L’application RunnrZ génère en trois secondes des parcours sur-mesure adaptés à votre niveau et vos envies, partout et n’importe où en utilisant un algorithme puissant. Ce service 100% gratuit est complété par un audio-guidage en temps réel et un tracking d’activité. Une petite révolution made in Sud-Ouest !

Trouver des parcours personnalisés à la vitesse de l’éclair, c’est la promesse de RunnrZ (prononcer « Runneurz »). Cette application gratuite génère des parcours sur-mesure géolocalisés à l’infini.

Il suffit de choisir son activité (course, marche ou vélo), de renseigner ses critères (allure, distance ou durée de la sortie), et le type de terrain souhaité (route ou mixte, route et chemins).

Trois secondes plus tard, de trois à cinq parcours sur-mesure s’affichent sur l’écran de votre smartphone. Le choix final vous appartient, sachant qu’il s’agira toujours d’une boucle, bien plus motivante qu’un aller-retour, nous sommes d’accord.

250 000 téléchargements en vue

Logo-RunnrZ

Cet outil simple et gratuit rend service à bien des égards. Le débutant qui ne sait pas trop où aller courir et craint souvent de s’engager sur un circuit trop long sera rassuré. Le vacancier qui souhaite s’entraîner mais ne connaît pas son lieu de villégiature pourra ainsi explorer sans s’égarer. Et le runner aguerri, qui tourne en rond à longueur d’année sur un unique parcours type y trouvera de quoi varier ses sorties tout près de chez lui !

Aussi, l’application, qui compte parmi les 150 start-up tricolores les plus innovantes en matière de sport (Sport Tech), est en plein boom. Depuis sa version 1, lancée en 2022, elle a conquis 150 000 utilisateurs, majoritairement en France. Son plus grand défi réside dans le développement de sa communauté. « Nous avons bouclé une première levée de fonds de 300 000 euros qui doit nous permettre d’accélérer à la fois en termes de notoriété mais également du côté des utilisateurs. Notre objectif est d’atteindre les 250 000 téléchargements d’ici la fin de l’année », explique David Dupont, co-fondateur avec Mickaël Estay.

Un Chat GPT couplé à un Waze

En bon communicant, il se plaît à résumer RunnrZ comme un « Chat GPT du parcours couplé à un Waze ». En lançant cette solution, les deux coureurs et entrepreneurs ont voulu répondre à un besoin jusqu’alors inassouvi : savoir où aller courir à l’instant T, sur un parcours adapté à ses besoins et envies du moment.

Certes, il existe bien déjà pléthore d’applications type Alltrails ou Koomot, recensant des parcours. Mais RunnrZ s’en différencie, en proposant elle 100% gratuitement des parcours ultra-personnalisés, en nombre et en temps réel. Les itinéraires démarrent exactement depuis l’endroit où l’utilisateur se trouve, et qui correspondent exactement à ses envies en terme de durée, distance ou type de terrain.

Pas qu’un générateur de parcours !

Le bouton SOS de RunnrZ permettant de partager en temps réel sa position GPS est très sécurisant pour les femmes.

Son secret, c’est un algorithme basé sur l’intelligence artificielle duplicable à l’international. Traduite en anglais, RunnrZ, qui sonne d’ailleurs plus anglophone, fonctionne déjà partout en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, en Espagne, en Italie, au Portugal, et depuis peu au Royaume-Uni, au Canada ainsi que dans trois états des USA.

Le potentiel est là et ne résume pas qu’à ce générateur de parcours, si puissant soit-il. L’expérience utilisateur multiplie en effet les services. A commencer par un audio-guidage à la manière d’un GPS de voiture. Celui-ci peut se faire de manière visuelle sur le téléphone, ou bien de manière vocale, les indications de direction passant temporairement au-dessus du son écouté.

Ensuite, une fois sa boucle bouclée, l’application fournit un résumé avec distance parcourue, temps au kilomètre et allure de course, infos qui sont archivées dans un historique, à la manière de n’importe quelle application de tracking.


Bouton SOS, export GPX…

Un parcours dans Biarritz généré par RunnrZ.
Un parcours dans Biarritz généré par RunnrZ.

Autre service très sécurisant et particulièrement apprécié des coureuses –  les femmes représentant 60% des utilisateurs -, le bouton SOS. Il permet de prévenir rapidement ses proches en cas de blessures ou de problèmes durant son parcours. Ceux-ci recevront instantanément un SMS avec la géolocalisation exacte de l’utilisateur.

Et le panel de fonctionnalités s’est encore étoffé ces derniers mois. La petite équipe de dix personnes désormais à la tâche n’a pas chômé.

Parmi les nouvelles possibilités offertes : l’export au format GPX permettant d’importer son circuit dans sa montre, la possibilité d’effectuer les 5 boucles en sens inverse pour varier encore un peu plus les options. Par ailleurs, les informations se sont affinées sur le type de voies rencontrées (chemins, sentiers, route résidentielle, voie piétonne, voie cyclable, etc.) comme le type de surfaces (cailloux, terre, asphalte…).

Précisons que si l’application fonctionne de manière géolocalisée par défaut, il est bien possible de simuler un parcours sans être sur place, en  déplaçant la carte et en appuyant durant une seconde sur le lieu en question.

Bientôt un mode trail

RunnrZ, générateur de parcours et plus encore.

Et pour la suite ? « Nous sommes aujourd’hui disons à 50% de notre développement et nous ne manquons pas d’idées. Notre levée de fonds va nous permettre de proposer de nouveaux services, toujours de manière gratuite pour l’utilisateur. Nous testons avec le Comité départemental de la Dordogne, des itinéraires avec points d’intérêts touristiques. L’idée serait de mettre en place ce service à plus grande échelle avec les régions ou départements, qui payeraient pour cette mise en valeur touristique.

A la rentrée, un nouveau mode « trail » est attendu. Des parcours seront proposés sur des terrains affichant plus de 80% de sentiers, et pas forcément générés sous forme de boucles cette fois. En parallèle, l’équipe prévoit de mettr en place une fonctionnalité de signalement qui fonctionnera comme dans Waze. « Si par exemple, un utilisateur rencontre une route barrée, il pourra le signaler ce qui nous permettra d’actualiser nos cartes et de blacklister en temps réel certaines voies. Nous proposerons alors à l’utilisateur un itinéraire bis pour qu’il ne se retrouve pas dans l’embarras. », détaille David Dupont qui confie que certaines idées sont directement soufflés par les utilisateurs.

« Il y a beaucoup de bienveillance autour de notre communauté et cela nous enthousiasme. Nous encourageons au maximum les retours des utilisateurs. L’application est faite pour eux, et leurs commentaires nous sont précieux pour nous améliorer, encore et encore. »



Au cœur de l’été, Guillaume Ruel a pulvérisé son propre record de France sur 100 km en 6h13’41’’. Pour le Normand de 26 ans ce n’est qu’une étape vers le record du monde ! Rencontre avec ce jeune prodige du 100 bornes aussi fougueux que besogneux.

Guillaume Ruel, sur ton 100 km à Los Angeles le 22 juin, tu as pulvérisé de 6 minutes ton propre record de France. Raconte-nous ta folle course à 16km/h de moyenne pendant 100 bornes !

«  J’avais déjà l’objectif de finir ce 100 km car l’an dernier au Japon, j’avais dû m’arrêter au 70e km. C’est une distance longue, il peut se passer plein de choses. Je savais que je pouvais faire mieux que mon précédent 6h19’ mais 6h13’, je ne m’y attendais pas vraiment. En allant aussi loin dans la course sur des allures aussi élevées, je pensais que j’allais exploser plus tôt. Donc j’étais content du chrono final, d’autant que je n’avais pas prévu ce 100 km initialement mais un autre au Japon qui n’a pas pu se faire pour des raisons logistiques. »


A Long Beach en Californie le 22 juin, Guillaume Ruel a battu son record de France de 100 km en 6h13’41’’. ©Salomon

Le record du monde d’Alexander Sorokin (6h05’35’), de plus de 10 ans ton aîné, c’est toujours ton objectif numéro 1 ?

« Oui oui et ce 100 km aux Etats-Unis me conforte dans l’idée que c’est possible, en tout cas tant que le record est au-dessus 6h. J’ai encore une marge de progression. Ce n’était que mon 3e 100 km, j’ai 26 ans, c’est une distance à maturité longue. A Berlin en 2022 j’étais pendant 70 km sur l’allure de ce record du monde. Là, à Los Angeles, j’ai tenu 88 km à 3’39’’/km, donc il me reste plus que 12 km à combler. Cela veut dire que j’ai fait 88% du chemin. C’est plus motivant de voir les choses comme ça plutôt que de se dire que je suis encore à 8’ de ce record… »

Une semaine type d’entraînement pour toi, cela donne quoi ?

« Je tourne à 180 km par semaine en moyenne en 13 entrainements. Cette année, j’ai eu un pic à 280 km sur une semaine avec beaucoup de volume donc mais peu de qualité si bien que j’étais aussi fatigué que pendant une préparation semi-marathon avec des semaines à 140 km beaucoup plus dures ! »

On dit que le 100 km est une distance d’expérience. Ta jeunesse, c’est ta force ?

« Disons que j’ai encore du mal à appréhender la distance. Je suis un très bon coureur de 70-80 km sur 4h-5h d’effort, mais il me manque encore 1h30’. En 100 km, il peut se passer plein de choses, on est livré à soi-même, on passe par différents états physiques et émotionnels. J’y amène la fougue de ma jeunesse et mon ambition qui est peut-être un peu démesurée sur les allures de départ mais avec une course régulière dans l’allure et la gestion, je n’aurai pas autant de plaisir !  »

Depuis deux ans, on t’a aussi vu carburer sur marathon que tu enchaînes sérieusement !

« (Rires) Oui, j’en cours pas mal dans le cadre de mes préparations 100 km. L’année  dernière, j’avais fait Rouen, Jersey, Rennes, Deauville et La Rochelle à la suite. Souvent, je cible un marathon pour faire un chrono et je vois les autres comme des sorties longues rythmées. A Rennes où l’objectif était de courir vite, j’avais battu mon record en 2h14’. Quand je termine en 2h20-2h25, cela me fatigue moins donc je peux les enchaîner et surtout, je prends plaisir à les courir ainsi, disons à 90%. Il y a du public, de l’ambiance, des parcours différents de ceux de mes entraînements : j’adore ! »

Penses-tu pouvoir abaisser ton record sur marathon ?

« Oui, peut-être que je pourrais faire 2h13, voire autour de 2h10 avec une préparation très spécifique mais cela ne me classerait pas parmi les meilleurs vu le niveau actuel sur marathon. Pour l’instant, je mets le 100 km sur un piédestal et j’y vais à fond. Je n’ai que 26 ans, je pourrais revenir sur marathon dans quelques années. »


Lors de la course planétaire solidaire Wings for Life World Run à Vienne en Autriche, Guillaume a parcouru
68 km sous une chaleur accablante, deuxième meilleur temps réalisé sur cette épreuve contre-la-montre.


Et maintenant, quelle est la suite de ton programme ?

« J’avais prévu le 100 km d’Alexandre Sorokin en septembre initialement mais la récupération me paraît un peu courte. Je vais plutôt me concentrer sur les championnats du monde de 100 km en décembre en Inde avec l’envie de gagner. Avant cela, je courrais comme l’an dernier 4 ou 5 marathons cet automne. »

As-tu déjà des idées pour ta saison 2025 ?

« Oui bien sûr, il me faut des objectifs car j’ai peur du vide ! S’il y a un championnat sur 100 km annoncé, ce sera ma priorité tout en sachant que j’ai envie de tester des nouvelles choses. Je pense à un ultra trail roulant type EcoTrail Paris ou et pourquoi pas un jour un 100 miles comme la Western States que j’ai dans un coin de ma tête. Courir 120, 140, 160 km en nature sur terrain roulant sera aussi intéressant pour performer sur un 100 km route ! ».

Au fait, comment as-tu basculé sur 100 km Guillaume Ruel ?


« Sur un coup de tête. J’ai couru mon premier 100 km sur le championnat de France d’Amiens en 2021 que j’ai gagné. Cette année-là, je préparais un marathon en Ecosse mais c’était le Covid et je n’avais pas pu y aller en raison des restrictions sanitaires. Je pensais déjà aux 100 km mais plutôt pour mes 28-30 ans, pas pour mes 23 ans, mais bon j’y ai vu une bonne occasion de me lancer et depuis j’y ai pris goût. »


Tu as commencé à courir tout jeune ?

« Oui, dès l’école primaire. A 10 ans, mon grand frère Pierre-Antoine m’avait suivi à vélo quand j’avais couru 10 km. De fil en aiguille, j’ai allongé les sorties et multiplié les entrainements jusqu’à courir mon premier marathon à 17 ans avec mon père  à l’entraînement. »

Avant la Wings for Life ce printemps, Guillaume Ruel avait battu son propre record d’Europe sur 50 km en février (2h47’32’’).

Courir vite et très longtemps, c’est une affaire de famille chez les Ruel… 

« On peut dire ça. Papa a eu 5 sélections internationales sur 24h de 2015 à 2019 avec un record à 263.54 km. Maman marche beaucoup et a déjà cumulé 134.8 km en 24h. Mon frère Pierre-Antoine a couru avec moi le marathon de La Rochelle en 2h25’ l’an dernier et il prépare son 2eme 100 km pour le championnat de France d’Amiens, en visant les 6h50’, ce qui est déjà un très bon niveau. »

Il a peut-être une part de génétique alors…

« Je ne sais pas. Je pencherai plutôt pour le côté psychologique car petits avec mon frère, on voyait papa faire un marathon le samedi et un autre le dimanche à l’entraînement. Clairement, il a banalisé la distance à nos yeux. A 17 ans quand j’ai fait mon premier marathon à l’entraînement, je me dis, je fais juste comme papa, il n’y a rien d’incroyable à cela, lui le fait tous les week-ends. Grâce à lui aussi le 100 km ne nous fait pas peur avec mon frère car on avait l’habitude de le suivre sur ses épreuves pour lui faire ses ravitaillements. »

Depuis 2022, tu es diplômé en pharmacie mais tu as fait le choix de te consacrer à 100% au sport, soutenu entre autres par Salomon. Raconte-nous.

« Avec mes derniers résultats, je peux vivre de ma passion donc j’en profite tant que je peux mettre toutes les chances de mon côté pour tirer la performance vers le haut et ne pas avoir de regrets plus tard. En parallèle, je suis toujours en rédaction de ma thèse que j’espère soutenir l’an prochain. Depuis l’année dernière, je ne travaille plus en pharmacie un jour par semaine car avec les compétitions et les stages, c’était trop compliqué mais je vais peut-être reprendre à la rentrée… »

Quel est ton meilleur souvenir de coureur ? 

« Les championnats du monde de 100 km à Berlin en 2022. Après une grosse partie de la course seul en tête, je me suis fait rattraper sur la fin. J’ai terminé 5eme, alors que je visais le titre mondial ou le podium. Pour moi, c’était un échec. Mais à l’arrivée, mes proches pleuraient de joie car je venais de battre le record de France. Ce jour là, je me suis rendu compte que je ne courais pas que pour moi, mais aussi pour eux. Les voir fiers, c’est tellement motivant. »

Quelle course te fait rêver Guillaume Ruel ?

« Je rêve depuis toujours les Comrades, course mythique d’environ 85 km en Afrique du Sud. C’est un copain, le Hollandais Piet Wiersma qui l’a gagnée l’an dernier et cela m’a encore en plus donné envie d’y aller. Cela n’a pas pu se faire jusqu’à présent pour des questions de calendrier, mais ce sera je l’espère un objectif majeur pour 2025 ».



Semer l’amour en courant jusqu’à Jérusalem, c’est la croisade que mène Antoine Vernier, père de famille de 47 ans engagé sur les routes depuis deux mois déjà. Il enchaîne les marathons sans les compter, le cœur ouvert et empli d’un immense espoir. Et tant pis si ce n’est qu’utopie.

Le 27 mai, Antoine Vernier est parti de chez lui à Angers baskets aux pieds. Depuis, il rempile chaque matin pour environ 6h de course. En fonction des jours, le compteur oscille entre 35 et 58 km et l’allure tourne autour de 8 à 10km/h. Actuellement, il se trouve en Bulgarie, avec déjà plus d’une soixantaine de marathons derrière lui.

L’amour, pas la guerre

Ce qui le pousse à poursuivre sa route ? C’est un message à faire passer . « L’amour est la seule voie qui puisse régler durablement les conflits ». Ce sociologue de formation en est convaincu. Et c’est armé de cette intime conviction qu’il met le cap sur Jérusalem.

Son projet fou est né le 5 janvier dernier. En matin en courant, une vision. « Cela peut paraître un peu mystique mais je me suis vu capable d’aider un jeune soldat à poser son arme», nous raconte-t-il. Il poursuit :« Sur cette Terre sainte où depuis 5 000 ans toutes les religions cherchent l’amour, on se déchire de la façon le plus ignoble possible. On semble souvent bien impuissant dans le monde dans lequel dans on vit. Moi je dis, chacun peut se lever, sans les armes, avec le cœur ouvert. Ma démarche est simple, je suis juste l’élan de mon cœur (…) Un peu comme un caillou qui fait des ronds dans l’eau, peut-être que mon acte inspirera d’autres, comme d’autres m’ont inspiré. Il résonne déjà dans les cœurs de ceux que j’ai croisé sur ma route. Et c’est cela qui me nourrit et me pousse à avancer chaque jour plus loin » explique le marathonien qui n’en est pas à son premier périple.

Cet expert au sein l’ADEME, agence de la transition écologique est un sportif accompli. Antoine Vernier a couru son premier marathon à 18 ans. Il affiche un record en 2h54’ sur la distance. Puis il a terminé 8 Ironman – triathlon de 226 km comptant un marathon pour final  –   dont celui d’Embrun bien costaud. Ensuite, il basculé sur le trail, bouclant des ultras réputés comme le Grand Raid des Pyrénées ou la Petite Trotte à Léon, version XXL de l’Ultra-Trail du Mont Blanc en 300 km. 

