L’UTMB World Series est désormais l’unique accès à l’UMTB Mont-Blanc ou UTMB World Series Finals. On fait le point sur le fonctionnement de ce circuit avec Frédéric Lénart, directeur général UTMB Group.

Vous rêvez de participer à l’UTMB Mont-Blanc, à la CCC ou à l’OCC en 2023 ? Il n’est pas trop tard ! Vous avez jusqu’au 31 décembre 23h59 sur compte MyUTMB pour vérifier votre éligibilité et vous pré-inscrire au tirage au sort dont les résultats seront communiqués le 10 janvier. Deux préalables toutefois : posséder une running stone au moins acquise sur une course de l’UMTB World Series cette année 2022 et un UTMB Index à jour. Tout est expliqué dans l’interview qui suit.

UTMB World Series : 4 courses en France pour se qualifier

Si vous n’avez pas de running stone en poche, c’est donc raté pour l’UTMB-Mont Blanc 2023. En revanche, si vous souhaitez tenter la loterie de Chamonix pour 2024, il vous faudra participer en 2023 à l’une des 34 courses de l’UTMB World Series. En France, le circuit regroupe désormais 4 évènements. Le nouveau Trail Alsace Grand Est by UTMB (19 mai) de Colmar, le Trail Saint-Jacques de Saugues (3 juin), le Restonica Trail en Corse (6 juillet) et le Nice Côte d’Azur (29 septembre).

Chez nos voisins suisses, 3 courses « by UTMB » : le Trail du Verbier Saint-Bernard (9 juillet), l‘Eiger Ultra-trail (12 juillet) et le Wildstrubel (16 septembre). En Italie, le magnifique Lavaredo Ultra-Trail (22 juin) fait partie du circuit En Espagne enfin, la Transvulcania (6 mai) et l’UTMB Val d’Aran (7 juillet) vous donneront accès les fameuses running stones.

Et pour participer aux PTL, TDS, MCC, ETC et YCC 2023 ? Les pré-inscriptions ouvrent le 3 janvier 2023 pour les PTL, TDS et MCC. Le 10 janvier pour les YCC, l’ETC et la TDS pour l’ensemble du public, en suivant la règle du premier arrivé, premier servi. 3-10 janvier 2023 : période de pré-inscriptions PTL et inscriptions prioritaires TDS, MCC. 10 janvier 2023 : ouverture grand public des inscriptions TDS, ETC et YCC. 20-31 janvier 2023 : résultats de la sélection des dossiers PTL et finalisation des inscriptions ».

UTMB World-Series
L’UTMB Mont-Blanc est désormais la finale du circuit UTMB World Series.

Pourquoi imposer ce nouveau circuit UTMB World Series ? 

Frédéric Lénart, directeur général UTMB Group : « Le système d’inscriptions pour l’UTMB Mont-Blanc atteignait sa limite. En 2020, nous avions 32 000 candidats pour 10 000 places. Pour éviter de gérer trop de frustrations à l’avenir, nous avons mis en place ce nouveau système pyramidal. L’UTMB Mont-Blanc est désormais une finale mondiale.  Le fonctionnement est plus fermé qu’auparavant. Il n’y a plus 4000 courses qualificatives, mais quelques dizaines d’évènements sur l’UTMB World Series. Ceux-ci fournissent des running stones, tickets pour le tirage au sort. En parallèle, nous avons mis en place une qualification par la performance. Ainsi, les athlètes qui font un podium sur un événement by UTMB ont automatiquement une invitation pour l’UTMB de Mont-Blanc. Nous conservons la cohabitation entre athlètes et amateurs qui nous est chère. »

Comment fonctionne le système de running stone sur l’UTMB World Series ? 

« En participant à un UTMB World Series Events de 20 km, vous obtenez une Running Stone qui vous permet de poser votre candidature pour le tirage au sort de l’OCC (50 km). Si vous courez un 50 km, vous cumulerez deux Running Stones et pourrez prétendre à courir l’OCC et la CCC (100 km). Si vous courez un 100 km, vous décrochez trois Running Stones. Vous aurez alors plus de tickets pour la loterie à l’OCC, la CCC ou l’UTMB (160 km). Si vous courez un 100 miles (160 km), vous aurez 4 Running Stones, soit 4 chances de vous qualifier sur ces 3 courses. »

Une running stone correspond à un ticket pour participer à la loterie de l'UTMB Mont-Blanc.
Une running stone correspond à un ticket pour participer à la loterie de l’UTMB Mont-Blanc.

Ces « stones » ou tickets pour participer à la loterie vont donc augmenter la probabilité de pouvoir courir à Chamonix ? 

« Oui, c’est l’idée. Plutôt que 50 000 candidats pour 10 000 places sur l’événement UTMB Mont-Blanc, nous préférons qu’il y ait 20 000 candidats pour 10 000 places. Une chance sur deux, c’est déjà mieux ! »

Si l’on résume, pour prétendre courir l’UTMB Mont-Blanc, on peut donc posséder une seule running stone acquise sur une course du circuit en catégorie 20 km mais il faut avoir un UTMB Index valide?

« C’est possible, oui. Il faut juste avoir plus de chance au tirage au sort si l’on possède qu’une seule Running Stone. Il faut aussi savoir que l’on conserve ses Running Stones à vie. Si vous obtenez une Running Stone en 2022 et que vous décidez de courir l’UTMB en 2032, il faudra simplement avoir un UTMB Index valide remontant sur les 36 derniers mois au moins. »

Dans le circuit UTMB World Series, quelle est différence entre les Events et les Majors ? 

« Il y a actuellement 34 Events dont 2 Majors. En Europe, la Major c’est Val d’Aran en Espagne. Sur cette course, il y aura plus de chance se qualifier par la performance, notamment par tranche d’âge. On y obtiendra aussi davantage de Running stones, quatre au lieu de deux en catégorie 50 km par exemple. »

Parlons des courses Qualifiers. Elles ne sont pas obligatoires pour prétendre à l’UTMB-Mont-Blanc mais donnent un accès privilégié aux Events. C’est-à-dire ? 

« Le système d’accès direct à Chamonix via des courses qualificatives n’existe plus. Nous avons toutefois voulu garder un lien avec la communauté trail/running en dehors du circuit UTMB World Series. C’est pour cela que nous avons des courses dites « Qualifiers » partout dans le monde (calendrier complet ICI). Si la course choisie affiche complet, le coureur du circuit UTMB aura une priorité pour décrocher son dossard, et les meilleures conditions pour s’inscrire. »

Les courses « Qualifiers » correspondent aux anciennes courses qualificatives qui donnaient des points ?

« Oui. Toutes ces courses, environ 3000 dans le monde, déposent leurs résultats sur notre base de données. Elles ne délivrent plus de points mais permettent de calculer l’indice de performance du coureur. Cet UTMB Index est désormais requis pour s’inscrire à l’OCC, la CCC et l’UTMB. »

L’UTMB Index remplace la côte ITRA et le système de points ITRA disparaît… 

«  L’an dernier, l’ITRA s’est en effet dissocié de l’UTMB. Nous avons mis en place l’UTMB Index, qui reprend la côte ITRA. Cet indice de performance valide la capacité du coureur à courir un ultra. Quant aux courses qui fournissaient des points ITRA, elles alimentent aujourd’hui à 90% l’UTMB Index. »

UTMB Word Series calendrier
Le calendrier de l’UTMB World Series compte 34 Events (hors UTMB Mont-Blanc) dont 17 en Europe.



Il était temps que mes mollets découvrent le drop 0 sur la route mais aussi en trail. Que de mieux que la marque Altra, leader dans le drop très faible, pour tester ce nouveau mode de course « à plat » ?

Le drop, tout le monde en parle mais savez-vous au juste ce que cela signifie ? C’est tout simplement la différence de hauteur entre l’arrière et l’avant d’une chaussure. Aussi, perchée sur des talons, le drop est très haut car l’arrière de la chaussure est nettement surélevé par rapport à l‘avant. Mais à plat dans une paire de tongues, le drop est nul puisque l’avant du pied et le talon sont au même niveau.

Du drop élevé au drop 0

En course à pied, le drop moyen constaté sur les chaussures est de 10 à 12 mm. C’est l’évolution des chaussures au cours de ces dernières décennies qui a eu tendance à augmenter l’épaisseur au niveau du talon.

L’argument généralement avancé par les marques ? La protection face aux blessures par des amortis et des drops de plus en plus importants. Mais finalement ce n’est pas si évident. Car on s’est rendus compte que ces ajouts de drop et de techniques stabilisatrices avaient peut-être eu pour conséquencs de modifier notre biomécanique de course naturelle. Et donc l’attaque talon qui concerne aujourd’hui la majorité des coureurs (chiffre avancé de +80%) serait peut-être en partie la conséquence du port ces chaussures « maximalistes » avec des drops importants.

Alors bien sûr, le drop étant présent dans la plupart des chaussures du quotidien, le corps s’est habitué. Et c’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que le passage à un drop faible ou nul est un peu difficile et souvent douloureux !

On ne talonne pas avec une paire zéro drop ! ©Altra

Comment passer au drop 0 en toute sécurité ?

Premier exercice requis : courir pieds nus dans le sable ou dans l’herbe. Ainsi, vous remarquerez tout de suite que quelle que soit votre foulée, une fois pieds nus, c’est sur l’avant-pied ou le médio-pied que vous courrez et non sur le talon. Cette première constatation suggère donc qu’un drop bas va inciter à courir sur l’avant-pied ou le médio-pied. Mais pas de miracle, un drop ne modifie en aucun cas une foulée à lui tout seul. Cela va juste vous inciter à courir d’une autre manière.

Toute la chaine postérieure qui va être sollicitée par un changement de drop : mollet, tendon d’Achille et aponévrose plantaire. Il convient donc d’y aller doucement dans un premier temps. On recommande de commencer par réduire le drop à 4 mm par exemple ou encore de partager les entrainements en deux temps. On peut ainsi faire un échauffement avec les chaussures à drop 0 puis la séance spécifique avec les chaussures habituelles.

 Quel est l’avantage de passer à un drop 0 ?

Le plus gros avantage est de se rapprocher de la position pied nu et d’une biomécanique naturelle. En mettant votre pied à plat, vous êtes en accord avec votre biomécanique. Car votre anatomie n’est initialement pas faite pour courir sur les talons.

Une fois bien adapté au drop 0, vous allez favoriser tout le renforcement de la chaine postérieure qui est ultra importante pour la pratique de la course à pied. Si en plus d’un drop faible, vous utilisez des chaussures minimalistes, vous allez également renforcer toute la musculature intrinsèque du pied.

Drop 0 ne veut pas dire pas d’amorti !

Mais alors un drop 0, c’est la même chose qu’une chaussure minimaliste ?

Alors non, pas du tout car la chaussure minimaliste est une chaussure qui se rapproche le plus possible du pied nu. C’est-à-dire un drop nul bien sûr mais aussi un amorti inexistant (comme les chaussures Five Fingers à 5 doigts par exemple). Alors qu’une chaussure à drop 0 peut parfaitement conserver des critères de confort comme amorti, relance, techniques stabilisatrices du pied, dynamisme dans sa conception.

J’ai testé Altra Escalante 3 (route)

Altra Escalante 3, tout confort pour passer au drop 0

La marque américaine Altra est spécialisée dans les chaussures permettant une « foulée plus naturelle ». Elle a sorti la version 3 de son modèle phare pour la route l’escalante.

