Beaux cardios-GPS, nouvelles paires, tenues d’hiver, bons bouquins, accessoires : voici ce que l’on aimerait trouver au pied du sapin…

Un premier cardio-GPS 

Légère (41 g) bien calibrée, cette nouvelle Kiprun 550 à prix plancher propose la prise de fréquence cardiaque au poignet et suit 7 sports dont la course à pied. 8 entraînements sont pré-enregistrés (10 x 30’/30’, 5 x 1 000 m, pyramide) un mode « pacer », qui permet de courir à une allure définie. Côté « archivage » et partage, tout se passe sur l’appli Decathlon Connect, compatible notamment avec Strava. Jusqu’à 7h d’autonomie en mode GPS + Glonass actifs. Bracelet interchangeable en 4 coloris (10 €). 119 € chez Decathlon, existe aussi sans prise de FC au poignet (89 €).

Comme Kipchoge !

Elle fait courir plus vite, cette paire de Nike  Vaporfly Next 4% ! Presque les mêmes que celles qu’Eliud Kipchoge portait à Vienne lorsqu’il a couru en 1h59’ sur marathon. Son arme secrète : une mousse ZoomX couplée à une plaque en fibre de carbone pour un retour d’énergie inédit. Certains parlent même d’un effet « ressort ». A 275 € la paire, on prie pour que le Père Noël casse la tirelire…

Un bon polar

Philippe Paillaud, premier français ayant couru un marathon sur les sept continents, nous balade à grandes foulées dans son roman policier rondement mené. Après sa lecture, vous n’appréhenderez plus jamais la distance reine comme avant…

Marathon Rouge Sang, de Philippe Paillaud, 15 €. Pour le commander, s’adresser directement à l’auteur (super sympa !) paillaud.philippe@orange.fr

Un bracelet magique 


Toujours pratique car en cas d’accident ou de malaise, il parlera pour vous. On peut y faire graver, à même le silicone ou sur une plaque dédiée, son identité et ses contacts d’urgence ou bien faire référencer ses informations vitales sur le site dédié. A offrir à ceux qu’on aime.
Bracelet SafesportID, de 4,95 € à 21,95 € selon le modèle. 

La dernière Hoka

Version tout terrain. Plus de protection sur la 4e version de la SpeedGoat, modèle phare côté trail chez Hoka. Avec une nouvelle mousse légère, une tige plus respirante, une « boîte à orteils » repensée, un maintien amélioré au milieu du pied, une plateforme élargie sous les métas pour plus de stabilité, une accroche Vibram MegaGrip, des crampons de 5mm et une version Gore-Tex (160 €) appréciable en hiver. 

Speedgoat 4 d’Hoka One One, 140 €. 

D’art d’art !

Courir, tout un art… sous le pinceau de Vincent Dogna, peintre, marathonien et super sympa en plus de ça. On peut s’offrir une toile originale de l’artiste ou un tirage d’art, proposé en série limitée, numéroté et signé au crayon. Un vrai cadeau passion ! Pour s’inspirer www.ARTandRUN.com

120 € le tirage Fine Art musée en format 30x 40cm, non encadré, en bonus, les frais de port offerts avec le code : RA2019.  www.ARTandRUN.com

Pour rester branché

Ce nouvel électrostimulateur compact se couple à une application smartphone dédiée et peut s’utiliser n’importe où. On profite ainsi de 10 programmes prédéfinis pour augmenter sa force musculaire, sa puissance, son endurance ou activer sa récupération. Il existe aussi en version duo (349 €) avec 2 « pods » et 4 jeux d’électrodes pour travailler plusieurs zones en même temps. 

PowerDot Uno, 199 €.

La dernière Fenix 6

Parmi la nouvelle gamme Fenix 6, la version haut de gamme 6X Pro Solar nous fait rêver. L’innovation ? Son verre photovoltaïque transparent qui utilise l’énergie du soleil pour prolonger son autonomie, annoncée jusqu’à 24 jours au maximum. Autre nouveauté, la fonction PacePro pour suivre une stratégie de course définie en fonction du profil du parcours avec conseils sur l’allure en temps réel. Cette version intègre aussi des cartes TopoActive européennes, une fonction ClimbPro pour analyser ses efforts en côtes et bien sûr, elle a toutes dernières technologies (fréquence cardiaque au poignet, Garmin Pay, fonctionnalités d’entraînement avancés, notifications intelligentes, etc.). En espérant que le Père Noël gagne au loto (1150 €) et que cette version Pro Solar soit dispo avant le 25 décembre… Remarquez, la Fenix 6 – tout court -, à 600 €, ce serait déjà un ultra-beau cadeau.

Montre-GPS connectée mutlisport Garmin Fenix 6 X Pro Solar, 1150 €. Version Fenix 6 « standard », à partir de 600 €.

Mon précieux…

Un petit bijou, bracelet, pendentif ou porte-clé symbolique pour symboliser sa passion pour le running, ça fait toujours plaisir. Selon les goûts, à tous les prix, on en trouve par exemple sur Esty ou sur bijoux-sport.com

A boire !

Pas de panne sèche avec cette paille Lifestraw qui transforme n’importe quelle eau contaminée (rivière, étang) en breuvage potable et salubre.  Elle existe en paille métallique (113 g) ou bien en plastique sans BPA (56 g) d’une capacité de 700 ml, pouvant filtrer 1000 litres. Sans procédé chimique, sans pile, ni batterie, elle se glisse au fond du sac à dos. Go ! On la trouve notamment chez Nature & Découvertes à 27 €.

La grande évasion 

Deux livres « grandeur nature » chez Glénat pour s’évader depuis son canapé. Avec le photographe Ian Corless, on grimpe aux sommets des beaux ultra-trails. Avec Marie Paturel, on fait le tour des spots où il fait bon « trailer » en France et dans les Dom-Tom.

Spots de trail, spots de rêve de Marie-Hélène Paturel, éditions Glénat, 102 p, 35,50 €.

Se prendre une veste…

The North Face innove avec sa propre matière Futureflight. Sa conception « nanospinning » constituée de trous à l’échelle nano permet une ventilation maximale, tout en maintenant l’imperméabilité. Ce modèle Flight – compatible ultra-trail – est léger, compactable dans sa propre poche, mais aussi doux et silencieux en action. Testée 400 jours par 15 athlètes du team.

Veste The North Face Flight Futurelight, 250 €.

Touche déco

Ce tracé qui nous a fait vibrer, souffrir, espérer, sourire : gardez-le en souvenir ! Races routes propose un large choix de parcours stylisés d’épreuves emblématiques, du 10 km aux ultra-trails, en passant par les marathons « phares ». On peut personnaliser son affiche, avec la mention de son chrono et de son classement (en options). Plusieurs formats proposés compatibles avec les cadres vendus dans le commerce. Made in France. A partir de 15 €. 

Adidas UltraBoost puissance 20

Elle promet la lune, cette nouvelle Ultraboost développée avec le Laboratoire national américain de la Station Spatiale Internationale (ISS) ! Sa tige Primeknit est réalisée grâce au placement de fibres par ordinateur, technologie de pointe qui assure flexibilité et maintien calibré. Avec amorti «Boost » optimisé, accroche Continental et le système Torsion Spring pour le retour d’énergie. Pour coureur de tous poids, sur courtes distances. Drop : 10 mm. Poids : 310 g en 42 2/3. 180 €. 

Tout compte fait… 

Foie gras, dinde, bûche et chocolats… On ne perd pas le nord et on garde le cap avec cette balance Master Coach de Teraillon. Le bon point : pas besoin de son smartphone à la pesée, les infos sont synchronisées directement en wi-fi (et non en bluetooth). On peut suivre l’évolution de son poids et de sa composition corporelle (masse grasse, muscle, eau, masse osseuse), définir un objectif sur l’application Wellness Coach-Health (gratuite) et bénéficier de conseils. Mieux : un coaching minceur de trois mois avec 7 entretiens téléphoniques avec une diététicienne est inclus. Jusqu’à 8 utilisateurs. 100 €.

L’affaire est dans le sac

Minimaliste mais bien pratique ce sac Agile Nocturne 2 Set de Salomon car on peut y embarquer ses essentiels : veste de pluie, clés, téléphone, carte bancaire, encas. Côté hydratation, deux flasques souples de 500 ml sont positionnées sur les bretelles, une 3e peut éventuellement se loger au dos. La construction harnais épouse les mouvements des épaules, les deux sangles assurent la stabilité. Avec motif réfléchissant répété, visible de face comme de dos. 90 €. 

For fun…

Pour ne jamais oublier que dans « courir », il y a « rire ». Avec ces accessoires ou t-shirts respirants et marrants signés Douzaleur chacun peut y aller de son petit slogan, selon l’humeur du moment. 

Douzaleur, 29 € le t-shirt respirant sur douzaleur.com. 

Y’a pas de mal à se faire du bien !

Quatre outils utiles soulager ses fascias, sur tout le corps. Ce kit complet BlackRoll contient également un livre sur l’entraînement fonctionnel avec Blackroll (Amphora), une carte d’exercices et un DVD. 

BlackRoll BlackBox Set, 64,90 €.

Sur écoute

Ces nouveaux écouteurs HA-A10T  de JVC frisent le « sur-mesure » grâce à leur mousse à mémoire de forme. La matière est douce, agréable et résiste à la transpiration. Jusqu’à 14h d’écoute grâce au boîtier de chargement. Avec micro-intégré, boutons de contrôle et compatibilité avec l’assistant vocal. 80 €.

Le pied !

Une paire de chaussettes au pied du sapin, c’est un petit rien qui fait toujours plaisir. Pourquoi celles-ci ? Parce qu’elles sont fabriquées en France (à Troyes) pardi. Ici un modèle court, polyvalent, avec tricotage en nid d’abeille, cristaux de céramique pour le côté technique et la bonne thermorégulation. Mais La Chaussette de France propose plein d’autres modèles pour le running, le trail et les sports d’hiver.

