine chose après ça serait de courir à travers toute l’Europe… elle a dit « oh allez, c’est ridicule ».  

Combien de kilomètres cours-tu en moyenne depuis ton départ ?

« J’ai commencé avec l’idée de courir 75 km par jour, mais j’ai trouvé un équilibre entre performance et récupération avec 70 km par jour. Pour l’instant, ma plus longue semaine de course a été de 518 km.

Comment s’organise une journée depuis ton départ sur les routes, début août dernier ?

« Chaque jour suit désormais un schéma similaire. Réveil à 07h30, petit-déjeuner, tournage des séquences d’interview et mise en tenue de sport pour commencer à courir à 9 heures. Jusqu’à 19h, c’est le temps de la course. Nous essayons de considérer cette période comme une « journée de travail », mais tout tourne autour de la course et de l’alimentation. Nous prenons un en-cas avant le déjeuner, au déjeuner, après le déjeuner et à nouveau avant de terminer. Je ne suis pas un programme de nutrition sportive, je ne mange donc que de la vraie nourriture. Saucisses, sandwiches, pâtes, même des hamburgers et des ailes de poulet, et bien sûr beaucoup de beignets. Ensuite, nous cherchons un endroit où dormir, se doucher, dîner, puis nous partageons notre journée sur les réseaux sociaux.

Jake Catterall s'est lancé dans une traversée de l'Europe en 5700 km invitant à le rejoindre tout au long de son circuit.
@ Jakecatterall

Où loges-tu chaque jour, Jake Catterall ?

Nous avons une camionnette avec deux lits et une douche. Nous ne sommes que deux personnes. Moi qui dirige et mon ami Roy qui est le chef d’équipe. Honnêtement, nous garons la voiture là où nous terminons la course. Parfois dans un champ, un parking, une forêt… L’endroit le plus étrange de tous était un restaurant chinois abandonné qui était aussi un énorme hôtel conçu pour ressembler à un temple.

Quelle est le plus difficile à gérer dans ton aventure ?

« Ce qui est surprenant, c’est que des tâches tout à fait normales se révèlent très ardues. Laver les vêtements, obtenir une connexion Internet haut débit pour télécharger des vidéos, trouver de l’eau pour boire et se doucher, faire sécher les vêtements en cours de route, faire en sorte que le van suive exactement l’itinéraire GPS que j’ai emprunté parce qu’il m’arrive de m’écarter du chemin, tout cela fait partie de nos problèmes quotidiens. D’un point de vue général, la course à pied est en fait la tâche la plus simple.

@Jakecatterall

Quel est le pays qui t’as le plus enthousiasmé ?

« La France, c’est un pays que j’attendais avec impatience depuis le début de mon aventure. Dans tous les pays, nous avons été étonnés par l’incroyable générosité d’étrangers qui nous ont donné de la nourriture, un lit, une douche chaude, une lessive ou un endroit pour nous ressourcer. Je pense que j’avais oublié à quel point les gens pouvaient être gentils après Covid, et le fait d’être aidé et soutenu uniquement par amour et compréhension de notre mission / situation est vraiment magnifique.

Qu’apprends-tu depuis le début de ce voyage, Jake Catterall…

« Que rien ne dure éternellement. Je me répète souvent cette phrase. Ça va passer. Cela fait très mal. Ça va passer. Je me sens très bien ! Ça va passer aussi. Je ne peux pas continuer. Cela aussi passera… RIEN ne dure éternellement. Je me rends compte aussi que nous vivons dans un monde où nous pensons connaître la réponse à tout. Mais ce voyage est tellement imprévisible que pratiquement tout est compliqué. Si vous cherchez « The story of the Chinese Farmer » sur YouTube, vous aurez une idée précise du résultat de chaque blessure, de chaque panne de voiture ou de chaque journée de court-circuit que nous avons rencontrée au cours du voyage. Enfin, j’ai découvert que chanter à voix haute sur la route, aussi fort que possible, était la chose la plus amusante qui soit. »

Comment Odlo te soutient-il dans cette aventure ?

Odlo est mon principal partenaire. La marque sponsorise mon temps et me fournit des équipements qui peuvent résister à la nature de ce projet. Nous avons travaillé ensemble pendant de nombreuses années. Comme lorsque j’avais fait le tour de l’Islande à vélo. J’ai besoin d’un équipement de grande qualité qui réponde à mes besoins de performance, et Odlo le fait. Mon indispensable, c’est la veste de pluie zeroweight. Elle est tout simplement incroyable. »

Pour suivre l’avancée de Jake Catterall, rendez-vous sur ses réseaux sociaux ou en suivant sa trace GPS.



Une dernière séance l’avant-veille ou la veille de la compétition vous permettra de faire un léger rappel de l’allure visée sans vous fatiguer. Voyons que faire et ne pas faire avant un 10 km, un semi et un marathon.

A 48 heures ou 24 heures de votre compétition, le but est d’effectuer une petite sortie qui n’accumulera pas de fatigue musculaire mais qui inclura un léger rappel d’allure visée. Elle a pour objectif de « réveiller » votre organisme afin de le remobiliser au niveau neuro-musculaire.

Elle permettra de vous mettre dans la course sur le plan mental. Certains ont besoin d’être focalisé sur leur objectif et cette séance les rassurera sur leur forme, fera redescendre un peu le stress. En tout cas, si vous avez déjà des habitudes d’avant-course qui vous réussissent, ne changez rien !

Une dernière séance à la carte

Celle-ci dépendra de la distance de votre compétition. Pour un 5 ou 10 km, il est préférable de faire 20 à 25 minutes de footing lent. Faites juste quelques accélérations progressives sur 80-100m et une récupération avec un retour trottiné.

Par accélérations progressives, on entend des lignes droites courues à une bonne allure, en cherchant le placement, sans sprinter. En vue d’un semi ou d’un marathon, nous recommandons de faire 20 à 25 minutes de footing lent, puis 1 km à l’allure visée, le but étant de ne pas dépasser 30 minutes.

Quand placer sa séance d’avant-course ?

Cette séance de déblocage à réaliser l’avant-veille ou la veille de la compétition vous permettra de faire un léger rappel de l’allure visée sans accumuler de fatigue.
©Vincent Lyky

Faites-la la veille de la compétition. Si et seulement si vous avez l’habitude d’enchaîner 2 séances d’affilée dans votre préparation, soit à partir de 4 séances par semaine. Si vous courez moins régulièrement, pratiquez cette séance l’avant-veille de votre course, à adapter bien sûr en fonction de votre déplacement pour vous rendre sur la compétition. Idéalement, on la fera sur le parcours de la course. Si ce n’est pas possible, optez pour votre terrain habituel.

Quelques précautions à prendre

  • Les sensations peuvent différer de ce que vous allez rencontrer le jour J. On peut avoir les jambes lourdes et faire une très belle course, et inversement se sentir voler sur cette séance et contre-performer le lendemain !
  • Cette séance ne doit pas être fatigante. Ne faites pas les accélérations ou le rappel d’allure si vos sensations ne sont pas bonnes.
  • Si vous la pratiquez avec des amis, respectez bien votre allure en endurance fondamentale, ne vous grillez pas en voulant aller plus vite, restez bien dans le plaisir et le partage d’un footing entre copains.

Que faire entre cette séance et le jour J ?

  • Piétiner le moins possible. Même si vous venez de loin pour participer à votre compétition, évitez de visiter les lieux toute la journée du samedi, car vous accumuleriez ainsi trop de fatigue.
  • Penser à bien s’hydrater et  s’alimenter. Éviter les fibres et les nouveaux aliments afin de ne pas avoir de mauvaises surprises au niveau digestif. Buvez de l’eau par petites quantités de façon régulière.
  • Faire micro-sieste l’après-midi. C’est toujours ça de pris côté récupération, sachant que la dernière nuit est souvent mouvementée par le stress accumulé.  


Alors que le record du monde sur marathon de Kelvin Kiptum en 2h00’35’ interroge, Véronique Billat, physiologiste de renom partage l’analyse de sa course. Le champion kenyan a passé 66% de son marathon sous sa vitesse moyenne !