Il s’agit donc d’une chaussure équipée d’un drop zéro. Il est vendu sous le concept de « Balanced Cushionning », combiné à la « Footshape Toe Box, un avant de la chaussure plus large qui libére le pied et augmente la stabilité. La nouvelle Escalante se veut un peu plus lourde que sa grande sœur l’Escalante 2.5. Le poids annoncé est de 263g (H) / 219g (F) contre 241g (H) / 210g (F). La tige a elle été revue afin de maximiser le confort et la respirabilité.

La chaussure a une hauteur de 24 mm. L’empeigne propose toujours un minimum de coutures, notamment sur l’avant, afin de favoriser la souplesse et le confort. Et c’est franchement très appréciable quand on a tendance à avoir ces fameux pieds à ampoules.

A l’essai sur route, la première surprise vient d’une certaine rigidité de la tige arrière. Mais surtout le modèle est très stable et bien sûr aucun déséquilibre lié à la présence d’un drop, vu qu’il n’y en a pas !

Bon il faut passer au-delà de la vision de ces pieds vu d’au-dessus avec notamment cette impression de largesse oversize et de légère déformation sur l’avant. Mais on s’y habitue très vite.

Altra Escalante 3, confort, amorti, stabilité

Aux premières foulées c’est l’amorti, le confort du chaussant qui sont très impressionnants. Mais que c’est dur de relancer ! Et surtout ça tire très très dur dans les mollets… A tel point que le premier essai s’arrêtera au bout de 3km avec l’impression d’avoir l’arrière de la jambe passée sous un rouleau compresseur.

Massage manuel, rouleau de massage, pistolet de massage… j’aurais épuisé tout ce qui était en ma possession pour tenter de récupérer ma chaine postérieure après les premières séances. Mais au final, en augmentant progressivement les distances, je me rends compte que quand je reprends mes chaussures « classiques » je me sens plus à l’aise, voire plus reposée dans ma foulée. Et bonus non négligeable, les ischios, les mollets se sont redessinés différemment.

Aussi après ce premier essai sur toute il me tardait de voir l’effet d’un drop 0 avec une chaussure de trail…

Altra Olympus 5, le drop 0 tout confort pour trails courts sur terrains peu techniques.

J’ai testé l’Altra Olympus 5 (trail)

Avec 33 mm de hauteur de la semelle, cette Altra Olympus 5 est la plus haute de la marque. Cette hauteur implique une certaine rigidité, compensée par le confort de l’amorti. Le Vibram Megagrip qui compose la semelle extérieure lui offre la durabilité nécessaire pour accumuler les kilomètres

Concernant cette semelle on est tout de suite séduit par l’amorti et le confort qu’elle produit alors que la chaussure pourrait paraître minimaliste. Mais c’est cependant la paire la plus amortie de la gamme chez Altra. Elle se destine aux longues distances en trail.

Pour rappel, cette chaussure comme toute Altra possède un drop 0 et toujours cette même toebox large à l’avant du pied.

Du confort sur trails peu techniques

Cependant, l’Altra Olympus 5 a été conçue pour des sentiers modérément techniques. Ses crampons de 4 mm ne lui offrant pas l’accroche nécessaire en cas de boue ou de neige trop importante. Sur un parcours de 40km boueux, j’ai trouvé une chaussure qui accrochait très bien et qui s’en sortait parfaitement pour m’empêcher de glisser en descente ! g

D’un point de vue technique, l’Altra Olympus 5 est une version légèrement revisitée du modèle précédent. Le véritable changement se situe au niveau de la tige. Celle-ci a été retravaillé pour apporter plus de confort et de maintien et elle monte assez haut le long du tendon d’Achille.

A quoi cela peut servir ? Plus de confort ? Facilité d’enfilage ? En fait cela m’a posé souci car j’aime bien quand je déroule le pied ne rien sentir qui touche sur le tendon d’Achille. Toujours pour éviter ces fameux frottements. Mais finalement, j’ai trouvé cela assez confortable. Cela confère encore plus d’effet cocoon à la paire, genre « charentaise ».

Altra Olympus 5, le drop 0 tout confort pour trails courts sur terrains peu techniques.
Altra Olympus 5, édition spéciale Chamonix.

Drop 0 et mes mollets alors  ?

Et bien bizarrement cet effet drop 0 est beaucoup moins pesant pour la chaine musculaire postérieure en trail que sur route. Peut être est-ce dû à la variabilité des appuis en trail, différente de la foulée répétitive en course à pied ?

Mais il m’a semblé m’être adaptée très vite à ce modèle sur une distance de 40km en trail. Ce que je ne vous dis pas, c’est que le lendemain de ce trail, quand même, mes mollets ont protesté pendant 48h. A ne plus pouvoir descendre ni monter des escaliers, une vraie démarche de canard… Mais à force de les utiliser ces douleurs post-course ont progressivement disparues.

Au final cette chaussure est réellement destinée aux sorties très longues de par son confort, plutôt par temps secs. Attention au laçage, il n’est pas toujours évident de trouver le bon serrage et/ou position des lacets pour bien serrer le pied. 

Alors vous aussi vous voulez passer en drop 0 ? Une seule consigne, allez-y très progressivement. Vos muscles de la chaine postérieure de vos jambes vous en seront reconnaissants. Et vous éviterez de vous blesser en faisant d’emblée des longues sorties en drop 0.



Habitué de la SaintéLyon, Alexandre Delore revient sur l’édition 2022 de la SaintéExpress sa course fétiche. Du premier relais en famille en 2002 en passant par la « doyenne » ou le bénévolat l’an dernier, ce coureur lyonnais ne se lasse pas de participer de cette nuit à courir dehors, unique en son genre.

La SaintéLyon, une attraction qui fascine toujours autant de monde. Le plus marquant, c’est la foule. Exemple à Sainte Catherine, au départ de la SaintExpress, que j’ai couru cette année. En moins d’une heure, plus de 3500 personnes rejoignent en car ce village des monts du Lyonnais de quelques centaines d’habitants. Un tour de force sans accroc, un miracle chaque année pour les organisateurs. Qu’importe si l’ambiance feutrée du départ ne ressemble pas à celle frissonnante de Saint-Etienne.

Qui est Alexandre Delore ? 47 ans, licencié à l’Entente Sud Lyonnais. Gestionnaire de collège. 2h55′ au marathon. Finisher 100km de Millau, Saintélyon 4 fois, Grand trail des Templiers et Grand Trail du St Jacques.

SainteLyon 2022, dans les ténèbres de Saint-Genoux.
SainteLyon 2022, dans les ténèbres de Saint-Genoux. ©Brice Robert

Dans la purée de pois…

Le format marathon-trail de 44 km me correspond, d’autant que l’hiver s’est invité brusquement cette semaine et rend les sentiers très humides. C’est l’occasion de partager un moment convivial avec quelques copains (Martial, Gerhard, Greg, Jean-Charles et Etienne). Chacun à son niveau, ses espoirs. Plus tard avec son lot de sensations fortes, ses illusions, ses galères.

J’étais prévenu par le « Padre » que l’ancien coureur cycliste Thomas Voeckler récemment converti au trail prendrait le départ. « Prends sa roue et bat le au sprint !. Ca m’a fait bien rigoler.
Mais dès que le train de la SaintExpress fut lancé, on fait moins le malin à se faufiler pour aborder le premier sentier au bout de 800 mètres ! La frontale nous guide dans les trajectoires sinueuses. Puis le bois d’Arfeuille advient très vite. Fantomatique et glissant. Et c’est la montée du Rampeau, l’épouvantail, monotrace tout droit dans le pentu au milieu de la forêt. Exigeant mais en connaisseur, je gère bien en marchant vite.

A Saint-André-la-Côte, le brouillard s’invite. Sans m’en rendre compte, dans la purée de pois, c’est le bois des Marches « casse-pattes » que l’on traverse au ralenti et non pas la boucle du hameau du Surgeon, surprise ! On croit sortir des ténèbres à Saint-Genoux. La suite est plus facile. Une meilleure visibilité et de bonnes jambes.

Alexandre Delore au bout de sa SaintExpress 2022.
Alexandre Delore, bientôt au bout de sa SaintExpress 2022.

Holiday on ice sur boue

Ma seule appréhension, c’est quelle surprise vais-je découvrir à chaque prochain sentier. Je manque de peu de me vautrer par terre dans la descente finale du bois Bouchat. C’est la lutte contre les éléments naturels. La pluie qui fouette le visage, les cuisses et refroidit le corps à mesure que l’on rejoint Soucieu.

En avance sur mon tableau de marche à mi-course, c’est bien engagé. Je déroule comme à l’entraînement. Mais voici la forêt de Champanel. Une énième descente digne d’« holiday on ice » sur boue. Une glissade, les fesses à terre, y parait que c’est bon pour la peau ! Pardon à toutes celles et ceux qui passeront derrière, le chemin a été bien labouré !

Les kilomètres défilent à allure régulière autour de 12 km à l’heure. Aux abords du ravito de Chaponost, sur un tracé en aller retour, je croise Greg qui n’est pas très loin devant. C’est une bonne référence. On est sur les bases de 4
heures de course. Les sentiers laissent place de plus en plus à du bitume.

Dans le top 100 de la SaintExpress !

Cela tape bien sous les pieds avec nos pompes de trail. Les dernières difficultés, les montées des Aqueducs et celle du parc aventures de Sainte Foy obligent à puiser des ressources surgies du tréfonds mais ça passe.

4h03’ au final sous l’arche d’arrivée à la Halle Tony Garnier, soit une moyenne horaire légèrement supérieure à celle de 2019 avec les mêmes conditions météo. Je retrouve Greg qui termine en costaud en 3h59’. Dans les 100 premiers, satisfaction partagée.

Puis Gerhard me rejoint à la douche qui n’a pu continuer l’aventure après Soucieu, trahi par une contracture au mollet. Dommage pour lui, car la dernière sortie ensemble deux semaines auparavant était prometteuse. Enfin, au petit matin, revenu au bercail, j’irai encourager Milliau et David au ravito de Soucieu. Engagés sur le 78km, parcours historique de SaintéLyon, un autre monde ! Une nuit de boue, dantesque, dans la pure tradition de la Saintélyon.



Cette Asics Fuji Speed saura vous surprendre sur trail court et terrain peu technique.

Attention, cette Asics Fuji Speed taille petit. On vous recommande de prendre une pointure de plus que ce que l’on a l’habitude en chaussures running/trail. Mais c’est une bombe, parce qu’elle est légère et très réactive. Elle est conçue avant tout pour performer sur des distances courtes voire moyennes. Mais elle ne sacrifie pas pour autant au confort éprouvé à chaque foulée, grâce à son système d’amorti dynamique. A noter toutefois, son drop de 4 mm, exigeant, qui ne conviendra pas à toutes les foulées.

Asics Fuji Speed, légère & réactive

Sa réactivité est accrue par la plaque de propulsion intégrée, qui permet un vrai retour d’énergie à l’impulsion, son drop bas et l’effet rocker induit par l’avant très relevé de la semelle. Sous la semelle, le crantage est peu proéminent (3mm), on évitera donc les terrains très techniques. Le grip est par ailleurs de qualité. La languette, reliée à la semelle sur sa partie basse, est très fine et comporte une pochette pour ranger les lacets.

Quelques nouveautés

La nouveauté de cette Asics Fuji Speed, en tout cas la plus visible, réside dans son système de laçage innovant. Le lacet est comme doublé grâce à des « pattes » qui se croisent. Peut-être pour éviter la pression qu’un laçage classique exercerait sur le dessus du pied ?