Pour les « T’as mal où ? »

La Clinique du coureur fondée par Blaise Dubois, est devenue en dix ans une institution en matière de prévention des blessures. Dans ce manuel pédagogique, une vision scientifique qui bouscule de nombreuses croyances et des conseils à la pelle pour rester performant, améliorer sa technique, gérer ses blessures, exercer ses pieds, ses chevilles, ses genoux. Le tout est étoffé de témoignages d’experts, champions et chercheurs internationaux. Un beau livre qu’il est toujours utile d’avoir à son chevet..

La Clinique du coureur de Blaise Dubois, avec Frédéric Berg, Editions Mons, 35,90 €. 

L’effet Buff

L’effet Buff en hiver ? Un tissu DRYFLX ultra- léger mais bien chaud, souple et respirant. Conçu pour les activités intenses, il se décline en tour de cou – le fameux Buff – mais aussi en bandeau ou en bonnet. Chaud devant !

A partir de 16,95 €.

Tenue de soirée








On aime cette collection Lumen de Craft dont le tissu perforé gris anthracite « éblouit » de nuit mais se fait discret de jour. La veste Hydroest imperméable au vent et à l’eau, la Subz sera plus douillette, avec un matelassage léger. Existe en version féminine. A partir 70 €.  

Mets ta ceinture !


Certains accessoires deviennent vite indispensables. C’est le cas de cette ceinture Flipbet, qui se décline en noir, rose, bleu mais aussi jaune fluorescent pour la nuit. On peut y loger ses clés, son smartphone, un encas et même des mini-flasques (vendues séparément) pour s’hydrater. Le tout est embarqué à la taille sans gêne, sans bruit ni ballotement en action. Tout bon ! A partir de 32,50 €.



La spécialité d’Aftershokz, c’est la conduction osseuse. Le principe ? Contrairement à des écouteurs traditionnels qui s’enfoncent dans les oreilles, le son n’est ici pas transmis par le canal auditif mais directement par l’os temporal. De ce fait, le tympan est contourné pour que le son atteigne la cochlée. L’intérêt ? Eviter de s’exploser les tympans avec un volume trop élevé mais surtout, rester connecté à l’environnement, puisque l’on entend ainsi tous les bruits autour de soi.

Sur ce nouveau modèle, les « transducteurs » ont été inclinés de 30° par rapport au visage, cela permet d’avoir des basses plus dynamiques et une réduction de la fuite sonore. On constate en effet, pour avoir testé le modèle précédent, Trekz Air, datant de 2017, une meilleure qualité sonore, comparable aux écouteurs classiques intra-auriculaireDu nouveau aussi côté « vocal » avec deux micros anti-bruit à double isolation phonique. Verdict : c’est bien mieux !

Le Bluetooth utilisé est une version 5.0, sachant que les « transducteurs » sont munis d’une puce qui limite la consommation et augmente l’autonomie. Elle est annoncée à 8h est pour une utilisation en lecture continue, avec volume à 60 %. On peut donc s’attendre à une durée d’écoute encore plus longue en fonction du volume d’utilisation et encore plus, en fonction mains libres pour la réponse aux appels. La pleine charge, elle se fait en 2 heures. Côté étanchéité, du mieux aussi avec une certification IP67. Cela signifie qu’il est totalement protégé contre les poussières, la sueur, la pluie, et qu’il peut être immergé à 1 mètre de profondeur pendant 30 minutes. Dernier point le câble de chargement – deux sont fournis à l’achat – qui prévient les risques liés à l’humidité au moyen d’une alarme qui invite à bien sécher l’ensemble avant de procéder à une recharge. Au final, après trois mois d’utilisation intense : ce modèle proposé en 4 coloris nous a convaincu. 

Le + Rester attentif aux bruits environnants, c’est sécurisant, surtout lorsque l’on profite dans le même temps d’une bonne qualité de son.  

Le – Le bouton pour changer de piste est sensible et a tendance à rappeler le dernier numéro composé. Une seule taille proposée, dommage pour les femmes. 

Prix : 169,95 €. 

Modèle testé par Sandrine Nail-Billaud.



Under Armour propose avec cette Sonic 2 une chaussure polyvalente, dynamique et confortable parfaitement adaptée aux sorties longues. Voilà pour ceux qui voudraient lire tout de suite la conclusion de ce test. Dans le détail ce modèle est bien conçu. L’équilibre entre confort et dynamisme est excellent. La semelle en Hovr, un matériau à base d’EVA, offre une protection appréciable et un retour d’énergie qui permet de maintenir une allure soutenue sur de longues distances sans que les signes de fatigue apparaissent prématurément. 

Le mesh façon tricot est doux et vraiment confortable. Il enveloppe le pied sans serrer. L’un des points forts, c’est sa souplesse générale assez inédite pour une chaussure typée sortie longue. Le pied déroule facilement et la sensation de dynamisme général est renforcée. Cette Sonic 2 n’a par ailleurs pas à rougir de ses performances sur pistes. La semelle extérieure est elle aussi efficace et offre une très bonne stabilité même par temps humide.

L’innovation de la chaussure c’est sa puce Bluetooth intégrée qui permet de suivre vos performances via l’application mobile MapMyRun. Elle reprend les données de base mais également des paramètres qui vous permettront d’analyser la qualité de votre foulée. La précision n’a jamais été prise en défaut sur ce test. Elle offre également des conseils pour vous améliorer. L’option est appréciable pour les coureurs débutants qui n’ont pas forcément l’envie ou les moyens d’investir à la fois dans une paire de chaussures et une montre GPS. Pour ceux qui disposent de cette dernière, l’option perd du coup de son intérêt. Au final, une paire d’excellente qualité, qui apporte satisfaction au coureur de poids moyen à lourd, qui souhaite varier ses entraînements. 

Le +  le look moderne et sobre qui permet même de porter les Sonic 2 en ville, le prix en dessous de la concurrence. 

Le – Il faudra courir avec son téléphone portable pour utiliser l’appli.

Les notes du testeur. Amorti : 16/20 – Confort : 18/20. Stabilité : 15/20. Souplesse : 17/20

Utilisation : toutes distances sur route pour coureur à foulée universelle de tous poids. 

Prix : 120 €. 

Poids : 283 g en 42 / 235 g en 38 – Drop : 8 mm 

Il a testé pour vous… Antoine 38 ans, 1,89 m, 78 kg, meilleure perf : 3h14 sur marathon (2012). Pieds universels. Chausse habituellement des Brooks, Saucony ou Altra. Conditions du test : 150 km avec séances de 30/30, 400 m sur pistes, seuil, sorties longues, par temps sec et sous la pluie.



Black Diamond Revolt


Etanche, puissante (300 lumens portant à 80 m), cette nouvelle version dispose d’une alimentation hybride sur piles alcalines, lithium ou rechargeables Black Diamond qui peuvent être rechargées dans la frontale par USB. Six modes d’éclairage, avec technologie PowerTape pour ajustement immédiat de l’intensité. Autonomie : de 30 à 175 h. 60 €. 

Kalenji Run Light 250 FW 19 

Cette lampe pectorale de 250 lumens s’enfile comme un harnais et éclaire à 20 mètres devant vous, sans vous encombrer la tête, ni vous obliger à la baisser. Elle se recharge par micro-USB. Puissance : 250 lumens. Autonomie : de 5 à 2,5h selon l’utilisation. Poids : 162 g. 30 €. 

LedLenser MH8 

600 lumens pour ce modèle « trail » hybride utilisable avec des piles ordinaires ou une batterie Li-ion avec câble micro USB magnétique pour recharge rapide. Gros atout : sa tête se détache de l’ensemble pour se convertir en lampe utilisable à la main. 2 modes d’éclairage. Autonomie : 7h. Poids : 140 g. 79,90 €. 

Petzl Swift RL

900 lumens portant à 150 mètres : cette petite nouvelle est la plus puissante des lampes compactes Petzl. Un capteur évalue la luminosité ambiante (Reactive Lighting) et adapte automatiquement la puissance d’éclairage. Avec nouveau bandeau ergonomique ajustable, trois types d’éclairage via un bouton unique, recharge par prise micro USB, jauge de batterie. Autonomie de 2h à 50h en fonction de l’utilisation. Poids : 100 g. 99,90 €. 

Ferei HL40II 

Ultra-puissante avec ses 1000 lumens ! Elle est aussi polyvalente avec son porte-batterie amovible. Dispose de 3 modes d’éclairage, deux types de Leds (cool ou neutral white), reste légère et tient bien en course grâce à son double bandeau. Autonomie : de 4 à 30h selon le mode. Poids : 190 g batterie incluse/ 97 g avec batterie déportée. 127,90 €. 



Du 31 octobre au 4 novembre, Véronique Messina a participé à l’Ultra Run Rajasthan en Inde. Elle nous raconte ce 250 km exotique qu’elle termine épuisée en 57h24. Trois jours et deux nuits sans dormir pour vivre une fantastique épopée.

Qui est Véronique Messina ? Une sacrée nana ! Cette iséroise de 41 ans vit au Cambdoge. Son dada, c’est les ultras. Depuis quelques années, elle les enchaîne. Elle a notamment couru l’Ultra Gobi (400 km en autonomie dans le désert) qu’elle a gagné en 2016, et début 2019, l’Ultra Trail d’Angkor (128 km) qu’elle a aussi remporté.

Le Rajasthan c’est le plus grand état indien, au nord ouest du pays, peuplé de 68 millions d’habitants. La région agricole est célèbre pour ses somptueux palais de Maharadjas, dont l’un d’eux a justement été privatisé pour tenir lieu de camp de base et d’arrivée, à Ghanerao. Décor digne d’un conte des mille et une nuits, le château a été construit en 1606 tout en marbre et pierres rouges. Waouh, ça en jette !