Qui est Véronique Billat ?
Cette physiologiste française, professeure des universités, détentrice d’un brevet d’état 3e degré d’athlétisme, a notamment fondé la méthode d’entraînement BillaTraining et publié le livre Révolution marathon (Editions DeBoeck).Elle utilise également une analyse statistique développée par Jean-Renaud Pycke, maître de conférences à l’Université d’Évry Val d’Essonne, laboratoire de Mathématiques et Modélisation. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35206654/

Véronique Billat, quelle est votre analyse de la course de Kelvin Kiptum, nouveau recordman du monde de marathon en 2h00’35 »?

« J’ai pris le temps d’analyser chacun des 42 kilomètres de sa course à Chicago. Kelvin Kiptum a passé 66% de sa course en dessous de sa vitesse moyenne (21,02km/h). Puis entre le 30e et le 40e km, il a couru le dernier 10 km en 27’51’’. C’est ce qui interpelle beaucoup de monde car le chrono équivaut à la 5e meilleure performance française sur la distance par exemple. Mais ce qu’il faut plutôt voir, c’est qu’il a passé la majorité de sa course en dessous de sa vitesse cible. Il a ainsi ménagé son métabolisme glucidique, en utilisant à la fois des sucres et graisses. Cela lui a permis de terminer très vite, sans prendre le mur du marathon car il n’était pas en déficit de glycogène, le fameux carburant du muscle. Ce n’est que de la physiologie. Il faut comprendre que chacun a un profil énergétique propre. Et c’est ce qui est fascinant dans la course et le marathon. Le message derrière tout cela c’est qu’il existe plusieurs façons de faire une performance en fonction de son profil énergétique. »

Le Kényan Kelvin Kiptum a battu le record du monde du marathon à Chicago, en 2h00’35’’, effaçant de 34 secondes le record son compatriote Eliud Kipchoge. 
Kelvin Kiptum à l’arrivée du Marathon de Chicago, auteur du nouveau record du monde en 2h00’35 ». ©Bank of America Chicago Marathon

Et si l’on compare le marathon de Kelvin Kiptum, au marathon d’Eliud Kipchoge, lors de son précédent record du monde à Berlin en 2022, cela donne quoi ?

« A Berlin en 2022, Eliud Kipchoge a passé 52% de son marathon en-dessous de sa vitesse moyenne. Le schéma de sa course formait un U. Il est parti vite, très vite avec un premier kilomètre couru à 22,5 km/h (soit 2’43’’) d’ailleurs, a ralenti, avant d’accélérer sur la fin. La signature de course de Kiptum est bien différente. Il est resté en-dessous de sa vitesse moyenne jusqu’à 30e km, puis il s’est arraché sur les dix derniers kilomètres. C’est une autre stratégie de course. Il n’y en a pas une meilleure que l’autre puisque chacune correspond à un profil physiologique. »

Rien ne vous paraît donc « déconnant » en analysant les temps de passage de Kelvin Kiptum ?

« Non, rien. Cela ne m’étonne pas plus que des gens qui partent en trombe, ralentissent et ré-accélèrent sur le final. Kiptum n’est pas plus un extraterrestre qu’un Kipchoge qui, à Vienne en 2019 sur son marathon en 1h59’ a passé 90% de sa course en dessous de sa vitesse moyenne. Et qui termine comme un malade, une fois qu’il a été lâché par ses lièvres. »

©SCC Events – Eliud Kipchoge, à Berlin en 2022, a établit le précédent record du monde en 2h 01mn 09s.

Beaucoup se questionnent sur le profil de Kelvin Kiptum. Sans référence sur la piste, quasi inconnu qui déboule sur marathon à 23 ans. L’inverse d’une carrière construite sur le long terme par Eliud Kipchoge…

« Kelvin Kiptum n’est pas tout à fait un inconnu, d’abord. Avant de s’aligner à Chicago, il avait déjà terminé deux marathons en réalisant deux des cinq meilleurs performances mondiales (2h01’53’’ à Valence en décembre 2022, puis 2h01’25’’ à Londres en avril 2023, ndrl). Ensuite, chacun joue avec ses armes. Kiptum est jeune, il a 23 ans. Son arme à lui, c’est qu’il doit avoir un cout énergétique optimal, c’est-à-dire très bas. C’est un profil de coureur économe. ll a un gros moteur VO2, ce qui n’est d’ailleurs pas incompatible avec son très gros volume d’entraînement (jusqu’à 300 km par semaine, selon son entraîneur, ndrl). Eliud Kipchoge lui, a un profil bien différent, avec une grosse réserve de puissance,car c’est un coureur de 1500 m à la base.

Kiptum n’a pas fait de piste lui. Certes. Il aurait fallu qu’il commence à courir bien plus jeune pour cela, dès la catégorie junior pour espérer faire sa place. Passé 20 ans, il est trop tard pour briller sur la piste. D’autant qu’il faut aussi avoir le manager capable de décrocher un ticket pour un meeting. Les places sont chères, il n’y a que 8 couloirs. Sur un marathon, il est bien plus simple de s’aligner au départ, et il y a aussi plus d’argent à la clé. »  

Kelvin Kiptum en avril dernier a remporté le marathon de Londres en 2h01’25’’. ©Bob Martin for London Marathon Events

Ce nouveau record du monde de Kelvin Kiptum divise aussi sur fond de dopage au Kenya. Qu’en pensez-vous, Véronique Billat ?

« C’est un peu comme si tout le monde considérait qu’il était dopé. Du coup personne ne se mouille trop ni ne s’émeut de sa performance. Il y avait le délit de sale gueule, il y a maintenant le délit de sale performance. C’est un peu dommage car, à ce que je sache, il ne s’est pas fait choper en trois marathons, et son record est validé par la World Athletics. »



Kilian Jornet s’est offert un exploit ahurissant dans les Pyrénées, terres de son enfance. Il a enchaîné en 8 jours, 177 sommets à plus 3000 mètres d’altitude. Bilan de sa folle traversée: 485 km, 43 000 mD+ en 155 heures d’activités.

Retour au sommet donc pour Kilian Jornet, en forme comme jamais. La légende du trail, forfait pour blessure sur l’UTMB il y a un mois, s’est offert un exploit fracassant dans les Pyrénées, juste pour le plaisir.

« Après ma convalescence, je me suis penché sur différents projets jusqu’à ce que l’idée de relier les sommets de plus de 3 000 mètres des Pyrénées fasse son chemin. J’avais cette envie, mais je ne savais pas si c’était un défi réalisable ou une pure folie. Après avoir consulté des personnes connaissant bien les sentiers pyrénéens, j’ai décidé de me lancer« , explique Kilian Jornet, cofondateur et athlète du team NNormal.

Plusieurs exploits en une seule traversée

500 km et 43 000 mD+ en 8 jours, la dernière folie de Kilian Jornet
©Nnormal-David Arino

Son périple a commencé le 2 octobre au pied du pic de la Frondella. Son idée : traverser les Pyrénées en passant par 177 sommets de plus de 3 000 mètres.
Au cours de ces 8 jours de traversée, l’ultra-terrestre a cumulé plusieurs exploits en un. Comme relier plus de 40 sommets en une seule journée. Marcher pendant 39 heures consécutives. Ou bien encore pédaler des heures en montagne pour relier plusieurs sections entre elles.

La joie d’atteindre chacun des sommets a été la plus belle de ses récompenses. « Se déplacer le long de ces crêtes a été un vrai bonheur, j’ai adoré les chemins. J’avais déjà fait l’ascension de ces sommets à l’âge de 13 ans, mais je ne m’en souvenais pas. Cela m’a plongé dans une expérience visuelle intense. »

Des heures intenses pour tester l’équipement NNormal

500 km et 43 000 mD+ en 8 jours, la dernière folie de Kilian Jornet
©Nnormal – David Arino

Au cours de cette aventure, l’athlète a parcouru les crêtes les plus emblématiques de la chaîne pyrénéenne. Balaitus, Garmo Negro, Vignemale, cylindre du Marboré, Mont Perdu, Pic Long, Pic de Posets, pointe de Literole, pic d’Aneto, Pic Sayó , Pic du Montcalm, Pic d’Estats, et bien d’autres encore.