Cela complique en tout cas un peu l’obtention d’un serrage optimum, et ce malgré la présence d’un système style « Quicklace ». L’autre originalité de l’empeigne, c’est son tissu translucide à l’aspect plastifié, suffisamment solide pour être directement relié à la semelle, sans pare-pierre sur les côtés.

Conformément à la tradition Asics, l’avant est assez étroit. La coque talonnière est assez rigide et haute, ce qui peut irriter le tendon et/ou les malléoles, mais elle est heureusement un peu rembourrée sur l’intérieur.

Les notes de la testeuse. Amorti : 16/20 Accroche : 15/20 Confort : 14/20 Stabilité : 18/20 Souplesse : 15/20

Elle a testé pour vous. Isabelle Guillot, 61 ans, 1,55 m, 44 kg, 4 fois championne du monde de course de montagne, 2h36’16’’ au marathon Conditions du test. Environ 150 km à allures variées, sur des sols peu techniques.



Ce Marathon de Valence a une nouvelle fois fait trembler les chronos avec de nouveaux records en tête de course et près de 18% du peloton terminant en moins de 3 heures.

Le Marathon de Valence vient de vivre sa plus belle édition avec un record de participation (21 838 finishers), deux nouveaux records et de belles surprises. Cette 42e édition a en effet révélé un « outsider ». Le Kenyan couronné, Kelvin Kiptum, 23 ans courait son premier marathon. A 10 km de l’arrivée, l’athlète a lâché le groupe de tête, comptant notamment le champion du monde en titre Tamirat Tola pour voler vers la victoire. En 2h01’53’’, ce nouveau champion signe ainsi la troisième meilleure performance mondiale de tous les temps.

Chez les femmes, on a cru un temps au record du monde (2h14’04 »). L’Éthiopienne Letesenbet Gidey a couru sur les bases de ce record, avant de s’effondrer sur le finish, terminant en 2h16’. Sa compatriote Amane Beriso Shankule a décroché la couronne, en 2h14’58’’, ce qui représente aussi la troisième meilleure performance mondiale sur la distance.

Valence devient ainsi le second marathon le plus rapide au monde derrière le marathon de Berlin.

Plus de 3000 Français et un paquet de « RP »

Côté Français, il y avait une belle densité de coureurs, avec des champions en quête de records parmi les 3053 tricolores en lice. La France, c’est le premier contingent d’étrangers sur ce marathon espagnol. En tête, un Nicolas Navarro très costaud. Pointant à la 13e place au classement général, il bat d’une minute son précédent record, terminant en 2h07’01’’, ce qui représente la 4eme performance française de tous les temps.

Nicolas Navarro a battu son record en 2h07'01'' sur le marathon de Valenc
Nicolas Navarro, record personnel en 2h07’01 ». ©DR

Derrière, Mehdi Frère termine en 2h09’18’’, lui aussi avec les minimas en poche pour les championnats 2023. Citons aussi la performance de Félix Bour qui a couru son premier marathon en 2h10’43’’.

Chez les masters, Mohammed El Yamani, 58 ans, a encore une fois forcé le respect. L’an dernier, ce francilien avait couru en 2h26’56’’, passant à une minute du record du monde de la catégorie M55 qu’il visait à nouveau cette année. Il boucle cette fois son marathon fétiche en 2h27’25’’ après une course particulièrement rude. « Une chute au 15e kilomètre et des problèmes gastriques aux 39e et 40e kilomètre – trois arrêts pour vomir – m’ont coûté de précieuses secondes » commente en substance ce master super-performant.

Méline Rollin a couru son premier marathon en 2h30' à Valence.
Méline Rollin, athlète Kiprun, sur le finish de son premier marathon à Valence.

Chez les femmes, la palme tricolore revient Méline Rollin. Impressionnante aussi pour son premier marathon qu’elle boucle en 2h30’27’’ !

18% de coureurs en moins de 3h sur le marathon de Valence

Derrière ces champions, de nombreux coureurs ont battu leur « RP ». Avec 18% de finishers en moins de 3 heures – contre 7% sur le marathon de Berlin ! – Marathon de Valence affiche des statistiques records.

Véritable ‘aubaine espagnole’, cette destination, attrayante et abordable multiplie les atouts. Sa date d’abord, idéale. Fixé le premier week-end de décembre, ce marathon permet de réaliser une préparation après les fortes chaleurs estivales et avant les températures très froides de l’hiver.

marathon de valence, un nombre record de finishers en moins de 3h.
Une densité folle de coureurs en moins de 3h sur le marathon de Valence.

Cette année encore, la météo était idéale le jour J avec 12 degrés au départ, un ciel ensoleillé et sans vent. Antoine, de région parisienne qui était dans le peloton témoigne : « Même si je n’ai pas battu mon record, ce marathon de Valence est un vrai coup de cœur. Le parcours est clairement tourné vers la performance. Le départ est un peu difficile du fait du nombre de participants, mais on prend vite son rythme. Et toute la ville vit au rythme du marathon durant le week-end. J’ai parfois eu l’impression d être dans le final d’une une étape du Tour de France avec des spectateurs vraiment proches des coureurs et pas avares d’encouragement. En plus d’être roulant, le circuit est très plaisant et entièrement contenu dans la ville. On passe devant à peu près tous les lieux symboliques avant de finir en apothéose en courant sur l’eau (sic), entre les bassins de la magnifique Cité des arts et des sciences. L’organisation était parfaite, avec des ravitaillements bien organisés. Je recommande vraiment ce marathon qio vaut le déplacement ! ». Alors Vamos à Valencia en 2023 ?



La 68e édition de la SaintéLyon a tenu ses promesses. Avec plus de 17000 coureurs sur les 8 formats proposés, la Doyenne en a fait baver plus un, dans des conditions de froid, de pluie et de brouillard. Et les nouveaux venus ont marqué l’épreuve reine. Ainsi l’Espagnol Andreu Simon Aymercih du team Asics s’est imposé pour sa première participation, tout comme Sarah Vieille du team Evadict chez les femmes. Sur l’épreuve XXL, exploit d’Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, qui remporte sa 3e Lyon-SaintéLyon d’affilée.

SaintéLyon 2022 : Andreu Simon Aymerich était le plus fort

Sur les 78 kilomètres et 2050 mètres de D+ d’un parcours détrempé et rendu boueux et glissant, le jeune et talentueux Espagnol Andreu Simon Aymerich, qui découvrait le parcours, a réalisé la course exceptionnelle. Parti en tête, il a dynamité le groupe de leaders dès le premier ravitaillement. Epuisant ses adversaires un par un, il n’a jamais cessé de mettre la pression. Ainsi les favoris Théo Detienne, Kevin Vermeulen et Emmanuel Meyssat ont plié les premiers, tandis que Thomas Cardin et Baptiste Chassagne ont essayé de résister ensemble.

Chassagne décroché, Thomas Cardin a de nouveau essayé, seul, de reprendre du temps à l’Espagnol, fournissant un énorme effort entre le 50e et le 60e kilomètre. Il est revenu à 1mn30 de Andreu Simon Aymerich, mais ce dernier n’a pas craqué, et Cardin a dû baisser les bras. L’Espagnol termine en 5h 47mn 35s, à une vitesse moyenne de plus de 14km/h. Il signe la première victoire d’un étranger sur la SaintéLyon, jusque là chasse gardée des Français. Thomas Cardin prend la deuxième place, à 5 minutes (5h 52mn 40s). Le podium est complété par Baptiste Chassagne, 4e en 2019, en 6h 03mn 23s.

SaintéLyon andreu simon
Andreu Simon Aymerich, vainqueur de la SaintéLyon 2022. Photo DR

SaintéLyon 2022 : ils ont dit…

Andreu Simon Aymerich, 1er : « Durant toute la course, mon manager m’a dit que Thomas Cardin était à 1 minute, ce qui m’a obligé à pousser, pousser. J’attendais le finish avec impatience, parce que j’étais fatigué. »

Thomas Cardin, 2ème : « J’ai tout donné entre le 50e et le 60 pour essayer de recoller, j’ai pris des risques, je suis revenu à 1mn30 mais ce n’était pas suffisant. Après, j’étais sec sur la fin de parcours, j’ai dû serrer les dents, heureusement que le public était là pour me pousser. C’était une édition pas facile, avec beaucoup de boue, c’était très glissant, j’ai fait plusieurs chutes. Mais aujourd’hui, le premier était vraiment très très fort, et je suis content de ma performance. »

Baptiste Chassagne, 3ème : « Je suis tellement ému. J’ai tout mis, j’ai couru avec du panache, je n’ai pas de mots. Je suis fier de partager un podium avec des athlètes de cette classe. »

SaintéLyon Thomas Cardin
Thomas Cardin épuisé mais second de la SaintéLyon 2022. Photo DR

SaintéLyon 2022 : Sarah Vieuille royale

Dans la course féminine, Sarah Vieuille n’a rien laissé aux autres. Pour sa première participation, l’athlète du team Evadict a fait un véritable cavalier seul et termine en 6h 54 09s, en 1§e position au scratch. « Je ne réalise pas encore. J’ai eu de très bonnes sensations dès le début. J’avais les jambes. Et plus j’avançais, plus ça me rassurait. J’ai accusé un peu le coup à partir du 44e kilomètres, je me suis demandé si je n’étais pas partie un peu vite, mais j’avais assez d’avance et je savais qu’en assurant je pouvais gagner. Mais les 13 dernières kilomètres ont été difficiles. »

Sarah Vieuille devance Sandrine Fléchet, vainqueure en 2021, de plus d’une demi-heure (7h 25mn 07s). Le podium est complété par Isabelle Dragon, troisième en 7h 35mn 42s.

Lyon-SaintéLyon : le triplé pour Alexandre Boucheix

Grand favori de la version longue Lyon-SaintéLyon, un ultra de 156km et 4100m D+ en 2 temps, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, a assuré comme un chef. Pour mémoire, les concurrents de cette version longue devaient rallier Saint-Etienne depuis Lyon le samedi dans la journée (soit 78km et 2050m D+, le chemin inverse de la SaintéLyon), avant de prendre le départ à minuit de la SaintéLyon avec les concurrents de la course de 78km. Mais ce n’est sur cette partie entre Saint-Etienne et Lyon que sont pris les chronos déterminant le classement final. Et comme lors des 2 dernières éditions, Casquette Verte a été le plus fort. Il remporte une 3e victoire consécutive en 7h 12mn 53s. Nicolas Firmin termine second en 7h 48mn 14s. Steeve Dobert prend la troisième place, arrivé un peu plus d’une heure après Casquette Verte.

casquette verte
Casquette Verte pour une 3e victoire d’affilée sur la Lyon-SaintéLyon. Photo DR

SaintéLyon 2022 : les résultats des autres courses

SaintÉxpress : Anna-Stiina Erkkilä la plus rapide, Loïc Rolland 2e

Victoire féminine sur le format 44km et 926m D+. Impressionnnate, la Finlandaise Anna-Stiina Erkkilä, du team Asics, s’impose en 3h 02mn 33s. Elle devance de plus de 5 minutes le très rapide stéphanois Loïc Rolland et de plus de 10 minutes l’Allemand du Team Asics Benedikt Hoffman. Le podium masculin est complété par Quentin Deshoulles. Côté féminin, Rachel Pain termine à plus de 47 minutes de la Finlandaise. Caroline Lafaye termine 3e, à près d’une heure.

