Triple finaliste de l’émission Koh-Lanta, Claude Dartois est un sportif accompli, toujours en quête de défis. Aventurier, traileur, grimpeur… Rencontre.

©Ph.Le Roux / ALP / TF1

CV Flash. 40 ans, chauffeur de maître, 2 enfants, 3 fois finaliste du jeu télévisé Koh Lanta (2010, 2012, 2020) avec 17 victoires individuelles. Sportif touche-à-tout, pratique course, trail, natation, vélo…

On te connaît comme aventurier et sportif redoutable sur Koh-Lanta. Le goût du sport, tu l’as depuis toujours ? 

« Oui, depuis tout jeune je suis un touche-à-tout. Je ne me suis jamais focalisé sur un sport. J’en ai pratiqué plusieurs en club comme l’athlétisme ou le karaté, 1 ou 2 ans et puis je changeais. Aujourd’hui, je fonctionne toujours à l’envie. J’aime faire un peu tout. Si vous me dites, tiens on fait une partie de tennis, de rugby, de foot, je suis partant. J’aime aussi les défis. Quand je me donne comme objectif une course, je m’entraîne pour. Mais si je n’ai pas d’objectif en vue, je peux passer deux mois sans courir. » 

La course à pied, tu pratiques depuis longtemps ?

«  J’ai toujours aimé courir, par plaisir. Quand j’étais gamin, c’était plus un moyen de me déplacer qu’un sport à part entière. A l’armée, j’avais de bons résultats en course mais il ne m’était pas venu à l’esprit de faire des compétitions. Je m’y suis mis après mon premier Koh-Lanta car j’ai eu envie de me challenger.  »

Ton premier dossard, c’était où ?

« En 2010, sur le 10 km de l’Equipe, à Paris. J’avais terminé en 42’, tranquille. Je me souviens qu’à l’arrivée, mon pote m’avait dit que j’étais trop frais et que je ne m’étais pas donné à fond. J’en ai fait d’autres, avec un record assez raisonnable en 39’ sur le 10 km du Bois de Boulogne. Je sais qu’avec un entraînement spécifique je pourrais accrocher les 37-38’ mais aujourd’hui, je n’ai pas envie de me faire mal pour un 10 km, distance que je cours tout le temps à l’entraînement. »

Tu as couru ton premier semi avec un bon chrono en 1h29’…

« Oui, ce n’était pas prévu et j’étais blessé ! Cette année-là, en 2017, je préparais l’Eco-Trail Paris. Quinze jours avant, je me suis fait une déchirure au mollet. J’ai dit à mon médecin qu’après deux mois et demi d’entraînement, je ne pouvais pas rester sans rien faire. Je lui ai demandé si mon mollet pouvait tenir sur un semi, après quoi, j’arrêterai de courir pendant cinq mois. Il m’a dit : ‘OK, vas-y fais-le’. Donc, j’ai couru le Semi de Paris avec une blessure et j’ai fait un super temps. Content ! »

Et des marathons ?

« J’en ai couru un, celui de Paris, en 2014. En 3h31’ avec un programme qui prévoyait 3h30. Je me suis un peu enflammé avec 15 minutes d’avance à 5 km de l’arrivée, et puis j’ai eu de crampes. J’ai perdu tout le temps gagné sur 35 km. Je voulais en recourir un cette année, mais cela n’a pas pu de se faire avec l’arrivée de mon deuxième fils. C’est partie remise car j’ai bien envie d’accrocher un bel objectif chrono sur la distance avant de passer à autre chose. Je sais que j’ai 3h15 dans les jambes. Quelqu’un m’a dit que je pouvais même viser 3h, mais cela demanderait trop de sacrifices par rapport à ma vie de famille et à mon boulot… »

Depuis trois ans, tu pratiques plutôt le trail. Qu’est-ce qui t’a mis le pied à l’étrier ?

« En cherchant des bouquins d’aventuriers, que j’aime lire régulièrement, je suis tombé sur Ultra-trails mythiques de Bertrand Lellouche. Ce livre m’a ouvert au trail. Que quelqu’un comme Bertrand, qui n’est pas forcément un athlète, ait réussi à faire des ultra-trails magnifiques, cela m’a donné très envie. »

Qu’est-ce que tu aimes dans le trail ?

« Sur la route, il y a toujours l’envie de manger le temps, de dépasser celui qui est devant. Le trail, c’est une autre approche, plus libérée, plus axée sur le plaisir personnel, le partage avec d’autres coureurs. L’objectif c’est de finir et de prendre du plaisir. »

Est-ce qu’un trail ressort du lot parmi ceux auxquels tu as participés ?