Le tour de la 3e plus grand muraille du monde !

Le parcours de 250 km est coupé en 10 portions de 14 à 30 km, où des CP sommaires (eau chaude / eau froide, matelas pour dormir) nous accueillent. L’essentiel du dénivelé (5500 m D+) se trouve au début de la course, sur les 3 premières sections, avec notamment le tour de la muraille du fort de Kumbalghar, classé 3ème plus grande muraille du monde.

Impossible de recoller les morceaux de cette épopée à travers la campagne indienne. Les horaires et les compagnons de route se mélangent, les CP se fondent en un seul et même lieu de réconfort dans ma mémoire, les ampoules et le manque de sommeil ont eu raison de moi, je suis à bout et ma course se finit dans un flou vaporeux qui m’enveloppe comme un cocon.

Départ jeudi 31 octobre 7 h du matin. Mon sac (WAA) est trop lourd : de repas lyophilisés, de barres, de piles (gps, et 2 frontales) et d’eau (2.5 L). Mais le portage est confortable. Nous sommes 28 coureurs, expérimentés ou non, à prendre le départ. Pour certains l’objectif est d’atteindre 100 km en mode randonnée… et finalement tout le monde (moins 2 blessés) finira la totalité du parcours sous la barrière horaire des 108 heures imposées ! Comme à mon habitude je pars à mon rythme, nous sommes 7 coureurs en tête du peloton, impatients et curieux de la suite. Les premiers kilomètres servent à trouver mon souffle, à finir les réglages des sangles du sac, à ajuster un déplacement le plus économique possible, à entraîner le regard à scruter le balisage.

Hors-piste avec les singes

Après 1 à 2 heures de course, je me laisse distancer par le peloton de tête, et aborde seule la première portion hors piste. Il faut suivre les marquages roses dans la végétation d’arbustes. Enfin, ce qu’il en reste, car une grande partie du balisage a été enlevée par les habitants et l’utilisation de la trace gps est indispensable pour éviter les erreurs de navigation. Prudente, je n’ai toujours pas sorti mes bâtons et j’avance gps à la main. Le chemin nous amène à un temple situé sur une colline qu’il faut gravir par un sentier d’escaliers où les singes me regardent passer. Je cache ma nourriture bien au fond de mes poches de peur de me la faire voler. 

CP1 – km 32, au pied de la muraille du fort de Kumbalghar. Ambiance particulière, puisque c’est la fête de Divali, la fête des lumières, et le site est envahi par des milliers d’indiens qui viennent visiter les lieux. L’accès au CP se fait difficilement au milieu d’un embouteillage monstrueux et d’un concert de klaxons. Je suis contente d’être à pied, et non au volant car les véhicules sont complètement immobilisés sur cette petite route de montagne.

J’atteins le CP à 11 h 10, je pose quelques affaires pour alléger mon sac (nous repasserons ici pour le CP2), recharge mes gourdes et part à l’assaut de la muraille pour un tour de 14 km à 1100 m d’altitude et 1200 m D+. La muraille a été construite il y a plus de 500 ans, et s’étend sur les collines en une multitudes de marches non calibrées et envahies par la végétation sauvage plus haute que moi. 

Epines, rochers brûlants et serpents

Les épines s’incrustent dans les vêtements, ça gratte, ça pique, ça lacère, aïe aïe aïe !!! Je croise Olivia, première fille qui rebrousse chemin : elle repart en sens inverse car elle a raté le CP et doit retourner pointer. Dur pour le moral.

C’est un terrain idéal pour les serpents, mais j’ouvre grands les yeux avant de poser mes pieds ou mes mains sur les rochers brûlants.

Après 2 heures de grimpette, je me rends compte que je n’ai pas pris assez d’eau, on est en plein cagnard et je m’épuise un peu. Je ralentis le rythme. Et je retrouve Anthony, une des têtes de course, assis sur une marche la mine défaite : il vient de se fouler la cheville, la compétition s’arrête là pour lui. Après avoir mis une attèle et pris un antidouleur il repart avec moi en grimaçant, frustré par cet arrêt brutal. Tous les deux nous retrouvons Emmanuel, les pieds dans un ruisseau, en train de récupérer à l’ombre. Je laisse les deux garçons au frais, et continue d’avancer. Je suis contente de chausser petit car ça dépasse un peu sur les marches ! J’essaie de chasser l’idée que c’est un terrain idéal pour les serpents, mais j’ouvre grands les yeux avant de poser mes pieds ou mes mains sur les rochers brûlants. Je fais le tour de la muraille en 3 h, et retourne au CP1 devenu CP2. Je me jette sur la bonbonne d’eau et sur un verre de coca. Je récupère mes affaires, mange un lyophilisé et repart après 20 mn de pause. Je suis seconde, seul Maik est devant moi.

On reprend la route en descendant (l’embouteillage est toujours là !), et le chemin part rapidement en hors piste à travers champ. Il faut grimper une colline, et je m’arrête souvent pour chercher les petits rubans roses. Ça casse bien les pattes, encore 650 m de dénivelé positif pour cette portion. Le CP3 est en contrebas, au bord d’un ruisseau, j’y arrive alors que Maik est déjà reparti. Je prends le temps de manger un lyophylisé avant de repartir. 

Le sentier suit la rivière, puis il faut la traverser plusieurs fois. La nuit tombe, il est 18 h 30, je peux enfin essayer ma lampe Halepro de 1000 lumens. Quelqu’un me salue derrière moi : Maik ! D’où viens-tu ? tu es censé être devant !! Il s’est perdu 45 mn dans la rivière, et parait un poil énervé ! il me double avec ses grandes jambes et j’essaie de suivre son rythme. Nous alternons course et marche selon le dénivelé, mais je le sème et arrive 5 mn avant lui au CP4. Kilomètre 96, c’était mon premier objectif de la journée, ça c’est fait !

Vincent et Emmanuel me rejoignent au CP, je suis en train de manger mon lyophilisé. Emmanuel enchaîne sans s’arrêter, Vincent se pose.  Je vérifie mes pieds : ça commence à chauffer, la peau est toute fripée à cause des traversées de rivière. Je passe de la crème et remet mes chaussettes mouillées et pleines d’épines. Certainement une erreur.

Première nuit blanche…

J’ai décidé de continuer, je voudrais passer cette première nuit sans dormir. Je repars en tête, mais je ne me fais pas trop d’illusion, je veux juste suivre mon plan de route : avancer autant que possible et de manière régulière avant ma première sieste.

La portion suivante est longue, 29 km, mais sur sentier. Pas de balisage à vue, ce qui est plutôt reposant après cette première journée éprouvante. La trace est tantôt sur chemin, tantôt sur asphalte, et les pieds commencent à chauffer, je sens s’allumer les premières ampoules… Emmanuel me double tranquille à l’entrée d’un village, où est garé un dromadaire. Si, si, j’ai bien vu un dromadaire, je suis encore lucide. La traversée des villages de nuit donne lui à un concert d’aboiements, mais les chiens sont plus effrayés qu’autre chose et je n’ai pas besoin de me défendre, ils font seulement du bruit.

J’ai hâte d’arriver au CP5 pour vérifier l’état de mes pieds, que je devine bien abimés… Et j’ai sommeil, mon plan de nuit blanche me paraît compromis. J’y arrive vers 2 h 20 du matin, et j’y retrouve Emmanuel. Inspection des pieds, je sors les compeed pour limiter les dégâts sous la plante des pieds. Hummm… Kilomètre 120, à peine la moitié…

Escortée en zone tribale

Pause lyophilisé, et sieste 20 mn. Emmanuel m’attend, car la portion suivante traverse une zone tribale qu’il n’est pas recommandé de traverser seule la nuit. Je repars donc à 3 h du matin, avec mon escort boy, en marchant car la course est devenue trop douloureuse sur le goudron. Je suis gênée de ralentir ainsi Emmanuel, qui lui ne semble pas du tout souffrir. Il jouera son rôle à la perfection et m’accompagnera jusqu’à 7 h du matin, lorsque le soleil se lève sur une vallée de jungle et de palmiers. Devant ce paysage surprenant, je me demande quel décor nous avons raté cette nuit. Il part en trottinant et je continue ma progression de marche jusqu’au CP6 que j’atteins vers 9 h. 

Il fait déjà chaud, j’ai mal aux pieds, j’ai mal aux jambes. Je veux dormir 1 h, mais je me réveille après 15 mn. Je rajoute des Compeed aux talons cette fois, je change de chaussettes. Maik et Vincent me rejoignent, alors qu’Emmanuel est déjà reparti. Je repars sous un soleil de plomb, sur le goudron qui m’entame bien le moral et les pieds.

En mode zombie

Sur la route je traverse des villages, les gens sont bien étonnés de me voir passer. Beaucoup s’arrêtent pour demander des selfies, mais je fais ma malpolie et n’interromps pas ma progression ni ma concentration. Je perds mon sourire et commence à grimacer. Je titube, heureusement que j’ai les bâtons et que le chemin est sans danger car mes paupières se ferment et je perds contact avec ce qui m’entoure. Je décide de brancher ma musique, et ce sont les paroles de Brassens qui accompagnent et adoucissent mon calvaire.

Dans un village une vieille femme m’agrippe violemment par le bras en m’interpellant. Je n’arrive pas à me libérer et je comprends qu’elle veut me prendre en photo et me montrer à ses enfants. Non, non, merci, j’ai encore du chemin à parcourir, lâchez-moi ! Je suis en mode zombie. Je sers les dents. J’ai mal, mais ce n’est pas une raison pour arrêter. Ni même ralentir. C’est juste une contrainte supplémentaire qu’il faut accepter. Et oublier que je patauge dans la boue et l’eau sale gorgée de milliards de bactéries…. Est-ce qu’il y a des crocodiles au Rajasthan ?