SaintéSprint : Quentin Meyleu et Marie Goncalvès en mode turbo

Quentin Meyleu, favori, a assuré. L’athlète du team Asics s’impose sur ce format court de 24km et 350m D+ en 1h 30mn 04s et succède à un autre coureur Asics, l’Italien Xavier Chevrier, vainqueur en 2021. Thomas Lautier termine second à 2 minutes, Florian Bernabeu 3e à 3 secondes de la deuxième place.

Dans la course féminine, Marie Goncalves, qui avait gagné la SaintExpress en 2021, avait choisi de faire plus court en 2022. Mais ça ne l’a pas empêchée de gagner de nouveau. Elle s’impose en 1h 46mn 01s, prenant la 16e place au général. Elle devance Emilie Malhanche de 3 minutes. Diane Rassineux termine 3e en 1h 51mn 55s.

SaintéTic :

Sur le format le plus court, 13km et 190m D+, Corentin Fournier atomise la course et l’emporte en 48mn 47s. Il devance Matthieu Euverte de 36 secondes et Kévin Blot de 48 secondes. Chez les féminines, Marie Herveic s’impose en moins d’une heure (59mn 45s). Elle devance Marine David d’1mn 46 et Camille Lafitte de 10 secondes de plus.

Pour les résultats complets de toutes les courses, c’est ICI



Anaïs Quemener a battu tous ses records cette année et vient de décrocher son deuxième titre de championne de France de marathon. Mais sa plus belle victoire, c’est d’avoir vaincu un cancer du sein agressif il y a sept ans. Cette aide-soignante de 31 ans est une vraie guerrière.

Anaïs Quemener, ce deuxième titre de championne de France de marathon, six ans après votre premier sacre, en 2016, cela représente quoi pour vous ? 

« C’est un peu une consécration, l’aboutissement d’un long entraînement. Ce championnat de France de Deauville était mon objectif de l’année. Après mon premier titre en 2016, je savais où je mettais les pieds. Je visais un meilleur chrono, autour de 2h36’-2h38’. J’ai mis un peu plus de temps et termine en 2h40’36’’ mais je suis très heureuse de décrocher à nouveau ce titre qui vient clôturer en beauté 2022. C’est ma meilleure année ! J’ai battu tous mes records sur 10 km (33’54’’ à Paris), semi-marathon (1h14’55’’ à Paris) et marathon (2h37’26’’ à Paris) après avoir faire un top 10 au France de cross et gagné Paris-Versailles notamment. »

En 2016, vous aviez décroché votre premier titre de championne de France en 2h55’, six mois après avoir vaincu votre cancer du sein. Nous avions alors découvert une championne guerrière.

« Merci, c’est gentil. Gagner ce championnat de France en 2016 avait été pour moi une revanche sur la vie. J’y allais pour battre mon record personnel de l’époque qui était de 2h58’. Je voulais me prouver qu’après mon cancer, j’avais retrouvé mon niveau d’avant. J’avais terminé en 2h55’26’’. Le titre était totalement inattendu ! Les favorites de la course n’étaient pas présentes, il y a eu des abandons à droite et à gauche, moi j’avais une grosse envie de courir… C’était comme dans un film et cela reste mon meilleur souvenir de coureuse. »

Gagnante du dernier Paris-Versailles, Anais Quemener est très attendue sur le championnat de France de marathon de Deauville
Victoire sur le dernier Paris-Versailles pour l’athlète Salomon, Anais Quemener.

A 24 ans, on vous a diagnostiqué un cancer du sein agressif et métastasé. Comment avez-vous traversé cette épreuve ?

« En courant, justement. Je dis souvent, la course à pied m’a sauvé de mon cancer. Je ne travaillais plus à l’époque. Tout mon quotidien me rappelait que j’étais malade avec les traitements que je subissais. Je ne pouvais pas rester à rien faire chez moi. J’avais besoin de sortir courir, de faire du vélo, de m’aérer l’esprit. A l’entraînement avec les copains, j’avais l’impression d’être comme tout le monde, comme si je n’étais plus malade. Cela m’a aidé à tenir pendant ces mois difficiles où j’ai surtout eu la chance d’être très bien entourée, avec beaucoup de bienveillance de mon entourage. »

Depuis votre cancer, vous êtes très investie dans la lutte contre le cancer du sein, notamment avec l’association Casiopeea que vous parrainez.

« Quand j’étais en traitement j’ai rencontré Casiopeea via les réseaux sociaux. Je me posais mille questions et j’avais besoin de réponses en tant que malade. La présidente de l’association, Nathalie David, a eu un cancer du sein et fait de l’ultra-marathon. Je me suis reconnue dans son profil. Je suis allée à leur premier évènement, la Marche des Roses. Le lien s’est vite créé d’un événement à l’autre jusqu’à mon premier titre de championne de France où je suis devenue marraine de l’association. Depuis l’aventure continue. On n’habite pas toutes à côté mais nous essayons de nous voir de temps en temps en nous fixant des défis ensemble. Et c’est toujours super cool. »

Anais Quemener fait partie de la team Salomon.

Anaïs Quemener, la course à pied et vous, c’est une passion qui dure depuis toujours ?

« Oui, j’ai toujours baigné dedans. J’ai commencé à courir 7 ans, en club à l’âge de 9 ans. Bon, à l’adolescence, ce n’était pas ma priorité. Je préférais souvent sortir avec les copines plutôt qu’aller m’entraîner je dois le dire. Mais aujourd’hui, le sport, c’est presque toute ma vie ! C’est mon papa qui m’entraîne depuis des années. Il a été plusieurs fois champion de France militaire avec les pompiers de Paris. Il avait un très bon niveau 10 km, steeple et en cross. »

Vous êtes aussi aide-soignante à l’hôpital de Bondy, en Seine-Saint-Denis et vous travaillez de nuit. Comment faites-vous pour vous entraîner ?

« J’ai travaillé cinq ans aux Urgences de Bondy (93) maintenant je suis à la suppléance de l’hôpital. C’est un poste où l’on est amené à faire tous les services en fonction des besoins à l’instant T. Je travaille de 21h à 7h du matin trois jours par semaine. Je dors jusqu’à 13h voire 14h au plus si je fais une grasse matinée (rires), après je m’entraine avant de repartir au boulot le soir. Je cours six jours sur sept, avec entre 120 et 160 km au maximum au plus fort de ma prépa marathon. C’est un rythme qui me convient bien d’autant que je suis une petite dormeuse. J’aime mon travail et j’aime courir, alors je ne vois pas le côté contraignant, même si mon copain me dit souvent que je vis à 2 000 à l’heure… »

Quel est votre objectif pour 2023, Anais Quemener ?

« Je vais recourir le marathon de Paris. J’aimerai bien faire moins de 2h35’. Je prévois aussi de courir le marathon de Berlin fin septembre, avec l’objectif de faire un meilleur chrono qu’à Paris. A moyen terme, j’aimerai me rapprocher des minimas mondiaux qui sont en 2h32’. Je sais que cela va être difficile. Si ça marche tant mieux, cela ne marche pas tant pis, au moins j’aurai tenté. Et rien à regretter ! »



Être bien dans ses chaussettes en courant, c’est le pied. Car le moindre frottement est impactant. Parmi les marques phares du marché, nous avons testé 6 modèles running & trail, entre best-seller et nouveautés.

Les chaussettes ne figurent pas souvent au premier rang des achats du coureur. C’est pourtant un accessoire essentiel. Une irritation, un frottement, c’est une potentielle ampoule qui impactera votre foulée et votre moral. Pour s’éviter cette mauvaise expérience, on choisira donc sa paire de chaussettes avec un soin tout particulier.

La chaussette est un accessoire essentiel pour le coureur. On la choisira sans coutures, avec renforts sur les zones sensibles pour s'éviter les frottements.

Quels critères pour bien choisir ces chaussettes de running ?

Les chaussettes doivent épouser parfaitement la morphologie du pied pour pouvoir supporter les mouvements sans bouger. Idéalement, il faut des renforts sur zones sensibles et une technologie assurant la respirabilité.

On sera vigilant sur les coutures (à limiter au maximum) et la taille. Une mauvaise taille s’expose à davantage de frottements et donc d’ampoules. Pour la hauteur de la tige, c’est une question de goût et d’habitude. Basse, sous la cheville ou haute, en dessous du genou, c’est vous qui voyez. Si vous êtes trailer, une chaussette un peu plus haute sera un bon rempart anti-intrusion de cailloux.

Les chaussettes basses sont plus discrètes mais protègent peu l’arrière du pied et donc des frottements peuvent apparaitre entre le talon et la chaussure.

On doit tout simplement être à l’aise dans ses chaussettes, ni trop larges ni trop serrées avec une épaisseur qui peut être plus importante en hiver qu’en été.

Si vous êtes sujet(te) aux ampoules, il faudra alors préférer une chaussette très ajustée avec des renforts sur les zones sensibles. S’il y a une sensibilité au niveau du tendon d’Achille, choisir alors une paire qui renforce et protège cet endroit en douceur.

Banc essai chaussettes

6 chaussettes de running au banc d’essai 

Rywan, modèle Marathon des Sables.  Sur route mais aussi dans le sable sous des guêtres protectrices : aucune ampoule ! Elles sont fines et se positionnent très bien sur le pied même au niveau de la zone toujours plus délicate du petit orteil. Très bonne résistance aux nombreux lavages et avantage certain pour le fait qu’il n’y a pas de différence pied droit et gauche, plus facile à enfiler ! On la recommande sur route jusqu’au marathon.

[all4affiliates id= »41740″ title= »Rywan, modèle Marathon des Sables »]

Incylence. On les aime pour le look ! Enfin des chaussettes de sport qui ont du style ! et de la couleur ! Et ce qui ne gâche rien à leur douceur et leur extrême confort d’utilisation. Mention spéciale pour des courses de type trail ou le fait que la chaussette soit mi-haute protège très bien des petites poussières qui pourraient rentrer dans la chaussette. Un confort tout doux dans la chaussure et une très bonne absorption de la transpiration. On la recommande : sur route et trail.

La Chaussette de France Oslo. Plutôt une chaussette de ville car elle est surtout très jolie et surtout une chaussette de randonnée agréable. Très confortable et une seule ampoule à déclarer au bout de 25 km de randonnée. Avec pied anatomique et renforts sur les zones sensibles. On les aime le design, la fabrication française, et la belle épaisseur pour mi-saison et hiver. On la recommande sur route, en ville et en rando.

Sidas Run Feel Socks. Sidas est le spécialiste du pied et il le prouve bien avec ce modèle très fin qui se fait oublier. Mais dans ce cas il faut avoir des chaussures parfaitement adaptées à son pied presque nu car dans mon cas, une pointure au-dessus de mes chaussures adaptées aux chaussettes plus épaisses, n’a pas été compatible avec ce modèle. J’ai eu des ampoules liées au frottement du pied dans la chaussure. A noter : pas de renforts sur les zones sensibles. On la recommande : sur route jusqu’au marathon.

[all4affiliates id= »41744″ title= »Sidas Run Feel Socks »]

BV Sport Socks Run. BV Sport est leader sur la chaussette technique en France et fabrique à Saint-Etienne. Cette paire destinée à la course sur route tient toutes ses promesses. C’est un modèle épais conçu également pour procurer un maintien et une stabilisation du pied et de la cheville à 360 degrés. A noter aussi, une protection contre le frottement au niveau de la zone du talon d’Achille. Le haut de la chaussette est un bord large très agréable sans sensation de serrage ni d’effet garrot. Avec pied anatomique On la recommande : sur route jusqu’au marathon.