23 marathons jusqu’à Davos, un acte politique

COUV LIVRE Antoine Vernier

Après des années à cumuler les dossards, cherchant à trouver ses limites, ce père de famille a changé de paradigme. La course à pied est devenu un moyen d’essayer de changer le monde.

« Pendant le Covid, il y avait une ambiance fin du monde. Les gens ne se parlaient plus parce qu’ils avaient peur. Je me suis demandé pour mes enfants qu’est-ce qui s’opposent la peur ? Il m’est paru évident que la porte de sortie pouvait être de parler d’amour. C’est ainsi que m’est venu l’idée d’un projet qui correspondait à mes convictions ; aller pour le symbole à Davos, le forum économique mondial, en courant 23 marathons depuis chez moi. J’ai voulu faire un acte politique en parlant d’amour avec les gens, faire quelque chose d’un peu artistique autour du sport », nous explique-t-il.

Antoine Vernier a tiré un documentaire « Et si on parlait d’amour !? » et écrit un livre suite à ce défi réalisé en 2022.

Un ‘24 heures pour s’aimer‘ avec ses voisins

Antoine Vernier 1

L’année suivante, une nouvelle question : « Finalement est-ce que le plus dur n’est pas d’aimer, là où l’on est, ceux qui nous entourent dans notre quotidien ? » Voilà qui le motive à mettre sur pied son « 24 heures pour s’aimer ». Il l’organise dans sa commune, Mûrs-Erigné, près d’Angers. Ainsi pendant qu’il enchaînait 150 km, 18 volontaires accompagnés de monsieur le maire toquaient aux portes des 6 300 habitants de la commune. Les cœurs se sont ouverts, les consciences se sont éveillées, comme le montre le second documentaire retraçant son initiative originale.

Antoine Vernier pensait avoir tiré un trait sur ses défis, qu’il finance en partie de sa poche. Mais les attaques du 7 octobre et les horreurs depuis, dans un camp comme dans l’autre, l’ont ébranlées.

Cap sur le Proche Orient

Antoine Vernier

En août 2023, cet agnostique était allé à Jérusalem en vacances. Il y retourne donc cette fois sans avion. A pied, un voyage beaucoup plus long marqué par un contexte géopolitique très lourd. L’enjeu, un vibrant espoir de paix, transcende le défi physique à ses yeux. Cela pourra paraître utopique ou totalement vain. Qu’importe, lui n’aura pas de regrets en s’engageant ainsi corps et âme pour montrer qu’une autre issue est possible.

Tout bien recalculé, son périple totalisera 111 marathons en longeant la côte de la Syrie et du Liban. Le Proche Orient est encore loin. Il met le cap sur la Turquie avec Antalya dans le viseur pour le 21 août. Le plus dur reste à venir. Et les tensions iront crescendo. Il le sait. La suite s’esquisse en pointillé, les frontières syriennes étant fermées. Mais Antoine Vernier croit malgré tout dur comme fer pouvoir aller porter son message de Palestine en Israël. Il est aussi onscient des dangers qu’il encourt. « Je ne prévois pas ce qui va se passer. Je sais qu’il y a un risque pour ma vie. Je sais aussi qu’en suivant l’élan de son cœur, il peut se produire des miracles ». Il prévoit d’arriver à Jérusalem autour du 20 septembre

Ses récits au jour le jour sur son profil Facebook, Antoine Vernier documentaire marathon.



Porteur de la flamme olympique, Mattéo Ruberti est le premier sportif autiste qualifié pour les Mondiaux d’Half-Ironman avec les valides et à prétendre à la Six Star.

Samedi 22 juin entre 12h et 12h40, sur le trajet menant de la Chapelle Sainte-Eugénie de Moingt au Jardin Allard, à Montbrison, sous-préfecture de la Loire, Mattéo Ruberti a vécu un rêve. Ce jeune homme de 22 ans, qui réside à Sévelinges, village situé à 80 kilomètres au Nord, a porté la flamme olympique durant quelque 250 mètres.

Il a fait partie des 10 000 relayeurs, à travers la France, à avoir eu ce privilège. Pourtant, lui se distingue de tous les autres : par son autisme et sa capacité exceptionnelle à repousser toujours plus loin les limites de son handicap.

L’égal des valides

Mattéo Ruberti est le premier sportif autiste qualifié pour les Mondiaux d’Half-Ironman avec les valides et à prétendre à la Six Star.

Coca-Cola en a fait l’un de ses 14 ambassadeurs régionaux pour le relais de la flamme, affichant son portrait sur de nombreux abribus de l’Hexagone après un shooting photo dans les locaux du journal L’Équipe. La société de production Upside lui consacre un documentaire qui sera diffusé en 2025. Un engouement mille fois mérité qui le rend fier.

Mattéo a en effet été le premier lauréat du Challenge national de paratriathlon en catégorie « Handicap mental ». Mieux encore, le 14 décembre prochain à Taupo (Nouvelle-Zélande), il deviendra le premier triathlète autiste à participer aux Championnats du monde d’Half-Ironman (1,9 km de natation, 90 km à vélo et 21,1 km à pied).

« Pour me qualifier, j’avais fini 12ème chez les 18-24 ans en mai à Aix-en-Provence…avec les valides ! », précise le sociétaire du CS Lac des Sapins, qui avait déjà réalisé une performance prometteuse un an plus tôt à Nice (184ème sur 2 400 participants et 26ème de sa catégorie).

Dix ans de progrès

En 2026, à 24 ans, le Ligérien pourrait devenir le plus jeune Français à décrocher la Six Star, la médaille attribuée par Abbott aux finishers des six marathons majeurs. « J’en ai déjà bouclé quatre en moins de 3h30. Il me reste Londres et Tokyo. Ce sera sans doute pour 2025-2026 ».

Au-delà de ses brillants résultats, Mattéo savoure le chemin parcouru et sa métamorphose prodigieuse en l’espace de dix ans. Au point de faire de la maxime de Pierre de Coubertin un mantra de vie : « L’important dans la vie, ce n’est point le triomphe mais le combat ; ce n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être battu ». Et d’ajouter : « Avec beaucoup de travail, on peut réussir. J’espère n’être qu’au début d’une grande carrière de triathlète ».

Dix ans plus tôt, pourtant, le quotidien était tout autre et l’horizon bien moins dégagé. Mattéo a alors 12 ans. Il ne parle pas, ne se mélange pas aux autres, ne répond à aucune question, reste dans sa chambre à regarder des dessins animés, préfère rendre copie blanche à l’école plutôt que d’affronter l’échec. Dehors, le bruit lui fait peur, la boue l’horripile, les entorses à la routine l’insupportent.

Papa, premier soutien

Mattéo Ruberti est le premier sportif autiste qualifié pour les Mondiaux d’Half-Ironman avec les valides et à prétendre à la Six Star.

Diagnostiqué autiste, on lui propose d’intégrer un centre pour personnes avec un handicap mental. Son père Frédéric s’y oppose férocement et obtient gain de cause au tribunal. Ancien cycliste professionnel de 2000 à 2002 et finisher de plus de 50 marathons, il compte sur le sport qui lui a tant apporté pour faire progresser Mattéo et le sortir de sa chambre.

La course à pied est la première étape. « Au début, il ne participait qu’à des courses sur route, marchait dans les descentes par peur de la déclivité. Sa foulée s’écrasait au sol, son allure était pataude. Son unique but était de s’amuser et de finir la course », se souvient son père, qui a la bonne idée de lui fixer des défis pour le faire progresser.

Comme développer sa concentration est une nécessité, augmenter les distances devient la solution adaptée. « En 2016, il a participé avec moi au 10 km du Coteau de Roanne, au semi-marathon de Macon et en commençant à s’affiner, s’est découvert des capacités insoupçonnées », poursuit le papa, qui l’accompagne sur tous ses entraînements et sur toutes ses courses, l’aidant à réguler sa vitesse, à faire abstraction de la foule, à s’alimenter aux bons moments.

Un premier marathon à 16 ans pour Mattéo Ruberti

« En janvier 2018, Mattéo a participé à son premier trail. C’était quelque chose d’inconcevable pour lui puisqu’en raison de sa fixation sur la propreté, il ne supportait de mettre le pied dans une flaque de boue. Après ça, il a voulu connaître l’aventure du marathon ».

La France n’autorisant la participation aux 42,195 km qu’à 18 ans, la Team Ruberti s’oriente vers les États-Unis. « Là-bas, on peut s’engager dès l’âge de 16 ans. En mars 2018, j’ai ainsi couru le marathon de Los Angeles au milieu de 25 000 participants. C’était un autre monde que je regardais avec des étoiles dans les yeux car la foule était immense et le parcours passait par des endroits magiques, tels que Chinatown, Hollywood, Beverly Hills et le Santa Monica Boulevard », raconte Mattéo, qui franchit l’arrivée après 3h29 d’efforts.

Son record d’alors sur 10 km (39’39) le conduit à rêver de finir ses marathons suivants en moins de 3 heures. Mais… « À Chicago, 3h20. Il faisait 3° C alors que la semaine précédente, la température dépassait les 25° C. J’ai pris froid et ai été pris de vomissements. À Athènes, 3h26. J’ai été victime d’une intoxication alimentaire. À New-York, 3h06. La chaleur était torride ».

Marathons Majeurs

Mattéo Ruberti est le premier sportif autiste qualifié pour les Mondiaux d’Half-Ironman avec les valides et à prétendre à la Six Star.

Il lui faut attendre le 17 avril 2023 pour réussir son coup, à Boston (2h59). « Mon père a chopé la Covid-19 et une forte fièvre qui l’ont contraint à déclarer forfait. Pour la première fois, j’ai dû courir sans lui. Heureusement, un coureur de la Team Charity Doug Flutie Jr. Foundation for Autism m’a accompagné jusqu’au bout. Ma montre connectée Polar Vantage 3 a pu me donner les allures et les zones cardiaques cibles à respecter. Enfin, mes capteurs de glucose m’indiquaient quand m’alimenter », raconte Mattéo.

Par la suite, il a drastiquement amélioré ses chronos à Berlin (2h49) puis à Paris (2h41) grâce à son assiduité à l’entraînement (plus de 20h par semaine) et aux plans d’un coach expérimenté (Patrick Bringer). « Mon autisme fait que la répétition ou la monotonie ne me posent aucun problème. Je peux faire beaucoup de tapis de course ou de fractionné. Au départ, mon autisme était un handicap. Maintenant, c’est devenu une force », justifie-t-il.

Les JO 2028 ?

Mattéo Ruberti est le premier sportif autiste qualifié pour les Mondiaux d’Half-Ironman avec les valides et à prétendre à la Six Star.
Mattéo Ruberti est le premier sportif autiste qualifié pour les Mondiaux d’Half-Ironman avec les valides et à prétendre à la Six Star.

Parallèlement à ses progrès en course à pied, Mattéo est devenu un excellent cycliste pour être un triathlète respectable. « Lors de mon premier jour de tandem avec mon père, je pleurais de peur. Mais après 40 bornes, je voulais rempiler. Trois mois après, nous escaladions le Mont-Ventoux ! Puis, en 2017, j’apprenais à changer les vitesses, à freiner et prenais mon envol’’.

Le sport l’a aidé à tous points de vue. ‘‘J’ai fait sauter des blocages, surpassé des peurs, gagné en confiance. J’ai montré que je pouvais faire comme les autres », explique le sportif qui a décroché son Bac Pro Paysagiste et son permis de conduire. « J’espère finir mon premier Ironman en 2025 et participer aux Jeux Paralympiques de 2028 si ma catégorie (Handicap mental) y fait son apparition ». Des défis, toujours, pour ce sportif inspirant pour de jeunes autistes.



Benjamin Polin, 29 ans, nouveau champion de France de marathon, double champion de France de 100 km (2022, 2023) a battu récemment record du 100 km de Steenwerck en 6h29′. Rencontre avec ce Spinalien qui borne sévère et carbure à l’envie.

En mars dernier lors du marathon de Saint-Tropez, tu es devenu champion de France de marathon. C’était pour toi, Benjamin Polin…


 Assez inespéré ! Je sentais que j’avais le potentiel pour figurer sur le podium car j’ai bien progressé, je n’avais pas le meilleur chrono d’engagement mais je savais que le parcours vallonné de Saint-Tropez correspondait bien à mon profil. Comme je viens du trail, les montées et descentes, cela ne me fait pas peur, au contraire ! »

Benjamin Polin, 29 ans, nouveau champion de France de marathon, double champion de France de 100 km (2022, 2023) a battu récemment record du 100 km de Steenwerck en 6h29'. Rencontre avec ce Spinalien inarrêtable.
Titre de champion de France de marathon 2024-2025 décroché à Saint-Tropez. ©Jean-Luc Juvin-FFA

Ce championnat de France de marathon, c’était ton objectif numéro 1 ?

« Non, je me suis décidé à participer un peu à l’arrache, un mois et demi avant. Ce n’était qu’une étape dans le but de me qualifier pour les mondiaux de 100 km prévus en décembre en Inde. Les modalités de sélection ont été annoncées tard, en février, par la FFA. Alors je me suis décidé aussi au dernier moment à recourir un 100 km à Steenwerck que j’ai déjà couru l’an dernier. »

Justement sur ce 100 km de Steenwerck où d’ailleurs Marie-Ange Brumelot a signé le record d’Europe (non officiel), tu as aussi cartonné. Record personnel battu (6h35′ l’an dernier) et record de l’épreuve en 6h29′. Raconte-nous…

J’étais donc venu chercher un chrono me permettant d’être sélectionné pour les championnats du Monde. Le ticket d’entrée était à environ 6h40. J’ai bien progressé depuis l’an dernier. À Steenwerck cette année, il n’y avait pas le label national malheureusement. L’objectif que j’avais en tête était de 6h25. Un chrono que je pense à ma portée et m’assurant la sélection. Je me suis retrouvé en tête dès le 1er km. À partir de là, je savais que ça allait être une course solo. Le temps final de 6h29 me va bien. Je pense que cela m’assure la sélection à 99%. Je passe la ligne d’arrivée fatigué mais avec une bonne confiance en ma capacité à gagner encore plusieurs minutes si l’enjeu l’avait demandé. Objectif rempli donc. Maintenant, j’attends début août pour l’annonce officielle de la sélection. »

Le record de France de 100 km de Guillaume Ruel (6h19‘) est dans un coin de tête ?

« Oui, j’y pense. A Steenwerck qui a perdu son label cette année, cela n’aurait pas été possible de toute façon… »

Benjamin Polin, 29 ans, nouveau champion de France de marathon, double champion de France de 100 km (2022, 2023) a battu récemment record du 100 km de Steenwerck en 6h29'. Rencontre avec ce Spinalien inarrêtable.
A l’entraînement, chez lui dans les Vosges. ©Ceramiq

Au fait, comment as-tu commencé à courir Benjamin Polin ?

« Petit, je jouais au foot, je n’étais pas hyper bon techniquement mais j’avais de bonnes capacités d’endurance. L’ambiance m’a fait quitter le foot, je me suis alors mis à courir en solo. Le trail s’est imposé car dans les Vosges où j’habite nous avons beaucoup plus de trails que de courses sur route. J’ai commencé par des petites courses de village avec quelques victoires, plutôt sur des formats de 50 km et 3000 mD+ disons, avec en point d’orgue une CCC en 2019. J’avais terminé 29e, ce qui n’était pas si mal ! »

Traileur à l’origine, tu es donc venu à la route…

« Oui, en 2020, avec le confinement, j’ai fait plus de fractionnés et de séances sur route. On progresse vite sur la route, et c’est challengeant de comparer ses chronos d’une année sur l’autre pour voir jusqu’où on peut aller. Si ma progression continue, je peux envisager de bons chronos dans quelques années, donc patience et travail ! « Je reviendrai sans doute sur le trail un jour. J’aimerai bien par exemple faire l’UTMB une fois dans ma vie, mais dans ce cas, je me connais, je m’y préparerais à 100 % pour figurer le mieux possible. »

Ton premier marathon, c’était où et quand Benjamin Polin ?

« En 2016, au Mont-Saint-Michel, j’avais 21 ans. C’était une super expérience partagée avec mon père. Je visais moins de 3h, j’ai terminé en 3h02’ car j’ai pris le fameux mur… Après, comme j’étais plus axé sur le trail à l’époque, j’ai casé un marathon par an sans que ce soit un objectif prioritaire. En 2017, j’ai couru Annecy en gagnant 10’, puis Metz en 2018, avec la bonne surprise de terminer 2eme, et en 2019. Ensuite, Paris en 2023 où j’ai battu mon record en 2h23’02’’.

Benjamin Polin, 29 ans, nouveau champion de France de marathon, double champion de France de 100 km (2022, 2023) a battu récemment record du 100 km de Steenwerck en 6h29'. Rencontre avec ce Spinalien inarrêtable.
©DR


Tu n’as pas encore couru de marathon très roulant. Quel chrono penses-tu pouvoir réaliser ? 


« Non effectivement, cela ne s’est pas fait pour des questions de calendrier pour l’instant. Sur un parcours optimisé pour la performance, je pense être capable d’un 2h15-2h16’. C’est facile à dire car pour l’instant je ne l’ai pas fait, mais j’en ai très envie. J’espère l’an prochain à Séville, Berlin ou Valence. »

En 2022, tu t’es lancé sur 100 km en décrochant directement le titre de champion de France à Belvès, très fort pour une première ! Qu’est-ce qui t’a décidé à basculer sur l’ultra sur route ?

« Merci ! Lorsque j’ai gagné l’EcoTrail Paris de 80 km en 2021, j’ai senti que ce qui me plaisait c’était de courir longtemps sur des parcours peu techniques. Je laisse guider par l’envie, en cherchant des courses qui ressemblent à ce que j’aime faire à l’entraînement, c’est comme ça que je me suis lancé sur 100 km l’année suivante. »

Quel est le plus beau souvenir de ta jeune carrière de champion ?