Son pèlerinage s’est achevé le matin du 10 octobre, à l’aube au pied de la plus haute montagne de Catalogne, le Pic d’Estats, dans le parc naturel de l’Alt Pirineu. Une expérience mémorable qui lui a fait prendre conscience une fois de plus de la beauté et de la vulnérabilité de la nature.

500 km et 43 000 mD+ en 8 jours, la dernière folie de Kilian Jornet
©Nnormal-David Arino

« Redécouvrir des sommets que j’avais oubliés a été une expérience spectaculaire et, d’un autre, côté, l’une des choses les plus difficiles que j’ai jamais fait faites », partageait-il sur ses réseaux sociaux lors de sa dernière étape. L’athlète a profité de ce raid intense pour tester différents prototypes de sa marque Nnormal sur des chemins aussi techniques que variés. « Cela a été un excellent terrain d’essai : l’usure de plusieurs années, concentrée en une semaine« . conclut-il.



New Balance dévoile la nouvelle version de sa paire iconique 1080-V13. Cette nouvelle itération se démarque par l’attention portée sur le confort et la stabilité.

[all4affiliates id= »40585″ title= »New Balance 1080 V13″]

La saga New Balance 1080 se poursuit avec cette nouvelle V13. La paire iconique de l’équipementier américain, plébiscitée par les coureurs à la recherche de confort, revient dans une treizième version toujours plus polyvalente. Pas de révolution, mais de belles évolutions.


Semelle extérieure repensée et amorti optimisé

New Balance 1080 V13
New Balance 1080 V13.

Parmi les nouveautés, une semelle extérieure re-designée par la section Recherche & Développement de New Balance.

La nouvelle géométrie a été conçue pour renforcer la stabilité de l’avant-pied et améliorer la transition. Autres détails améliorés ; un rembourrage plus conséquent autour de la cheville et du talon, une languette plus large, un nouveau système de laçage. Le tout avec quelques grammes de moins (262 g en 42.5) que la 1080 V12, toujours avec drop à 6 mm.

Côté amorti, la nouvelle mousse Fresh Foam X associée à une semelle intermédiaire rehaussée assurera une foulée plus dynamique qu’auparavant, toujours avec le confort en critère numéro un.

Côté look enfin, on appréciera l’accent lifestyle, essence de New Balance, avec une maille technique comprenant des détails réflechissants.

[all4affiliates id= »40585″ title= »New Balance 1080 V13″]



Les meilleurs coureurs français ont trusté le top 10 des 20 km de Paris ce dimanche. Hassan Chadhi et Mekdes Woldu en tête, heureux deuxièmes.

Soleil étincelant ce dimanche pour les Vredestein 20 km de Paris, 45e du nom. 22 061 coureurs – dont 32% de femmes – ont bouclé cette classique, joliment orchestrée sous le thème du cirque cette année.

Hassan Chahdi, à quelques secondes du record des 20 km de Paris

La dernière vague n’était pas encore lancée côté Trocadéro que l’on célébrait déjà, au pied de la Tour Eiffel la victoire d’Elvis Chebord. Chrono gagnant en 57’32’’ pour ce jeune kenyan. Sur ses talons, une « surprise » nommée Hassan Chahdi.

Septième des Mondiaux de Budapest sur marathon fin août (2h10’’45’’), récent vainqueur des 20 km de Tours, le champion haut-savoyard s’est inscrit ‘last minute’.

Une sortie parisienne improvisée histoire de confirmer son talent. Car il s’est emparé de la deuxième place en 57’37’’, Hassan Chahdi termine ainsi à cinq secondes du vainqueur, et moins de vingt secondes du record de l’épreuve. Celui-ci est détenu depuis 2005 par le Kenyan Evans Kiprop Cheruiyot (57’19’’). Et tout cela après les Mondiaux, meilleure performance de sa carrière.

Le Norvégien Sondre Nordstad Moen, ancien détenteur du record d’Europe, complète le podium de cette 45e édition de haute volée.

Cinq Français dans le top 10

Etienne Daguinos termine 7e des 20 km de Paris 2023.
Etienne Daguinos 7e des 20 km de Paris 2023. ©Antoine Decottignes.

Juste derrière, Morhad Amdouni, recordman de France de marathon, pointe quatrième en 57’45’’. Il s’agit de son meilleur temps sur ces 20 km de Paris remportés deux fois par le passé. Voilà qui donne une idée du niveau cette année !

Étienne Daguinos, fraîchement rentré des Mondiaux de semi de Riga prend la septième place (58’27 »). Suivent Nicolas Navarro, papa depuis cet été  (8e en 58’42 ») et Emmanuel Roudolff Levisse (58’48’’). Cinq français terminent ainsi dans le top 10 de ces 20 km de Paris. Citons aussi Christien Donovan (11e en 59’), Florian Carvalho (13e en 1h00’12’’), Yohan Durand, en reprise (17e en 1h01’17’’), Mathieu Brulet (21e)  ainsi que Yann Schrub. Lauréat 2022, le Mosellan de retour de vacances prend cette fois 22e place.

Un peu plus loin, on retrouve Mohammed El Yamani, 59 ans. Le coureur d’Issy-les-Moulineaux termine en 1h06’14’’, deuxième meilleure performance mondiale de tous les temps dans la catégorie M55, à deux secondes de son propre record !

Mekdes Woldu et Anais Quemener sur le podium

Mekdes Woldu et Anais Quemener, terminent 2e et 3e des 20 km de Paris.
©Antoine Decottignes

Côté féminin, les tricolores ont également trusté les premières places. La Kényane Gladys Jemaiyo a filé en tête pour aller décrocher le record  de l’épreuve en 1h04’30’’.

Et juste derrière, deux marathoniennes Françaises de premier plan. Mekdes Woldu, (2h26’34’’) et Anaïs Quemener, auteure d’un ‘RP’  tout frais (2h29’01’ à Berlin).  Les championnes sont tombées dans les bras l’une de l’autre, avant de grimper sur le podium. Elles terminent respectivement 2e et 3e en 1h06’36’’ et 1h06’59’’.

Aux places d’honneur citons aussi Margaux Sieracki (4e en 1h07’06’’), Mélanie Allier (7e en 1h09’05’’) ou encore Latifa Moktari (8e en 1h09’18’’). Enfin, saluons la performance de Floriane Hot. La championne du monde de 100 km, compagne de Nicolas Navarro et maman d’un petit Nino né en juin a signé un beau chrono en 1h21′. Elle termine 75e quelques mois seulement après son accouchement.



Le Kényan Kelvin Kiptum a battu le record du monde du marathon à Chicago, en 2h00’35’’, effaçant de 34 secondes le record son compatriote Eliud Kipchoge. 

Kelvin Kiptum, un phénomène passé d’inconnu à recordman du marathon. Ce dimanche à Chicago, le Kenyan de 23 ans a bouclé le marathon majeur en 2h00’35’. Un chrono dingue, nouveau record du monde du marathon. Oui, il efface celui d’Eliud Kipchoge, (2h01’09’’ Berlin en 2022) pour 34 secondes. 

Je suis si heureux, je n’étais pas préparé, même si je savais que je pouvais battre le record de l’épreuve » déclarait en substance Kelvin Kiptum au micro de NBC Chicago.

Le Kényan Kelvin Kiptum a battu le record du monde du marathon à Chicago, en 2h00’35’’, effaçant de 34 secondes le record son compatriote Eliud Kipchoge. 
©Bank of America Chicago Marathon

Ce champion détient désormais trois des six meilleures performances mondiales de l’histoire sur marathon. Et le plus hallucinant, c’est que toutes ont été réalisées en moins d’un an ! Là où Eliud Kipchoge a mis une bonne dizaine d’années à courir si vite, si haut, si fort, Kelvin Kiptum a mis onze mois seulement.

Kelvin Kiptum et son exploit interrogent

Kelvin Kiptum avait déjà fait des étincelles au marathon de Valence en décembre dernier. Premier marathon de sa carrière couru en 2h01’53’’. Dans la foulée, il avait remporté Londres en 2h01’25’’ en avril. Quelques secondes grignotées… et toujours des temps de passage hallucinants.