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X-Socks Run Speed Two. Encore une chaussette épaisse mais très respirante avec des zones de protection et de renfort intelligemment distribuées sur toute la chaussette et qui permet d’éviter les zones de friction.  C’est juste au niveau du petit orteil qu’une zone de friction est apparue sur une sortie de 20km sur route du fait de l’épaisseur de la chaussette qui a peut-être engendré un mauvais positionnement de la chaussette dans la chaussure. On la recommande : sur route, jusqu’au marathon.

[all4affiliates id= »41748″ title= »X-Socks Run Speed Two »]

 



La SaintéLyon 68e édition revient ce week-end avec 17 000 concurrents dans ses rangs. Programme, start list, météo : les dernières infos.

La SaintéLyon, doyenne des courses d’ultra revient ce 3 décembre avec 17 000 concurrents dans ses rangs.

La première course du week-end consistera à rallier Lyon à temps. En effet, la grève des contrôleurs de la SNCF, avec un TGV sur trois annoncé sur Paris-Lyon notamment, promet de rajouter une bonne dose de stress aux engagés.

Côté météo, la nuit blanche sera servie bien fraîche sur les Monts du Lyonnais. Gelée nocturne, risque de neige ou de pluie, puis 4°C tout au plus au plus en journée.

Des 8 distances au programme, l’historique diagonale reliant Saint-Étienne à Lyon en 78 km reste bien la course reine du week-end. 7 000 concurrents prendront ainsi le départ depuis Parc des Expositions de Saint-Étienne à partir de 23h30 ce samedi.

La 68e édition de la SaintéLyon s'annonce un peu plus clémente que la précédente marqué par la neige et un froid polaire.
La 68e édition de la SaintéLyon s’annonce un peu plus clémente que la précédente marquée par la neige et un froid polaire. ©Peignée Verticale.

Les derniers vainqueurs  au départ

Dans les starting-blocks, des champions sont annoncés. Tout juste rentré des Mondiaux de Trail en Malaisie avec une belle 6e place sur le Trail court, le co-vainqueur 2021 Thomas Cardin fait figure de grand favori. Il devra composer avec Manu Meyssat. En forme, il sera son grand retour sur la doyenne, qu’il a remportée deux fois en 2016 et 2017.

On surveillera aussi le fougueux lyonnais Baptiste Chassagne. Car il a fait l’impasse sur le championnat du monde de Trail pour mieux préparer cette SaintéLyon.

Côté féminin, Sandrine Flechet, vainqueure 2021, viendra tenter de renouveler l’exploit. Elle pourra s’appuyer pour cela sur sa camarade du team ASICS, notre marraine Sylvaine Cussot, qui aura bien récupéré de sa Diagonale des fous. Elles auront fort à faire avec la présence au départ de Sarah Vieuille, du team Evadict, ancienne championne de France de Trail long et 4eme de la récente diagonale de fous, juste devant… Sylvaine Cussot.

Sur la Lyon-SaintéLyon, consistant en l’aller retour Lyon-Saint-Etienne puis Saint-Etienne-Lyon, 350 engagés. En tête, on attend Casquette Verte, alais Alexandre Boucheix. Ce Parisien qui enchaîne les ultras à une cadence folle a remporté les deux premières éditions de cette version XXL en 156 km. Et compte bien terminer son année en beauté à Lyon. 

Une SaintéLyon à suivre en live

Cette année, grande première, il sera possible de vivre cette SaintéLyon bien au chaud, sous sa couette. Un suivi live de 12 heures sera mis en place. Sur le plateau installé dans la Halle Tony Garnier de Lyon, aire d’arrivée, de nombreux invités et experts se succèderont au micro. Sur le terrain, VTT à assistance électrique et bons coureurs permettront au public de suivre la tête de course.

Le live vidéo sera à suivre :

 Sur le site de 100%’Outdoor TV ou sur mobile et tablette sur l’application

https://www.sportall.fr/

 Sur la page Facebook SAINTELYON Page Officielle 

 Sur la chaîne Youtube d’Extra Sports

Dernière minute : Les inscriptions restent ouvertes seulement pour les trois plus longs formats (156, 78 km et 44 km) en ligne sur Saintélyon.com.Toutes les autres formules sont complètes, depuis plusieurs semaines pour certaines.



Cette New Balance Summit Unknown V3 est une valeur sûre pour courir des trails courts sur terrains engagés.

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New Balance Summit Unknown V3 est conçue pour la performance sur des formats courts d’un maximum de 3 h de course, et plutôt pour les coureurs de premier tiers de peloton. Elle sera donc moins polyvalente qu’une New Balance Hierro, modèle trail phare de New Balance (voir notre test de la New Balance Hierro V6).

Un vrai confort au pied

Sa coque talonnière est relativement rigide par rapport à la tendance actuelle. Elle maintient bien l’arrière du pied, tout en étant suffisamment rembourrée et échancrée au niveau des malléoles pour ne pas blesser.

Le laçage est classique, avec une languette assez large et un peu rembourrée elle-aussi. Deux paramètres qui assurent un vrai confort au pied, maintenu sans être bloqué. On note toutefois que le chaussant est assez fin sur l’avant-pied.

La semelle intérieure procure un amorti dynamique tout en absorbant correctement les chocs. Une plaque y est intégrée sous la plante du pied pour protéger dans les terrains rocailleux.

On ressent d’ailleurs bien cette plaque, surtout qu’ensuite la semelle se relève sensiblement à l’avant pour faciliter le déroulement de la foulée.

New Balance Summit Unknown V3 stable et accrocheuse

La semelle extérieure est en caoutchouc spécialement adapté pour les terrains humides, avec des crampons bien marqués et espacés. Le drop de 6mm confirme que cette chaussure est bien réservée aux courtes et moyennes distances.

Après 300 km de test, on confirme que cette New Balance Summit Unknown V3 est une valeur sûre. Sans défaut, avec l’essentiel pour courir de manière engagée sur des terrains techniques.

Les notes du testeur : Amorti : 17/20 Accroche : 15/20 Stabilité : 17/20 Confort : 16/20 Souplesse : 15/20

Drop : 6 mm – Poids : 270 g en 42,5

Il a testé pour vous. Serge Moro, 61 ans, 1,74m, 59 kg, vainqueur de nombreuses courses de montagne, et désormais de trails dans sa catégorie, 2h16’52’’ au marathon. Conditions du test : 300 km, avec séances de seuil sur sentiers techniques, fractionné en côte, et rando courses.

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Tout juste sacré champion de France de marathon à Deauville, le Grenoblois Duncan Perrillat rêve de vibrer plus vite, plus haut, plus fort. Rencontre avec ce champion autodidacte de 29 ans qui a tout plaqué pour briller en athlétisme.

Vous avez décroché le titre de champion de France de marathon à Deauville après une course incertaine, vécue dans la souffrance. Racontez-nous…

« J’ai souffert quelques jours avant la course de douleurs en bas du dos, entre le sacrum et l’os iliaque. Je ne me suis d’abord pas alarmé et puis j’ai voulu me rassurer en faisant un petit footing la veille au soir. J’étais à 6’ au kilomètre, vraiment à la peine ! Je ne voyais clairement pas comment j’allais pouvoir courir 42 km à 18-19 km/h le lendemain. J’ai hésité et j’ai pris le départ malgré tout, en m’échauffant à peine, sans savoir si j’allais aller au bout. Au fil des kilomètres, l’envie de gagner ces France a été plus forte que la douleur. Je n’ai jamais pris le départ d’une course en ayant une telle motivation, ni en souffrant autant !»

Ce trophée tricolore était une revanche suite à votre mésaventure de l’an dernier à Rennes. Gagnant, vous aviez été disqualifié car vous ne portiez pas le maillot de votre club, comme l’exige le règlement.  

« Oui, l’histoire du maillot on m’en parle encore. Etre disqualifié sur ma première course révélation a été difficile à vivre. Je suis passé en quelques minutes de « waouh, je suis champion de France pour mon premier marathon » à « je suis disqualifié, ces 42 km ne comptent pas ». Cette année, j’avais à cœur de refaire mes preuves. Je suis retourné à Rennes, j’ai gagné le marathon en 2h12’37’’, et j’ai décroché le titre national à Deauville. J’aurai bien sûr préféré être plus légitime en gagnant au scratch (le Marocain Alâa Hrioued s’imposant devant 2h16’37’’, ndlr) mais vu mon état, j’étais super content de finir ! »

Duncan Perrillat a remporté le Marathon Vert de Rennes 2022 en 2h12'37'' le 23 octobre.
Duncan Perrillat a remporté le Marathon Vert de Rennes en 2h12’37 » le 23 octobre dernier. ©Stadion

Duncan Perrillat, Rennes l’an dernier, vous aviez fait sensation avec premier marathon couru en 2h14’. Un chrono très prometteur…

« Merci. Je ne m’attendais pas à ce chrono à Rennes l’an dernier mais j’avais tout de même demandé un lièvre pour courir sur les bases de 2h16’. J’avais fait pas mal des séances de 25-30 kilomètres en maintenant des allures à 3’10’’ au kilomètre. J’avais la distance dans les jambes. Je savais qu’avec la fraîcheur, l’envie et l’adrénaline du jour J, j’étais capable de faire une bonne performance. »

On vous découvre à 29 ans mais vous courez depuis longtemps ?

« J’ai toujours aimé courir. Petit, j’accompagnais souvent mon père pendant ses footings. J’ai commencé avec les cross au collège. Vers 17 ans, je me suis plus impliqué, puis à 20 ans, je suis parti aux Etats-Unis avec une bourse sportive pour faire mes études et courir. J’ai travaillé un an à Chicago en mettant l’athlé de côté. Je me défendais, mais pas assez pour faire du haut niveau. Je me disais que les athlètes professionnels étaient déjà très bons jeunes, que je n’avais pas les capacités pour accrocher le haut niveau à 20 ans… »

Victoire sur le dernier semi-marathon de Run in Lyon pour Duncan Perrillat en 1h03'46''.
Victoire sur le dernier semi-marathon de Run in Lyon pour Duncan Perrillat en 1h03’46 ». ©ASO-Morgan Bove

…Et puis votre passion pour la compétition vous a rattrapée ?

« Oui, en 2019, un nouveau job m’attendait à Londres. J’ai profité de deux mois de pause pour refaire quelques compétitions en France. Je me suis rendu compte que j’avais passé un palier. Je me retrouvais au milieu de Français avec des sélections internationales, à faire des places dont je rêvais par le passé. Au cross sélectif pour les Europe par exemple, j’ai terminé derrière Yohan Durand (2h09’ au marathon), devant l’international Simon Denissel. Je n’étais pas attendu, un peu le vilain petit canard parmi ces champions. J’y ai vu un signe. J’ai démissionné avant même de commencer ce nouveau boulot à Londres pour me donner une seconde chance en athlétisme. J’ai d’abord travaillé à mi-temps a côté, puis il y a eu le Covid. Depuis, j’essaie de trouver des sponsors pour m’aider dans ma carrière sportive. Mon club Neuilly-Plaisance Sports me soutient, l’équipementier Hoka m’accompagne, j’ai aussi le soutien de Peyce qui référence toutes les courses. J’en cherche d’autres. »

Duncan Perrillat, quel votre prochain objectif ?