« J’en ai deux en tête, forts en émotions. Le premier, c’était ma victoire sur l’EcoTrail Paris, ma première victoire sur un trail à rayonnement national. Je ne me voyais pas du tout gagner donc j’étais très ému. Un autre grand moment, cela été sur le 100 km à Belvès en 2022 car j’ai partagé mon premier titre national avec mon grand frère qui m’avait suivi à vélo toute la course. »

Tu travailles à plein temps comme responsable pour un syndicat départemental d’électricité. Et tu cours énormément, en moyenne 200 km par semaine sur l’année. Comment arrives-tu à concilier les deux au quotidien ?

« Les journées sont intenses et les congés passent dans les entraînements, mais j’ai trouvé mon équilibre donc c’est top. Je commence mon travail à 7h, je cours le midi 1h30 pendant la pause puis je refais une deuxième sortie le soir et rentre vers 19h30. Les soirées sont assez courtes car je dors bien ! »

©Ceramiq

Comment expliques-tu ta progression ces dernières années ?

« Il y a sans doute une part de génétique, car je viens d’une famille sportive. Je suivais souvent mon père à vélo lorsqu’il courait, c’est d’ailleurs ce qui m’a donné envie de m’y mettre aussi. Ensuite, j’ai augmenté le volume petit à petit et mon corps encaisse bien, j’ai aussi mieux structuré mon entraînement et soigné tous les à-côtés (récupération, alimentation, etc). En matière d’endurance, si l’on soigne tous ces paramètres, ce n’est qu’une histoire de patience, on progresse forcément. Je pense que dans deux ans je serai meilleur qu’aujourd’hui et qu’aujourd’hui, je suis meilleur qu’il y a deux ans. Il faut juste laisser le temps agir et faire les choses correctement. »

Benjamin Polin, tu n’as pas d’entraîneur, c’est rare pour un champion. Explique-nous ton choix…

« C’est sans doute parce que je ne viens pas de l’athlétisme. Je ne connaissais pas les clubs, j’ai pris une licence pour r participer aux championnats de France de trail en 2017. Et je n’ai pas de coach car je suis assez attaché à la liberté de m’entraîner comme je veux, à faire ce qui m’amuse, en optimisant le côté performance mais en restant dans le plaisir. Tant que je vois que je ne stagne pas, je continue comme ça, mais peut-être que cela changera… »

Quel conseil donner à coureur qui souhaite se lancer sur marathon ?

« On dit souvent que le chemin est plus important que l’arrivée, c’est assez vraiment sur le marathon je trouve. Même si l’épreuve est un moment fort, qu’on est fier de pouvoir dire « je l’ai fait », on passe 99% de son temps à l’entraînement, alors il faut vraiment aimer s’entraîner et être passionné pour aller chercher sa médaille sans se dégoûter. Le jour du marathon, quelque part, ce n’est que du bonus et s’il y a chrono en plus, alors c’est super. »



Michel Jazy, meilleur coureur de l’histoire du demi-fond français, s’est éteint le 1er février à l’âge de 87 ans. Le docteur Jean-Pierre de Mondenard lui rend hommage, en regroupant plusieurs anecdotes issues de ses rencontres avec ce grand champion.

J’ai pu rencontrer Michel Jazy à plusieurs reprises. Au début des années 1960, interne au lycée Foch de Rodez, j’avais assisté à une réunion d’athlé dans laquelle il figurait. La longueur de sa foulée m’avait impressionnée. Très fier, j’avais obtenu un paraphe au dos d’une photo de presse.

Puis, bien après, alors que j’étais devenu médecin du sport impliqué dans le cyclisme mais aussi dans le jogging et les courses de marathon alors en pleine expansion, il m’avait sollicité pour donner des conseils nutritionnels et d’hydratation à l’une de ses relations, candidat au marathon de New York.

Lors de cet entretien dans les locaux d’Adidas, rue du Louvre à Paris ( société dans laquelle il exerçait dans le secteur des relations publiques), j’avais pu le questionner sur sa pratique de l’athlétisme de haut niveau (entraînement, kilométrage, blessures, soins, etc.).

Michel Jazy, lors d’un meeting à Rodez au début des années 1960
A l’INS, Lors d’un championnat des écrivains sportifs aux côtés de Paul Vialar, président de cette association d’écrivains sportifs. ©DR

A l’arrêt de sa carrière à 30 ans passés, Michel Jazy avait grandi de 2 cm…

Lors de cette discussion, il m’avait révélé qu’en raison du kilométrage imposé par sa pratique pédestre (environ 30 kms quotidiens), sa taille qui était normalement de 1,77 m, avait perdu 2 centimètres.

D’ailleurs, dans le premier ouvrage qui lui est consacré ‘’Jazy quinze cents à la une’’ signé par le journaliste Robert Parienté, il est signalé ses mensurations : 1,77 m / 65 kg.

A l’arrêt de sa carrière en 1968, à plus de 30 ans et quelques mois après avoir rangé ses pointes et bien sûr ses runnings d’entraînement, il avait de nouveau retrouvé 2 cm sous la toise, à un âge où l’espoir de grandir s’est envolé depuis longtemps. Ce tassement plus ou moins prolongé suivant l’intensité et la durée de la carrière pédestre est dû aux chocs des pieds sur le sol.

Pour la marche, l’impact est équivalent au poids du corps, en revanche lors de la course – suivant la vitesse – il varie entre 3 et 5 fois le poids du sportif.

Ce constat je l’avais déjà fait sur moi-même. En moyenne, pour une heure de footing, je rapetissais d’un centimètre que je récupérais pendant la nuit.

A l’époque, collaborateur de différentes revues de course à pied telles que Mondial Marathon et Jogging International, dans mes articles j’avais répercuté cette information de Michel Jazy qui avait grandi de deux centimètres à plus de 30 ans.

A vélo, Michel Jazy montait les bosses à la manière d’un cyclocrossman

Michel Jazy, lors d’un meeting à Rodez au début des années 1960
Michel Jazy, lors d’un meeting à Rodez au début des années 1960. ©DR

Connaissant mon implication dans le vélo de compétition, il m’apprit que, gosse, il voulait faire du cyclisme. « Mes parents n’ont pas voulu ; je n’ai pas eu de vélo pour m’entraîner. Alors, j’ai opté pour la course à pied mais j’aime toujours le cyclisme. » Il ajoutait qu’aujourd’hui, il lui arrivait de faire des sorties vélo avec des amis mais dans les côtes il était largué par manque d’habitude avec le dérailleur. Il avait cependant trouvé la parade pour ne pas être distancé ; il descendait de sa machine, la mettait sur l’épaule et, à la manière d’un cyclocrossman grimpant une bosse, remontait tout le groupe.

Loi des 6-7 heures plutôt que 3h, pour le dernier repas avant une compétition

Par ailleurs, lors d’un entretien, Michel Jazy m’a appris que la loi des trois heures précédant la compétition était inadaptée pour les courses de demi-fond où l’intensité de l’effort est maximale dès les premières foulées. En raison d’expériences antérieures de vomissements dès la ligne franchie, le champion se donnait pour règle de n’absorber aucun aliment liquide ou solide dans les 6 ou 7 heures qui précédaient une course.

Pourquoi ce long intervalle entre le dernier repas et le départ ?

Lorsque l’activité physique a lieu en pleine digestion, celle-ci est fortement perturbée. Des crampes d’estomac voire des vomissements, de la tachycardie (augmentation par minute du nombre des battements du cœur), de l’essoufflement peuvent apparaître.

La masse sanguine, au moment de la digestion, se trouve dérivée vers l’appareil digestif et ce au détriment des muscles et du cerveau. Si, à cet instant, le sportif entre en action, les muscles seront inévitablement pénalisés alors qu’ils réclament un surplus sanguin riche en oxygène pour accomplir leur travail.

D’où manque de tonus, mise en train lente et pénible, rendement diminué, somnolence. Ainsi, il est facile de comprendre que digestion et effort musculaire ne peuvent s’associer sans risque de contre-performance.

Certains athlètes de haut niveau afin d’éviter toute surprise, d’autant que le dernier repas ne jouant aucun rôle dans la fourniture énergétique de l’épreuve qui suit, s’abstiennent de manger bien au-delà des trois heures traditionnelles.

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Michel Jazy, data et repères

  • Né le 13 juin 1936 – Oignies (Pas-de-Calais, 62)
  • Décédé le 01 février 2024 – Dax (Landes, 40)
  • Surnoms : Le zèbre des corons (par ses copains d’Oignies); l’Ange de la piste (par le dessinateur Robert Déro) ; La Danseuse (par ses partenaires en bleu car à ses débuts en équipe de France Jazy porte un short en soie confectionné par sa mère) ; P’tit champion (par Maurice Fournier) ; le Fils de Gaston (Meyer, rédacteur en chef à L’Equipe et responsable de l’opération Jazy)
  • Études : Certificat d’études primaires (CEP, 1949) ; Certificat d’aptitude professionnelle (section imprimerie)
  • Service militaire : Bataillon de Joinville (1956-octobre 1958)
  • Profession : groom-liftier dans un cercle de jeu – le Bridge-Club – avenue de la Grande Armée à Paris ;  typographe-linotypiste (Petit-Rousseau, imprimerie Chaix, journal L’Equipe 1958-1962, affecté à Sport et Vie) ; agent commercial chez Perrier (1963-1974), Adidas (1973-1990) ; président-directeur du Parc des Princes de juin 1990 à 1996
  • Morphologie : 1,77 m / 65-66 kg
  • Foulée : 2 m 30
  • Pouls : 52 (1966)
  • Capacité pulmonaire : 6,5 litres
  • Santé : pontage cardiaque en 1987
  • Famille : marié à Irène Denis le 19.10.1957 à Montmartre (Paris); deux filles : Pascale (née en 1959) et Véronique (née en 1962) ; Monique, sa 2e épouse
  • Dirigeant : membre de l’Académie des Sports (1980-1985) 
  • Décoration : Commandeur de la Légion d’Honneur (07.09.2001)

Parcours sportif et encadrement

  • Initiateur : Gérard Marzin, un jeune coureur qui lui a mis les pointes aux pieds pour sa 1re course : le Challenge de la première foulée qu’il a remporté haut la main.
  • Entraînement : 25 à 30 km/jour ; 160 km/semaine ; 9 000 km/an. En six ans, de 1956 à 1962, a parcouru 54 000 km en courant, le plus souvent en forêt de Marly.
  • Clubs : CO Billancourt (1953) ; Individuel (1954-1955) ; CA Montreuil (1956-2011)
  • Coachs : René Frassinelli dit Frassi (secrétaire de police), Jo Malléjac (Canadien)
  • Préparateur physique : Maurice Rousseaux, professeur d’EPS, ancien champion de France des 100 et 200 m en 1932
  • Masseur : Adrien Josié
  • Sélections internationales séniors : 59 (1956-1966)

Le palmarès de Michel Jazy

Michel Jazy, lors d’un meeting à Rodez au début des années 1960
Michel Jazy, lors d’un meeting à Rodez au début des années 1960
  • Jeux olympiques : 1956 à Melbourne 1500 m, éliminé en série (7e de la 2e série); 1960 à Rome 1500 m, 2e (finale le 06 septembre), 1964 à Tokyo 5000 m, 4e (finale le 18 octobre)
  • Championnats d’Europe 1500 m : 1962 (1er), 1966 (2e), 1966 (1er)
  • Championnats d’Europe 5000 m : 1966 (1er)
  • Championnats de France (11 titres) :
  • 800 m 1961 (1er), 1962 (1er)
  • 1500 m 1956 (1er), 1957 (1er), 1958 (1er), 1960 (1er), 1963 (1er), 1964 (1er)
  • 5000 m 1966 (1er)
  • Cross  1962 (1er), 1965 (1er), 1966 (1er)
  • 4 x 800 m (club) 1962 (1er), 1963 (1er), 1966 (1er)
  • Cross du Figaro : 1961 → 1964 (1er)
  • Records du monde (9)
  • Mile : 3‘53‘‘6 (1965)
  • 2000 m : 5‘1‘‘6 (1962), 4‘56‘‘2 (1966)
  • 3000 m : 7‘49‘‘2 (1962), 7‘49‘‘ (1965)
  • 2 miles : 8‘29‘‘6 (1963), 8‘22‘‘6 (1965)
  • 4 x 1500 m : 15‘4‘‘2 (1961), 14‘49‘‘ (1965)
  • Records d’Europe (18)
  • Records de France (51)

Mémoire : plusieurs enceintes sportives portent son nom :

  • Complexe sportif Michel Jazy à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne, 77)
  • Tribune Michel Jazy au Stade de St-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne, 94)
  • Piste d’athlétisme à Redon (Ille-et-Vilaine, 35)

Anecdotes : de 1959 à 1966, Jazy a reçu 500 000 lettres ou cartes postales d’admirateurs. Dans les 10 jours qui ont suivi Tokyo, il a reçu 60 000 lettres [réf : Mes victoires, mes défaites, ma vie, éd. Solar 1967. – p 244]

Citations-témoignages sur la carrière de Michel Jazy

Ski français : Y-a-t-il une incidence du public, de ses encouragements, sur votre comportement ?

« Bien sûr. Je suis très sensible à l’ambiance d’un stade, des spectateurs qui crient, des haut-parleurs qui annoncent les temps, de toute cette vie qui est assez électrisante. Il n’y a pas de comparaison entre une course disputée devant un public qui réagit et une autre sans public. » [Ski Français, 1963, n° 136, mai, p 11]

Paris-Match : « Si j’étais resté célibataire, je n’aurais jamais fait la carrière que j’ai faite. Je dois 90% de ma réussite à ma femme (…) Jusqu’ici, ma femme m’a toujours encouragé dans cette voie. J’ai eu une chance extraordinaire de tomber sur une femme intelligente et réfléchie, qui a compris que j’aimais beaucoup la vie familiale mais aussi que la course à pied me tient à cœur. » [Paris-Match, 1965, n° 845, 19 juin, pp 88-89]

Paris-Match : « Au fond, mes médailles et mes défaites ce sont des péripéties. Je suis sûr d’une chose, tu vois, ce que je suis c’est grâce à la course à pied que je le suis devenu. L’important c’est qu’elle a mangé beaucoup de ma vie privée mais qu’elle m’a aussi permis de rencontrer des tas de gens. J’ai plus appris je crois de ces gens en quelques années qu’en une vie entière vécue loin de tout, comme cela aurait dû m’arriver. » [Paris-Match, 1966, n° 914, 15 octobre]

Articles sur Michel Jazy

Sport et Vie, 1959, n° 33, février, pp 44-47, 74 ;

Le Miroir des Sports, 05.10.1959, p 7 ; 09.09.1963, pp 24-25 ; 26.05.1966 ; 17.08.1966 ;  28.09.1966 ; 12.10.1966 ; 26.10.1966 ;  29.12.1966, p 15 ;  09.02.1967, p 24 ; 14.12.1967, p 20

Paris-Match, 1962, n° 689, 23 juin, pp 56-61 ; 1962, n° 691, 7 juillet, pp 72-75 ; 1963, n° 756, 05 octobre ; 1965, n° 845, 19 juin, pp 80-89 ; 1966, n° 914, 15 octobre

Ski français 1963, n° 136, mai, pp 10-11

Les Cahiers de L’Equipe : Athlétisme 67,  n° 31, pp 116-119;

Athlétisme, 2000, n° 433, septembre, pp 16-17 ;

L’Equipe Magazine, 2001, n° 1000, 7 juillet, pp 98-102

L’Equipe, 27.08.2003, p 9 ; 08.06.2015, p 26 ; 13.06.2016, pp 54-55 ; 27.07.2020, pp 20-21 ; 07.02.2024, pp 1-7

Ouvrages : Jazy. Quinze cents à la une par Robert Parienté. – Paris, éd. La Table Ronde, 1963. – 223 p ; in ‘’Huit Champions français’’ par Louis Baudouin. – Paris, éd. Librairie Hachette, 1964. – 250 p ; Mes victoires, mes défaites, ma vie .- Paris, éd. Solar, 1967 .- 283 p ; Le jogging : conseils pratiques et médicaux par Michel Jazy et le Dr Pierre Sagnet. – Paris, Solarama, 1979. – 63 p ;  Jazy. L’Ange de la piste par Alain Billouin. – Paris, éd. Prolongations, 2007. – 311 p 



Mustapha Lhamzi, camarade de club de la championne Anaïs Quemener a battu le record de France de marathon master 3 (50-54 ans) en 2h24’17, à Séville en Espagne. Le couronnement d’un parcours atypique.

Une fois le portique franchi, Mustapha Lhamzi a tenu à tout prix à rester dans l’aire d’arrivée du marathon de Séville. Pas pour profiterdu soleil andalou ou d’une douceur quasi inespérée pour un 18 février. Le coureur originaire de Seine-Saint-Denis trépigne d’impatience à l’idée d’annoncer une bonne nouvelle. Il vient en effet de battre le record de France des masters 3 (50-54 ans) en bouclant les 42,195 km en 2h24’17. C’est 2’19 de mieux que Mohammed El Yamani, son exemple. Quelques minutes plus tard, sa coéquipière Anaïs Quemener bat son record personnel de près de quatre minutes en 2h28’43 et se rapproche des minima olympiques.

Mustapha Lhamzi, camarade de club de la championne Anaïs Quemener a battu le record de France Master 3 (50-54 ans) du marathon en 2h24’17'' à Séville. Le couronnement d’un parcours
Mustapha Lhamzi, avec Anaïs Quemener et Ricardo Andrade, trois coureurs de La Meute Running, à l’arrivée du marathon de Berlin en septembre dernier.

Les deux coureurs de La Meute Running tombent dans les bras l’un de l’autre. Radieux et incrédules. Cette joie récompense de longs mois d’entraînement intensifs, pour l’un comme pour l’autre. La performance d’Anaïs est une source d’inspiration pour de nombreuses femmes atteintes d’un cancer du sein, une maladie qu’elle a combattue en 2015 à l’âge de 24 ans. Son parcours est raconté dans le livre ‘‘Tout ce que je voulais, c’était courir’’, paru début avril chez Flammarion.

L’exploit de Mustapha, lui, est une référence pour les masters, une lueur d’espoir face au temps qui passe, à la vieillesse insidieuse qui gagne du terrain et détériore les chronos au fil de l’eau. Sa devise est d’ailleurs : « L’âge n’est qu’un chiffre ».