A Chicago de nouveau, une cadence stratosphérique. 21km/h pendant deux heures, soit une allure de 2’51’’/km, et negativ split de folie. Il a passé le premier semi en 1h00’48 », terminé le deuxième en 59’47 ». C’est le même chrono (à une seconde près) que celui de Jimmy Gressier au semi-marathon sur les derniers mondiaux de Riga !

Tout cela interroge, alors que les affaires de dopage se multiplient. Et que le héros du jour paraissait à peine marqué à l’arrivée. 

Quoiqu’il en soit, on se plait à imaginer un duel sur marathon entre Eliud Kipchoge et Kelvin Kiptum. Car les champions n’ont pas eu l’occasion de s’affronter au cours de la dernière année. Les prochains Jeux olympiques de Paris 2024 pourraient être une occasion en or.



Le champion Yann Schrub partage une séance ultra-efficace pour gagner en vitesse et en endurance, en combinant allure seuil et fractionnés courts.

Yann Schrub en bref… Champion de demi-fond de 27 ans, étudiant en médecine récemment passé professionnel, il a décroché le bronze sur 10 000 m aux derniers championnats d’Europe et notamment remporté les 20 km de Paris 2022. Ses records : 27’47’’ sur 10 000 m, 28’24’’ sur 10 km route, 13’37’’ sur 5 000 m, 7’49’’ sur 3000 m en salle.

Quel est le principe de cette séance seuil choc que tu nous proposes, Yann Schrub ?

Comme en 2022, il y aura de beaux athlètes tricolores au départ des 20 km de Paris.
Yann Schrub au départ des 20 km de Paris 2022. ©DR

C’est une séance au seuil (allure située entre de 80 à 85% de sa VMA ou 85 à 90 % de sa Fréquence cardiaque maximale) où l’on ajoute des fractionnés courts pour travailler à des allures un peu plus rapides. Le seuil est une vitesse élevée mais tout de même un peu plus lente que sa vitesse de course. Et les fractionnés courts se courent à une vitesse plus rapide qu’en compétition, donc, combiner les deux permet de bien débrider son moteur.

L’idée est d’introduire la séance par du fractionné court sur 3 minutes pour se chauffer, de faire ensuite 3 x 10 minutes au seuil, puis de terminer sur une note de vitesse, avec une nouvelle série de fractionnés sur 3 minutes. 

Il faut souvent un peu de temps pour rentrer dans sa séance au seuil, faire un petit fractionné en introduction y aidera. L’allure n’est pas forcément super rapide sur cette première série de fractionné, mais la deuxième série finale sera idéalement plus rapide.

En pratique, comment courir cette séance au seuil spéciale ?

Yann Schrub, ©KmSP - France de cross 2021
Yann Schrub, ©KMSP – France de cross 2021

« Après un bon échauffement, on peut commencer par 6 x 30’’/30’’ (30 secondes courues à vive allure / 30 secondes trottinées), enchaîner sur 3 x 10 minutes à son allure seuil et terminer par une nouvelle série de 6 x 30’’/30’’.

Les fractionnés sont positionnés au début à la fin, mais on pourrait, pourquoi pas essayer de faire de 10 minutes au seuil +  6 x 30’’/30’’ + 10 minutes + 6 x 30’’/30’’’, tout comme on aurait pu faire des fractionnés sur 45’’ voire 1’. L’idée avec ce type de séance, c’est d’innover afin de solliciter son organisme de manière différente en évitant la monotonie d’entraînements répétitifs d’une semaine à l’autre.

On la pratique quand, cette séance, Yann Schrub ?

« J’aime bien faire ce combiné fractionnés et seuil, mais je ne le pratique pas forcément très régulièrement car mes coachs aiment bien changer mes entraînements pour ne pas tomber dans une routine, en variant au maximum les allures et les sensations d’une semaine à l’autre.  Mais je recommande cette séance car elle intéressante en phase de développement, dans la préparation de ses objectifs sur 5 km, 10 km, semi voire marathon. Elle est très efficace pour le développement de l’endurance notamment.



Michel Armandy fait partie des meilleurs marathoniens mondiaux dans sa catégorie. A Valence, en décembre prochain, ce coach sportif installé dans les Bouches-du-Rhône compte bien battre son record en 2h45’. Un bel exemple à suivre.

Plus il vieillit, plus il est rapide Michel Armandy. A l’aube de la soixantaine, ce coach inspirant a gagné trois minutes sur son chrono au marathon datant de quinze ans auparavant.

Jugez plutôt ses chronos : 2h48’ en 2007, nouvelle marque en 2h54’ en 2018, 2h46’ en 2021. 2022 sera sa meilleure année, avec un nouveau cap passé en 2h45’ à 58 ans. C’était à Berlin et deux mois plus tard, il réitérait la performance au marathon de Valence en 2h47’ cette fois.

En décembre prochain, il retournera sur ce même marathon espagnol roulant (son favori) pour grappiller encore quelques secondes à ce chrono record de haute volée. Son objectif : monter sur le podium de ce marathon international, sans conteste le plus dense au monde.

Repartir à la guerre

Michel Armandy sur le marathon de Valence 2021. 2h46'02'' à 58 ans !
Marathon de Valence 2021. 2h46’02 » à 58 ans !

La fameuse « décadence liée à l’âge » dont parlent les scientifiques – estimée entre 8 et 12% par décennie à partir de 40 ans – ? Michel ne connaît pas. Et s’ingénie à conserver une belle fraîcheur d’esprit. « J’oublie mon âge, je me dis que je dois encore progresser. J’y crois encore sincèrement, cela me motive au quotidien pour m’entrainer et m’inscrire sur des courses », assure le passionné à l’accent chantant.

Avec ce « RP » tout frais et 85 marathons au compteur en trente ans de pratique, son expérience parle pour lui. De quoi surmotiver les sportifs qu’il entraîne via sa structure, la Run Academy, comme ceux qui le suivent sur sa récente chaîne Youtube.

« J’encadre majoritairement des sportifs dans la tranche d’âge 40-50 ans.  C’est génial de réussir à remobiliser des coureurs qui avaient lâché l’affaire, pensant que leurs meilleures années sportives étaient derrière eux. J’adore les faire repartir à la guerre en me servant de mon exemple, et cela fonctionne », explique le coach, fier de dire que sur les centaines de sportifs suivis depuis dix ans, 80% ont battu leur record personnel, gagnant en moyenne entre 10 et 30 minutes sur leur chrono sur marathon.

Michel Armandy, la course dans la peau

En 2005, Michel Armandy courait déjà les marathons en baladant sa fille.
En 2005, Michel Armandy courait déjà les marathons en baladant sa fille.

Un cas à part, Michel ? Assurément mais un bel exemple à suivre. La course, c’est (presque) toute sa vie. D’abord l’athlétisme, avec une découverte en classe de 5eme – pour courir après sa petite copine de l’époque – et jusqu’à ses 20 ans. Il poursuit ensuite la cavale « hors stade » à un moment où le running se démocratise peu à peu. Dans le milieu, il ne passe pas inaperçu. Poussman, de son surnom.

Le père de famille baladait alors sa troisième et dernière fille en poussette sur ses entraînements comme ses compétitions. « Je l’avais commandée aux Etats-Unis car à l’époque, il n’existe pas de modèle de poussette pour les coureurs en France. Ma fille s’est régalée à m’accompagner de ses 1 ans à ses 3 ans – elle en a 22 aujourd’hui – et moi avec elle. J’étais alors un bon athlète de niveau départemental, mais sans plus. Puis partir de 40 ans, j’ai commencé à faire des podiums sur les courses localesJ’ai couru les marathons pour performer jusqu’en 2007, l’année de mes 43 ans. Je courais à l’époque environ 4 marathons par an. Un pour la performance, les autres pour le plaisir de voyager en Europe en compagnie de ma femme, également marathonienne », raconte le coureur.

Bloqué sur 15km/h

Michel Armandy sur le marathon de Paris 2021
Michel Armandy sur le marathon de Paris 2021.