«  Comme l’an dernier, je pars m’entraîner au Kenya mi-janvier et j’enchaîne avec le marathon à Séville le 13 février. J’avais signé mon record l’an dernier en 2h12’12’’. Cette fois, je viserai un gros 2h08’ et un petit 2h09’, qui serait très beau et me mettrait parmi les meilleurs. Je n’ai rien planifié de plus pour l’instant, j’aviserai en fonction pour la suite de la saison ».

Les Jeux olympiques, vous y pensez ?

« Oui c’est un rêve, mais je le dis avec des pincettes car je sais que nous avons une génération très forte sur marathon. Pour l’instant, je ne fais pas partie des trois athlètes qui ont le plus de chance d’être qualifiés. Je suis derrière mais il ne manque pas grand-chose pour passer cette marche et faire partie de ces trois-là. J’ai envie d’y croire ! »

Photo d’ouverture : Marathon de Deauville 2022 – ©Arthur Dirou / Stadion / FFA



Le Half Marathon des Sables a vécu une première réussie en Jordanie en compagnie de 300 concurrents. Trois étapes au cœur du magnifique désert de Wadi Rum, entre dunes et canyons sculptés par des siècles d’érosion. Sandrine raconte…

Ce Half Marathon Des Sables (HMDS) petit frère du Marathon Des Sables (MDS) se court autonomie totale, en 3 distances 70, 100 ou 120 km à réaliser sur 4 jours en 3 étapes avec un jour de repos après les 2 premières étapes.

Après le Pérou et les Canaries, l’équipe emmenée par le charismatique Cyril Gauthier a mis à l’honneur la Jordanie et le Wadi Rum. Un désert féérique dont les paysages lunaires sont mis à l’honneur dans quelques films comme Lawrence d’Arabie ou la saga Star Wars. Après le Marathon des Sables, je ne pouvais pas rater cette petite nouvelle !

Half MDS Jordanie, du sable bien mou partout…

Etape 1 : 26.8 km et 980m de dénivelé +, 27% de sable, 70% sentier et 3% rocailleux (données du roadbook)

Tout commence après une courte nuit et un réveil à 3h du matin. De l’hotel, sur les bords de la Mer Morte, nous ferons 4h de bus pour rejoindre le départ de cette étape 1. Avec, selon les données du roadbook (reçu la veille), un pourcentage de sable d’environ 28% sur ce parcours.

Comment vous expliquer ? Disons que nous accordons à l’organisation le bénéfice d’une erreur de frappe (!). Car ce fut plutôt une épreuve avec 82% de sable. Et du sable mou, très mou… qui laissera les coureurs, novices comme plus expérimentés épuisés par tout ce sable sur lequel il fut très difficile de progresser. Seul le vainqueur multirécidiviste du Marathon des Sables (9 victoires) Rachid El Morabity et ses collègues en tête auront pu courir à 15km/h en moyenne.

Un bon feu pour se réchauffer

Mais la beauté du site compense bien ces efforts ! Une fois arrivée, c’est la découverte de ses compagnons d’alcôves . En effet, nous sommes logés dans des tentes individuelles regroupées en alcôve de six. Au milieu, un feu bien appréciable quand la nuit tombe. Car oui, il a fait froid la nuit, 10-12 degrés tout au plus alors que les températures frôlaient les 30° en journée.

Je retrouve avec plaisir mon équipe qui participe sous les couleurs de Ultra Sports Science, un fond de dotation dédié à la prévention et aux soins des maladies graves chez les ultra sportifs.

Un repas lyophilisé avalé, matelas (crevé, sic), duvet installé…et c’est l’extinction des feux dès 19h. Demain, c’est l’étape longue qui s’annonce. Je sais déjà que je veux faire la distance de 60km, alors un rechargement des batteries s’impose.

Half Marathon des Sables Jordanie
Jusqu’ici, ça roule…

Etape 2 : 62km, 902 D+ et 29% de sable. Réveil à 5h30. Ça pique. MON déroulé/sortie de tente est épique ! C’est donc 62km annoncés avec 902m de D+ et 29% de sable. Cette fois-ci nous sommes vaccinés par l’étape de la veille.

Dès le départ, surprise : c’est roulant et cela fait du bien ! Le premier checkpoint est atteint rapidement (11 km) et c’est au 26ème km que viendra l’heure du choix. 40 ou 62 km.Pour le moment je papote avec un joyeux groupe. Tous à la même allure, en toute convivialité, au milieu de nulle part.

Half Marathon des Sables Jordanie. J'opte pour le 60 km aujourd'hui.

14h pour boucler l’étape longue

Au 26ème km, j’opte pour le 62km, fidèle au défi que je m’étais lancé. Mes jambes suivent, mon dos couine un peu sous le poids du sac. Je suis la seule dans mon groupe à partir vers la gauche. Pas grave… j’avance.

Les deux kilomètres suivants vont très vite me faire regretter mon choix. Du sable, du sable et encore du sable, mou bien entendu. Bientôt, des passages somptueux au creux des canyons rocheux. Je suis comme seule au monde à profiter de ce décor lunaire. Personne à l’horizon, une sensation si rare de nos jours…  

C’est déjà le CP3. Je mange un taboulé lyophilisé je repars accompagnée d’une maman et de sa fille partageant l’aventure.

Juste avant le CP4, je retrouve Justine et Julia, deux sœurs et amies déjà croisées sur d’autres aventures. Et que je ne vais plus quitter jusqu’à l’arrivée. Les jambes commencent à être lourdes, le sac pèse encore lourd sur les épaules. C’est en se racontant nos histoires et en fredonnant un refrain inventé pour l’occasion que nous franchissons la ligne d’arrivée du jour.

Il est 22h, nous avons mis 13h59 pour boucler ces 62km ! L’émotion est intense. Les parents de Justine et Julie les attendent de pieds fermes.

Quelques dromadaires s'invitent au CP du Half MDS Jordanie.
Quelques dromadaires s’invitent au CP .

Décrocher puis dévaler la dune…

Je m’effondre dans ma tente. Oh oui la journée de repos du lendemain va faire du bien !

Le bivouac s’éveille tranquillement ce matin. Les feux réchauffent les petits déjeuners. Ensuite lessive, yoga, papotage, soins de pieds. Un coca bien frais est offert par l’organisation et un dancing organisé en fin d’après-midi. De quoi tous nous remettre en jambes avant cette dernière nuit dans le désert. Quelle ambiance !

Demain, deux départs. Un à 4h30 du matin pour les plus lents (dont je fais bien sûr partie) et un à 6h30 pour les plus rapides. Cela permettra que l’on finisse en même temps.

Etape 3 : 26.6 km et 733D+. 42% de sable ! Mais cette fois-ci, surprise encore, l’étape se révèlera extrêmement roulante. C’est simple, je n’ai jamais autant couru sur une étape. Surtout, un big up au moral avec la montée d’une dune avant la dévale euphorisante. Les deux talons bien plantés, comme des gamins, on s’élance.

Le bivouac du Half Marathon des Sables Jordanie.

Un tour à Petra pour terminer ce half MDS Jordanie

Au loin, déjà se profile l’arrivée. Je continue de courir, rattrapée depuis bien longtemps par les plus rapides partis plus tard. Je passerais la ligne avec beaucoup d’émotions. Quelques larmes de bonheur en recevant la médaille de finisher, a mes yeux remplis de tous ces paysages hallucinants, entre dunes, rochers et canyons.

Le temps d’enfiler le t-shirt de finisher, nous voilà partis en bus pour la visite de Petra, la merveilleuse, pour clôturer en beauté ce périple.

J’en retiendrais l’extrême bienveillance et gentillesse de l’organisation. Je participais comme « medical patrol », concept qui permet d’intervenir auprès de coureurs qui seraient en difficulté avec un équipement médical minimum présent dans mon sac. Cela m’a notamment permis d’échanger avec de très nombreux participants. Tous comme moi rentrent émerveillé de ces 4 jours passés hors du temps (et hors réseau) dans le Wadi rum, ce désert si vivant.

!



Cette Veets Utopik, produite en France est une paire confortable qui tient la route.

Veets, désormais dans le giron de BV sport, apporte encore la preuve avec cette Utopik qu’il est possible de produire une chaussure de course à pied confortable, bien pensée et made in France. A l’heure où l’empreinte carbone est un enjeu, Veets sort clairement du lot. Comme les précédentes Transition (route) et de Veloce (trail), cette nouvelle Utopik est produite en Vendée.

Un chausson tout confort et une belle stabilité

Le look élancé est plutôt réussi. Cela donne un côté futuriste à la chaussure qui fait très « quali ». On voit tout de suite à l’épaisseur de la semelle qu’il s’agit d’un modèle orienté confort. Effectivement cela se ressent en statique et surtout en course !

Le pied est parfaitement protégé, enveloppé par un chausson. On se sent maintenu grâce à la nouvelle languette à effet « strapping » et un renfort au talon prononcé. Le tissu Ecoveets conçu à partir de bouteilles recyclées est doux et ne comprime pas le pied.

La semelle intermédiaire souple et légère en mousse EVA renforce le confort et absorbe bien les impacts au sol. La nouvelle semelle extérieure de cette Veets Utopik est plus large. Cela apporte un haut niveau de stabilité en augmentant la surface d’appui au sol.

Une géométrie spécifique pour la Veets Utopik

Mais tout ce confort a des conséquences sur le dynamisme. Les coureurs plus rapides ne battront pas leur record avec. Et de ce côté le drop de 10 mm est assez handicapant.

Il est d’ailleurs assez paradoxal d’associer un tel drop avec la géométrie en 3 points Instinctech qui doit permettre de déplacer son centre de gravité vers l’avant et ainsi d’adopter une posture de course plus naturelle.

Au final, cette Veets Utopik plaira aux coureurs de 85 kg et plus à la recherche d’un modèle 100% confort pour attaquer un premier semi-marathon voire un marathon.

Les notes du testeur. Amorti : 18/20 Dynamisme : 12/20 Confort : 19/20 Stabilité : 17/20 Souplesse : 14/20

Le + Une chaussure de qualité 100% pensée et produite en France. Le – Un drop trop élevé

Poids : 325 g en 42 Drop : 10 mm.

Il a testé pour vous. Antoine, 42 ans, 1,89 m, 78 kg, meilleure perf : 3h14 sur marathon (2012). Pieds universels. Chausse habituellement des Brooks, Saucony ou Altra. Conditions du test : 100 km sur sol sec et humide avec séances de fractionnés, fartlek et sorties longues vallonnées.



La première édition du Marathon Côte Indigo aura lieu les 22 et 23 avril 2023 autour de Saint-Pierre-La-Mer, dans l’Aude. 4 courses à couper le souffle entre Méditerranée et massif de la Clape.

Ce marathon de la Côte Indigo se courra les 22 et 23 avril, pendant les vacances de Pâques autour de Saint-Pierre-La-Mer. Cette station balnéaire située à mi-chemin entre Narbonne et Bézier accueillera 4 épreuves pour cette première. Un 5 km et un 10 km le samedi, puis un semi-marathon et un marathon le dimanche.

Première édition du marathon Côte indigo le 22-23 avril 2023.

Entre vignobles et bord de mer au marathon de la Côte Indigo

Avec ses étendues sauvages, ses vignes, ses plages, son fleuve et son climat doux, la Côte Indigo est un joyau. C’est aussi une terre de sport, puisque que ce territoire accueille déjà depuis plus de 30 ans, deux triathlons.