« J’ai aimé toutes mes courses, qui toutes étaient différentes. Je n’en ai pas vécu qui m’aie mis dans le dur, mais cela arrivera sans doute, cela fait partie de la vie du traileur. L’EcoTrail Paris (80 km), c’était mon premier. Accessible car près de chez moi et assez roulant. J’ai terminé dans les 300 premiers, super content, avec une préparation légère car je ne suis pas trop bosseur à l’entraînement. Je mise plutôt sur la fraîcheur et l’envie. J’ai aussi aimé la SaintéLyon (81 km) en 2018, avec l’ambiance de nuit, la pluie dès le départ et le terrain bien boueux. L’année dernière, le Marathon de l’Hortus du Pic Saint-Loup (44 km pour 1800 mD+) a été le plus éprouvant. Il a fallu gérer une grosse chaleur avec beaucoup d’abandons et un terrain très caillouteux. Mais j’ai adoré, surtout les descentes où je suis à l’aise et je gagne du temps. »


En octobre, tu prévois de courir le Grand trail des Templiers, un bon morceau avec 78 km et 3 660 m de dénivelé positif…

« Oui, les Templiers c’est un vrai challenge, la course la plus dure que j’aurai faite jusqu’à présent. C’est un bon compromis avant de m’attaquer à une course vraiment montagneuse. Je vais savoir où je me situe quand ça grimpe bien. Je devais déjà participer l’an dernier mais elle a été annulée à cause d’une tempête. J’espère qu’on aura beau temps pour profiter du panorama car c’est un endroit exceptionnel. Je l’attends et je vais bien m’y préparer. Après, prendre du plaisir et finir dans de bonnes conditions, ce sera l’essentiel. »

Peut-être un jour  l’UTMB ou la Diagonale des Fous ?

« Oui, dans quelques années. Avant cela, j’ai quelques étapes à passer. J’essaie de suivre une progression linéaire en allant un peu plus loin ou un peu plus haut à chaque fois. Je pense à la 6000D, au Restonica Trail… Il y a plein de courses, toutes distances et tous formats. »

Tu pratiques aussi vélo et natation. Le triathlon, ça te tente ?

«  Je suis un touche-à-tout alors forcément, ça me tente. J’aime le vélo, la natation, j’aimerai un jour terminer un Ironman. Mais c’est aussi une préparation très lourde, il faut que je trouve le bon moment et ce n’est pas simple. Il faut surtout que je me teste d’abord. Je pensais faire le triathlon de Paris sur un format M, pour voir comment j’enchaîne les disciplines. »

Tu as gravi le Mont-Blanc en 2016 et le Kilimandjaro en 2019. La montagne, c’est une passion ?

«  Ce sont deux défis qui se sont présentés à moi et j’y ai pris goût. J’aime bien le terrain alpin et il y a plein d’autres beaux sommets comme le Cervin. Je ferai d’autres ascensions, c’est sûr. Peut-être un sommet tous les 3 ou 4 ans, parsemé de courses et de raids… »

Des projets sportifs pour 2021 ?

« J’ai envie de me faire un bel objectif, et plein de ‘petites’ courses accessibles, près de chez moi, pour continuer à m’entraîner et me faire plaisir. J’hésite encore pour le Marathon des Sables. Les 100 km de Millau me tentent aussi. »

Fais-tu une préparation spécifique avant Koh-Lanta ?

« Jamais. Pas le temps car on t’appelle deux mois avant. Ce n’est pas en deux mois que l’on devient un grand sportif. Je suis endurant mais je ne suis pas un grand mangeur de kilomètres alors je compense avec du renforcement musculaire toute l’année. Je fais beaucoup de pompes, de squats, de gainage. Avant de partir, je travaille simplement un peu plus mon explosivité. Certains candidats prennent 4 ou 5 kilos, en pensant aller plus loin sur l’aventure. Moi je ne prends pas de poids. Je pense qu’il faut être efficace d’entrée. »

Quel conseil à ceux qui rêvent de Koh-Lanta ?

« Koh-Lanta est ouvert à tous, et pas qu’aux sportifs, sinon, on aurait vu que des grands sportifs gagner ces 20 dernières années ce qui n’est pas le cas. L’envie doit être le premier moteur. Avec l’envie, on fait des grandes choses ! »

Interview publiée dans le numéro 213 de Running Attitude en septembre 2020.