Son record était alors de 2h48’. Un plafond de verre…  « J’étais persuadé que je ne pourrais pas aller plus vite. Un peu comme si mon compteur était bloqué sur 15km/h. Du coup, j’ai arrêté de courir après le chrono sur marathon et j’ai basculé sur le triathlon. »

Très vite, il coche la case Ironman, bouclant cinq triathlons XL entre 2007 et 2012. Encore une fois avec des chronos honorables, un record en 9h53’ mais une faiblesse, la natation. « Je me rattrapais ensuite, sur la partie vélo, mais surtout, sur la course à pied, bouclant les marathons entre 3h15 et 3h25’ », raconte le triathlète de Bouc-bel-Air.

En 2011, le décès de son père l’éloigne un peu de la compétition. Puis trois ans plus tard, Michel, jusqu’à alors acheteur pour la grande distribution est licencié pour raisons économiques. Il rebondit alors en se lançant dans le coaching, qu’il a toujours pratiqué autour de lui, par du goût du partage. Sa Run Academy se fait vite connaître en région PACA et au-delà.

Bien sûr, pas de secret, pour arriver ces résultats, cette « locomotive » s’entraîne fort. Lorsqu’il avait un job un plein temps, Michel tournait à 70 kilomètres par semaine. Désormais, il avale le double au plus fort de sa préparation marathon, ayant plus de souplesse pour gérer son emploi du temps au quotidien.

On se met trop de barrières…

Borner est une chose, mais cela ne fait pas tout, loin de là. L’aspect psychologique est primordial assure le coach. « On se met trop de barrières dans la vie. Si votre cerveau y croit, il n’y a aucune raison pour que vous n’y arriviez pas. Sauf si vous avez été un champion de très haut niveau à 20 ans, rien ne vous empêche de performer après 40 ou 50 ans. Il faut simplement être patient et s’entrainer intelligemment. Si vous reprenez la course par exemple après une longue pause, oubliez ce que vous avez été pour ne pas se tirer vers le haut, ni vers le bas. »

Autre conseil de coach : mettre l’accent sur le renforcement musculaire les années passant pour éviter les blessures, et soigner tout particulièrement son alimentation en évitant les graisses et en privilégiant les protéines.

Eloge de la lenteur

Côté entraînement, sa recette « miracle », c’est de courir lentement. Oui, lentement. « Beaucoup de coureurs de tous âges d’ailleurs s’entraînent trop souvent trop vite. Il ne faut pas faire plus de deux séances de qualité (fractionné, seuil) par semaine. Regardez le champion Nicolas Navarr, que j’ai eu la chance de côtoyer par le passé. Il court le marathon à 20km/heure mais il effectue les trois quarts de ses footings à 12 km/h ! » se plaît-il à répéter.

Son atout le plus précieux ?  L’expérience acquise au fil des années. « Maintenant par exemple,  je suis capable de courir le deuxième semi de mes marathons exactement à la même allure que le premier, à quelques secondes près. Et la régularité sur marathon, on le sait, c’est une stratégie payante. Ne pas se griller sur les premiers 21 kilomètres, cela s’apprend avec l’expérience. L’âge n’est pas une fatalité, au contraire. Toutes les barrières liées à l’âge sont en train de tomber. Regardez Kipchoge, au top à près de 40 ans ! ». Le meilleur resterait donc à venir ? On se plait à y croire derrière Michel Armandy.



Gabriel Noutary a fait sensation sur ces 100 km de Millau, bouclant le grand huit sud-aveyronnais en moins de 7 heures. Et Stéphanie Gicquel s’est offert le record féminin de cette épreuve mythique, 51e du nom.

Moustache impeccable et béret en place, Gabriel Noutary a fait valser les cœurs sur ces 100 km de Millau. Le coureur de 27 ans du Tarn-et-Garonne a signé une performance majuscule sur cette 51e édition, en 6h58′. Victoire bissée donc, avec six minutes de moins que l’an dernier.

Il entre encore un peu plus dans « autre dimension » en passant ainsi sous la barre des 7 heures. Le club est un cercle très fermé. En un demi siècle d’histoire, ils ne sont que cinq à être descendu sous les 7 heures sur 100 km. Dernier en date, Bruno Laroche en 1993… C’était il y a vingt ans !

Gabriel Noutary, en cavalier seul sur 100 km

Gabriel Noutary a survolé les 100 km de Millau 2023, l'emportant en moins de 7 heures.
©DR

C’est donc sous une véritable ovation que le champion de Caussade est arrivé dans la salle des fêtes millavoise. Parti comme une fusée dès les premiers kilomètres, il était déjà en tête au premier ravitaillement. Puis, ce récent papa de deux jumeaux, n’a cessé d’augmenter son avance. Lancé à plus de 15/km, il a ainsi passé le marathon à Millau en 2h38’37. Un petit quart d’heure avant le vainqueur de cette distance, Julien Narcisse (2h52′) !

En l’absence de Benjamin Polin, champion de France 2023 qui avait déclaré forfait la veille pour cause de maladie, seul Hervé Seitz, quadruple vainqueur de l’épreuve était capable à contrarier ce cavalier seul de Noutary.
Malheureusement, une blessure lui empêchera de pouvoir jouer ce rôle mais «  par respect aux organisateurs et à la course » il terminera la course à la dixième place.

Gabriel Noutary a survolé les 100 km de Millau 2023, l'emportant en moins de 7 heures.
Gabriel Noutary a troqué la casquette pour son béret à quelques mètres de la ligne d’arrivée. ©DR


Derrière le futur vainqueur, Toni Caporale passé en deuxième position à Millau semblait être le dauphin désigné. Mais dans la célèbre côte de Tiergues, il se faisait doubler par le Saint-Affricain Aurélien Connes. Telle la tortue, le coureur de l’ACSA a ménagé ses efforts pour finir plus
fort. Il prendra pour la seconde fois, la deuxième place sur le podium après celle de 2018, en 7h26’09’’. Toni Caporale lui a pris la troisième place en 8h01’32’’pour sa première participation.

Le record des 100 km de Millau pour Stéphanie Gicquel

L'impressionnante Stéphanie Gicquel complète son palmarès en battant record féminin des 100 km de Millau.
L’impressionnante Stéphanie Gicquel complète son palmarès en battant record féminin des 100 km de Millau. ©DR

Une autre standing ovation attendait celle qui allait battre le record féminin de l’épreuve. Grande favorite au départ, l’impressionnante Stéphanie Gicquel s’est classée huitième de la course en 8h21’34’’. Elle bat ainsi le chrono de Brigitte Bec (8h24’56’’ en 2009) et signe une performance de niveau international. La championne de France 2022 sur 24h (240 km) affichait un large sourire à l’arrivée mais sa course fut compliquée.

« C’était une dure journée parce qu’il a fait très chaud, et j’ai dû adapter ma course. Après je n’ai pas très bien géré mon ravitaillement ni l’eau. Je me suis retrouvée en déshydratation et en hyperglycémie… », raconte-t-elle à nos confrères du Millavois. On se demande donc bien quel aurait été son chrono dans de meilleures conditions. En tout cas, la championne compte bien revenir à Millau et s’attaquer au chrono symbolique de 8 heures.


Sur les 1092 partants, 767 concurrents ont rallié l’arrivée sur cette 51e édition marquée cette année par une chaleur inhabituelle pour une fin de mois de septembre.

Tous les résultats des 100 km de Millau



Les 20 km de Paris réuniront les meilleurs coureurs tricolores dimanche prochain. Au départ : Yann Schrub, Morhad Amdouni, Nicolas Navarro, Yohan Durand… Un Français remportera-t-il la 45e édition ?

A quelques jours de sa 45e édition (8 octobre), les 20 km des Paris dévoilent une starting list de rêve. Devant les 25 000 coureurs réunis autour de cette belle classique, des athlètes de premier plan, et notamment le gotha français.

Yann Schrub remet son titre en jeu sur les 20 km de Paris

Yann Schrub a remporté les 20 Km de Paris en 2022 en 58'01''.
Yann Schrub avait remporté les 20 Km de Paris en 2022 en 58’01 ». ©A Decottignies

C’est simple, tous nos champions (ou presque) seront de la partie. En chef de file, Yann Schrub. Le Mosellan vainqueur de l’édition 2022 et médaille de bronze au championnat d’Europe 2022 remettra son titre en jeu dimanche prochain. Et il sera bien entouré.