Les parcours s’élanceront depuis Saint-Pierre-la-mer, les pieds dans l’eau. Ils visiteront l’arrière pays, au pied du Massif de la Clape, entre garrigue et vignobles, avant de revenir en bord de mer via Fleury d’Aude. Route du gouffre de l’œil Doux, route des vins, Chapelle Notre-Dame-de-Liesse (départ du semi-marathon), chemin de la Draille, port authentique des Cabanes de Fleury… Le décor s’annonce particulièrement plaisant. Le dénivelé sera modéré, avec 250 mD+ sur le marathon.

Première édition du marathon Côte indigo le 22-23 avril 2023. Yohan Durand sera parrain de l'évènement.

La convivialité à l’honneur


Pour ce premier Marathon de la Côte Indigo, l’organisation mettra l’accent sur la convivialité. Des animations festives type bandas seront présentes le long des parcours et des ravitaillements seront proposés tous les 2,5km pour les semi et marathon. En tête, on attendant des champions. Yohan Durand, en préparation pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 sera le parrain de l’événement. Les inscriptions viennent d’ouvrir sur le site internet de la course. Et l’organisation cherche des bénévoles.



Le marathon de Deauville attend 8000 concurrents sur ses planches ce week-end. Sur l’épreuve reine, support des championnats de France, Duncan Perrillat et Anaïs Quemener promettent de briller.

Deauville ouvre son festival de running ce week-end. Trois ans seulement pour ce marathon normand qui joue déjà dans la cour des grands. Dès sa première édition, en 2019, il s’est hissé dans le top 10  français.

Cette fois, pour sa 3e édition, 8 000 concurrents dans ses rangs, dont 3300 sur le marathon. Et l’épreuve sera support des championnats de France de la distance. 667 athlètes sont engagés sur ce championnat. »C’est le double des précédents championnats et donc un beau succès. Deauville attire ! » s’enthousiasme Eric Schwartz, l’organisateur.

Dans les starting-blocks, on attend le Marocain Alâa Hrioued. Double vainqueur de l’épreuve, le coureur de Coquelicot 42 tentera la passe de trois. Il devra composer avec Duncan Perrillat, grand favori de ce championnat de France.

Une revanche à prendre pour Duncan Perrillat

En effet, Duncan avait terminé premier du dernier championnat de Rennes (2021). Chrono gagnant en 2h14’49’’, pour son premier marathon, une minute devant Alâa Hrioued d’ailleurs… Mais il avait été privé du titre tricolore, récupéré par le Dijonnais Alexandre Bourgeois, 3e homme et 2e Français. Motif de cette disqualification ? Duncan Perrillat ne portait pas le maillot de son club, Neuilly-Plaisance Sports, comme l’exige le règlement de la FFA.

Marathon-de-Rennes-championnats-de-France
Duncan Perrillat, avait remporté le marathon des championnats de France de Rennes l’an dernier, avant d’être disqualifié.

« L‘histoire du maillot » on m’en parle encore. J’ai trouvé ça nul qu’un règlement nécessaire pour un sport juste ai eu pour conséquence de me faire perdre un titre gagné de façon loyal et équitable. En ce début d’année, 2 choses me tenaient à coeur : gagner le Marathon de Rennes et gagner les France de Marathon. Si je réussis ce combo, je pourrais m’autopardonner, pour cette « boulette » qui m’a coûté si cher », indique l’athlète sur ses réseaux sociaux. De nouveau vainqueur à Rennes, cette fois en 2h12’37 », le Grenoblois promet donc de prendre sa revanche sur les planches. Histoire de terminer en beauté son année.

Gagnante du dernier Paris-Versailles, Anais Quemener est très attendue sur le championnat de France de marathon de Deauville
Gagnante du dernier Paris-Versailles, Anais Quemener est en forme ! ©Paris-Versailles

En forme, Anaïs Quemener !

Côté féminin, la palme semble toute désignée à Anaïs Quemener, la plus capée parmi les engagées. D’autant que la francilienne de la Meute Running, déjà championne de France de marathon en 2016 vit une belle année. Première française du dernier marathon de Paris, courant désormais sous les couleurs de Salomon, elle a notamment remporté Paris-Versailles et la Voie Royale de Saint-Denis ces dernières semaines.

Des parcours propices aux performances

Avec de beaux champions engagés, les records du marathon de Deauville promettent de tomber. Revu l’an dernier, le circuit est désormais plus roulant. Tracé en deux boucles, chacune affichant 50 mètres de dénivelé seulement. « Le départ sera posté juste à côté de la plage. Le cortège passe devant le casino, puis sort de Deauville par St-Arnoult, passe par Tourgeville, les deux hippodromes, avec un retour par la plage qui traverse Bénerville. Ensuite, ce sera l’arrivée sur les mythiques Planches de Deauville avec une ligne droite sublime le long de la mer ! », détaille l’organisateur. Espérons que la météo, annoncée mitigée et ventée, soit finalement plus clémente autour de la célèbre station balnéaire normande.



L’Under Armour Hovr Phantom 3 Storm est une paire toutes distances confortable conçue pour l’hiver avec un traitement déperlant et une empeigne protectrice.

Cette saison, nous avions eu un coup de coeur pour le premier modèle trail d’Under Armour, la Ridge. Nous testons ici une autre nouveauté de l’hiver, la version ‘storm’ du modèle Hovr Phantom 3.

Un traitement déperlant efficace

Coté look, le renfort arrière en plastique, associé à l’épaisse semelle, confère un aspect massif qui semble la destiner aux terrains extrêmes. L’intérieur du contrefort arrière possède un épais coussin en mousse, censé apporter plus de confort.

Le poids de la chaussure est de 345 g en pointure 44. C’est assez élevé pour un modèle polyvalent. Il n’y a pas de languette, le haut de la tige est traité à la façon d’un col roulé et le tissu élastique permet un chaussage-déchaussage facile.

Les premières foulées courues sous la pluie permettent de tester l’efficacité du revêtement déparlant du chausson. Après une bonne heure et quelques passages volontaires dans des flaques d’eau, les pieds sont relativement secs. En tout cas beaucoup plus qu’avec la majorité des modèles de chaussures.

En revanche, la température assez fraîche ne permet pas de tester la respirabilité de l’empeigne annoncée par la marque. Le poids relativement élevé constaté sur la balance n’est finalement pas gênant en courant en endurance.

Under Armour Phantom 3 Storm, une bonne adhérence et du confort

L’adhérence de la semelle extérieure est correcte sur le bitume trempé ou sur des chemins parfois un peu gras.

Même si cette Under Armour Hovr Phantom 3 Storm n’a pas de réelle vocation à être utilisée sur piste, elle aura tout de même droit à un passage sur le tartan mouillé du stade. Bon point pour l’adhérence de la semelle une nouvelle fois.

De plus, la bonne souplesse de la semelle en torsion longitudinale permet de dérouler le pied quasiment à sa guise. Toutefois, on note que l’ensemble manque de dynamisme. C’est la confirmation que son usage principal sera assez éloigné des pistes d’athlétisme.

Une sortie d’environ 90 minutes confirme le confort général. Quelques passages sur des chemins en dévers montrent également la bonne stabilité. Le renfort arrière n’a jamais été gênant. Les coureurs ayant prévu de courir régulièrement sur des chemins seront peut-être bien inspirés d’éviter le coloris gris fantôme. S’il est très sobre, il est en revanche plus salissant qua les versions noire, orange bleu pétrole.

Pas de puce GPS intégré

Contrairement à d’autres modèles Under Armour, comme la Velocity Wind, le principe de la puce GPS incluse dans la semelle extérieure n’a pas été reconduit. Ce système ingénieux pouvait séduire des coureurs occasionnels n’ayant pas de montre GPS dédiée à la pratique de la course à pied.

Au final, cette Under Armour Phantom 3 Storm avec son traitement déperlant fait le job. On court les pieds au sec, et dans le confort sur route comme sur chemins. Pour autant, pas de réélle vocation trail.

Les notes du testeur : Amorti : 14/20 – Confort : 17/20 – Souplesse : 15/20 – Stabilité : 14/20 – Dynamisme : 14/20.


Les + Style un peu décalé des standards, bonne efficacité du traitement déperlant.
Les – Peu polyvalentes.



Evadict, Compressport, Odlo, Salomon, The North Face… 5 vestes phares cette saison pour rester au sec sous la pluie et à l’abri des rafales.

Avant de commencer ce banc d’essai, un petit rappel utile. Concernant les vestes imperméables, il y a deux indices clés à connaître.

L’imperméabilité d’abord.  Elle est quantifiée en schmerber. Plus le chiffre est élevé, moins la veste laissera passer l’eau. Le minimum requis sur des trails à matériel obligatoire est de 10 000 schmerber.

La respirabilité ensuite, c’est souvent le MVTR qui est utilisé. Il correspond au taux de transmission de la vapeur d’eau. Plus le chiffre est élevé plus la respirabilité est bonne. A 30 000 MVTR, le vêtement est extrêmement respirant. A 5 MVTR, il est peu respirant. Nous indiquerons pour chaque test ces deux indices.  

Veste imperméable Salomon Bonatti GTX Shakedry

veste-impermeable Salomon Bonatti GTX Shakedry

C’est la plus haut de gamme de la collection Salomon. Elle est totalement imperméable grâce à la technologie Gore-Tex, en plus d’être légère et respirante. J’ai pu la tester sous la pluie battante sur le Nice by UTMB 50 K. Grâce à son soufflet dans le dos, elle s’enfile facilement sur un sac de 12 litres.

veste-impermeable Salomon Bonatti GTX Shakedry

Un détail de taille

Les pressions du bas, mis à part le fait de bien la maintenir sur le haut du short, permettent de l’enrouler pour la porter à la taille, et ce sans devoir s’arrêter en course. Elle est aussi compactable, équipée d’une capuche minimaliste et élastique qui s’ajuste parfaitement au visage (sans cordon ni tirette).

C’est LA veste idéale pour partir à l’aventure en toute sécurité ! Destinée aux traileurs exigeants, elle affiche un prix élevé, justifié par sa technicité.

Imperméabilité:  28 0000 schmerber – Respirabilité: 28 000 MVTR
Compactable : Oui Sac possible sous la veste: Oui
Poids : 180 g Prix : 300 €

Testée par Sandrine Nail-Billaud.

On a aimé : Etanche, légère, pratique en course. On a moins aimé : Une seule coupe unisexe, un seul coloris et un prix élevé.

Veste imperméable Evadict

Veste impermeable Evadict
Ici en version féminine. Elle existe aussi en noir.

Son imperméabilité dans la norme de ce qui est demandé sur les ultra-trails. Elle est plutôt ajustée donc si vous souhaitez la porter sur  un sac de trail ou sur un maillot un peu épais, il faudra prévoir alors une taille supplémentaire. La capuche est enveloppante avec une mini-visière rigide et le col veste remonte haut sur le menton pour une bonne protection. A l’avant, deux poches, c’est un vrai confort rien que pour glisser des gants !

Parfaitement étanche

Je l’ai testé sous des pluies importantes, elle reste parfaitement étanche. Sa respirabilité n’oblige pas à l’ouvrir quand la température dépasse les 10 degrés. L’ajustement est excellent dans la coupe femme, elle ne remonte en course grâce à son élastique à la taille.