J’arrive au CP7 (km 175), épuisée, mais le même scenario se reproduit. Je règle mon réveil pour 1 heure, et me réveille après 15 mn. Je demande à voir un docteur, il n’est pas à ce CP. Je continue d’observer l’étendue des dégâts sous mes pieds… 

Je divague…

Emmanuel est couché sur un matelas, il a souffert de la chaleur et a mal au ventre. Il décide de repartir quand même, après s’être reposé 2 heures. Maik arrive épuisé. Vincent arrive plus serein, mais les pieds dans le même état que les miens. On décide de faire équipe d’éclopés et de repartir ensemble en marchant. Maik prend le temps de manger et de dormir un peu, et il nous doublera un peu plus tard, il peut encore courir lui. Nous repartons Vincent et moi, en mode marche rapide. Je suis parfois tellement fatiguée que je n’arrive pas à comprendre ce que voient mes yeux. Est-ce une flaque ? un rocher ? une maison ? un village ? un carrosse ? un kayak ? (oui, après confirmation, ça c’était bien un kayak). Pas très pratique pour suivre une trace gps toutes ces divagations, heureusement que nous sommes deux. 

Certains verront des léopards pendant cette nuit, et seront escortés par la police indienne. Je suis contente de n’avoir ce « détail » qu’après la course !

Forêt de cactus

Nous traversons une forêt, Vincent me pointe quelque chose au pied d’un arbre avec sa lampe : c’est Maik, qui s’est endormi. On vérifie que tout va bien, c’est juste l’heure de la sieste apparemment, on le laisse récupérer. Il nous rejoindra plus tard à la forêt de cactus, un vrai labyrinthe dans lequel nous avons bien besoin de tous nos yeux pour chercher les indices qui montrent le chemin (rubans roses, peinture rose, ou confetti au sol). Je voulais atteindre le CP8 avant minuit, c’est raté, on est déjà samedi. On arrive tous les 3 au CP à minuit 30. Kilomètre 200, ça sent le début de la fin.

Certains verront des léopards pendant cette nuit, et seront escortés par la police indienne. Je suis contente de n’avoir ce « détail » qu’après la course ! Voilà donc à quoi servait le couteau dans le matériel obligatoire !!

Je veux dormir… mais c’est sans compter sur le staff indien qui qui fait vibrer le campement de ses puissants ronflements. Je m’endors dehors, mais avec la fatigue et la rosée, je me retrouve vite grelottante malgré ma polaire. On m’enveloppe dans une couverture se survie, ce qui prolonge mon repos de quelques minutes bien nécessaires. A mon réveil, on me présente le médecin indien. Qui me confirme mon diagnostic : « ce sont des ampoules » 😊 Il me tend un onguent pâteux marronnasse, à tartiner sur les plaies et laisser agir une heure : euh, non, je suis en course. Il me tend des anti-douleurs : euh non, je veux juste désinfecter. Il me donne un bandage : ben non plus, il faut que je puisse rentrer le pied dans la basket. Il me tend une aiguille pour percer : ah oui ça je veux bien, mais tu en aurais pas une stérile, plutôt ? Bref, je me débrouille. Je perce, je compeede avec mon dernier pansement, et je repars en me jurant de ne plus regarder mes pieds avant l’arrivée.

Passage « aquatique »

Nous repartons vers 2 h 45. C’est un passage aquatique qui nous attend : de nombreux bras de rivière envahis par les algues vertes à traverser. Avec la fatigue, j’ai l’impression qu’on tourne en rond. C’est comme ce vieux monsieur indien, à qui je dis bonjour depuis jeudi, c’est toujours le même avec ses vêtements blancs, son turban rouge et ses moustaches. Une fois il accompagne ses chèvres, une fois il porte un tas de branches sur sa tête, une fois il boit son chai massala à l’ombre d’un arbre, une fois il me double à vélo… Peut être mon ange gardien…

Nous arrivons au dernier CP vers 9 h 45. Je m’endors 10 mn le temps que ma soupe de nouilles soit prête. Nous repartons vers 10 h 20, et je mets le compte à rebours en marche : le calvaire finit dans 6 h. J’ai quand même besoin de m’octroyer des siestes flash de 5 mn pour garder les yeux ouverts. J’ai acquis le don de m’endormir à la seconde où je me pose. Et de me remettre en marche dès que le réveil sonne. La charge tient 2 heures. La dernière section est monotone, avec de longues lignes droites de goudron. Un berger et son troupeau nous accompagnent en discutant sur quelques kilomètres. Pas besoin de compter ses bêtes pour m’endormir ! 

8 km avant l’arrivée, William un copain de Vincent arrive à notre rencontre, et il sort de son sac à dos un coca et une bouteille d’eau frais. Je l’aime ! Cette rencontre signe le réveil, mes yeux s’ouvrent à nouveau, je sais qu’il vient de l’autre monde, le monde des vivants, et que nous serons bientôt au bout de nos efforts. Allez, droite, gauche, clac clac font les bâtons sur le goudron. Les pieds brûlent, les jambes sont lourdes, mais la douche m’appelle. Un dernier tour du village, au milieu des cochons et des chèvres taguées en rose, et le palais en vue, roulement de tambour, finish line, je m’écroule à l’ombre épuisée, soulagée, vidée. 

Fantastique épopée

Je n’avais jamais eu de blessures pendant une course, j’ai appris à oublier, à faire diversion. Savoir que la blessure n’est pas grave aide à relativiser. Être accompagnée aussi, pendant les 75 km, permettait de régler le pas. Les paysages bien sûr, l’étonnement, l’émerveillement, l’amusement devant un petit détail, une image insolite, un rayon de soleil dans la poussière… Tant que le corps est en mouvement, le but approche. Et puis une fois visualisée la ligne d’arrivée, toutes les peines s’évaporent, la magie des fins de course et des drogues cérébrales.

Avec Maik, Vincent et Emmanuel

L’autre point noir était le manque de sommeil, j’ai dû dormir moins de 2 heures en 57 h de course, dur dur de rester lucide et de marcher droit avec tant de fatigue accumulée. Mais le terrain n’était pas dangereux, et autorisait les zig-zags et les pas trainants. Impossible de faire un break, mon cerveau ne me laissait pas dormir plus de 15 mn d’affilé. Comme c’est lui qui commande, je n’avais pas le choix ! 

Je me suis bien rattrapée depuis et tout est rentré dans l’ordre. J’ai adoré l’expérience, pour toutes ces sensations ressenties, bonnes ou mauvaises, qui m’aident à mieux me connaître, et cette fantastique épopée en mode zombie sur la terre des Maharadjas. Incredible India.

  



Jésus, alias Gilbert Dantzer, vous l’avez forcément déjà croisé. Il a couru 266 marathons, torse nu, couronne d’épines sur la tête et croix sur le dos. Dominique Cado partage sa rencontre avec cette figure de nos pelotons.

Nous sommes quelques-uns à avoir entendu parler de Jésus né à Bethléem, ville où les Ali et les Mohamed font fureurs et qui a trouvé le moyen de trouver douze hommes qui se prénommaient Pierre, Paul, Jacques, Luc et les autres et qui en plus buvaient du vin. Je pense que ce fut son plus grand miracle. Mais nous, marathoniens nous avons notre Jésus à nous.  On le connait tous. Obligatoirement. Avec 266 marathons à son compteur, nous l’avons tous rencontrés un jour. Obligatoirement. Et lui, son miracle c’est de courir un marathon très souvent, avec un record à 2h53′ à Reims en 1996.

Jamais incognito…

Son déguisement est facile à deviner, après que Dominique Chauvelier, un jour que les cheveux de Gilbert aient pris de la longueur, l’appelle Jésus. La suite ? Le torse nu avec quelques stigmates dessinés, un vague short blanc de l’époque romaine, sans oublier la couronne d’épines et bien évidemment une croix portée sur le dos.

Célèbre sur la terre entière, logique, des Amériques à l’Afrique en passant par l’Asie et l’Europe, il a parcouru plus de 10 000 km par petits bouts de 42,195 km sans jamais s’entraîner. Il est vrai qu’à la moyenne d’un marathon tous les 15 jours est-ce bien nécessaire ? Et puis il faut bien un peu de temps pour guérir des stigmates musculaires.

Au rythme de ses foulées, il a bien essayé de passer inaperçu, mais rien n’y fait. Quelle que soit sa métamorphose , il est reconnu et adulé comme un symbole.

Accessible au possible notre Jésus prêche la bonne parole dans l’attente des départs pour tenter d’effacer nos péchés de jeunesse ; comme croire qu’en partant vite on arrivera plus vite parce que le glycogène se sera transformé en ravitaillement du Marathon du Médoc ; comme croire que le 3h30′ prévu sans avoir connaissance de sa VMA fera l’affaire et que le mur des lamentations généralement au trentième kilomètre se transformera en une vue du Saint-Esprit.

Lève-toi et cours !

Dessin de Sébastien Lamart  :http://sebastien-lamart.blogspot.fr/
 

Nous on l’aime notre Jésus. Son âge a le double de l’autre, et il reçoit à chaque office marathonien une ovation de ses fidèles dans la fraicheur d’une ligne des bips. Dans les derniers kilomètres il suffit qu’il dise : « Lève-toi et cours » pour que l’on retrouve de l’énergie.  

Sa naissance au marathon a lieu en 1987 et depuis il quête le plaisir avec ses apôtres pour faire la fête sur une Scène longue de 42,195km. 

Personne n’imagine le trahir même à travers le chas d’une porte. Sa gentillesse, sa disponibilité sont devenues légendaires et que peut-on lui souhaiter ? Sûrement pas de souffrir du tétanos à cause de quelques clous rouillés, il a passé l’âge. Sa croix il la porte sur son dos pour le plaisir de tous les coureurs et des spectateurs ; alors souhaitons-lui encore de nombreux marathons pour porter la bonne parole du créateur de cette distance qui nous fait tellement rêver, même si il nous arrive d’y rencontrer le diable.