Ancien judoka

Mustapha Lhamzi battu le record de France Master 3 (50-54 ans) du marathon en 2h24’17'' à Séville. Le couronnement d’un parcours atypique.
Mustapha Lhamzi à Séville en février dernier, son marathon record en master 3 en 2h24’17 ».

« Si moi j’y suis arrivé, tout le monde peut y arriver. Rien n’est jamais impossible », dit-il avec enthousiasme et une pointe de modestie. Débuter sur marathon en 4h48′ à 34 ans et parvenir à un temps de 2h24′ à 53 ans n’est cependant pas à la portée du premier venu. Cela tient à de nombreux facteurs et à son parcours personnel.

« J’ai débuté la course à pied tardivement, vers l’âge de 30-35 ans car j’ai pratiqué passionnément le judo durant 25 ans à Dugny, ma ville de cœur où j’ai grandi. Durant mon adolescence, mon professeur Jean-Pierre Kammerer m’a donné la chance de ne pas traîner dehors et de canaliser mon énergie. Le judo m’a appris le respect, l’amitié, l’honneur, la sincérité et le courage. Je lui dois beaucoup », explique l’ancien judoka, qui participa à un Championnat de France. Mais arrivé à la trentaine, le sentiment d’avoir fait le tour et les risques accrus de blessure le conduisent à raccrocher son kimono.

Mustapha Lhamzi, coureur après 30 ans

Mustapha Lhamzi battu le record de France Master 3 (50-54 ans) du marathon en 2h24’17'' à Séville. Le couronnement d’un parcours atypique.
Mustapha Lhamzi, sur le marathon de Berlin 2023.

« À partir de 2001, avec un ami d’enfance Franck Hersan, nous avons commencé à courir ensemble et a participé chaque année aux 10 kms de Dugny et de Drancy où j’avoisinais les 43 minutes. Ça m’a mis sur la voie de la course à pied ». En 2005, premier marathon à Paris. « On s’entraînait comme on pouvait, sans Strava, sans montre connectée. Nous faisions trois ou quatre sorties longues par semaine. Le jour J, la deuxième partie de course avait été extrêmement dure mais je n’avais pas jeté l’éponge. Je considérais le fait d’abandonner comme la solution de facilité…». Frustré par cette première expérience, il revient l’année suivante et finit à l’orgueil sous les 4 heures (3h59). Mais jusqu’en 2017, sa pratique, en dilettante, ne lui permet pas de progresser malgré un mental bien au-delà de la moyenne.

Régime et nouveau rythme

« J’avais un travail prenant, aux horaires difficilement compatibles avec une pratique assidue et à haut niveau. Et puis, mon gabarit plutôt carré (1,70 m pour 70 kg) n’aidait pas », précise l’employé du groupe Artémys (acteur majeur sur le marché des technologies de l’information), passé à force d’efforts, d’un BEP de tourneur-fraiseur et d’un emploi de vendeur d’ondulateurs au statut d’ingénieur d’affaires. « En 2017, j’ai suivi le même régime que ma femme Adeline Bozec. J’ai perdu rapidement huit kilos. Ça a été une première étape décisive ».

En 2020, le confinement puis le fort développement du télétravail lui donnent l’occasion de s’organiser différemment et de courir enfin régulièrement et de se découvrir des aptitudes insoupçonnées. « Au début, je courais tout seul, sans eau ni sac à dos, en ignorant tout du fractionné dont je ne percevais pas l’utilité. Il m’arrivait de parcourir la distance d’un marathon à l’entraînement, juste pour me prouver que je pouvais le faire. À cette époque, je n’avais aucun plan d’entraînement. J’avais juste en tête de garder une allure de moins de 4 minutes par kilomètre. Je partais pleine balle et j’essayais de tenir le plus longtemps possible », se souvient-il.

Conquis par La Meute

Mustapha Lhamzi battu le record de France Master 3 (50-54 ans) du marathon en 2h24’17'' à Séville. Le couronnement d’un parcours atypique.
Mustapha Lhamzi, avec Anaïs Quemener et Ricardo Andrade, trois coureurs de La Meute Running, à l’arrivée du marathon de Berlin en septembre dernier.

« C’était du n’importe quoi. Pourtant, un jour, j’ai réalisé 2h48 sur un marathon à l’entraînement…Peu après, sur une de mes sorties longues, j’ai croisé un voisin, Benoit Attard, qui m’a proposé de rejoindre son club : La Meute Running. Sur le coup, j’ai refusé sa proposition. Je m’étais juré que l’US Dugny serait mon seul club. En bonne personne fidèle, je ne voulais pas avoir le sentiment de trahir mon club de judo. Et puis, comme c’est un sport différent et que l’ambiance et les valeurs à La Meute sont excellentes, je me suis laissé tenter ».

Dans ce club créé en août 2020 à Mitry-Mory, il trouve tout ce qui lui manquait jusque-là. « Je peux à la fois partager des instants de ‘‘déconnade’’ et des séances d’entraînements très dures où l’émulation d’un groupe est fondamentale. Comme ce n’est pas un club d’athlétisme mais de course à pied où l’on trouve des marcheurs comme des ultra-traileurs, on partage tous la même passion du fond, à tous les niveaux. Chacun apporte son expérience », loue Mustapha, qui a trouvé dans ce club chaussure à son pied.

Guidé par ‘‘Nono’’

Mustapha Lhamzi battu le record de France Master 3 (50-54 ans) du marathon en 2h24’17'' à Séville. Le couronnement d’un parcours atypique.
Mustapha Lhamzi, à Séville en février dernier.

« J’ai la chance de bénéficier des conseils d’un fabuleux coach qui s’est adapté à mon profil. Jean-Yves Quemener (le papa d’Anaïs, surnommé ‘‘Nono’’) me propose des plans structurés et cohérents et me donne la chance de m’entraîner avec Anaïs (Quemener), Ricardo (Andrade) finisher du dernier marathon de Berlin en 2h27 et Lahcène (Fekih), recordman de France master 3 sur 5 000 m, 10 000 m, 10 km et 20 km et champion de France de sa catégorie sur 10 km à Roanne ». Leur présence constante l’aide à repousser ses limites lorsqu’il effectue des séances de fractionné en côte ou sur la piste de Mitry-Mory, réalise des sorties à allure marathon le long du canal de l’Ourcq ou teste ses allures dans la Parc de la poudrerie.

De 2h48 à 2h24 au marathon

« Je m’entraîne désormais sept fois par semaine et teste des séances biquotidiennes le mardi et le jeudi. Ce type d’entraînement, associé à une bonne hygiène alimentaire et à une hydratation optimale (2 litres d’eau par jour), m’a nettement fait progresser sur marathon ». En deux ans, son record personnel a progressé de 24 minutes : 2h47 à Montpellier, 2h43 à Marrakech, 2h39 à Deauville, 2h34 à Rome, 2h28 à Berlin et 2h24 à Séville. À ce train-là, Mustapha Lhamzi pourrait battre en 2026 le record du monde master 4 (55-59 ans) détenu depuis 1986 par Piet Van Alphen en 2h25’56. Affaire à suivre…   



Figure emblématique de la planète running, Michel Bach retrace sa vie toute en relief dans un livre choral en forme d’hymne à la joie. Ce drôle d’oiseau y célèbre la vie, les gens qu’il aime tant, et la beauté du monde qu’il arpente depuis 40 ans en courant déguisé, avec sa célèbre Tour Eiffel notamment.

Un monument assurément, Michel Bach. On le connaît d’abord pour sa fameuse Tour Eiffel. De New York à Londres en passant par Barcelone, Dublin et bien sûr Paris, il a couru avec elle les plus grands marathons, se faisant ainsi meilleur ambassadeur de la France.

12 kilos sur le dos pendant des heures…

Michel Bach et sa célèbre Tour Eiffel sur le Marathon de Dublin (2016)
Michel Bach sur le Marathon de Dublin (2016)

L’emblème est fort, le déguisement imposant. 3m20 d’envergure et 12 kilos pour sa grande dame, réplique au 1/100e de l’originale. La sienne n’est pas en fer mais en carbone et escamotable pour faciliter son transport. Car elle voyage régulièrement depuis près de vingt ans.


L’an dernier, à 77 ans, Michel Bach a embrasé le Strip, célèbre boulevard de Las Vegas. Six heures de parade, une formidable standing-ovation, mais tout sauf une simple balade… Car porter un monument sur son dos, est pour le moins contraignant. Mais l’homme, plus tout jeune et bien frêle – 1,83 mètres pour 60 kilos tout mouillé – est diablement endurant, toujours partant pour s’amuser.

Ce déguisement totem l’a rendu célèbre, amusant les coureurs dans le monde entier. Mais sa malle à carnaval déborde d’autres costumes originaux, tous patiemment confectionnés par ses soins.

Une vie haute en couleurs

Michel Bach se raconte dans un livre (Editions Havas) dont les bénéfices seront reversés à la ligue contre le cancer.
Michel Bach se raconte dans un livre mis en scène par Pascal Pioppi (Editions Havas, disponible en librairie) dont les bénéfices seront reversés à la ligue contre le cancer.

Depuis 40 ans, ce joyeux drille promène sa malice en arc-en-ciel en se permettant toutes les fantaisies. Pourquoi donc se prendre au sérieux ? Il cavale ainsi à l’envi en marquise, papillon, montgolfière, pirate ou fille de petite vertu. C’est selon, à l’inspiration. Un rien provoc, il assume ses accoutrements les plus délirants, qui ont fait jaser sur les grandes épreuves du calendrier. Au Médoc, à Paris, Millau, Caen comme ailleurs.

Michel Bach, en montgolfière sur la Corrida d'Issy.
Michel Bach, en montgolfière sur la Corrida d’Issy.

Ce printemps, ce drôle d’oiseau sort un livre. Pour laisser une trace de ses frasques, mais surtout célébrer l’amitié et la course à pied. Fruit de longues conversations avec son ami journaliste Pascal Pioppi, l’ouvrage, jubilatoire, rassemble des centaines d’anecdotes de potes et de nombreuses photos souvenirs. Le ton est volontiers léger, mais le propos profond reflétant sa personnalité, rare et bourrée d’humanité.

Un drôle d’oiseau à plumes sur les sentiers…

Michel Bach, sur le Marathon des Sables.
Traversée du désert, sur le Marathon des Sables. ©Alexis Berg

« La connerie n’a pas de limite, c’est dans ce domaine que j’ai le plus de foncier et là, je peux encore faire des podiums !», lâche-t-il ainsi au détour d’un chapitre.

A bientôt 80 ans, il a encore des « bêtises à faire », n’ayant pas vu le temps passer, trop occupé à croquer la vie à petites foulées sur les routes comme les sentiers. 

Car Michel Bach est aussi un grand bourlingueur, fan de raids aventure de tous genres. Sur les sentiers, une autre signature, un chapeau orné de plumes et de grigris, souvenirs de ses épopées. Avec ce couvre-chef porte-bonheur, il s’est ainsi baladé sur les plus grandes épreuves d’ultras.

En France (Diagonale des Fous, 6 000D, Ultra Marin…), mais aussi à l’étranger, au Sri Lanka, en Amazonie, en Guinée, au Cambodge, en Inde, sur l’île de Java ou encore en Grèce. En 2000, le Spartathlon, non-stop de 246 km reliant Athènes à Sparte fut son périple le plus exaltant. En 35h49’ d’efforts continus, il est allé au bout du bout de lui-même.

23 médailles du Marathon de Sables

MDS, des sables émouvants, et toujours une grande aventure humaine.

Dans sa longue liste de courses, le Marathon des Sables tient une place de cœur. Michel Bach totalise 23 participations. La première en 1987, une vraie révélation, la dernière en 2016. Peinant à s’alimenter pendant l’effort, il en même est le recordman involontaire de perfusions. Mais cela ne l’a pas empêché de vivre chacune de ses traversées du désert avant tout comme une aventure humaine extraordinaire.

Course, partage et voyage, combiner ce tiercé a pour sûr changé sa vie, il y a près de 40 ans. Ce père de trois enfants est parti de rien. Ancien camelot vendant des breloques sur les marchés, il est devenu chef d’entreprise, puis a investit dans l’immobilier. Cela l’a rendu privilégié. Il fait le choix de prendre une retraite anticipée.

« A 40 ans je pouvais casser la baraque en amassant encore plus de fric mais j’ai senti qu’il me fallait vivre autre chose, en allant à la découverte du monde et des gens. Le bonheur pour moi, c’est cela. », résume-t-il.

Quand a-t-il commencé à courir ? Dans les années 80, à l’aube de la quarantaine donc. Avant, l’homme courait plutôt après les femmes. En courant, il s’est vite donné à fond, avec un certain goût pour la compétition, cumulant alors 5 000 kilomètres par an, avec de jolis records (1h17’ sur semi, 2h50′ sur marathon). Déguisé bien sûr, depuis (presque) le premier jour.

Très vite, les aventures au long cours lui ont fait du pied. Celles de ses amis Patrick Bauer, fondateur du Marathon des Sables et d’Alain Gestin, organisateur de non-stop (333 au Niger ou 222 au Sénégal) notamment. Mais il s’est aussi organisé des « off », en traversant la Vallée du Nil, en reliant Chicago-Los Angeles en relais, ou encore, en effectuant plusieurs Paris-Honfleur.

Le cancer, une course sans dossard

A la mode 70’s, un petit air de Mich Jagger, et le sourire, toujours.


En 2010, cet amoureux de la vie a été rattrapé par la maladie. Cancer agressif de la gorge. Pas de quoi entamer son éternel optimisme, résumé en un invariable mantra : « un jour de bon, un jour de mauvais, c’est deux jours de passés ».

Reste qu’il a vécu de longs mois du bout des lèvres. Quatre interventions chirurgicales lourdes, douze semaines de radiothérapie, six semaines de chimio… « Ce cancer, ce fût une épreuve supplémentaire à laquelle je ne m’étais pas inscrit. Mais je n’avais pas le choix dans cette nouvelle course. Je savais que cela n’allait pas être une promenade de santé », commente-t-il.

50% de chance de s’en sortir, lui a t-on asséné. Une chance sur deux, saisie à bras le corps, fort d’un mental gagnant. « Un sportif possède un second souffle, en tout cas, face à la maladie, j’ai tout fait pour m’en sortir. Le moral agit sur le physique, je l’ai vérifié. Une fois remis sur pieds, j’ai repris mes conneries avec ma Tour Eiffel sur le dos et les grands raids », raconte-t-il à propos de ce cancer vaincu.

Des rêves plein la tête

En pirate, avec un « bateau char »pour les copains, sur un Marathon du Médoc il y a quelques années.

Aujourd’hui, ce globe-trotteur a fait un trait sur les non-stop, trop exigeants, mais rêve encore d’échappées belles en terres inconnues. Pourquoi pas l’Australie, ou la Guinée. Michel trottine désormais pour s’entretenir, accompagné de Sylvie, sa compagne, de toutes de ses aventures.. « Je cours tant que j’ai encore la force de le faire mais uniquement par plaisir, parce que je suis encore vivant. Je profite simplement car je sais qu’à un moment, je ne pourrai plus… »

Ça n’est pas pour demain. Le 10 août prochain, Michel Bach rêve de courir le Marathon pour Tous des Jeux Olympiques. Avec sa Tour Eiffel bien sûr, pour une longue parade symbolique, la dernière, en forme d’apothéose. Mais pour l’heure, les jeux ne sont pas faits, car les dossards pour ce rendez-vous historique se font bien rares…

Michel Bach dit l'emplumé...
Michel Bach toujours déguisé sur le Marathon de Marne-et-Gondoire qu’il organise en Seine-et-Marne.

Quoi qu’il en soit, on le retrouvera ensuite sur le Marathon de Marne et Gondoire, en Seine-et-Marne. Et oui, ce joyeux coureur est aussi un gentil organisateur. Depuis 17 ans, avec une bande d’amis, il organise des épreuves champêtres (maratrail, relais et 12 km, et courses enfants) autour du Parc du château de Rentilly, réputées pour l’ambiance débridée. Cette année, ce Marathon de Marne-et-Gondoire, habituellement calé au printemps aura exceptionnellement lieu le 29 septembre.

Avant cela, un passage obligé par le Médoc, incontournable ! Pour Michel, une 28e participation à ce marathon festif inimitable. Le déguisement n’est pas encore conçu sur le thème ‘faites vos jeux’, mais on peut compter sur lui pour figurer en guest-star de ce grand canarval.    



Floriane Hot, championne du monde en titre et recordwoman d’Europe de 100 km a décroché l’or sur le championnat de France de marathon à Saint-Tropez le 24 mars. Un retour au sommet pour cette Aixoise rayonnante de 32 ans, heureuse maman d’un petit garçon depuis moins d’un an.

Devenir championne de France de marathon dix mois seulement après la naissance d’un enfant, c’est un bel exploit !

Floriane Hot : « Merci ! Je suis super contente de ce titre, presque à la maison, avec mon fils Nino et ma famille à l’arrivée. J’en ai rêvé pendant ma préparation. Augustine Emeraux-Lombard avait un meilleur chrono d’engagement que moi (record en 2h36’ contre 2h41’ pour Floriane, NDLR).

Mais je savais aussi que tout pouvait se jouer sur ce championnat, avec un parcours très vallonné. Je l’avais repéré deux fois et je me disais que la course allait durer 7 kilomètres car les 7 derniers kilomètres s’annonçaient compliqués. C’est ce qui s’est passé. Tout s’est joué sur la fin. J’ai fait la différence dans les montées avec un mistral à 80 km/h qui a rajouté un peu de piment pour tout le monde !  ».

Depuis l’été dernier, avec ton compagnon Nicolas Navarro (en lice pour les Jeux Olympiques sur marathon), vous êtes parents. La vie de champions avec un bébé, c’est encore un peu plus la course…

Floriane Hot a décroche le record d'Europe sur 100 km en 2022.
Floriane Hot avait décroché le record d’Europe sur 100 km en 2022 pour le deuxième 100 km de sa jeune carrière. ©Alexis Polin

« Oui, c’est toute une organisation. Ce n’était pas forcément facile au début mais on a vite trouvé notre rythme. Nino, qui va maintenant à la crèche, est super cool, ça facilite les choses. Il nous suit partout, dort bien, cela nous permet de récupérer car c’est le manque de sommeil qui est parfois dur à gérer.