Elle est compressible et livrée avec une pochette de rangement. Pas forcément utile en course mais pratique pour transporter la veste humide ou sale sans tremper le reste des affaires. Efficace et très compétitive, elle remplit parfaitement sa mission, sans transformer le coureur en cocotte-minute. Mais on notera que le tissu est peu « bruyant », ce qui peut devenir usant sur des courses de plusieurs heures !

Imperméabilité:  10 000 schmerber Respirabilité: 20 000 MVTR – Compactable : Oui – Sac possible sous la Veste: Non
Poids: 214 g

Testée par Sandrine Nail-Billaud.

 On a aimé : Prix, 2 poches à l’avant, coupe homme et femme. On a moins aimé : Etanchéité minimale, un seul coloris, difficile à attacher autour de la taille.

Veste imperméable Odlo dual dry waterproof insulated

Veste imperméable Odlo dual dry waterproof insulated

Ultra imperméable, ultra respirante, bref cette veste est taillée pour les conditions extrêmes.  Son look est à la fois sobre et futuriste. Elle n’est ni trop « serrante » ni trop large et le système de serrage au niveau de l’ourlet permet de l’ajuster parfaitement.

Au premier regard, une impression de solidité et de confort. Et dès le premier test, on sera bien au chaud et protégé grâce notamment à l’isolation OCTA 50% plus légère que la polaire conventionnelle et ultra chaude grâce aux fibres recyclées creuses du fil. 

Une protection poids plume

Son imperméabilité et sa respirabilité largement au-dessus de la moyenne isolent de l’extérieur tout en maintenant au sec à l’intérieur. Elle permet d’envisager sereinement des sorties au cœur de l’hiver. La capuche est très enveloppante et ajustable. La dual dry est dotée d’une poche intérieure imperméable au niveau de la poitrine. Son encombrement reste acceptable pour une veste avec ce niveau de confort. Mais c’est surtout son poids plume pour ce niveau de confort qui en fait, à notre avis, l’une des meilleures du marché.

Imperméabilité : 20 000 schmerber – Respirabilité : 50 000 MVTR – Compactable : non – Sac possible sous la veste : oui

Poids : 136 g Prix : 290 €.

On a aimé : Confort, isolation et légèreté. On a moins aimé : Le prix, mais il est en lien avec la qualité de la veste.

Veste imperméable The North Face First dawn

Veste impermeable-The North Face First dawn

C’est une veste à emmener partout, hyper pratique et efficace. Même si au premier abord elle donne une impression très « plastique » cela ne se ressent pas lorsqu’on l’enfile, au contraire. Elle dégage une impression de légèreté.

Elle est conçue à partir de tissus à coutures scellées DryVentTM à deux ou trois couches qui sont étanches, coupe-vent et respirants. Pas d’infiltration d’eau, c’est efficace. Le tissu est très résistant est compatible avec le port d’un sac. La capuche est partiellement réglable et elle s’adaptera plus ou moins bien à votre morphologie.

Un bon rapport qualité/prix  

La poche arrière est pratique pour ranger gels, clés et téléphone. Et on peut l’utiliser pour compresser la veste qui prend alors une place minimale, aspect stratégique en trail. The North Face a voulu innover avec des poignées de manches partiellement élastiques, cela ne m’a pas convaincu car cela flotte un peu sans être gênant. Cette First Dawn reste une veste abordable en prix pour ce niveau de finition et parfaite pour un ultra ou une sortie hivernale en ville.

Imperméabilité : 15 000 schmerber Respirabilité : NC – Compactable : oui – Sac possible sous la veste Oui

Poids : 175 g Prix : 170 €.

On a aimé : L’excellent rapport qualité prix.  On a moins aimé : Les poignées de manches semi élastiques… pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Compressport Hurricane coupe-vent

Cette Hurricane n’est pas une veste imperméable, mais un bon coupe-vent. Légèrement déperlante ; elle protège temporairement d’une averse mais n’imaginez pas vous lancer sur un trail avec. D’ailleurs, elle ne propose pas de capuche. Une fois cette précision faite force est de constater que Compressport propose un produit de qualité. Elle est très légère : 108 g pour le modèle homme, avec un tissu doux agréable au toucher.

Technologie on/off

Parfaitement ajustée, elle donne une sensation de seconde peau tout en se sentant totalement libre de ses mouvements, avec une coupe plus longue au niveau du dos.

Compressport a travaillé sur la respirabilité (technologie On/Off), avec des alvéoles qui s’ouvrent pour une respirabilité accrue lorsque le rythme s’accélère. Cela sonne très marketing mais cela fonctionne. Compactable, elle remplacera avantageusement les maillots longs en étant à la fois plus efficace et moins épaisse.

Compactable : oui – Sac possible sous la veste : non

Poids : 108 g Prix : 120 €

On a aimé : La poche arrière invisible accessible des 2 côtés qui peut accueillir une gourde.On a moins aimé : Le tissu hyper fin et donc potentiellement fragile.



Le test d’effort n’est ni un examen compliqué ni réservé aux champions. S’il permet de détecter d’éventuels risques cardio-vasculaires, il apporte également de précieux conseils pour s’entraîner et progresser, quel que soit l’objectif.

Le test d’effort : à quoi ça sert ?

En pratique, la course à pied induit un certain nombre de modifications physiologiques, en fonction de l’âge, du niveau de pratique et du type de sport. Évaluer et mesurer directement ces modifications donne une indication assez fiable du niveau de forme et des capacités. Voilà pourquoi il est intéressant de faire un test par an. Mais encore faut-il savoir choisir le moment dans sa saison pour réaliser le test, car les résultats ne sont valables qu’à un instant T. Évidemment, on peut toujours refaire une épreuve à d’autres moments de l’année pour évaluer sa progression. Mais dans tous les cas, les résultats obtenus sont autant de paramètres fondamentaux pour l’entraînement.

La fréquence cardiaque maximale (FCM), la VO2 max, la vitesse maximale aérobie (VMA) et les vitesses de course dans différentes zones d’entraînement (seuils, VMA) permettent en effet de planifier des séances personnalisées et donc beaucoup plus bénéfiques pour le coureur. Sans être un geek de la course à pied, une fois votre cardiofréquencemètre programmé et grâce à ces paramètres, vous maîtriserez beaucoup mieux votre entraînement. Il vous suffira ensuite de suivre votre préparation pour être toujours assuré de courir aux bonnes vitesses et aux bonnes intensités. Une aide personnalisée, indispensable pour progresser et éviter le surentraînement.

Test d’effort : une préparation souvent déroutante

La phase de préparation d’un test d’effort est souvent un peu déroutante. D’abord, par le nombre d’électrodes réparties sur le corps. S’il y en a beaucoup, c’est pour pouvoir mieux suivre et évaluer la réponse cardiaque à l’effort, en temps réel. Le test se déroule en présence d’un cardiologue et d’un ou une assistant(e). Avant de monter sur le tapis, on enregistre la taille et le poids mais aussi la lactatémie du coureur, c’est-à-dire le taux de lactate dans le sang. Pour cela, on applique une crème chauffante sur le lobe de l’oreille afin de faire affluer le sang, puis on en prélève une goutte. On peut ainsi mesurer précisément le taux de lactate avant, pendant et après l’effort. Pour finir, on passe le masque étanche, un passage obligé qui permet entre autres de mesurer la VO2 max du coureur, en calculant le débit d’oxygène par minute et par kilo.

Test d’effort : choisissez le tapis

Après un quart d’heure de préparation, vous voilà enfin paré pour le test. Il peut se faire soit sur tapis de course, soit en ergocycle. Si vous avez le choix, il vaut toujours mieux passer un test d’effort dans son sport de prédilection, un tapis de course dans votre cas, un vélo pour les cyclistes, afin que le résultat soit le plus fiable possible. L’environnement doit également être dédié, car si vous cherchez à obtenir des données utiles pour votre entraînement, il faut passer un test à visée sportive et pas seulement pour la recherche d’une éventuelle pathologie cardiaque.

Après un petit échauffement en mode marche puis marche rapide, le test débute réellement, à 10 km/h. Puis, petit à petit, toutes les 1mn 30s, la vitesse augmente de 1 km/ h. L’objectif est évidemment d’aller le plus loin possible. Au début l’allure est assez facile à tenir, mais la difficulté se cache dans l’accumulation, car à chaque nouvelle vitesse on doit augmenter l’allure en supportant la fatigue déjà accumulée. Le médecin suit le coureur en permanence, en lui donnant les informations sur l’épreuve et en contrôlant la progression.

Pour la plupart des coureurs entraînés, jusqu’à 15 km/h (soit 9 minutes de course), la séance reste supportable, avec l’impression de passer d’une sortie en endurance à un entraînement au seuil. Les choses se corsent vraiment à partir de 16 km/h, lorsque l’effort devient nécessairement plus intense et qu’on entre vraiment dans le dur. C’est l’objectif visé.

Test d’effort : pour mieux connaître vos limites

Si vous avez déjà effectué des tests d’effort, l’objectif est généralement d’atteindre la même vitesse dans les mêmes conditions, voire de faire mieux. Faire moins bien est toujours un peu décevant. Cela peut être dû à un manque de forme, ou à l’âge qui avance inexorablement et diminue vos capacités. A l’inverse, franchir un palier est toujours excitant, car cela signifie en effet mathématiquement une amélioration de votre VMA, et donc de votre niveau de performance global.

Lorsque vous sentez que votre limite est atteinte, vous l’indiquez au médecin qui entreprend de réduire la vitesse du tapis. Attention, la fin est toujours délicate et, à cause de la fatigue, il est assez difficile de suivre le tapis, même si la vitesse diminue. Une fois descendu de l’engin, il faut encore se plier au prélèvement d’une dernière goutte de sang à l’oreille, pour mesurer l’augmentation de la lactatémie dans le sang durant l’effort. Au final, ce test vous aura permis de constater votre niveau de forme et de mieux connaître vos limites.

Test d’effort et interprétation des résultats

Le test apporte des informations indispensables pour l’entraînement, comme la fréquence cardiaque, mais surtout la VMA. C’est le paramètre le plus intéressant car il est moins dépendant de conditions extérieures (vent relatif, parcours, dénivelé, fatigue). Il donne des repères précis et une indication assez fiable permettant de tirer un plus grand bénéfice de la séance. En détail, voici les principaux résultats à attendre :

FCM La fréquence cardiaque maximale est le nombre maximum de pulsations par minute que le cœur peut produire durant un effort.

VMA La vitesse maximale aérobie (VMA) est la vitesse à partir de laquelle le coureur consomme le plus d’oxygène (son VO2 max). À cette vitesse, la consommation est dite « maximale ». Elle n’augmente plus, indépendamment de l’intensité de l’effort. C’est une vitesse que l’on peut tenir de 4 à 8 minutes maximum selon l’entraînement.

VO2 max Cette valeur exprime le volume maximal d’oxygène que le sujet peut consommer par minute et par kilos. Donnée en ml/min/kg, elle est d’environ 45 à 50 chez l’homme peu entraîné. Elle peut atteindre 90 ml/min/kg chez un champion tel que Kilian Jornet (information donnée sur son blog). Plus cette valeur est importante et plus un sujet peut fournir un effort d’une intensité élevée.

Planifiez vos séances grâce aux résultats du test d’effort

La dernière étape du test d’effort est arrivée. Maintenant que vous avez les résultats, il est temps de programmer votre cardiofréquencemètre et commencer vos séances d’entraînement. Voici un tableau pour vous aider, approximatif car dépendant des différences entre les individus selon les capacités et l’entraînement.

test deffort programmation seances