Retrouvez d’autres belles rencontres, une foule de conseils variés et des sujets bien emmenés du marathonien breton Dominique Cado sur lalignebleue.net



Le Trail de Bourbon, deuxième des courses du Grand Raid de La Réunion, c’est déjà un gros morceau. 111 km et 6500 mètres de dénivelé positif pour rallier Cilaos à Saint-Denis. Chantal Boussac, de Rocamadour, nous raconte cette traversée bien relevée. 38h inoubliables !

Je me présente… Chantal, j’ai 51 ans. Je vis dans le Lot, près de Rocamadour. J’ai débuté la course en octobre 2007 avec pour objectif de« courir un marathon sans marcher »  pour mes 40 ans l’année suivante. Je n’avais jamais couru de ma vie, mis à part pour l’épreuve du Bac, une vingtaine d’années auparavant. Après mon premier marathon, à Toulouse, en octobre 2008, j’ai attrapé le virus. Nouvel objectif : améliorer mon chrono. J’ai recouru le marathon de Toulouse en 2009 et 2010. Cette année là, j’ai rencontré un groupe de trailers dans mon voisinage et j’ai donc commencé à courir sur les chemins. En 2011, j’ai couru le Marathon des Causses à Millau, puis en 2012 le Grand Trail des Templiers (72 km, environ 3500 D+) et 2013 l’Endurance trail (100 km, 5100 D+) toujours à l’occasion de ce festival. 

Depuis une petite dizaine d’années, mon mari, Christophe, et moi partageons des sorties dominicales et des « week-ends trails » avec un groupe d’amis trailers. Au fil des années les copains se sont lancés sur des courses aux formats de plus en plus longs, tels que le  Mercantour, la Restonica en Corse, l’Euskal trail au Pays Basque, la 6666 mais aussi l’Ultra-trail du Mont-Blanc, 100 miles Sud France, Euforia d’Andorre, et même le Tor des Géants et le Tor des Glaciers cette année. En 2015, trois d’entre nous se sont alignés sur la Diagonale des Fous et en ont fait un tel récit que l’envie de vivre cette aventure ensemble a grandi. C’est ainsi qu’en décembre 2018, nous nous sommes inscrits au Grand Raid. Mon expérience des ultras étant bien moins importante – je n’avais jusqu’alors que 2 trails de 100 km à mon actif – j’ai pris un dossard pour le Trail de Bourbon, la petite sœur de la Diagonale. Patrick, un des copains, qui allait participer au Tor des Glaciers en septembre 2019 a accepté de s’inscrire pour m’accompagner. 

Direction Cilaos

Selfie au départ. ©DR

Dimanche 13 octobre. Nous sommes donc 8 coureurs et 2 accompagnatrices à mettre le cap sur Saint-Denis de la Réunion. Départ le dimanche 13 octobre, quelques jours d’acclimatation puis, c’est la course. 

Vendredi 18 octobre, 16h30. Nous voilà Patrick, Céline et moi à bord du minibus en route pour Cilaos sur la nationale 5 surnommée « la route aux 400 virages ». … a posteriori cela donne le ton de la course. Au volant, je sens le stress monter : la peur d’arriver en retard à cause des centaines de véhicules engagés sur cette route de montagne sinueuse et étroite avec des virages en épingles où se croiser est impossible – heureusement, Patrick était là pour m’aider à manœuvrer – ; l’inquiétude pour Christophe qui avait commencé sa Diag la veille au soir après une prépa bien compliquée et bien sûr, l’angoisse de ce Bourbon qui m’attend. 

Plus de 2 heures plus tard, nous voilà garés à quelques centaines de mètres du stade de Cilaos. La nuit est tombée et la température a chuté depuis notre départ de Saint-pierre. Nous enfilons des vêtements chauds: seconde peau à manches longues, t-shirt obligatoire et veste de pluie pour moi, mais je reste en short-jupette. Nous avalons un bol de riz avec du thon et nous descendons vers le stade avec nos sacs de délestage… ils pèsent une tonne ! Après avoir laissé Céline avec Cathy et Michel, qui a dû abandonner à Cilaos à cause de son problème au ménisque – ils vont faire l’assistance de nos copains sur la Diag – nous voilà dans la file des coureurs pour entrer dans le stade. Après de longues minutes, nous pénétrons enfin dans l’arène où des bénévoles vérifient le matériel obligatoire dans nos sacs. Puis nous déposons nos deux sacs de base de vie. Je me mets à l’abri sous une tente de ravito et là une jeune femme, micro et camera en main, m’interroge sur mes impressions à quelques minutes du départ de ces 112 km. Patrick me rejoint et nous nous rendons près de la grille du stade. J’enlève ma veste de pluie car je sais que je vais vite me réchauffer, vu le dénivelé qui nous attend… 

Hell Bourg, la bien nommée 

Le portail s’ouvre, un angoissant mouvement de foule nous emporte littéralement vers la ligne de départ. 21h, sous quelques feux d’artifice nous voilà partis sur une route montant au « Bloc » où nous empruntons un sentier au cœur de la forêt. Une ascension de 1100 m. de D+. Dès le départ, nous avons un bel aperçu de ce qui nous attend : des racines, des roches et des marches, beaucoup de marches, encore des marches. La montée se fait au milieu du flot des 1300 concurrents. Je me sens plutôt bien. Nous mettons 3h01 pour atteindre le 1er ravito au gite du Piton des neiges. Là j’enfile ma veste, mes gants, j’avale une banane et nous voilà repartis pour un peu plus de 11 km de descente. Des pierres, des racines, des échelles et surtout de la boue, beaucoup de boue… un véritable enfer pour les trailers au milieu de la forêt primaire de Belouve, plantée de fougères arborescentes et autres végétaux gigantesques. 4h05 pour atteindre la bien nommée Hell Bourg ! Nous poursuivons la descente après le ravito avant d’entamer une nouvelle ascension. Le jour se lève. Nous franchissons plusieurs fois une ravine. Les paysages sont splendides, nous apercevons des cascades au milieu d’une végétation luxuriante sur des parois abruptes. Je veux faire des photos mais mon portable est déchargé. Une coureuse de la région parisienne chemine un moment avec nous le long de la rivière, nous parlons un peu, c’est agréable. 

Micro-sieste dans la forêt…

©DR

Après la Plaine des Merles et 11h13 de course, je ressens un gros coup de mou. Nous sommes sur une partie du parcours plutôt facile au milieu de la forêt des Tamarins, pourtant je ne parviens pas à avancer. Le soleil commence à chauffer, j’ai sommeil, je suggère à Patrick une micro-sieste, la première de ma vie ! Nous nous installons un peu à l’écart du chemin, sur un coin herbeux. Patrick programme son alarme et à peine allongée je m’endors. Les 5 minutes écoulées je quitte le maillot de l’organisation trempé de sueur, j’enfile un t-shirt propre et nous voilà repartis jusqu’à Marla où nous mangeons une assiette de riz avec du poulet. Patrick a plus d’appétit que moi. Je change mes chaussettes, mes pieds commencent à être douloureux à cause en particulier de la descente dans la boue jusqu’à Hell Bourg. Nous repartons vers 11h du matin ; je n’ai plus du tout la notion du temps, j’ai l’impression d’être en milieu d’après-midi ! D’ailleurs je ne suis en mesure de donner ces horaires que grâce au suivi live que je consulte en rédigeant ce récit. 

Nous entamons une nouvelle descente. La chaleur commence à se faire sentir. Lorsque nous arrivons à la Rivière de Galets, je pense que le ravito de Roche Plate est là… mais non, il faut remonter ! La chaleur est étouffante. Patrick m’explique le circuit, m’indique Mafate, me montre le parcours de la Diag. Nous atteignons enfin l’école de Roche Plate, plus de 3h pour environ 9 km…Nous sommes au km 53,7, à 1 100 d’altitude et nous allons entamer l’ascension de la 2ème grosse montée, celle du Maïdo à 2030 m d’altitude (j’aime la sonorité de ce nom ; je vais moins aimer le parcours pour l’atteindre !). 

Trop chaud sur Maïdo

Afin de regagner un peu d’énergie avant cette longue ascension, une micro-sieste s’impose dans les filaos au bord du chemin. Je me recroqueville, la tête sur mon Camelbak, Patrick met l’alarme, je ferme les yeux, j’entends une coureuse me souhaiter « Bonne nuit », il est aux alentours de 15h ! Je souris les yeux fermés et je sombre pour 5 minutes. Nous nous attaquons à l’ascension du Maïdo… Il fait chaud, la montée est éprouvante à flanc de paroi…Patrick m’annonce le dénivelé positif qu’il nous reste à parcourir. Pour m’aider, me motiver mon partenaire fait des comparaisons avec des parcours que je fais à l’entrainement. J’ai l’impression de ne pas avancer, que cette ascension est sans fin. J’entends des clameurs, j’aperçois des coureurs au sommet qui parait si loin… Nous y sommes enfin, un faux-plat descendant et nous voilà au poste de Tête Dure, il est 17h11, le soleil va se coucher. Après avoir avalé quelques coquillettes, il faut se couvrir de nouveau et sortir la frontale. Ma montre m’annonce un kilométrage supérieur à celui annoncé sur le profil… 

Il neige ou je rêve ? 