A ses côtés, Morhad Amdouni, recordman français sur marathon (2h05’22 » Paris 2022) et double vainqueur de ces 20 km de Paris. Nicolas Navarro, 12e du dernier marathon olympique (Tokyo, 2020) affichant un record en 2h06’45’’ au marathon.

Présents également Yohan Durand, de retour de blessure, ainsi que Benjamin Choquert et Etienne Daguinos, tout juste rentrés des championnats du Monde de course sur route disputés le week-end dernier à Riga, en Lettonie.

20 km de Paris, un plateau d’exception

20 km de Paris
Départ Pont d’Iena, le 8 octobre de bon matin. ©Didier Lefebvre.

Ces tricolores seront challengés par d’autres européens et africains. Dans les rangs, le Norvégien Sondre Norstadt Moen, doté d’un chrono en 2h05’ sur le marathon de Fukuoka ainsi que l’Allemand Amanal Petros (2h07’ sur le marathon d’Hanovre 2023).

Autres sérieux prétendants à la victoire, le Kenyan Collins Chebii, vainqueur des 20 km de Paris 2017 et le Marocain Abdelilah El Maimouni, dauphin de l’édition 2022… Vu le niveau en présence, le record de la course (57’19’’) pourrait tomber à l’issue de cette 45e édition !

Même densité côté féminin. On retrouvera sur le Pont d’Iena, quelques championnes françaises.

Mekdes Woldu, championne de France de 10 km et de semi-marathon en 2021 fait figure de favorite. Marie Bouchard, gagnante de la Route du Louvre 2023 et Mélanie Allier, championne de France du 10 000 m en 2023 seront aussi dans les rangs. Elles auront affaire aux Kenyanes Lydia Korir, Hilda Jelagat et Féliciana Kipkosgei, en lice pour la victoire.

Une organisation engagée

Ce plateau de rêve est le résultat d’un engagement sans équivalent des 20 km de Paris. En effet, l’organisation a offert le dossard à 100 coureurs pouvant justifier d’un chrono niveau N4 du barème FFA*. Afin d’apporter un soutien financier à nos athlètes, des primes d’apparence ont également été mises en place. Et une enveloppe de 20 000 euros permettra de récompenser les meilleurs coureurs de cette 45e édition.

*soit 1h05’ sur semi pour les hommes, et 1h22’ pour les femmes.



Jimmy Gressier décroche la 5e place sur semi-marathon aux championnats du monde de course sur route disputés à Riga, en Lettonie. C’est la meilleure performance tricolore de ces premiers mondiaux regroupant, mile, 5 km et semi-marathon.

Jimmy Gressier visait un top 10 sur semi-marathon sur ces mondiaux de course sur route disputés à Riga, en Lettonie. Pour la première fois, la compétition regroupait les meilleurs athlètes sur trois distances, mile, 5 km et semi-marathon.

Distance qu’avait cochée Jimmy Gressier sur ses tablettes. C’était le deuxième semi de sa carrière après son premier succès à Paris en mars dernier en 59’55’ (3e performance française de l’histoire).

A Riga, le « lion de Boulogne-sur-mer » visait la place, plutôt que le chrono. Et, une nouvelle fois, le fondeur a fait honneur à son statut de chef de file. L’élève d’Adrien Taouji et Arnaud Dinielle, qui visait un top 10, a fait bien mieux que cela.  

Jimmy Gressier, premier européen et de loin !

Jimmy Gressier termine 5e des championnats du monde de semi-marathon 2023.
©Paola Tertrais_TRC_FFA

Seul Européen capable d’accrocher le peloton de tête au côté des coureurs africains, il n’a cédé qu’un peu après le 15e kilomètre. Le rythme s’est alors brusquement accéléré sous l’impulsion des Kényans. Ils signent un impressionnant triplé avec la victoire de Sabastian Sawe (59’10’’, record des championnats) devant Daniel Ebenyo (59’14’’) et Samwel Mailu (59’19’’).

La tranche entre le 15e et le 20e kilomètre avalée en seulement un peu plus de 13’30’’ a eu raison du recordman de France du 5000 m. Mais, fidèle à son tempérament combatif, Jimmy Gressier n’a rien lâché.

Auteur d’un solide negative split, il a doublé dans les derniers hectomètres le Sud-Africain Thabang Mosiakor. Et termine ainsi à une magnifique cinquième place en 59’46’’. Soit une course avalée à 2’50/km.

Avec ce chrono, il améliore son record personnel de neuf secondes. Meilleur européen, et de loin, il grimpe au 5e rang des bilans de tous temps. Et devient aussi le deuxième meilleur performeur français de l’histoire, derrière Abdallah Bahar, 4e en 1999. 

Par équipes, les Bleus terminent au pied du podium. Mais ils n’ont pas grand-chose à regretter. D’abord, un record personnel de Valentin Gondouin, camarade d’entraînement de Jimmy et 23e en 1h01’27’’. Juste derrière, on retrouve Mehdi Frère, 24e dans la même seconde. Benjamin Choquert finit 44e en 1h02’59’’.

Record personnel pour Mélin Rollin

Méline Rollin a battu son record personnel sur semi-marathon sur les premiers mondiaux de Riga .
©DR

Côté féminin, une dernière place de finaliste pour l’équipe de France, sixième collectif sur la distance. Nos championnes ont pu s’appuyer sur une Méline Rollin en grande forme. L’athlète Kiprun a abaissé son record à 1h10’35’’, terminant à la 18e place. Mekdes Woldu (26e en 1h11’12’’) et Manon Trapp (30e en 1h11’’44’’) complètent l’équipe, juste devant Margaux Sieracki (31e en 1h12’07’’).

La révélation Maël Gouyette sur le mile

Mäel Gouyette a performé sur le mile des premiers championnats du monde de course sur route.
©Paola Tertrais_TRC_FFA

Autre performance tricolore, celle de Maël Gouyette sur le mile. Classé quatrième. Une médaille en chocolat qui a d’abord arraché un geste de dépit au demi-fondeur du Haute Bretagne Athlétisme une fois la ligne d’arrivée franchie. Car il est passé tout près de l’exploit !

En 3’56’’57, il ne termine qu’à 14 centièmes du troisième, l’Américain Samuel Prakel (3’56’’43), dans une course très serrée remportée par un autre représentant de la bannière étoilée, Hobbs Kessler (3’56’’13).

Mais Maël Gouyette devrait vite relativiser, tant sa performance a tout d’une divine surprise boostant sans doute sa carrière au niveau international. Pour ne rien gâcher, Benoît Campion se classe lui aussi finaliste, avec sa 8eplace en 3’57’’62.

Bérenice Cleyet-Merle et Etienne Daguinos dans le top 8

Sur la même distance mais chez les femmes, Bérénice Cleyet-Merle n’a pas pu se mêler à la bagarre. Grandes patronnes, l’Ethiopienne Diribe Welteji (4’20 »98 ») et la Kenyane Fait Kipyego (4’24 »13 »). Mais elle n’a pas démérité. Elle décroche une belle 7e place en 4’34’’41. Charlotte Mouchet (11e en 4’36’’71) termine un peu plus loin.

Autre top 8 de ces mondiaux : celui d’Etienne Daguinos sur 5 km cette fois. Il termine sixième avec un excellent chrono à la clé : 13’25’’, son record personnel. Le Talençais a bien géré son effort et ne s’est pas brûlé les ailes à vouloir suivre le rythme des favoris, la première place revenant à l’Ethiopien Hagos Gebrhiwet en 12’59’’.



Le mur du marathon est du à une panne de glycogène ou glucopénie, à ne pas confondre avec l’hypoglycémie. Détaillons la bonne stratégie pour garder du carburant 42 kilomètres durant.

Un rappel utile pour commencer. L’hypoglycémie est une baisse progressive du taux de sucre dans le sang ou glycémie (normalement autour de 1,10 g/l) jusqu’à un niveau (env. 0,60 g/l), qui ne permet plus d’approvisionner les organes vitaux et tissus irrigués. Les fonctions essentielles peuvent être affectées (vue, réflexion), jusqu’au malaise.