Les virus de l’hiver et les dents chamboulent un peu les plannings parfois mais on lâche plus prise depuis qu’on a un bébé, en acceptant que la prépa bouge parfois. Être tous les deux dans la course nous aide beaucoup parce qu’on met tout en œuvre pour que l’un et l’autre puisse s’entraîner au mieux. Et pour l’instant, ça ne se passe pas trop mal on va dire… »

Tu as repris ton travail de contrôleuse aérienne ?

« Oui mais depuis mon titre de championne du monde de 100 km, j’ai un aménagement de temps qui me permet de ne pas travailler les jours où j’ai de grosses séances pour me rattraper ensuite sur les périodes plus creuses. C’est une chance car cela me permet de tout concilier. »

Au fait, ton premier dossard, c’était où ?

« Je me suis lancée directement sur marathon, et sans entraînement. Erreur de débutante (rires). C’était à Toulouse en 2014, suite à un défi entre amis. J’avais terminé en 3h41’ et adoré. Ensuite, je me suis inscrite en club à Aix, et je suis encadrée depuis par mon coach Jérémy Cabadet. C’est comme ça que tout a démarré.»

Floriane Hot, après 5 marathons, qu’est-ce qui t’avait décidé à te lancer sur 100 km ?

Floriane Hot, sacré championne de France de 100 km à Belvès pour sa première sur cette distance.
Floriane Hot, sacré championne de France de 100 km à Belvès pour sa première sur cette distance, avec son compagnon Nicolas Navarro pour suiveur.

« Un coup de tête. Après mon marathon à Valence en 2021 (record en 2h41’28’’), j’hésitais à refaire un marathon au printemps. Nicolas qui m’a lancé le défi de courir un 100 km. Il a fallu qu’il me le dise une fois et j’étais lancée. Je me suis dit, pourquoi pas. J’aime bien les challenges, on verra où cela me mène… »

Et cela t’a mené directement au sommet de l’ultra-fond : championne de France de 100 km au printemps (7h42’, à Belvès) et championne du monde (7h04’, à Berlin) quelques mois plus tard !

Floriane Hot a décroche le record d'Europe sur 100 km en 2022.
©Alexis Polin.

« 2022 a été une année complètement dingue. D’abord, je ne m’attendais pas du tout à mon premier titre à Belvès. Au-delà de 60 km, ma plus longue sortie en prépa, c’était l’inconnu.

Je pensais n’en faire qu’un, mais comme tout s’est bien passé et que j’ai obtenu ma qualification pour le championnat du monde en août, j’ai voulu honorer le maillot français alors j’ai enchaîné sur une deuxième prépa 100 km, en boucles et plat celui-là. Encore une fois, je n’avais aucune idée de mon niveau par rapport aux autres filles, vu que je n’avais fait qu’un seul 100 km vallonné. J’étais vraiment très heureuse et super fière de cette médaille pour ma première sélection en équipe de France. »

Pour ton deuxième 100 km couru en 7h04’ (soit à 14,15km/h de moyenne !), tu as décroché un double record de France et d’Europe…

« Oui cela été une sacrée surprise car à vrai direje ne connaissais pas même pas le chrono du record d’Europe. J’avais travaillé mon allure sur la base du record de Laurence Klein (7h26’44’’), je suis partie plus vite que prévu et cela a tenu. Lorsque qu’on m’a dit, sur la fin, qu’il y avait le record d’Europe à aller chercher j’ai trouvé ça fou, cela m’a motivé et au final, j’ai réussi à garder la même allure. C’est un souvenir dingue. »

Revenons à 2023, tu as vite repris l’entraînement après ton accouchement…

Floriane Hot sur son terrain d'entraînement, au pied de la Sainte-Victoire.
Floriane Hot sur son terrain d’entraînement, au pied de la Sainte-Victoire. ©42K agency x Romain Gillig

« Le sport, c’est mon équilibre alors ça m’a fait du bien de repartir dans une dynamique de course, sachant que j’avais pu courir tout doucement jusqu’au bout de ma grossesse.

Après mon accouchement, je n’ai pas voulu brûler les étapes. Au début, j’alternais 3’de marche et 3’de course et j’ai augmenté ainsi au fur et à mesure. J’ai repris en compétition sur Carro-Carry, le 24 septembre. La veille de cette course en 2022, j’avais appris que j’étais enceinte. C’était mon petit clin d’œil de rependre là, cette fois avec Nino à l’arrivée. »

Floriane Hot, on t’avait vu sur le Marathon de Valence en décembre dernier, six mois seulement après tout accouchement.

« L’objectif était aussi de prendre du plaisir sur ce marathon de Valence que j’adore et où nous avons plein de souvenirs avec Nicolas. Jusqu’à un mois avant, je ne savais pas encore si je serai au départ. Je voulais être sûre que l’enchaînement des kilomètres de la préparation se passait bien. J’ai vu que tout était OK, je me suis sentie capable, et tout s’est bien passé. Je termine à 10’ de mon record et Nicolas a battu le sien et décroché sa place pour les Jeux Olympiques, donc j’étais très contente. »

Quel est ton prochain objectif ?

« Sans doute les championnats du monde de 100 km, en décembre en Inde. Je tenterai bien de conserver ma couronne tant qu’à faire. Ce n’était pas forcément prévu au début mais cela tombe bien au niveau calendrier. Nico aura terminé les Jeux Olympiques, Nino sera plus grand, je pourrais entamer une prépa après l’été…

Pour l’instant, c’est encore en pointillé. Tout dépendra du fait que je sois sélectionnée, on saura ça fin août, et de ma forme. En attendant, la grosse étape, c’est les J.O pour Nicolas. L’objectif est qu’il arrive le mieux préparé possible pour réussir ce marathon olympique à la maison ! »

Passer sous les 7h sur 100 km, cela te paraît possible ?

« Je ne sais pas honnêtement car je ne me voyais déjà pas faire 7h04’. C’est vrai que ce serait un bel objectif de fin d’année sur le championnat du monde. »

Est-ce qu’entre le marathon et le 100 km ton cœur balance ?

Floriane Hot, championne de France de marathon 2024.
©Jean-Luc Juvin-FFA.

Pour l’instant j’ai l’impression que le 100 km c’était une autre vie, avant l’arrivée de Nino. Je me rappelle avoir vraiment souffert sur les championnats du monde et me dire au bout de 2h, il te reste 5 ou 6h de course mais qu’est-ce que tu fais là, pourquoi tu t’infliges ça, c’est dur, c’est long… Je compte y revenir, c’est donc que j’aime ça.

Mais c’est vrai que le marathon reste la distance reine, un effort long mais pas trop, avec une préparation plus simple qu’un 100 km qui demande beaucoup plus de temps et toute une logistique à mettre en place, pour les sorties longues notamment. »

Quel sera ton prochain dossard Floriane Hot ?

« Je suis inscrite pour le Semi du Ventoux début juillet que j’ai envie de faire depuis un moment. Ce n’est pas loin de chez nous, c’est une course de dénivelé, j’aime ça, et par chez nous il y a de quoi faire à ce niveau-là… »



L’ancien champion de France Tony Rapisarda retrace son itinéraire depuis les pentes de l’Etna en Sicile où il a grandi sur fond de misère jusqu’à ses premiers succès internationaux. Prodige des années 80-90, il livre un beau témoignage d’intégration par le sport, où le hasard des rencontres se mêle à son talent et son acharnement pour forcer son destin.

Le nom de Tony Rapisarda résonne sans doute aux oreilles des coureurs des années 90. Pour toute une génération, ce champion reste un exemple. Exemple de résilience et modèle d’intégration par le sport. Ce Sicilien passionné de littérature, aujourd’hui directeur d’une banque à Nice raconte son parcours dans un roman haletant (Editions Feedback) haletant.

De la Sicile à Lille, sac au dos

Souvenir d’un podium français pour le champion d’origine sicilienne.

Fils d’une famille pauvre, il s’est offert une autre destinée grâce au sport et aux études. En 1985, à tout juste vingt ans, il a quitté son île natale. Un long voyage sans retour jusqu’à Lille. Sac au dos et sans un sou en poche, il a débarqué dans le Nord de la France pour accueillir son premier enfant. Reparti de zéro dans un français hésitant, il s’est rapidement fait un nom en intégrant le club d’athlétisme lillois, alors grand vivier de champions.

Bientôt marié et naturalisé Français, Tony Rapisarda réalisera quelques années plus tard les minima pour les Jeux olympiques de Séoul (1988) et remporté le titre le champion de France de cross et de semi-marathon (1992), tout en poursuivant des études supérieures pour gagner sa vie.

« Le coureur de feu », ce surnom donné par les journalistes de la Voix du Nord relatant régulièrement ses exploits fait référence à son enfance rude passée au pied du volcan sicilien, comme à son tempérament fougueux.

En Italie, l’athlète était déjà une légende. Propulsé d’invisible à star reconnue de tous par son talent, particulièrement précoce. Tony a connu un début de carrière fracassant, gagnant tous les week-end ou presque une course à travers le pays. Son record d’Italie (1982) en catégorie jeune en 10 029 mètres en 30 minutes reste d’ailleurs imbattu à ce jour.

Vaincre à tout prix

Tony Rapisarda s'est fait remarquer à 13 ans, sur une course de côtes de 20 km sur les flancs de l'ETNA, en Sicile.
Souvenir de la première course de Tony Rapisarda à 13 ans, sur les flancs de l’Etna

Une course de côtes de 20 km tracée sur les lacets de l’Etna qui l’a révélée. Il avait treize ans. Cette course, initiée par un clan de jeunes éboueurs de son village, Tony, rebaptisé Turri dans le livre, l’a disputé en secret pour venger sa famille.

« Ce n’était pas une course, c’était une bataille. Il fallait vaincre, à tout prix. C’était pour moi comme prendre ma revanche sur tous les adversaires de la famille, sur les gens qui ne nous aimaient pas, sur les agresseurs de mon père, sur les moqueurs de mes frères, sur les zingari (gitans) voleurs de bonnets qui avaient fait souffrir ma mère et tant d’autres ennemis encore », relate-il à ce propos.

Ce jour-là, un entraîneur pittoresque le repère. Grâce à ce « professeur » à moustaches – sosie d’Omar Sharif – sa vie a pris une autre tournure. Lui, le fils de paysan, aurait pu mal tourner mais il a choisi de briller s’acharnant dès lors à l’entraînement. Jusqu’à cumuler plus de 160 kilomètres par semaine, en plus des cours au lycée,et des heures de travail de nuit pour aider son père, gardien de chantiers. Gagner des courses, gagner du statut social grâce à ses bons résultats à l’école pour s’extirper de la misère. 

Un premier marathon improvisé en 2h20′

Tony Rapisarda, l'ex champion de France des années 90 court toujours, pour le plaisir.
Tony Rapisarda a participé au dernier Marathon Nice-Cannes 2023 en relais, avec son entreprise, la Caisse d’Epargne.

Ses souvenirs d’enfance, joyeux comme douloureux, s’entremêlent au fil des chapitres, morceaux choisis de son passé. De son village Belpasso, marqué par la violence de la rue, entre une mère dépressive peinant à tenir ses cinq garçons bagarreurs et un père original, toujours au bord de la faillite. 

A ses compétitions phares, évoquées par flash-back, entre France et Italie. Son premier marathon couru à Venise en 1991 conclut sa saga sportive, rythmée de péripéties. Accompagnant un groupe de coureurs au sein de l’agence de voyages d’un ami, Tony Rapisarda, sans préparation spécifique, devait se contenter du semi, où son ami devait l’attendre. Il a finalement dû rallier l’arrivée, occupant la tête de course pendant des kilomètres avant d’exploser sur la fin, pour terminer, tout de même 7e en 2h20’.

Malgré une scoliose prononcée et de fréquentes blessures, deux autres marathons suivront ainsi de nombreuses places d’honneur,notamment sur les championnats de France de course en montagne (3e) ou encore une victoire sur le Maratrail Transpyrénéen Catalan en 2010.

« Mon manuscrit dormait dans un tiroir depuis 20 ans »

Son roman n’évoque pas ses dernières compétitions se concentrant sur ses plus jeunes années. Pour tout dire, son récit n’avait pas vocation à être publié. L’auteur, joint par téléphone, nous raconte sa folle épopée littéraire : « Ayant toujours aimé l’écriture, il y a vingt ans, j’avais consigné mon histoire dans un manuscrit qui dormait chez moi au fond d’un tiroir. Je n’avais à l’époque aucune intention de le faire publier mais il y a deux ans, une de mes filles est tombée dessus.

Au Noël suivant, mon cadeau fut une reliure de ce manuscrit, avec une couverture lithographiée de manière artisanale. J’ai eu un grand coup d’émotion. Poussé par mes proches, je me suis lancé dans l’aventure. Je l’ai retravaillé, en profitant des conseils avisés d’un comité de lecture rassemblant des amis avant de le proposer à un éditeur, qui a été sensible à mon histoire », détaille-t-il avec son accent chantant.

« Renouer avec d’anciens champions »

Depuis sa parution, l’ancien champion devenu banquier et désormais écrivain, vit un rêve éveillé : « La magie me tombe dessus. Grâce à ce livre, je renoue avec des gens que j’avais perdu de vue depuis des années, comme Dominique Chauvelier, Pascal Tiébaut, Jean-Louis Prianon ou encore les anciens de l’équipe de l’Italie que je vais retrouver quarante ans plus tard ! »

Tony Rapisarda court toujours, environ 120 kilomètres par semaine. Sans chercher la performance, juste pour se maintenir en forme, il effectue chaque jour le trajet retour de son travail à son domicile à petites foulées, se challenge ponctuellement sur des épreuves. Ces prochains mois, au gré de dédicaces, il prévoit d’épingler quelques dossards sur la route comme en trail, avant de porter, avec honneur, la flamme olympique pour quelques mètres forts symboliques.

*L’auteur a choisi de changer tous les noms des personnages de son roman.



Manon Trapp, 23 ans, avait frappé fort à Valence, bouclant son premier marathon en 2h25’48’’ malgré une entorse. La Savoyarde de 23 ans compte bien s’attaquer au nouveau record de France de Méline Rollin et décrocher le troisième et dernier ticket pour les Jeux olympiques de Paris. Dans le cadre de sa préparation marathon, elle est attendue sur le semi de Paris le 3 mars.

Manon Trapp, en bref. 23 ans, licenciée au club Entente Savoie Athlé, court depuis 2017, a obtenu dix médailles d’or nationales, dont quatre sur cross (2019-2021-2022-2023), 2 sur 10 km route, 1 sur 5 km route (2023), 3 sur piste (2019-2022-2023). Elle est détentrice du record de France junior de semi-marathon.

Avec votre performance en 2h25’48’’ sur le marathon de Valence vous avez réalisé le démarrage le plus rapide de l’histoire sur marathon. Racontez-nous ce premier marathon…

Manon Trapp : « Au début, j’ai suivi la masse de coureurs en faisant attention à mon attitude, mes sensations et mon allure. Puis au 10ème kilomètre, au moment du ravitaillement, je suis tombée dans une bousculade, et je me suis fait une entorse. En voyant le peloton partir et moi, à terre, boiter, je me suis dit que c’était foutu.

J’étais désespérée mais d’un coup, c’est comme si mon passé de judoka (Manon, ceinture noire, a pratiqué 11 ans de judo en compétition, NDLR) avait ressurgi. En judo, je me suis déjà relevée de nombreuses chutes et j’ai continué le combat. Là, c’était la même chose. Je me suis dit que malgré les aléas, je devais finir mon marathon. Réaliser mon objectif, peu importe le chrono. »

Manon Trapp, triple championne de France de cross.
Manon Trapp a décroché 4 titres nationaux sur cross ces dernières années. ©Jean-Marie Hervio-KMSP – FFA

C’est-à-dire qu’après votre chute et malgré une entorse, vous avez donc réussi à repartir pour 30 kilomètres ?!

« Oui, j’ai réussi à me remettre dans la course. J’ai éprouvé à nouveau des coups de moins bien, puis je me suis sentie mieux à partir du 31ème kilomètre. J’ai finalement réussi à être régulière et à faire les minima ! A l’arrivée, j’ai éprouvé énormément de gratitude. J’avais envie de dire merci à tout le monde. A mes proches, mon équipe… Et aussi à moi-même, pour être restée forte du début de ma préparation jusqu’au franchissement de la ligne, malgré les moments de doutes, et lorsque j’étais dans le dur. »

Pensiez-vous du coup réussir les minima olympiques (2h26’50’’) avec une si belle marge ?

« Non ! En me fixant l’objectif de faire les minima sur mon premier marathon, j’avais bien sûr des peurs, des doutes. J’appréhendais le mur du 35e kilomètre. Je ne savais pas non plus si je serais capable de tenir 42 km à l’allure prévue… Dans le même temps, j’avais une bonne intuition. Mais faire une minute de moins avec mon entorse, cela a été une grande surprise à l’arrivée. » 

Manon Trapp, à l'entraînement, chez elle en Savoie.
Manon Trapp, à l’entraînement, chez elle en Savoie. ©Mathilde L’Azou

Manon Trapp, vous figuriez troisième sur la liste des qualifiées pour le marathon olympique au 30 janvier. Mais à Séville mi-février, la performance de Méline Rollin qui a battu le record de France en 2h24’12 » a redistribué les cartes. Avec elle, Mekdes Woldu (2h24’44 ») et Mélody Julien (2h25’01 ») figurent désormais en tête du bilan. La période de sélection court jusqu’au 30 avril. Cela vous laisse une occasion de revenir dans la course olympique…

« J’y crois toujours, oui. J’ai bien prévu de courir un marathon courant avril mais je ne sais pas encore lequel. Je ne suis pas encore décidée à 100%. »

Manon Trapp, à l'entraînement, chez elle en Savoie.
Manon Trapp, de retour chez elle en Savoie après un stage au Kenya, s’alignera sur le Semi-marathon de Paris le 3 mars. ©Mathilde L’Azou.

Vous aurez le record de France de Méline Rollin 2h24’12 » en tête ?