©DR

Nous sommes sur une partie alternant plats et petites bosses ; je relance souvent ce qui m’use avant la longue descente sur un sentier plutôt roulant. Je suis fatiguée. Le sol est couvert d’une épaisse poussière étrange qui, à la lueur de le frontale, ressemble à de la neige. Nous sommes un peu perdu au niveau du kilométrage… Après avoir traversé des taudis d’Ilet Savannah, nous atteignons enfin notre base de vie à 21h40, après 24h40 de course. Il fait trop froid pour se doucher. Nous mangeons un rougaille saucisse avec du riz, je nettoie mes pieds, je les « nok », je change mes chaussettes et nous décidons de faire un petit somme de 20 minutes, sous une tente et sur un lit de camp pour une fois ! L’alarme sonne et nous voilà repartis. Il faut traverser la Rivière de Galets, mon pied droit glisse, je jure, je renonce aux galets et finis la traversée dans l’eau ! C’était bien la peine de changer mes chaussettes… 

Dimanche 1h31 du matin, après une petite ascension au cours de laquelle une nouvelle petite pause dans un champ de canne à sucre s’impose, nous voilà sur le chemin Ratineau puis le fameux chemin Kalaa, une nouvelle grosse difficulté de par sa technicité (racines, gros rochers…) et la fatigue. Puis nous descendons vers La Possession.

La Possession, ce nom sonne bien dans ma tête… plus que 3 étapes et nous serons à La Redoute ! Nous arrivons à La Possession à 3h54. Là après avoir fait le plein d’eau, j’aperçois des morceaux de chocolatine et des petites tartines de confiture d’abricot sur la table du ravito. Enfin de la nourriture qui me fait envie ! Je prends un thé délicieusement sucré, je « petit-déjeune » ! Un régal ! 

Compagnon à 4 pattes

©DR

Je quitte le ravito revigorée. Après quelques centaines de mètres une petite chienne, type Jack Russell, commence à nous emboiter le pas. Je lui donne un morceau de barre de céréales afin qu’elle cesse de nous suivre mais rien n’y fait. Cela m’inquiète car je crains qu’elle ne se perde. Nous entamons la montée du fameux chemin des Anglais, pavé de « dalles » de lave. Le sommeil me tombe de nouveau dessus, le jour se lève ; nous atteignons un faux-plat montant et nous nous installons sur des feuillages secs. La petite toutoune se couche à nos côtés. Je ferme les yeux, j’entends les pas d’un coureur et je m’endors. Les 5 minutes « réglementaires » écoulées nous nous remettons en route, la petite chienne a disparu! Nous descendons vers grande Chaloupe. Il est 6h57, je retrouve la petite toutoune couchée auprès d’une coureuse allongée sur le sol, qui se fait masser par un proche. Tellement de chiens errants à la Réunion… cette petite Jack cherche à se faire adopter. Ça fait mal au cœur ! 

Sur le chemin des Anglais. ©DR

Nouveau changement de t-shirt avant d’entamer la dernière montée. Plus que 700 m. de D+ environ et nous atteindrons Colorado, le dernier ravito avant la délivrance ! Cette ultime ascension débute par la 2ème partie du Chemin des Anglais. Nous atteignons une route. Les muscles de mes cuisses et mollets commencent à se tétaniser, les crampes sont proches. J’avale un gel antioxydant, je croise les doigts et serre les dents. Après une petite partie sur la route nous entamons l’ascension d’un monotrace de terre rouge très raviné. Patrick est devant moi, je place mes pas dans ses pas, je ne veux pas décrocher, j’avance, j’avance, j’avance…

Colorado, dernier ravito

Nous pointons au poste de Colorado à 9h40 ; Patrick m’annonce 2h de descente jusqu’à La Redoute. Nous revêtons le maillot réglementaire. J’ai un regain de force. On mettra moins de 2 heures, c’est décidé! Je descends bien, nous dépassons des coureurs, j’avance, j’avance, j’avance… On entend la clameur, on aperçoit les premiers spectateurs, les proches, les ravitailleurs des coureurs venus à leur rencontre. J’ai envie de pleurer mais il faut rester concentrée, la descente reste technique. Nous sortons du sentier, le stade apparaît, mon partenaire m’indique qu’il faut faire 200 m de piste avant de franchir la ligne d’arrivée. Christophe est là, avec son maillot jaune et la fameuse inscription « J’ai survécu ». Un baiser et il court à nos côtés. Il est 11h05 du matin Patrick et moi terminons dans la main après 38h05 de course, 115,3km et 6 560m de D+.  Christophe, Laurence, la compagne de Patrick, et tous les copains sont là ! C’est juste énorme, inoubliable !

©DR

À aucun moment, je n’ai pensé abandonner mais j’ai eu de nombreux moments de doute pendant lesquels je me disais que je n’étais pas à la hauteur de ce défi. Ces montées éprouvantes et interminables, ces descentes techniques et sans fin, cette boue, ces rochers, ces racines, ces marches, cette chaleur, cette végétation, ces ravines ont mis mon mental à rude épreuve !  J’ai trouvé la ressource nécessaire pour avancer grâce à toutes les personnes qui m’ont encouragée avant le départ et qui me suivaient de loin. Un big-up spécial à Elise qui dans son joli message FB a partagé avec moi un texte très inspirant de Werber. Un énorme merci aux Courts-circuitées et à leur géniale vidéo de motivation. WarriorVictoria, ma famille, ma fille, Mathilde et ma grand-mère de 98 ans ont souvent été dans mes pensées, sources de réconfort et de motivation. Dans les moments difficiles, je me suis répétée des « mantras » stimulants : « Entre possible et impossible deux lettres et un état d’esprit », « La douleur est provisoire, l’abandon définitif », « Avancer, avancer, ne penser qu’à avancer » et j’ai compté, compté « un, deux ; un, deux ; un, deux… » pour rythmer mes pas en montée. Et Patrick, bien sûr. Un énorme merci à toi, tu m’as tellement aidé dans la gestion de la course : les ravitaillements, les micro-siestes, la connaissance du parcours, le réconfort, les encouragements… J’ai beaucoup appris à tes côtés. Je n’ai pas été très causante au cours de ces 38h, j’en suis désolée ! Ce qui n’empêche que courir en binôme et partager une course de la ligne de départ à la ligne d’arrivée est définitivement une aventure formidable ! 



Petit florilège de nos caractères et travers en huit personnages imagés façon Blanche Neige et les sept nains. Un conte de fée revisité en mode « course à pied », juste pour se défouler. Une chronique du coureur lambda imaginée par Dominique Cado.

©Sebastien Lamart

Dominique Cado, c’est un marathonien breton d’un âge que les moins de de vingt ans ne peuvent pas connaître, auteur du site www.lalignebleue.net

Loin de moi l’idée de me prendre pour un des frères Grimm et Blanche Neige et les sept nains, célèbré par Walt Disney, mais il faut reconnaître que si on ne rencontre pas très souvent Blanche Neige dans les pelotons de courses à pied, la présence des sept nains ou plutôt de leur caractère et tempérament sont toujours bien présents. En attendant le départ la curiosité n’est pas un vilain défaut, tendre l’oreille et avoir les yeux aux aguets suffisent pour tous les reconnaître. 

Prof. Facile à repérer, à l’oreille, toujours à donner un conseil autour de lui ou les dernières nouvelles du dernier « Running Attitude ». Il nforme du savoir et non de ce qu’il sait, aucun danger à écouter et à mettre en application ce qu’il raconte parce que tout a été vérifié, testé, expérimenté. A tendance à être trop sûr de lui et peut devenir exaspérant s’il devient moralisateur et pas suffisamment diffuseur d’infos.

Timide. Le sourire gêné au coin des lèvres, le manque de confiance exprimé sur le résultat de la course qui va suivre, mais le temps réalisé sera celui prévu. La timidité peut le faire balbutier, peut l’handicaper, mais la timidité le fait avancer dans la voie de la réussite en faisant, bien évidemment, échouer toute action téméraire et là, la timidité devient un avantage.

Atchoum. Ou le malade, on se demande comment il fait pour être sur la ligne de départ avec un lumbago et des tendinites qu’il traîne depuis des semaines, en se demandant si la fracture de fatigue qu’il s’est fait récemment est bien guérie. Si vous êtes médecin, ne vous en vantez surtout pas, parce que vous êtes bon pour une consultation gratuite et il ne va pas comprendre que vous n’ayez pas sur vous quelques dolipranes pour son mal de tête qui commence à venir.

Simplet. Ou le crédule, le naïf, le « cul cul la praline » qui vient de se rendre compte qu’un semi-marathon c’est plus de vingt kilomètres. Il croit aussi que le gel dans les semelles de ses chaussures sert à lui maintenir les pieds au frais et sa hantise c’est que la puce chronométrique du dossard le pique et lui donne des rougeurs.

Gourmand. Dans le conte des frères Grimm il n’existe pas. Mais dans les pelotons de course à pied on le reconnait ! La ceinture Overstims bardée des gels, verts, jaunes, rouges en fonction des kilomètres à venir. Il vous raconte le régal de la pasta-party de la veille la bouche pleine de gâteau sport de sa fabrication, surtout ne pas l’interrompre dans l’exercice de ses mâchoires pour lui éviter d’avoir mal au cœur.

Grincheux. L’attente du départ est le moment idéal pour qu’il se soulage de choses pénibles lui entravant l’esprit, lui bloquant les muscles, comme l’inscription un peu onéreuse, encore que ce soit la moins chère qu’il est trouvé. Le temps légèrement ensoleillé mais un peu chaud quand même, en se souhaitant que la course soit vite terminée pour faire place à une autre. L’insatisfaction est sa principale qualité.

Joyeux. Toujours une histoire drôle ou une anecdote de course à pied au bord des lèvres. Généralement il enflamme son environnement de sourires et de rires. Accepte facilement l’autodérision. Lance des « Oooola ! » et « Ooooolé ! » à la volée. Doté d’un optimisme à toute épreuve, son seul objectif est de finir sa course dans le plaisir.

Dormeur. L’éternel fatigué qui se demande ce qu’il fait là, à plus envie d’être au fond de son lit qu’au départ de la course. Impossible pour lui de courir dans le désert, vous pensez, il voit le marchand de sable partout. Il s’installe généralement près d’une enceinte musicale pour entendre : «une chanson douce ….. que me chantait ma maman …..».