Dans ce cas, un resucrage immédiat sera d’autant plus efficace qu’il aura été pris à temps. Et d’autant plus durable qu’il aura été composé, en plus des sucres rapides (jus de pomme, pâte de fruits…), de sucres dites lents (pain, biscottes, petits beurres)

Glycopénie = panne de glycogène

A la différence de l’hypoglycémie, la glucopénie ne s’intéresse pas à la réserve sanguine de sucre, mais à la réserve cellulaire de sucre : le glycogène. Elle désigne donc une pénurie du stock de sucre dans les cellules fonctionnelles de nos tissus, notamment celles de nos muscles.

Si la cellule n’a plus de sucre, elle ne peut plus fonctionner de façon optimale. En effet, il lui faut un certain laps de temps pour en fabriquer du nouveau à partir des substrats disponibles dans l’organisme. A défaut de sucre, ce sont les graisses corporelles et les protéines qui sont oxydées, sinon c’est la panne sèche.

Le cas du « mur » du marathon

En état de glucopénie (panne de glycogène) vos muscles n’ont plus de fuel, vous n’avez plus de jus. C’est ce que certains connaissent sur marathon, avec le fameux « mur ».

En état de glucopénie, vos muscles n’ont plus de fuel, vous n’avez plus de jus. C’est ce que certains connaissent avec le fameux mur du marathon.

Même si vous vous ravitaillez, ralentissez l’allure en alternant marche et course, rien à faire. Car vous serez tributaire du délai que mettent vos cellules pour reformer leur stock, sachant que vous continuez à le brûler, puisque votre activité se prolonge. Ainsi, la glucopénie est bien plus fréquente en compétition. Sa survenue dépendra surtout de ce que vous avez mangé avant l’épreuve ; alors que l’hypoglycémie sera liée à ce que vous avez mangé durant l’épreuve.


La bonne stratégie pour éviter la panne de glycogène

Pour éviter la glucopénie, la stratégie est en cinq points indissociables :

1 – Optimiser sa réserve de glycogène tissulaire (glycogène dans les muscles et les organes), grâce à un vrai régime hyperglucidique avant la compétition.

2 -S’alimenter régulièrement, dès le début de l’épreuve et tout au long de celle-ci, de façon diversifiée (sucres, graisses, protéines), pour épargner le plus longtemps possible son précieux stock de glycogène tissulaire qui s’épuise très rapidement et rend peu autonome à l’échelle d’une épreuve d’ultra distance.

Au-delà de 2h d'effort, on recommande de consommer 70 g de glucides, fournis par les gels et boissons de l'effort.

3 –Améliorer à l’entraînement la capacité de mon organisme à utiliser efficacement d’autres substrats que le sucre, notamment les graisses corporelles. Pour cela, faites des sorties à jeun occasionnelles de 45min. Mais aussi des entraînements distants d’au moins 4h par rapport au dernier repas. Egalement recommandées, des sorties longues entre 1h30-1h45 sans apport glucidique-sucré. Autre bonne idée : testez les ravitaillements protéiné-gras-salés sur les sorties très longues de plus de 2h. Ceci contribue à une meilleure épargne du stock de glycogène et une plus grande capacité à le renouveler en temps réel, à partir des différents substrats disponibles dans l’organisme. 

4 – Optimiser sa réserve de triglycérides intramusculaires (graisses dans les muscles et organes), grâce à un repas gras (omelette gruyère jambon ou quiche au fromage ou raviolis au fromage) avant la compétition. Cela constituera une vraie réserve alternative à la réserve de glycogène dans le muscle et ainsi contribuer à son épargne.

5 – S’entraîner en adéquation avec l’épreuve visée, afin de à répondre efficacement à ses exigences. Il faut solliciter différentes filières énergétiques en conditions réelles (entraînement à jeun, sortie longue) et forcer les capacités d’adaptation des tissus sollicités (muscles) pour orienter leurs caractéristiques (rando course, fartlek, renfo, PPG…).

…et les 5 bons réflexes anti-hypoglycémie

  1. Eviter de se retrouver en situation de glucopénie car c’est la voie royale vers l’hypoglycémie. Il faut donc veiller à l’application des 5 points précédemment listés.).

2. Prendre un petit-déjeuner avant l’épreuve. Léger ou copieux, liquide ou solide, 1h ou 3h avant, peu importe. A partir du moment où il y a un petit déjeuner. Le but : compléter les réserves de glycogène du foie, l’organe garant de la stabilité de la glycémie. On peut aussi faire une vraie collation juste avant de se coucher la veille. Un gâteau énergétique par exemple, puis opter au réveil pour un petit déj léger (1 thé avec du miel et 1 tranche de pain d’épice ou 2 petits beurre) ou liquide (milk-shake énergétique pré-effort).

3 – S’alimenter régulièrement, de façon diversifiée (sucres, graisses, protéines) dès le début de l’épreuve, voire 1h à 30 min avant, sous forme de boisson d’attente (type thé vert + miel + sel). Encore une fois, l’idée est de préserver le plus longtemps possible son stock de glycogène hépatique.

4 – Réduire au quotidien sa dépendance aux sucres (glucodépendance), de manière à réguler ses sécrétions d’insuline (hyperinsulinisme) et habituer son organisme à utiliser d’autres substrats. Ainsi, on obtient une glycémie plus stable et l’on sera moins sujet aux baisses de forme (diminution de la glycémie), fringales et envies compulsives de sucré.

5 – S’habituer sur les entraînements courts (+/-1h) à ne rien consommer à l’exception de l’eau pure. Il convient aussi s’habituer sur les entraînements longs à éviter les ravitaillements sucrés (gels, pâtes de fruits) et à diluer fortement ses boissons énergétiques par rapport aux conditions de course. On peut trouver de ravitaillement alternatives moins sucrées (biscuits secs, galettes fines de kamut) voire salées (chips, cajou, biscuits TUC, crackers aux graines) ou protéinées (viande des grisons, emmental).

Ce qu’il faut retenir

Même s’il s’agit de deux états différents, il y a donc une interdépendance entre hypoglycémie et glucopénie. L’une se nourrit de l’autre. Une stratégie nutritionnelle aboutie s’attachera donc à prévenir la survenue de ces deux situations préjudiciables en termes de performance et de santé. Car les deux laissent des traces sur l’organisme, pouvant être compromettantes sur le long terme.



Après de sa Nimbus 25, ASICS présente son autre paire iconique dans une nouvelle déclinaison. La Kayano 30, référence du genre, qui gagne encore en confort.

[all4affiliates id= »44264″ title= »ASICS Kayano 30″]


30, comme 30ème version pour cette ASICS Kayano 30. Mais à part le nom, il n’y a plus grande chose de commun entre la version d’origine. Ce modèle abouti intègre toutes les technologies à la mode aujourd’hui. Son point fort, c’est un grand confort du chaussant, une grande douceur à la réception au sol, et un look très large !

ASICS Kayano 30, confort premium

La marque évoque une nouvelle technologie 4D Guidance System qui stabiliserait vos pieds pendant que vous courez. Bon, pour être honnête, en courant sur la route, et sous réserve d’un devers raisonnable, je n’ai pas ressenti de « guidance » particulière mais une bonne stabilité.

En revanche, ce que je ressens un maximum, c’est un amorti très moelleux et une absorption importante des chocs. Pour arriver à ce résultat, la marque a amélioré sa technologie PureGel, 60% plus moelleux que la technologie précédente. Par ailleurs, la paire dispose de 30% de sa mousse FF Blast en plus par rapport à Kayano 29.

Tout cela réduit considérablement l’impact sur les articulations et permet de courir confortablement, c’est indéniable. Même si cela amoindrit la relance et la dynamique du pied…

Une bonne option sur marathon

Asics Kayano 30, encore plus confortable !
Asics Kayano 30, encore plus confortable !

ASICS évoque une réception en douceur et un amorti dynamique. Je valide la douceur, moins la dynamique. Mais sur route, et à une allure supérieure à 4’15 » au kilomètre, c’est la bonne option. Et c’est déjà un rythme à moins de 3h au marathon !