« Je vais essayer de faire mieux et je pense pouvoir en être capable. Mais on n’est jamais sûr de rien sur un marathon, il faut rester humble. Je ferai tout pour en tout cas ! »

Courir le marathon olympique, Manon Trapp, ce serait pour vous…

« Tout simplement extraordinaire, une étape importante de ma carrière de coureuse. »

Vous êtes jeune, qu’est-ce qui vous a donné envie de basculer sur marathon, distance d’expérience, dit-on ?

« Je savais qu’au fond de moi le marathon était fait pour moi. Cette distance est en accord avec ma personnalité. Il y a une dimension d’exploration, à la fois géographique et mentale je dirai.

Lorsque j’ai vu que des filles plus jeunes que la ‘norme’, se mettaient au marathon alors qu’on me disait que c’était une distance plutôt réservée à l’après-carrière, j’ai dit à mon coach que je voulais tenter ma chance. Le parcours très exigeant des J.O de Paris 2024 avec du dénivelé m’a motivé. C’est un défi que j’ai envie de relever maintenant. »

Manon Trapp - championnat de France de 10 km 2019
Manon Trapp, championne de France sur 10 km en 2019, deux ans seulement après ses premières compétitions. ©Julien Crosnier / KMSP

Deux ans après avoir commencé à courir en 2017, vous remportiez le championnat de France de 10 km. Depuis, les titres se sont enchaînés, notamment quatre victoires nationales en cross… C’est un début de carrière éclair !

« Tout est allé très vite en effet depuis que j’ai démarré. J’ai vite progressé mais j’ai encore des choses à apprendre. Ce qui est certain c’est que ça a été une aventure passionnante. Et ce n’est que le début ! La course à pied a pris de plus en plus d’importance dans ma vie. Elle m’a aidé à construire ma personnalité, mes valeurs, la personne que je suis aujourd’hui. »

A part courir très très vite, qu’est-ce que vous faites dans la vie ?

« J’ai décidé, après avoir obtenu mon diplôme de master 2 en géographie, de prendre une année pour optimiser mes chances d’aller aux Jeux Olympiques. J’ai la chance d’avoir mes parents qui me soutiennent dans mon projet, et financièrement. Travailler à côté de ma préparation marathon aurait engendré beaucoup trop de fatigue. Sur mon temps libre, je suis également bénévole à l’association Mountain Riders, qui œuvre pour la transition écologique des territoires de montagne. »

Quel sera votre premier objectif 2024 ?

« Cette année, j’ai zappé la saison de cross avec un peu de nostalgie, mais on ne peut pas tout faire. Je me prépare pour le semi-marathon de Paris (3 mars) où j’aimerai bien battre mon record (1h11’23’’, NDRL). »



Abderrazak Charik, 26 ans a explosé son record sur semi-marathon en 1h01’43’’ à Séville le 27 janvier. Le Dunkerquois sera au départ du Marathon de Séville ce dimanche 18 février, avec l’espoir de passer haut les minima olympiques. Le Dunkerquois, en forme pourrait bien créer la surprise…

CV sportif d’Abderrazak. 8 sélections en équipe de France, athlète ASICS, licencié au Racing Multi Action, 28’36’’ sur 10 km (Langueux, 2021), 1h01’43’’sur semi (Séville, 2024), champion d’Europe de cross par équipe en 2016 (junior), premier marathon en 2021 en 2h13 (Paris, 2021)

En octobre dernier, votre chrono en 2h08’35’’sur votre troisième marathon vous a fait entrer dans une nouvelle dimension…

« Oui, clairement, c’est ma plus belle performance, ma première course à niveau international. Ce chrono qui m’ouvre énormément de portes, j’en suis fier car j’ai eu tout ça à la sueur de mon front. Cela confirme mes choix et la trajectoire que j’ai prise. Et comme je suis jeune, c’est encourageant pour la suite ! »

Le Dunkerquois Abderrazak Charik, 26 ans, tentera de décrocher les minima olympique sur le Marathon de Séville.
©Asics-Albin Durand

Vous êtes passé à 25 secondes des minima pour les jeux de Paris 2024. Comment l’avez-vous vécu sur le coup ?

« C’est un peu frustrant, c’est sûr mais je ne suis pas du tout déçu de ma course car je n’avais aucune indication du temps que je pouvais réaliser à partir de 34e km, où le lièvre nous a lâché. Sur la fin, j’avais les jambes. Trois semaines après mon échec à Berlin, où j’étais parti trop confiant sur les bases de 2h06’, j’étais cette fois sur une allure que je me savais capable de tenir. J’avais écrit un chrono sur ma main juste en dessous des 2h09’. Je ne m’étais pas rendu compte que j’allais plus vite. Maintenant, je sais que je peux faire mieux. Les 25 secondes qui m’ont manquées, cela représente 130 mètres, c’est-à-dire presque rien. Il y avait de la pluie et du vent, le parcours n’était pas forcément le plus roulant à Amsterdam. Tous un tas de détails font que je n’ai pas pu m’exprimer à 100% pour l’instant sur marathon. »

La prochaine étape c’est donc ces minima sur le Marathon de Séville (18 février) en visant plus haut que le chrono de Félix Bour (2h06’46 ») actuellement troisième sur la liste…

« Oui. J’ai un coup à jouer mais il va falloir sortir un très gros chrono pour décrocher cette troisième place sachant que Morhad Amdouni, qui a un potentiel en 2h04-2h05, a l’air d’être en très grande forme. En tout cas, je pense qu’il y a vraiment moyen d’aller chercher mon record personnel à Séville. Si je termine entre 2h07’45’’ et 2h07’’, il n’y aura vraiment pas de quoi être déçu et je ne pourrais qu’être fier de moi. Après, si je fais un chrono sous les 2h07’, alors là, ce serait « waouh ». Mais je reste lucide, 2h06’, c’est une autre dimension. En tout cas, je ne me mets aucune pression, surtout que j’ai fait une préparation courte, sans cycle bien construit, sans stage en altitude. Mais j’ai confiance en mon travail. Je suis plutôt bien, après que vont donner mes jambes le jour J, je n’en ai aucune idée…

La préparation s’est bien passée ?

« En fait, j’ai fait une prépa en dernière minute. J’ai commencé mi-décembre pour courir mi-février, cela fait 8 semaines, c’est court. Au fil des semaines, je sentais que j’étais plutôt pas mal, que soit sur les sorties longues et les gros blocs le week-end, tout passait tranquillement. Du coup, j’ai décidé de m’inscrire en dernière minute sur le semi de Séville qui m’a bien rassuré sachant que je n’étais pas au top du top au niveau de la forme. »

Justement Abderrazak Charik, sur le semi de Séville, le 27 janvier, vous avez battu votre record de plus d’une minute en 1h01’43 ». C’est de bon augure en vue du marathon de Séville ce dimanche…

« Oui, ce chrono en 1h01′, c’était un peu la surprise. Quelques jours avant, je m’étais arrêté car j’avais une gêne au niveau du mollet donc j’avais une petite séance de rappel de vitesse le mercredi, et tout s’est bien passé. Cela me met bien en confiance pour le marathon de dimanche. Je partirais dans le groupe des 1h03’30 » au semi, en espérant courir à ce rythme jusqu’au 30ekm. J’ai déjà couru ce marathon l’an dernier (2h10’33 »), je viens de courir le semi de Séville, j’ai l’impression que c’est une ville qui me réussit bien.

Le Dunkerquois Abderrazak Charik, 26 ans, tentera de décrocher les minima olympique sur le Marathon de Séville.
©ASICS-Albin Durand.

Courir le marathon olympique à Paris le 10 août 2024 ce serait pour vous…

« Un rêve ! Les J.O, c’est le graal de tout athlète. Honnêtement, je n’y pensais pas lorsque j’ai commencé le marathon en 2021, mais c’est désormais mon objectif numéro 1 et ce serait une belle réussite pour moi. J’aimerai pouvoir me dire dans quelques années, tu peux être fier de toi, toi qui es parti de rien du tout. J’ai grandi en Algérie, je suis arrivé en France à 8 ans, j’ai dû m’adapter. Tout le chemin que j’ai fait, je l’ai construit tout seul. Ces Jeux à Paris, c’est aussi symbolique. Courir dans le pays qui m’a accueilli et le représenter serait une sorte de monnaie d’échange.»

Abderrazak Charik, revenons à votre démarrage sur marathon fracassant. Premier marathon à Paris en 2021 en 2h13’, deuxième à Séville en 2023 en 2h10’33’’, troisième en 2h08’35’’ à Amsterdam quelques mois plus tard. Qu’est-ce qui vous a fait passer des caps si vite ?

«  Je n’ai pas changé grand chose côté entraînement depuis 2021. Je tourne entre 160 km et 200 km par semaine en douze ou treize entraînements. J’ai maintenant plus de temps pour m’entraîner car des partenaires m’accompagnent d’un point de vue financier. Et cela change beaucoup car je ne pourrais pas courir à ce niveau en travaillant ne serait-ce qu’à mi-temps.

Je sais aussi qu’une carrière d’athlète passe vite, alors je mets toutes les chances de mon côté. Je suis bien plus strict qu’avant sur la nutrition, le sommeil, la récupération. Je prends les conseils des champions autour de moi, je vais m’entraîner en altitude à Font Romeu ou bien au Kenya. Tout cela me permet d’être plus posé dans ma tête et de croire en moi. »

Le Dunkerquois Abderrazak Charik, 26 ans, tentera de décrocher les minima olympique sur le Marathon de Séville.
©Asics-Albin Durand

Qu’est-ce qui vous a fait basculer sur marathon en 2021 ?

« Je fais de l’athlétisme depuis l’âge de 13 ans. Du 1500 m, du 3000 m, du 10 000 m, du 10 km. J’étais assez solide sur semi (NDLR : record en 1h02’45’’ à l’époque, avant l’arrivée des chaussures en carbone), alors je me suis dit que le marathon devrait bien me convenir. Et c’est le cas, j’aime cette distance !

Mais je ne vais pas vous mentir, j’espérais aussi bénéficier d’un contrat en tant qu’athlète de haut niveau en me faisant un nom. L’athlétisme fait partie de mon quotidien, c’est même mon métier, mais je ne cours pas pour rien alors j’ai pris mon courage à deux mains, je me suis entraîné dur et mes efforts ont fini par payer. »

Désormais vous êtes professionnel en contrat avec Asics, soutenu par un nouveau club, le Racing Multi Action. Avant cela, votre quotidien d’athlète était plus compliqué…

« Oui, pendant des années, j’ai mis des euros de côté pour partir faire des stages de 4 à 5 semaines avec les meilleurs athlètes dans l’espoir de sortir une performance qui pourrait me permettre de monter en grade. Du coup, j’ai enchaîné plusieurs petites boulots, dans un kebab, une boucherie, comme serveur dans un restaurant de midi à minuit, avec des entraînements entre 9h-11h. C’était intense mais je n’avais pas le choix. Je n’étais pas fait pour les études, je me suis rapidement concentré sur l’athlétisme. »



Le réseau de magasins spécialisés s’étend à vitesse grand V à travers l’Hexagone. L’objectif de ses gérants passionnés regroupés au sein d’une coopérative : devenir la référence du marché de l’équipement running et outdoor en cultivant le label d’hyper-spécialiste au service de chaque pratiquant.

A côté des géants de la vente en ligne et des magasins de sport généralistes, les spécialistes Running Rando Conseil ont le vent en poupe. Le réseau maille désormais tout le territoire avec 70 magasins et un chiffre d’affaires doublé (40 millions d’euros) pour l’année qui vient de s’écouler.

Ce n’est là qu’un début. « A moyen terme, l’objectif est de représenter la moitié du réseau physique des magasins de running en France, avec 100 magasins à la fin 2025 » explique Marc Chevillard, président du Conseil d’administration.

La cadence s’est déjà nettement accélérée : depuis avril dernier, une dizaine de nouvelles adresses ont ouvert de Nancy à Rennes en passant par Bastia, Nîmes, Strasbourg ou encore La Réunion. Certains sont des ex-magasins Endurance Shop ralliés suite à la déroute du groupe Go Sport ou bien encore des franchisés déçus, de Foulées par exemple. Car ce réseau propose un autre fonctionnement à ses entrepreneurs adhérents.

Un groupement spontané de spécialistes passionnés

70 magasins Running Conseil en France pour s'équiper de la tête aux pieds

A l’origine, au milieu des années 90, ce fut une association de propriétaires indépendants, leaders dans leurs régions. Parmi eux, l’historique Boutique Marathon du 17e arrondissement, devenu Running Conseil Paris, tenu à l’époque par Raymonde Cornou, reprise depuis par Frédéric Chocteau. Ces responsables se sont d’abord rassemblés sous la forme d’un groupement d’intérêt économique (G.I.E) avec le label ‘Les Spécialistes running conseil’ avant de se structurer au fil des années.

En 2022, une nouvelle étape est franchie avec la création d’une coopérative. « Le système du G.I.E était devenu trop archaïque. Il nous empêchait par exemple de proposer des opérations commerciales communes. Le fonctionnement en coopérative nous correspond bien car chaque boutique conserve sa liberté et nous pouvons agir en commun pour peser davantage auprès de nos fournisseurs. Dans le même temps, nous n’avons pas tous les aspects négatifs d’une franchise. Pas de cahier des charges contraignant imposant de réaliser un pourcentage de ventes avec telle ou telle marque, pas de contrainte non plus sur l’agencement du magasin.

Chez nous, chaque responsable est maître de ses achats et de la gestion de son magasin. Nous nous regroupons pour faire nos commandes auprès de nos 38 marques partenaires, mais chacun peut décider de travailler avec telle ou telle marque de son côté. », nous explique Jérémy Marchetti, nouveau directeur général.

Ce trailer passionné, responsable d’un magasin dans le Var pendant dix ans vient d’être nommé à la tête du réseau pour  structurer son développement. Tous partagent le même slogan : « une infinité de profils, un spécialiste ;  Running Conseil ».

Des experts comme conseillers

Jérémy Marchetti, nouveau directeur de Running Conseil.

La valeur numéro 1, c’est de conseiller le client de manière personnalisée. « Tous nos vendeurs sont avant tout des passionnés, des pratiquants mais aussi des experts capables d’offrir des conseils de qualité. Il y a de l’humain chez nous, et cela change tout. », insiste le responsable qui poursuit : « Le client passe en moyenne 35 minutes dans un magasin. Le vendeur prend le temps de l’écouter, de le questionner et d’aiguiller en fonction de sa morphologie et de sa pratique. Nous avons le rôle de prescripteur et la volonté d’éduquer nos clients pour qu’ils s’équipent correctement et évitent ainsi de se blesser ».

On pousse toujours la porte d’un magasin « Running Conseil » avec un besoin spécifique. Et souvent, c’est pour trouver chaussure à son pied. Vu la multitude de références existantes sur le marché, la mission n’est pas aisée en tant que consommateur. Les chaussures représentent 63% du volume de vente du réseau, avec 150 000 paires vendues l’an dernier.

Des machines pour scanner les pieds

Running conseil, 70 magasins spécialisés pour s'équiper de la tête aux piedss

En magasin, Running Rando Conseil met à disposition des machines qui mesurent les dimensions exactes du pied et affichent les points de pression. En fonction des résultats de ce scanner, le client est orienté vers tel ou tel marque ou modèle, qu’il essaie toujours en effectuant quelques foulées devant le magasin.

Même souci d’accompagnement sur l’équipement textile. Le secteur est en plein développement (+22% en 2022), tout comme le rayon électronique ou l’offre de produit de nutrition sportive diététique, en forte croissante également cette année (+49%).

Tous les voyants sont au vert donc chez ses hyper-spécialistes, avec un chiffre d’affaires de 650 000 euros en moyenne par magasin et un panier autour de 133 euros.

S’imposer comme le réseau référence

De belles performances que le groupement compte tirer vers le haut en fédérant de nouveaux magasins mais aussi gagnant en notoriété auprès de la communauté.

Cela passera par un ancrage local renforcé, notamment avec des partenariats sur des évènements et la création d’un site e-commerce. Cette nouvelle vitrine internet mettra en valeur l’expertise « maison » autour de conseils clés pour s’équiper, permettra de promouvoir les nouveautés et de faire profiter d’offres avantageuses sur les fins de collection.  

Au final la synergie sera gagnante pour les gérants comme les consommateurs. Ils pourront bénéficier de prix négociés auprès des équipementiers, le conseil d’un spécialiste en prime et l’assurance d’être bien équipé.



Kiprun, désormais unique marque propre de trail/running de Decathlon compte accrocher le top 5 mondial des équipementiers dans cinq ans. L’occasion de faire un point sur la stratégie de la marque lilloise, déjà incontournable en France.

Kiprun accélère, et sérieusement, poursuivant un objectif : intégrer le top 5 mondial d’ici cinq ans. L’ambition est forte, l’histoire est belle. Car cette marque française est encore jeune. Kiprun  (« Keep on running » pour le storytelling) est née en 2018 après un premier chapitre de quatorze ans sous l’étiquette Kalenji, précédente marque Decathlon désormais disparue.

L’union fait la force

En effet, cet été l’enseigne sportive lilloise a opéré un revirement stratégique de premier plan. Trente de ses marques internes ont disparu de ses rayons (dont Kalenji donc mais aussi Evadict, sa marque de trail).

N’en subsistent que douze désormais, axées sur cinq univers : la mobilité douce, le cycle, la randonnée, le fitness et bien sûr, le running. Tous ont été désignés « sports prioritaires » par la nouvelle dirigeante, Barbara Coppola. Prioritaires, car des investissements y seront mis massivement, notamment du côté de la Recherche et Développement.

Pour entamer ce nouveau chapitre palpitant, la première étape a consisté à unir route, trail et athlétisme sous une même bannière, celle de la marque leader, Kiprun. Pas de doute, ce regroupement fait sens lorsque l’on sait que sept coureurs sur dix pratiquent alternativement route et trail2, et qu’ainsi, les technologies développées pour la route pourront bénéficier au trail, et vice-et-versa.

Kiprun, la course en tête sur le marché français

Kiprun compte intégrer le top 5 mondial d'ici 5 ans.