Rincon, c’est un spot de surf de Californie dont s’inspire la ligne de cette chaussure sur laquelle Hoka a moins communiqué que sur sa grande sœur la Carbon X. Et c’est dommage ! Ici pas de révolution technologique et c’est tant mieux. La marque US s’est concentrée sur les fondamentaux de la chaussure de course : amorti, confort, légèreté et dynamismeEt le résultat est de mon point de vue bien plus spectaculaire qu’une plaque de carbone

L’effet meta rocker

Ce qui frappe lorsque l’on enfile ces Rincon c’est le poids. C’est sans doute l’un des modèles les plus légers chez Hoka. Cette sensation est renforcée par le mesh ultra-fin et respirant. Le pied est maintenu mais pas comprimé. Le chaussant n’est ni trop large ni trop étroit. Le laçage est efficace et précis. Le talon n’est pas trop rembourré ce qui laisse à la fois un sentiment de confort et de liberté vraiment très agréable. On retrouve la semelle oversize caractéristique chez Hoka, qui dessine une vague de profil : bravo pour le clin d’œil aux designers ! La grande nouveauté, c’est le meta rocker, zone où commence la bascule du pied, placé plus à l’avant sur cette chaussure ce qui augmente le dynamisme et l’agressivité de la foulée sans nuire au confort et à la protection.

La semelle extérieure apporte de la stabilité et de la traction même sur sol mouillé. Elle est constituée de caoutchouc léger anti-abrasion sur les zones de contacts les plus sollicitées, le reste étant directement intégré à la semelle intermédiaire en mousse EVA, ce qui enlève du poids mais peut nuire à la longévité de la chaussure. J’ai d’ailleurs constaté une usure plus prononcée au niveau de la mousse sans que cela nuise à l’intégrité et aux performances de ce modèle. 

Que cela soit sur sortie longue ou sur des séances de fractionnés la Rincon répondra toujours présente. Pour les amateurs de la marque, cette Rincon fait penser à la Clifton première version mais en plus léger et plus dynamique. C’est dire à quel point cette chaussure est une réussite.

Utilisation : toutes distances sur route pour coureur à foulée universelle de poids léger. 

Les notes du testeur… Amorti 16/20 Confort 18/20 Stabilité 18/20 Souplesse 18/20

Version féminine

Le + Tout, un bel équilibre entre dynamisme et confort. 

Le – Une interrogation sur la longévité de certaines parties de la semelle extérieure. 

Prix : 120 €. 

Poids : 218 g en 42 2/3, 179 g en 38 2/3 

Drop : 5 mm 

Il a testé pour vous... Antoine, 38 ans, 1,89 m, 78 kg, meilleure perf : 3h14 sur marathon (2012). Pieds universels. Chausse habituellement des Brooks, Saucony ou Altra. Conditions du test : 150 km avec séances de 30/30, 400 m sur pistes, seuil, sorties longues, par temps sec et sous la pluie.



Les 10 et 11 octobre 2020, on courra à cheval entre France, Allemagne et Suisse sur ce Marathon des 3 pays du Rhin.

En boucle autour de Saint-Louis, commune d’Alsace, ce circuit annoncé roulant passera  par Bâle, Weil-Am-Rhin, Village-Neuf et Rosenau. On pourra le courir en solo ou en relais à 4. A l’affiche aussi, un semi et des courses enfants. Les inscriptions sont ouvertes. En 2020, on se fait un tour du Rhin ?

 Plus d’infos : marathon-3-rhin.com  



Plusieurs nouveautés annoncées pour la 10e édition de la Maxi-Race, prévue du 28 au 31 mai. A l’affiche, deux marathons différents, limités chacun à 1 000 coureurs. Un nouvel Marathon eXpérience (42 km et 2 500 mD+) se courra sans podium ni classement au départ de Doussard, évitant les sentiers les plus techniques. 

© David Gonthier

Plus exigeante, la Marathon Race (42 km et 3 400 mD+) au départ de Talloire sera réservée aux trailers affichant une côte ITRA minimum de 450 points. L’épreuve phare – entre 85 et 90 km – sera elle limitée à 1 700 coureurs, au lieu de 2 000. Les barrières horaires seront par ailleurs  revues sur l’ensemble des courses. Ouverture des inscriptions le 15 novembre à midi. 



Place au durable pour Salomon qui s’engage très concrètement à réduire son impact sur l’environnement avec son nouveau programme Play Minded.

 D’ici 2025, la totalité de ses produits seront conçus selon les principes d’économie circulaire de la société. Premier pas vers cet objectif : l’arrivée en 2021 d’une chaussure de running recyclable. En fin de vie, cette paire constituée de polyuréthane thermoplastique (TPU) sera broyée, puis mélangée à une matière première neuve permettant de fabriquer une coque de chaussure de ski alpin. En parallèle, les composés perfluorés (PFC) disparaîtront de la composition des chaussures Salomon d’ici l’automne 2020, des accessoires d’ici 2022 et des équipements et vêtements de sports d’hiver d’ici 2023. 



Les corridas de fin d’année se déroulent sur 5 à 10 km en plusieurs boucles, en centre ville et dans une ambiance festive. Un bon moyen de clôturer l’année du bon pied !

Corrida de Thiais.

1er décembre – Corrida de Thiais (94)

On peut courir pour la perf’ ou juste pour participer à la fête sur 5 ou 10 km. L’un des participants repartira avec une voiture mise en jeu lors de la tombola. Egalement une course de 1,630 km pour les plus jeunes. 

8 décembre – Corrida d’Illkirch – Illkirch-Graffenstaden (67)

5, 10 km, ou bien un semi (21.1 km) à l’affiche de cette traditionnelle corrida. Fort Uhrich, forêt d’Ostwald et la piste cyclable longeant le canal au programme. Près de 2 000 concurrents, souvent déguisés, attendus. 

13 décembre – Corrida de Noël de Troyes (10)

2000 participants rassemblés le temps d’un 5 km, un vendredi soir, dans les rues illuminées du centre-ville troyen. Mieux vaut s’y pointer déguisé pour ne pas se faire remarquer…

15 décembre – Corrida de Noël  de Toulouse (31)

Rassemblement en rouge et blanc dans la ville rose, au pied de la basilique de la place Saint-Sernin pour un run convivial de 3,6 km ou 7,2 km, en une ou deux boucles avec passage par les ponts Neuf et Saint-Pierre. 

15 décembre – Corrida de Noël de La Crèche (79)

43e hiver pour la doyenne des courses des Deux-Sèvres ! Toujours deux distances (5 km et 10 km) et un départ commun sur un parcours mesuré FFA. Avant tout festive et populaire, cette Corrida offre néanmoins un chronométrage par puce électronique sur le dossard et un temps réel corrigé. Pour courir avec l’esprit de Noël, un partenariat avec l’AFM Téléthon permet à chaque participant, lors de son inscription, de faire un don de 1€ pour soutenir cette association.

15 décembre – Corrida de Noël d’Issy-les-Moulineaux (92) 

C’est le plus grand défilé de pères et mères Noël de France ! De 1,5 km pour les plus jeunes à 10 km, avec l’option « course déguisée », en rouge et blanc, donc, ou bien l’option 10 km classique (label régional) sur un parcours performant. Egalement un 5 km et une marche familiale de 3 km.

Toujours très disputée, la Corrida de Houilles.
©Clément Vidon

29 décembre – Corrida de Houilles (78)

27’25’’, c’est le record signé en 2018 par Julien Wanders sur ce 10km, label d’argent IAAF. C’est dire si ça roule ! On peut courir la version Elite (16h30) en trois tours, ou bien le 10 km populaire à 14h15. Peut-être de nouveaux records à l’issue de cette 48e édition. 

29 décembre – Corrida de Magné (79)

10 km en une boucle au cœur de la campagne poitevine. Une seule difficulté, la côte de Sainte-Macrine, une colline de 42 m à franchir sous l’œil protecteur de la patronne des bateliers. A l’arrivée, un ravitaillement gourmand avec huîtres, champagne et chocolats en fin de parcours. 2 000 coureurs attendus. 



Après la Vaporfly qui fait courir plus vite, une prochaine React Infinity Run stabilisera le pied pour éviter les blessures. Présentation, en avant-première, avant sa sortie le 16 janvier prochain…

Le prix n’est pas encore communiqué – après la Vaporfly à 275 euros on espère avoir atteint le sommet ! – , mais voici ce que la marque dévoile à propos de sa toute dernière paire de running, catégorie moyennes distances, annoncée comme « révolutionnaire » :

 » Imaginez un monde où chaque coureur devient plus rapide. Plutôt excitant, non ?  Mais c’est aussi un défi de taille, étant donné la menace constante d’une blessure. Mais les blessures sont-elles vraiment inévitables ? La question a incité Nike à concentrer ses efforts sur le potentiel de réduction des blessures chez les coureurs, et sa toute nouvelle chaussure de running, la Nike React Infinity Run, est un premier pas vers cet objectif !Lorsque Nike a lancé la Zoom Vaporfly 4% en 2017, les coureurs l’ont acclamée ; la chaussure a été conçue pour battre son PR et dépasser ses limites – privilégiant l’économie de course. La même année, Nike React, une mousse brevetée offrant un amorti et un retour d’énergie qui changent la donne, fait ses débuts. En course à pied, cette technologie répondait à un désir presque impossible : une sensation de course douce, rebondie, légère et durable. La nouvelle Nike React Infinity Run réunit ces deux technologies , qui forme ainsi une chaussure « révolutionnaire » offrant plus de stabilité qu’une traditionnelle paire de « contrôle de mouvement ».

Qu’est-ce qu’elle aura sous la semelle ?

Dans le détail, cette React Infinity Run possède une plateforme souple et réactive grâce à la mousse React avec une semelle intermédiaire élargie. Cette nouvelle conception stabilise encore plus le pied, donne plus d’espace pour l’amorti qui est immédiatement visible à l’avant du pied. Semblable à la géométrie des 4 %, la React Infinity  Run a une forme plus incurvée qui permet une transition de l’impact  plus fluide du pied à l’orteil.