On retrouve par ailleurs les caractéristiques de la marque sur ce nouveau modèle Kayano. Il sera apprécié des coureurs aux pieds fins, et qui comme moi aiment les laçages très classiques. Dans la durée, la semelle extérieure résiste plutôt bien à l’usure, surtout si vous évitez les gravillons qui pourraient entamer les zones non couvertes par du caoutchouc résistant.

Les notes Confort : 18/20 Souplesse : 1820 Stabilité : 18/20 Amorti : 18/20 Dynamisme : 14/20

[all4affiliates id= »44264″ title= »ASICS Kayano 30″]



Quatre ans après la disparition du Marathon de Bordeaux, un semi-marathon s’annonce pour le 3 décembre sur les quais de la Garonne. Et il affiche déja complet.

Attendu, ce Semi-marathon de Bordeaux ! Les 10 000 dossards prévus pour sa première sont déjà réservés, bien avant la date fixée au 3 décembre. Une liste d’attente est ouverte. Parmi les inscrits, une majorité de coureurs de la région bordelaise, forcément, mais aussi des Franciliens, deuxième région la plus représentée.

Un retour tant attendu !

Semi de Bordeaux
Semi de Bordeaux

La neuvième ville de France renoue enfin avec un évènement running après quelques déconvenues. On se souvient en effet de l’échec du Marathon de Bordeaux, qui avait coûté deux fois plus cher que prévu en 2019 et tombant de facto à l’eau. Après le Covid, un 21.1 km, plus accessible et populaire qu’un marathon, figurait déjà au calendrier 2023.

D’abord inscrit au 2 avril, ce semi n’avait finalement pas pu avoir lieu, le délai d’organisation étant alors trop court. On s’est donc (re)donné rendez-vous pour une version automnale.

A l’initiative, la ville,qui s’est associée au Stade Bordelais. Ce club organise depuis 19 ans le 10 km des Quais de Bordeaux. Appréciés des Bordelais, ces 10 km se dérouleront le 5 novembre prochain. Un belle rampe de lancement vers le semi, calé pile poil un mois plus tard !

 « L’envie de proposer un semi-marathon à Bordeaux trottait dans la tête de Caroline Pujol notre présidente depuis quelques années. Alors, lorsque la ville a proposé ce projet, nous avons sauté sur l’occasion. Certains parlent d’une renaissance, mais il s’agira bien d’une première édition pour nous, sans lien avec le précédent Marathon de Bordeaux », explique Thibault Rayé du Stade Bordelais.

©10 km des Quais de Bordeaux.

Roulant et performant, ce premier semi de Bordeaux

Le parcours sera dévoilé sous peu. On sait déjà que départ et arrivée seront postés sur le quai de la Douane, à côté de la place de la Bourse. Et que le circuit s’annonce roulant, avec un dénivelé inférieur 70mD+, et plaisant. Sa boucle fera le tour des endroits emblématiques de Bordeaux sur des routes fermées à la circulation.

 Quelques figures locales ont déjà confirmé leur participation. On attend notamment Sidney Bailly de l’US Talence affichant 1h08’ sur semi, sa camarade de club Marine Etienne (34’09’’ sur 10 km) . Elle aura affaire à Laura Bel Franquesa du Stade Bordelais auteure d’un 1h19’ sur la distance.



Le Marathon de Berlin et son parcours billard ont une nouvelle fois marqué l’histoire. Fabuleux record du monde féminin pour Tigist Assefa et cinquième sacre (sans record du monde) pour Eliud Kipchoge.

Une journée à marquer dans les livres d’histoire. La olà d’abord pour Tigst Assefa. La nouvelle reine du marathon, c’est elle. L’Ethiopienne de 22 ans a fait chavirer tout Berlin en coupant le fil en 2h11’52’’. Nouveau record du monde, chrono fantastique, deux minutes plus rapide que le précédent temps record de Brigid Kosgei (2h14’04’’ à Chicago en 2019).

Marathon de Berlin, une femme sous les 2h12’

La jeune Assefa devient la première femme de l’histoire à courir le marathon en moins de 2h12’. Et c’est sa deuxième victoire consécutive à Berlin. En effet, l’an dernier, elle avait déjà amélioré le record du parcours berlinois, tapant un 2h15’37’’.

Ce dimanche, la course féminine a connu dès le départ un rythme sensationnel. Au 10 km, 13 athlètes couraient avec un temps intermédiaire de 31’45 ». En tête déjà, Assefa passait le semi en 66’02 ». Un temps qui lui permettrait de remporter de nombreuses courses internationales sur cette distance !

Puis elle a couru encore plus vite dans la seconde moitié (65’33 ».). « Dans la première mi-temps, j’ai économisé un peu d’énergie pour la deuxième partie », a déclaré le championne. Avec ce chrono, elle aurait pu remporter la course masculine au marathon de Berlin en les années 80. « Je me suis entraîné pendant six mois pour cette course. Maintenant, je pense que je serai nominé pour les Jeux Olympiques« , indiquait l’athlète équipée des dernières Adidas Adios Pro Evo 1 ultralégères.

Chrono canon pour Anaïs Quemener

Avec les conditions météo capricieuses, il était difficile d’améliorer son record ce matin sur le macadam parisien
Anais Quemener, sur le marathon de Paris 2023. ©ASO

La Kényane Sheila Chepkirui (2h17’49 ») et la Tanzanienne Shauri Magdalena (2h18 »41) complètent le podium. Au crédit de cette 49e édition record, saluons aussi la performance majuscule de la Française Anaïs Quemener.

A 32 ans, cette aide-soignante francilienne montre encore un peu plus son talent. Championne de France de marathon en titre, elle explose son record de plus de 4 minutes, bouclant pour en 2h29’01’’, 7e performance tricolore féminine de l’histoire !

Eliud Kipchoge, toujours grand patron

Eliud Kipchoge remporte sa 5eme victoire sur le marahton de Berlin sans battre son record du monde.

Côté masculin, le grand Eliud Kipchoge reste bien le patron. Le recordman du monde en titre termine sous la porte de Brandebourg en 2h02’42’, sous les ovations du public.

Avec un premier semi en 1h00’22’’, soit à 20,87 km/h, il était bien bien sur les bases du record du monde. Mais, malgré le soutien des lièvres, le double champion olympique a baissé le rythme sur le second semi. Il  termine ainsi à plus d’une minute de son précédent record du monde, signé ici-même l’an dernier (2h01’09’’).  

A moins d’un an de son défi inédit triplé olympique à Paris, le Kényan de 38 ans est devenu le marathonien le plus titré à Berlin. « J‘ai raté le record du monde, mais je suis maintenant le recordman à Berlin – c’est aussi quelque chose de spécial« , a-t-il déclaré. Cinq victoires à son palmarès, soit une de plus que l’Ethiopien Haile Gebrselassie, ancien recordman de la distance.

Nouveau record allemand en 2h04’58 »

Pour leur première participation, Vincent Kipkemoi, deuxième (2h03’13 ») et Tadese Takele (2h03’24 ») complètement le podium.

Autre chrono majeur ce dimanche, celui de l’Allemand Amanal Petros. L’athlète termine en 2h04’58’’, classé 9e de la l’épreuve très dense cette année. Il dote l’Allemagne d’un nouveau record et se qualifie pour les prochains jeux olympiques. C’est le premier coureur allemand depuis 2008 à craquer le top 10 de ce marathon majeur.

Le premier tricolore, c’est Florian Carvalho, auteur d’un 2h18’19 ». Sur les bases d’un chrono en 2h09′ au premier semi (1h04’35 »), l’athlète a cédé du terrain, terminant finalement loin de son record personnel (2h10’22 » à Valence en 2020) sans décrocher le ticket pour les JO, le temps qualificatif requis étant fixé à 2h08’10 ».

Cette belle 49e édition s’achève sur un score record de participation avec 42 974 finishers. Parmi eux, 1 600 Français ont tenté de battre leur record personnel sur ce parcours super rapide servi par une météo idéale, avec une ambiance phénoménale.

Les résultats des Français au marathon de Berlin 2023, et les résultats complets.