On ne vous apprend sans doute rien en vous disant que Decathlon est incontournable en France. Un euro sur trois pour s’équiper running est dépensé chez Decathlon. Le chiffre tient compte de l’ensemble des marques (adidas, Asics, etc. ) que vend l’enseigne sportive.

Que « pèse » Kiprun à elle seule ? Arnaud Leroux, nouveau directeur marketing & communication nous dresse l’état des lieux, à la lecture du dernier panel NPD.

« Sur le textile, Kiprun, regroupant Evadict, Kalenji et Kiprun est déjà « la » marque plébiscitée concentrant 70% de parts de marché. Ensuite, et cela pourra en étonner plus d’un, sur le marché de la chaussure de running en France, Kiprun est numéro 2 derrière Asics (26,2%), avec 18,9% de parts de marché1.

Sur le segment de la chaussure performance, le plus prisé, Asics est leader avec 32% de part de marché devant Brooks, Nike et Kiprun, qui figurent au coude au coude, entre 8 et 10 points. Sur le trail, Salomon campe en pôle position devant Asics et Kiprun (anciennement Evadict donc…), à niveau égal encore, autour de 19% »

L’excellence produit en étendard

Pour la conception de sa Kiprun KD900X, le HUB innovation de Decathlon a guidé le choix du matériau carbone, et le laboratoire Tech’Off, spécialiste du carbone y a ajouté son savoir-faire.
Test en cours au HUB innovation de Decathlon…

Soit une part de marché relativement impressionnante ! « La France, berceau de Decathlon, est le pays sur lequel nos performances sont les meilleures. C’est pour cela que nous nourrissons de grandes ambitions sur notre potentiel de croissance dans les autres pays, étant donné le point de départ sur ce marché », embraye le responsable, anciennement à la tête d’Asics France. 

Comment Kiprun compte accrocher le top 5 mondial ? En misant en premier lieu sur son savoir-faire et la qualité de ses produits. « L’excellence produit est notre priorité depuis vingt ans et nous allons continuer dans cette voie. Il y a dix ans avec Kalenji, nous développions déjà nos chaussures avec des champions comme Benjamin Malaty et Sophie Duarte. Nous avons un vrai asset derrière nous, que ce soit dans l’industrialisation de nos produits que dans la connaissance du corps humain et de biomécanique » explique Anthony Dulieu, leader de la marque, depuis dix ans chez Decathlon.

Le responsable, par ailleurs bon coureur ajoute : « Faire savoir ce que l’on sait faire, c’est peut-être ce que l’on a moins bien fait jusqu’à présent, et ce pourquoi nous avons la volonté de prendre la place qui doit être la nôtre ».

Kiprun KD900X, l’entrée dans la cour des grands

Kiprun KD900X, première paire de carbone de Decathlon, deux fois moins chère que la concurrence et deux fois plus durable.

C’est tout particulièrement sur le segment de la chaussure performance que Kiprun compte se démarquer ces prochaines années. Auprès des consommateurs, l’image « entrée de gamme » lui colle encore un peu trop à la peau.

Les lignes sont en train de bouger. La preuve avec la sortie en fin d’année dernière d’une première paire en carbone. Co-créée avec le champion Yoann Kowal, cette KD900X vedette amorçait déjà le changement de braquet. « Symboliquement, la KD900X nous a fait rentrer dans la cour des grands. La paire a bluffé non pas parce qu’elle était meilleure que les autres paires en carbone, mais parce qu’elle n’avait rien à envier aux meilleurs modèles pour un prix qui, lui, est imbattable » détaille Arnaud Leroux.

4 nouveautés chaussures route en 2024 dont une nouvelle paire en carbone

Une nouvelle version de cette super shoes, la KD900X LD sera dévoilée tout prochainement. Et sa petite sœur est déjà dans les cartons, nous précise-t-on. « Nous avons des projets partout et c’est extrêmement excitant. En 2024, nous dévoilerons 4 nouveautés chaussures, principalement sur la partie haute de notre gamme route, les produits ‘900’. 2025 sera plus une année tournée vers le trail, sur lequel nous allons aussi fortement accélérer ces prochaines années », précise Anthony Dulieu. La première nouveauté tout juste dévoilée, c’est une nouvelle KS 900.2 confortable et polyvalente, avec une épaisse semelle en mousse MFoam pour un amorti premium.

Le rythme des lancements va donc s’accélérer pour se calquer sur le tempo des leaders internationaux.  Pour autant, pas d’itérations systématiques chaque saison, comme on l’observe souvent ailleurs. « Pour des raisons tout à la fois logistiques et environnementales, nous ne sortirons des produits uniquement que lorsqu’il y a quelque chose de nouveau et pertinent à apporter. Ce sont les sensations et la satisfaction des runneurs qui nous importent le plus », ajoute Arnaud Leroux.

Autre stratégie gagnante, s’associer aux meilleurs partenaires pour concevoir les produits. Les ingénieurs Decathlon travaillent ainsi déjà de longue date avec l’entreprise française Arkema. Ce leader mondial sur l’innovation du bloc semelle, est notamment à l’origine de la mousse Pebax qui équipe la KD900X. Kiprun travaille aussi avec Chamatex Group, référent pour sa tige Matryx résistante qui équipe sa paire de trail vedette MT Cushion 2.

Une équipe Kiprun choc

L'équipe féminine de championnes de trail Kiprun.

En parallèle, des athlètes portent désormais haut ses couleurs. Depuis 2022, son équipe féminine de trail (anciennement Evadict) fait un carton. Blandine L’Hirondel, troisième du dernier UTMB et Clémentine Geoffray, championne du monde de trail court 2023, pour ne citer qu’elles, courent en Kiprun de la tête aux pieds. Elle entame 2024 en trombe, en annonçant la signature de six athlètes traileurs. En tête d’affiche, Thomas Cardin, récent vainqueur de la SaintéLyon, Loïc Robert, vice-champion de France de trail court mais aussi Fleury Rou, Loïc Rolland, Gwendal Moysan et Pierre-Arnaud Bourguenolle

Sur la route aussi, la team naissante promet de s’étoffer dans les semaines à venir. Elle compte déjà Yoann Kowal, 43 sélections en équipe de France sur piste visant le marathon des JO 2024, et la jeune Méline Rollin, nouvelle étoile du marathon français.

A leurs côtés, une vedette nommée Paul Chelimo. L’athlète américain d’origine kenyane, double médaillé olympique sur 5000 m a fait confiance à Kiprun en vue des prochains J.O. S’associer avec un champion de cette trempe est une grande première pour la marque française. Et cela en dit long sur ses ambitions.

La performance accessible à tous

Paul Chelimo, athlète Kiprun en lice pour les JO Paris 2024.
Paul Chelimo, athlète Kiprun en lice pour les JO Paris 2024.

Le message adressé est fort : Kiprun propose des produits performants, capables de répondre aux exigences des meilleurs. « Que ces championnes et champions portent des produits grand public que l’on peut trouver chez Decathlon et non pas des prototypes réserver à quelques rares privilégiés de haut niveau, c’est une fierté. Cela correspond bien à l’image d’accessibilité qui caractérise Decathlon. On entend souvent par accessibilité le prix. Mais l’accessibilité, c’est aussi littéralement le fait d’avoir accès à, et c’est tout aussi important pour nous… » note Arnaud Leroux.

A l’occasion du dernier UTMB, les dix championnes de trail ont d’ailleurs re-signé avec l’équipementier français pour trois ans, sans hésiter. « Qu’elles aient toutes envie de poursuivre l’aventure avec nous en dit long sur la pertinence de notre projet, nos valeurs, nos ambitions et la qualité des produits que nous co-développons avec nos athlètes. Cela ne s’arrêtera pas là et nous ne nous interdisons rien. » conclut le responsable, qui esquisse un calendrier 2024 bien chargé.

NPD – Panel distributeurs, CAD 3eme trimestre 2023.

2 Étude réalisée par Esprit Running / Kantar Media Uniteam Active (2023)




Amir a couru son premier marathon à New York entouré d’amis et escorté par l’agence Planet Tours. Le chanteur revient sur cette expérience inoubliable, défi intime vécu en 5h30 et sur sa pratique sportive. 

Amir, on te connait chanteur, compositeur et interprète mais pas coureur…Cours-tu depuis longtemps ? 

« Pas depuis si longtemps… J’ai commencé sur le tard, après la trentaine lorsque j’ai été embarqué dans mon premier Half Ironman*. »


Tu as donc déjà participé à un Half Ironman ?

« Oui, même trois. Mon premier, c’était au Portugal en 2017. J’ai aussi participé à un semi Ironman en Israël et un autre à Aix-en-Provence, ainsi qu’à plusieurs relais course-natation sur cette distance. En fait, j’en ai vite eu marre du vélo, ce n’est pas fait pour moi. Dans un second temps, quand il me restait que la natation et la course à pied, j’ai trouvé cela beaucoup plus simple d’accès et j’y ai pris goût. »

Quel a été ta meilleure performance sur Half Ironman ?


« C’est simple, tout est nul ! Je suis lent. Mon objectif est de franchir la ligne d’arrivée. Je n’ai aucune ambition de faire des performances. Je pars de tellement loin qu’à partir du moment où j’arrive à tenir jusqu’au bout, je suis déjà bien content. Je ne vais pas en plus m’ajouter la contrainte d’aller vite (rires). C’est mon mode opératoire. Et je me dis quelque part que quand on n’est pas des plus rapides, l’épreuve est plus longue, cela a aussi son prix car ce n’est pas forcément plus facile. »

Le chanteur Amir, heureux finisher du Marathon de New York.
Amir peu après le départ du Marathon de New York, sur le pont Verrazzano. ©DR

Le sport est une passion pour toi ? 

« Non, le sport en général n’est pas une passion. Je trouve juste ça génial, en parallèle d’être un père de famille, d’avoir une carrière active, de pouvoir trouver le temps de penser à mon bien-être, au dépassement de soi au travers d’épreuves sportives insolites. C’est un privilège dont j’essaie de profiter le plus possible. Tout reste raisonnable bien sûr. Je ne veux pas dédier ma vie à quelque chose qui n’est pas prioritaire pour moi. Mais c’est très important pour mon équilibre global. J’exerce un métier où tout est presque hors du commun, avec des émotions exacerbées. Le sport ramène au sol tout de suite, vous fait comprendre vos limites et c’est essentiel. »

Tu pratiques donc aussi la natation ?

« J’ai beaucoup nagé en préparant une pièce de théâtre** où j’incarne un nageur. Je me suis entrainé avec un champion de natation pendant des mois car j’avais besoin de connaître les sensations physiques du personnage que j’allais interpréter, une première pour moi. Une fois cet objectif atteint, je me suis focalisé sur la course à pied. »

Amir, qu’est-ce qui t’a décidé à te lancer sur marathon ?

« Il y a un an, en voyant la joie sur le visage d’un pote qui rentrait du Marathon de New York, cela m’a donné envie. Dans l’inconscient collectif New York c’est un peu La Mecque des marathons. J’ai eu très envie de le vivre une fois dans ma vie. Et j’ai trouvé cela merveilleux de pouvoir y aller avec un groupe de copains et mes enfants qui sont venus m’encourager. C’est une expérience inoubliable. »

Le chanteur Amir, heureux finisher du Marathon de New York.
Le chanteur Amir, heureux finisher du Marathon de New York. ©DR

Depuis 2017, tu cours donc régulièrement ?

« Plus ou moins. Je le fais au gré des compétitions auxquelles je m’inscris. C’est toujours un rendez-vous qui déclenche les choses. Le fait d’avoir un objectif, souvent partagé avec des copains me met dans un état d’esprit où le sport devient une activité assez quotidienne. Depuis 2017, on peut dire que globalement, j’ai toujours eu un dossard à honorer chaque année. »

A quelles courses as-tu participé par le passé ?

« En course à pied, j’avais participé au 10 km de Montpellier et au semi-marathon de Tel Aviv. »

A quoi t’attendais-tu sur ce marathon de New York ?

« Je ne m’attendais à rien en revanche je pensais que c’était New York, la ville, les gratte-ciels qui faisait la beauté de ce marathon, mais en fait ce sont les New-Yorkais qui dégagent une énergie folle. Tout du long, les trottoirs sont remplis comme un stade. C’est un peu comme la dernière partie du Tour de France mais sur 42 kilomètres ! »

Physiquement, comment as-tu vécu ce premier marathon ?

« Non sans difficultés, surtout sur les douze derniers kilomètres. Les trente premiers étaient plus ou moins maîtrisés et puis j’ai tout lâché sur la fin. Je n’en pouvais plus. En même temps, j’étais face à moi-même, face à un défi à accomplir à tout prix, parce que je m’étais engagé envers moi-même à le faire.  Même si c’était dur, cela valait le coup d’être vécu. Je suis fier d’être allé au bout. On sort grandi de ces expériences ! »

Le chanteur Amir, heureux finisher du Marathon de New York.
Le chanteur Amir, heureux finisher du Marathon de New York. ©DR

A quoi as-tu pensé en franchissant la ligne d’arrivée dans Central Park ?

« A un tas de choses, en grande partie personnelles. Évidemment, une sensation de soulagement, et cette phrase qui résonne fort dans la tête « Je suis marathonien ! ». C’est complètement fou à mes yeux car dans mes ambitions de vie, il n’y a jamais eu l’idée de pouvoir courir un jour 42 kilomètres. Pourtant c’est désormais la réalité. Quand je me regarde dans la glace maintenant je me dis : « mec, tu as été capable de le faire. Tu peux croire en toi-même, en les choses les plus folles ». C’est une fierté intime. L’impact de ce marathon est plus intérieur que je ne le laisse paraître avec cet échange. Je l’ai fait pour moi, pas pour le clamer haut et fort mais j’ai juste envie de partager ce message : tout est possible si l’on se donne le temps et si l’on se bat pour y arriver. »

Es-tu allé au bout de toi-même sur ce marathon ?

« Clairement, oui, c’était un degré d’épuisement que je n’avais pas connu auparavant, même lors de mes Half Ironman. Du fait de l’alternance des trois disciplines, natation, vélo et course, en triathlon, on est protégé du phénomène de sur-usure. Là, courir 42 kilomètres a sollicité toutes les parties de mon corps, deux fois plus que jusqu’alors. »

Est-ce que cela te donne envie de courir d’autres marathons ?

« Je ne sais pas pourquoi mais malgré la souffrance, mon pressentiment, c’est que ce ne sera pas mon dernier marathon. Je ne sais pas quand et ni où, ni si j’y arriverai, et c’est toute la beauté de la chose. Rien ne presse en tout cas… »

As-tu d’autres défis sportifs en tête ?

« Des tonnes ! Heureusement que je suis toujours animé par des nouveaux challenges. J’en parle très peu, je préfère parler des choses lorsqu’elles sont concrètes mais j’ai beaucoup d’idées, d’envies et de choses qui se profilent. »

On te reverra alors un dossard sur la poitrine ?

« Oui je n’en doute pas ! »

*1,9 km de natation, 90 km et vélo et 21.1 km de course à pied.

**Après 80 représentations à Paris, la pièce de théâtre Sélectionné part quatre mois en tournée en France. Amir Haddad incarne Alfred Nakache, et retrace son incroyable destin. Gamin de Constantine, Toulousain d’adoption, il fut le meilleur nageur français des années 1940. Déporté, il a nagé dans les bassins insalubres du camp d’Auschwitz dont sa femme et sa fille ne sont jamais revenues. En leur mémoire, ce survivant de l’horreur s’est relevé et a repris la compétition jusqu’à récupérer son titre de Champion de France et représenter à nouveau son pays aux Jeux Olympiques.



Méline Rollin a couru son deuxième marathon à Amsterdam en 2h26’55’’. L’athlète Kiprun de 25 ans est passée à 5 secondes seulement des minimas olympiques. Cette nouvelle pépite du demi-fond français n’a pas fini de briller…

Méline Rollin, terminer à 5 secondes seulement des minimas pour les Jeux olympiques Paris 2024, cela doit être terriblement frustrant. D’autant que la météo a été compliquée sur ce marathon d’Amsterdam. Raconte-nous…


« Oui, c’est clair. Je sais très bien qu’avec de meilleures conditions, comme celles de Valence en décembre dernier, je passais les minimas car les 5 secondes qui me manquent n’auraient pas été perdues. A Amsterdam, il y avait du vent, de grosses averses avec des rafales sur quelques kilomètres qui ont été gênantes. J’avais beau me cacher derrière les garçons, je prenais le vent, j’ai trempée, les cuisses gelées. Forcément, on peut être un peu frustrée vu ce contexte mais je préfère voir le positif de tout cela. »

Penses-tu que la Fédération pourrait t’accorder le ticket pour les JO de Paris 2024 ?  

« Je n’en sais encore rien. Je suis dans l’expectative car rien n’est encore clairement fixé du côté du règlement. En tout cas, si j’ai besoin de recourir un marathon, ce sera sans doute Séville en début d’année, ou bien il faudra que j’en trouve un autre… »

Méline Rollin a couru son deuxième marathon à Amsterdam en 2h26’55’’. Cette nouvelle pépite du demi-fond français n'a pas fini de briller…
©Kiprun

Tu as couru ton premier marathon à Valence en décembre 2022, déjà en 2h30’27’’ soit le démarrage le plus rapide de l’histoire sur marathon pour une Française. Et maintenant ce nouveau record en 2h26’55’ à Amsterdam, le week-end dernier… et cela ne fait que commencer. Ça promet !  

« Merci. Tout cela fait plaisir et me donne envie de continuer sur cette lancée. Je sais que je peux descendre mon chrono, mais je vais y aller étape par étape. Je vais surtout essayer de garder les pieds sur terre et ne pas m’emballer. Donc pour l’instant je savoure »

L’athlé fait partie de ta vie depuis toujours ?

« Oui j’ai commencé l’athlétisme à neuf ans. Au début, c’était clairement en dilettante pour rigoler avec les copains mais c’est vrai que dans ma famille, quand j’ai commencé, mon père courait , mon frère faisait aussi de l’athlé plutôt du saut en longueur. Bref, j’ai toujours baigné dedans. »

Tu es passée par la piste donc ?

« Pas vraiment. J’ai surtout fait des cross et quelques 10 kilomètres ces dernières années. Cela faisait un moment que je voulais monter sur semi, déjà avec le marathon dans un coin de ma tête. En fait, j’avais prévu le semi de Barcelone au printemps 2020, mais le Covid est passé par là. Le temps que les compétitions reprennent et que je me remette d’une petite blessure et deux ans sont passés. J’ai donc couru mon premier semi à Paris en 2022 (1h11’22 », ndrl). Comme ça s’est très bien passé, et que cela m’a plu surtout, c’était l’essentiel, de fil en aiguille, j’ai décidé d’enchaîner sur un premier marathon en fin d’année et Valence s’est imposé. »

Méline Rollin, battre le record de France marathon féminin de Christelle Daunay en 2h24’22’’, tu y penses ?

« Je ne me fixe pas de limites. Si je progresse à chaque marathon, pourquoi pas aller chercher ce record de France mais je sais que Mekdes Woldu (seule Française ayant son ticket pour le marathon des JO 2024, ndrl) compte bien s’y attaquer. Ce n’est pas un objectif en soi pour le moment, mais pourquoi pas. J’ai encore le temps, je suis jeune ce n’est que mon deuxième marathon. J’y vais étape par étape. »

Méline Rollin a couru son deuxième marathon à Amsterdam en 2h26’55’’. Cette nouvelle pépite du demi-fond français n'a pas fini de briller…
©Kiprun

Qu’est-ce qui t’a fait progresser si fort (3’42’’ gagnées) entre tes deux marathons ?

« Valence, c’était mon premier donc je n’avais pas pris de gros risques sur les allures. J’y allais en mode découverte. Je savais donc déjà qu’en augmentant un peu le tempo, je pouvais abaisser mon chrono. Côté entraînement, j’ai fait un peu plus de volume, avec 170 km sur une semaine au plus fort de ma préparation marathon pour environ 150 km en moyenne le reste du temps, cee qui est plutôt disons dans la moyenne basse. Je pense surtout qu’avant d’entamer ma préparation pour Amsterdam, j’avais déjà progressé sur d’autres secteurs, en battant mes records sur piste par exemple. Hors entraînement, ce qui a tout changé c’est qu’en décembre 2022, je travaillais encore à plein temps et qu’en février je suis passée à 40%. Decathlon m’a permis d’aménager mon emploi du temps en restant payée à temps plein. C’est une chance. J’ai désormais plus de temps pour la récupération, pour m’entrainer à des heures plus correctes et moins fatigantes. »

Méline Rollin, courir le marathon des JO à Paris 2024, ce serait…

« Ce serait la cerise sur le gâteau d’être aux Jeux et à Paris, avec toute ma famille pour me soutenir ! J’ai envie d’y être bien sûr car cela ne se reproduira pas avant la fin de ma carrière sportive ces J.O à domicile. Mais ce n’est pas mon but ultime non plus. Je vais essayer bien sûr, mais cela ne passe pas, tant pis. A Los Angeles en 2028 et j’aurai encore moins de 30 ans. »

Tu vis près de Lille mais reste licenciée dans les Ardennes ?

« Oui, je suis venue à Lille pour passer mon master mais je viens des Ardennes. Je suis licencée au GRAC et je ne compte pas partir de mon club ardennais. J’ai mes origines ici, mon entraîneur me connait bien maintenant, depuis 2015, cela fonctionne bien. »


Tu travaillais déjà chez Decathlon comme data analyst avant d’intégrer la team Kiprun
 ?

« Oui, cela a été lié au hasard au démarrage. J’ai intégré Decathlon en septembre 2021. Peut-être une semaine ou deux après mon arrivée, l’équipe Kiprun m’a contactée pour savoir si j’étais intéressée pour tester les produits de la marque et peut-être devenir ambassadrice, sans même savoir que je travaillais pour Decathlon au départ. Depuis, je teste les produits, donne mon avis et mes ressentis, en étant moins impliquée que Yoann Kowal, qui est plus embarqué dans la conception que moi par exemple. 

Tu portais la nouvelle paire en carbone Kiprun KD900X LD, annoncée pour le printemps prochain. Peux-tu nous donner ton ressenti justement ?

« Oui et je peux comparer les deux paires car j’avais couru à Valence avec la première paire KD900X et j’avais avec la nouvelle paire KD900X-LD à Amsterdam. Clairement, elle est bien mieux pour faire du marathon. Elle est moins dure, tout en étant aussi dynamique. A Valence, au 17e km, j’avais déjà les mollets tout contractés et le lendemain de la course avait été très douloureux. Cette fois, j’ai eu des petites contractures sur la fin, mais sans commune mesure. »



Jake Catterall, ambassadeur Odlo s’est lancé dans une traversée de 5700 km à travers l’Europe. Parti de Norvège en août dernier, il devrait rallier l’Espagne le 3 novembre. Nous avons profité de son passage à Paris pour lui poser quelques questions.

Way Beyond : Running Europe Together, c’est le nom du projet de Jake Catterall. Le coureur est parti le 6 août dernier depuis la ville de Nordkapp en Norvège et prévoit de rallier Tarifa, en Espagne le 3 novembre après un périple de 5700 km. Le but de sa traversée de l’Europe : encourager le mouvement, la cohésion et la transformation par le sport. 200 coureurs l’ont déjà accompagné sur les 3000 kilomètres parcourus jusqu’à présent. Cette semaine, des Parisiens ont pu partager quelques foulées avec lui lors de son étape au cœur de la capitale. L’occasion de poser quelques questions à ce coureur installé à Amsterdam que rien n’arrête. Par le passé, il avait notamment déjà réalisé le tour de l’Islande en vélo en 1400 km, ou bien encore couru 200km non-stop aux Pays-Bas.

Jake Catterall s'est lancé dans une traversée de l'Europe en 5700 km invitant à la rejoindre tout au long de son circuit.
@Jakecatterall

Jake Catterall, qu’est-ce qui a motivé ce nouveau défi entre la Norvège et Tarifa ?

« C’est parti d’une discussion amusante avec ma partenaire, je cherchais une idée pour mon prochain projet d’ultra. Je lui ai demandé si je devais courir à travers les Pays-Bas, elle m’a répondu « hmm, ça ne me semble pas assez ». Alors j’ai dit : « Et si je traversais les Pays-Bas jusqu’à la France ? Elle a répondu « hmm cool, mais j’ai toujours l’impression qu’il manque quelque chose… » alors j’ai dit que la prochaine chose après ça serait de courir à travers toute l’Europe… elle a dit « oh allez, c’est ridicule ».  

Combien de kilomètres cours-tu en moyenne depuis ton départ ?

« J’ai commencé avec l’idée de courir 75 km par jour, mais j’ai trouvé un équilibre entre performance et récupération avec 70 km par jour. Pour l’instant, ma plus longue semaine de course a été de 518 km.

Comment s’organise une journée depuis ton départ sur les routes, début août dernier ?

« Chaque jour suit désormais un schéma similaire. Réveil à 07h30, petit-déjeuner, tournage des séquences d’interview et mise en tenue de sport pour commencer à courir à 9 heures. Jusqu’à 19h, c’est le temps de la course. Nous essayons de considérer cette période comme une « journée de travail », mais tout tourne autour de la course et de l’alimentation. Nous prenons un en-cas avant le déjeuner, au déjeuner, après le déjeuner et à nouveau avant de terminer. Je ne suis pas un programme de nutrition sportive, je ne mange donc que de la vraie nourriture. Saucisses, sandwiches, pâtes, même des hamburgers et des ailes de poulet, et bien sûr beaucoup de beignets. Ensuite, nous cherchons un endroit où dormir, se doucher, dîner, puis nous partageons notre journée sur les réseaux sociaux.

Jake Catterall s'est lancé dans une traversée de l'Europe en 5700 km invitant à le rejoindre tout au long de son circuit.
@ Jakecatterall

Où loges-tu chaque jour, Jake Catterall ?

Nous avons une camionnette avec deux lits et une douche. Nous ne sommes que deux personnes. Moi qui dirige et mon ami Roy qui est le chef d’équipe. Honnêtement, nous garons la voiture là où nous terminons la course. Parfois dans un champ, un parking, une forêt… L’endroit le plus étrange de tous était un restaurant chinois abandonné qui était aussi un énorme hôtel conçu pour ressembler à un temple.

Quelle est le plus difficile à gérer dans ton aventure ?

« Ce qui est surprenant, c’est que des tâches tout à fait normales se révèlent très ardues. Laver les vêtements, obtenir une connexion Internet haut débit pour télécharger des vidéos, trouver de l’eau pour boire et se doucher, faire sécher les vêtements en cours de route, faire en sorte que le van suive exactement l’itinéraire GPS que j’ai emprunté parce qu’il m’arrive de m’écarter du chemin, tout cela fait partie de nos problèmes quotidiens. D’un point de vue général, la course à pied est en fait la tâche la plus simple.

@Jakecatterall

Quel est le pays qui t’as le plus enthousiasmé ?

« La France, c’est un pays que j’attendais avec impatience depuis le début de mon aventure. Dans tous les pays, nous avons été étonnés par l’incroyable générosité d’étrangers qui nous ont donné de la nourriture, un lit, une douche chaude, une lessive ou un endroit pour nous ressourcer. Je pense que j’avais oublié à quel point les gens pouvaient être gentils après Covid, et le fait d’être aidé et soutenu uniquement par amour et compréhension de notre mission / situation est vraiment magnifique.

Qu’apprends-tu depuis le début de ce voyage, Jake Catterall…

« Que rien ne dure éternellement. Je me répète souvent cette phrase. Ça va passer. Cela fait très mal. Ça va passer. Je me sens très bien ! Ça va passer aussi. Je ne peux pas continuer. Cela aussi passera… RIEN ne dure éternellement. Je me rends compte aussi que nous vivons dans un monde où nous pensons connaître la réponse à tout. Mais ce voyage est tellement imprévisible que pratiquement tout est compliqué. Si vous cherchez « The story of the Chinese Farmer » sur YouTube, vous aurez une idée précise du résultat de chaque blessure, de chaque panne de voiture ou de chaque journée de court-circuit que nous avons rencontrée au cours du voyage. Enfin, j’ai découvert que chanter à voix haute sur la route, aussi fort que possible, était la chose la plus amusante qui soit. »

Comment Odlo te soutient-il dans cette aventure ?

Odlo est mon principal partenaire. La marque sponsorise mon temps et me fournit des équipements qui peuvent résister à la nature de ce projet. Nous avons travaillé ensemble pendant de nombreuses années. Comme lorsque j’avais fait le tour de l’Islande à vélo. J’ai besoin d’un équipement de grande qualité qui réponde à mes besoins de performance, et Odlo le fait. Mon indispensable, c’est la veste de pluie zeroweight. Elle est tout simplement incroyable. »

Pour suivre l’avancée de Jake Catterall, rendez-vous sur ses réseaux sociaux ou en suivant sa trace GPS.



Michel Armandy fait partie des meilleurs marathoniens mondiaux dans sa catégorie. A Valence, en décembre prochain, ce coach sportif installé dans les Bouches-du-Rhône compte bien battre son record en 2h45’. Un bel exemple à suivre.

Plus il vieillit, plus il est rapide Michel Armandy. A l’aube de la soixantaine, ce coach inspirant a gagné trois minutes sur son chrono au marathon datant de quinze ans auparavant.

Jugez plutôt ses chronos : 2h48’ en 2007, nouvelle marque en 2h54’ en 2018, 2h46’ en 2021. 2022 sera sa meilleure année, avec un nouveau cap passé en 2h45’ à 58 ans. C’était à Berlin et deux mois plus tard, il réitérait la performance au marathon de Valence en 2h47’ cette fois.

En décembre prochain, il retournera sur ce même marathon espagnol roulant (son favori) pour grappiller encore quelques secondes à ce chrono record de haute volée. Son objectif : monter sur le podium de ce marathon international, sans conteste le plus dense au monde.

Repartir à la guerre

Michel Armandy sur le marathon de Valence 2021. 2h46'02'' à 58 ans !
Marathon de Valence 2021. 2h46’02 » à 58 ans !

La fameuse « décadence liée à l’âge » dont parlent les scientifiques – estimée entre 8 et 12% par décennie à partir de 40 ans – ? Michel ne connaît pas. Et s’ingénie à conserver une belle fraîcheur d’esprit. « J’oublie mon âge, je me dis que je dois encore progresser. J’y crois encore sincèrement, cela me motive au quotidien pour m’entrainer et m’inscrire sur des courses », assure le passionné à l’accent chantant.

Avec ce « RP » tout frais et 85 marathons au compteur en trente ans de pratique, son expérience parle pour lui. De quoi surmotiver les sportifs qu’il entraîne via sa structure, la Run Academy, comme ceux qui le suivent sur sa récente chaîne Youtube.

« J’encadre majoritairement des sportifs dans la tranche d’âge 40-50 ans.  C’est génial de réussir à remobiliser des coureurs qui avaient lâché l’affaire, pensant que leurs meilleures années sportives étaient derrière eux. J’adore les faire repartir à la guerre en me servant de mon exemple, et cela fonctionne », explique le coach, fier de dire que sur les centaines de sportifs suivis depuis dix ans, 80% ont battu leur record personnel, gagnant en moyenne entre 10 et 30 minutes sur leur chrono sur marathon.

Michel Armandy, la course dans la peau

En 2005, Michel Armandy courait déjà les marathons en baladant sa fille.
En 2005, Michel Armandy courait déjà les marathons en baladant sa fille.

Un cas à part, Michel ? Assurément mais un bel exemple à suivre. La course, c’est (presque) toute sa vie. D’abord l’athlétisme, avec une découverte en classe de 5eme – pour courir après sa petite copine de l’époque – et jusqu’à ses 20 ans. Il poursuit ensuite la cavale « hors stade » à un moment où le running se démocratise peu à peu. Dans le milieu, il ne passe pas inaperçu. Poussman, de son surnom.

Le père de famille baladait alors sa troisième et dernière fille en poussette sur ses entraînements comme ses compétitions. « Je l’avais commandée aux Etats-Unis car à l’époque, il n’existe pas de modèle de poussette pour les coureurs en France. Ma fille s’est régalée à m’accompagner de ses 1 ans à ses 3 ans – elle en a 22 aujourd’hui – et moi avec elle. J’étais alors un bon athlète de niveau départemental, mais sans plus. Puis partir de 40 ans, j’ai commencé à faire des podiums sur les courses localesJ’ai couru les marathons pour performer jusqu’en 2007, l’année de mes 43 ans. Je courais à l’époque environ 4 marathons par an. Un pour la performance, les autres pour le plaisir de voyager en Europe en compagnie de ma femme, également marathonienne », raconte le coureur.

Bloqué sur 15km/h

Michel Armandy sur le marathon de Paris 2021
Michel Armandy sur le marathon de Paris 2021.

Son record était alors de 2h48’. Un plafond de verre…  « J’étais persuadé que je ne pourrais pas aller plus vite. Un peu comme si mon compteur était bloqué sur 15km/h. Du coup, j’ai arrêté de courir après le chrono sur marathon et j’ai basculé sur le triathlon. »

Très vite, il coche la case Ironman, bouclant cinq triathlons XL entre 2007 et 2012. Encore une fois avec des chronos honorables, un record en 9h53’ mais une faiblesse, la natation. « Je me rattrapais ensuite, sur la partie vélo, mais surtout, sur la course à pied, bouclant les marathons entre 3h15 et 3h25’ », raconte le triathlète de Bouc-bel-Air.

En 2011, le décès de son père l’éloigne un peu de la compétition. Puis trois ans plus tard, Michel, jusqu’à alors acheteur pour la grande distribution est licencié pour raisons économiques. Il rebondit alors en se lançant dans le coaching, qu’il a toujours pratiqué autour de lui, par du goût du partage. Sa Run Academy se fait vite connaître en région PACA et au-delà.

Bien sûr, pas de secret, pour arriver ces résultats, cette « locomotive » s’entraîne fort. Lorsqu’il avait un job un plein temps, Michel tournait à 70 kilomètres par semaine. Désormais, il avale le double au plus fort de sa préparation marathon, ayant plus de souplesse pour gérer son emploi du temps au quotidien.

On se met trop de barrières…

Borner est une chose, mais cela ne fait pas tout, loin de là. L’aspect psychologique est primordial assure le coach. « On se met trop de barrières dans la vie. Si votre cerveau y croit, il n’y a aucune raison pour que vous n’y arriviez pas. Sauf si vous avez été un champion de très haut niveau à 20 ans, rien ne vous empêche de performer après 40 ou 50 ans. Il faut simplement être patient et s’entrainer intelligemment. Si vous reprenez la course par exemple après une longue pause, oubliez ce que vous avez été pour ne pas se tirer vers le haut, ni vers le bas. »

Autre conseil de coach : mettre l’accent sur le renforcement musculaire les années passant pour éviter les blessures, et soigner tout particulièrement son alimentation en évitant les graisses et en privilégiant les protéines.

Eloge de la lenteur

Côté entraînement, sa recette « miracle », c’est de courir lentement. Oui, lentement. « Beaucoup de coureurs de tous âges d’ailleurs s’entraînent trop souvent trop vite. Il ne faut pas faire plus de deux séances de qualité (fractionné, seuil) par semaine. Regardez le champion Nicolas Navarr, que j’ai eu la chance de côtoyer par le passé. Il court le marathon à 20km/heure mais il effectue les trois quarts de ses footings à 12 km/h ! » se plaît-il à répéter.

Son atout le plus précieux ?  L’expérience acquise au fil des années. « Maintenant par exemple,  je suis capable de courir le deuxième semi de mes marathons exactement à la même allure que le premier, à quelques secondes près. Et la régularité sur marathon, on le sait, c’est une stratégie payante. Ne pas se griller sur les premiers 21 kilomètres, cela s’apprend avec l’expérience. L’âge n’est pas une fatalité, au contraire. Toutes les barrières liées à l’âge sont en train de tomber. Regardez Kipchoge, au top à près de 40 ans ! ». Le meilleur resterait donc à venir ? On se plait à y croire derrière Michel Armandy.