La forme « à bascule » de l’Infinity permet une légère inclinaison vers l’avant, déplaçant le cou de pied du coureur, du talon au milieu du pied, ou même à l’avant du pied ; ceci crée une sensation naturelle de propulsion vers l’avant. 

La plateforme plus large et la mousse de soutien qui l’accompagne procurent une sensation « rassurante » – la chaussure guide doucement le pied dans une ligne lisse et droite, réduisant les oscillations et les mouvements d’un côté et de l’autre.

Moins 52% de blessures…

La preuve évoquée ? Une étude externe menée par la British Columbia Sports Medicine Research Foundation (BCSMRF) réalisée sur 226 coureurs (hommes et femmes) qui ont utilisé cette Nike React Infinity Run et la Nike Structure 22, une chaussure de contrôle de mouvement traditionnelle. La conclusion : les coureurs équipés de la Nike React Infinity ont eu un taux de blessures inférieur de 52 % à celui de la chaussure de « contrôle de mouvement », les utilisateurs ayant confirmé avoir ressenti moins de douleurs dans leurs genoux et aux pieds.



Depuis la rentrée, Julien Devanne enchaîne les victoires. Mieux. A un mois d’intervalle, ce consultant informatique licencié du FreeRun/A3Tours cumule les titres de champion de France sur semi-marathon et sur marathon. Une consécration !

Un doublé inédit. Julien Devanne vit une saison au sommet. Le 13 septembre à Auray-Vannes, il était sacré champion de France sur semi-marathon en 1h06’40’’. Le 25 septembre, il a remporté à l’arrachée Paris-Versailles en 52’. Le 6 octobre, il a gagné le semi de Run in Lyon en 1h08’21’’ avant de devenir, le 13 octobre, champion de France sur marathon à Metz en 2h25’27’’. Ce doublé semi et marathon, à un mois d’intervalle est assez inédit. On se souvient qu’Aline Camboulives l’avait réussi en 2015. Côté masculin, la référence est un certain Dominique Chauvelier. En 1990, l’athlète avait cumulé deux titres sur marathon et 25 km. Pour la petite histoire, les « France » de semi-marathon (21.1 km) n’existeront qu’en 1992. Julien Devanne avait alors trois ans. Il démarrera l’athlétisme quelques années plus tard en catégorie « poussin ». 

©PhotoRunning-FFA.

Après plusieurs places sur les « France » de semi-marathon ces dernières années, vous avez décroché votre premier titre national sur cette distance à Auray-Vannes, le 13 septembre. Racontez-nous… 

«  J’ai commencé l’athlétisme à Angers, où j’ai grandi, à l’âge de 8 ans. Je rêve depuis longtemps d’un titre de champion de France sur n’importe quelle distance. Il se trouve que c’est sur semi-marathon que je m’exprime le mieux. En coupant le fil de la ligne d’arrivée à Vannes, c’était un peu le feu d’artifice, la consécration. On passe une heure à courir à fond, il y a le stress de battre les adversaires, l’adrénaline de la ligne d’arrivée, le fait de repenser à tous les entraînements difficiles, tout cela se bouscule en quelques secondes… »

En bref. 30 ans, consultant informatique, habite à Lyon, licencié au club FreeRun/A3 Tours. Son palmarès avant 2019 : 10e des championnats de France de semi-marathon 2018 à Saint-Omer en 1h06’07’’, 3edes championnats de France de semi-marathon 2017 en 1h04’07’’ (2017), 2e des championnats de France de semi-marathon 2016 à Marcq-en-Baroeul en 1h05’47’’. Ses meilleurs chronos : 1h04’07’’ sur semi, 2h17’21’’ pour son premier marathon à Paris (2019). 

©E-Lemaistre. Victoire en 52 minutes sur le dernier Paris-Versailles.

Après ce titre à Vannes, vous avez gagné les week-ends suivants Paris-Versailles et le semi de Run in Lyon… 

« Oui, j’ai bien enchaîné. A vrai dire, Paris-Versailles n’était pas prévu. Suite à mon titre à Vannes, l’organisation m’a invitée à cinq jours de l’épreuve. J’étais en forme, je me suis dis que c’était peut-être le moment de gagner cette grande classique. Je n’avais pas repéré le parcours, ce que je ne fais jamais d’ailleurs. Je savais juste qu’il y avait deux bonnes bosses que j’ai bien gérées. Ensuite, le semi de Lyon était prévu. J’habite à Lyon depuis deux ans, et ce ‘Run in’ est un peu un championnat du monde local. Je portais les couleurs de mon entreprise, comme beaucoup de coureurs sur l’événement d’ailleurs. »

Sur votre lancée, vous avez décroché le titre de champion de France sur marathon à Metz le week-end suivant… 

« Oui, ce titre sur marathon c’était mon objectif de l’année. Le championnat de France de semi n’était qu’une étape. Mon chrono à Metz n’est pas fou (2h25’37’’, NDLR) mais je visais le titre avant tout. Sur les championnats, on court moins vite que sur les gros marathons car ce n’est pas la même stratégie. On court sans lièvre, en se jaugeant mutuellement, le but étant d’être le premier à l’arrivée. J’étais annoncé comme favori, ce qui m’a mis une pression supplémentaire au départ mais j’ai bien réussi à tirer mon épingle du jeu. Pourtant, cela n’a pas été simple. Courir un marathon, que l’on soit élite ou amateur, est toujours difficile. Décrocher le titre sur cette distance, après celui sur semi, c’était un très grand moment que j’ai vécu avec ma famille, et mon club FreeRun/A3Tours. Je pourrais dire que c’est l’apothéose de ma carrière sportive, mais j’espère vivre d’autres moments aussi intenses ! »


Quelle est la prochaine étape pour vous ?

« Porter le maillot de l’équipe de France ! Je représenterai la France sur Marseille-Cassis le 27 octobre, dans le cadre d’un challenge méditerranéen de courses sur route. En 2020, il y aura deux échéances avec les championnats du monde de semi-marathon en mars en Pologne, puis les championnats d’Europe de semi-marathon, en août à Paris. J’espère y participer. »

Avez-vous d’autres objectifs pour 2020 ? 

« J’aimerai bien recourir un marathon rapide, en 2h15’. A moyen terme, je vise 2h13’ sur la distance. Je retournerai peut-être à Paris, où j’ai couru mon premier marathon en avril dernier (en 2h17’21’’, NDRL) mais rien n’est décidé. » 

©Photorunning-FFA

Une semaine d’entraînement type pour vous, cela ressemble à quoi ? 

« En préparation marathon ou semi, je cours en moyenne 150 km par semaine. Cela peut varier de 100 à 180 km par semaine, de 6 à 14 entraînements. Je cours seul, coaché à distance par mon entraîneur Jean Theurel. Chaque semaine, je garde toujours la même structure, en trois séances « phares ». Le mardi, je fais du fractionné court, par exemple des 15 x 200 ou 300 mètres. Le mercredi, je fais du fractionné long,  avec des séries de 15 répétitions de 500 mètres à 800 mètres. Le dimanche, je fais des sorties longues de deux heures. Soit à allure constante, à 16km/h. Soit en variant l’allure avec 1h à 14 km/h, puis 1h avec des variations d’allures entre 16 et 20 km/h. En dehors de cela, je fais des footings à 13 km/heure. »

Entre votre travail de consultant informatique et vos entraînements, comment vous organisez-vous ? 

« C’est le plus gros souci car il faut trouver un bon équilibre entre vie professionnelle et entraînement. Je jongle entre trois créneaux, le matin de 6h30 à 7h30, sur la pause déjeuner du midi ou bien le soir après 19h. Je m’adapte en fonction de mon emploi du temps professionnel. C’est un équilibre précaire car tout peu vite se dérégler en fonction d’impératifs ou de baisse de forme… »


Soignez-vous particulièrement votre récupération ?

« Je ne fais rien de particulier côté récupération. Je n’ai même pas le temps d’aller voir un kiné ! On me dit souvent de moins m’entraîner. En même temps, ma dernière blessure date d’une quinzaine d’années. Plus jeune, je m’hydratais mal, je courais même lorsque j’étais malade, ou je m’entraînais trop dur en étant parfois proche de la blessure. Maintenant, je me connais bien, je sais ne pas me mettre dans le rouge. » 

©Marathon de Metz-Mirabelle. Fier d’être champion de France de marathon !

Quel conseil donner à ceux qui débutent en course à pied ?   


« Je pense qu’il faut courir à la sensation, sans trop se poser de questions sur son cardio ou ses allures. Je vois parfois des débutants qui prennent des nutritionnistes ou qui se focalisent sur l’équipement. Tout cela représente des gains marginaux, et ne remplace pas le plus important : courir, s’entraîner, toujours en gardant la notion de plaisir. » 

Quelle clé pour progresser ? 


« En premier lieu, je dirai qu’il faut s’entraîner à courir vite. La compétition, c’est toujours le reflet de ce que l’on fait à l’entraînement. Et la course, c’est des mathématiques. Si l’on est capable de courir 10 x 1000 mètres à telle allure à l’entraînement, alors on sait qu’on peut faire un 10 km à la même allure en compétition. »



Passons au crible certaines croyances en nutrition qui ont la dent dure avec Véronique Liesse, experte en nutrition et micronutrition.

©Larisa Bozhikova-istock

Le chocolat noir est moins calorique que le chocolat au lait

Le chocolat noir est perçu comme étant moins calorique que le chocolat au lait, ce qui n’est bien sûr pas vrai. Plus le chocolat est riche en cacao (et pauvre en sucre), plus il est riche en graisses, plus caloriques que le sucre. Mais bien sûr, le chocolat riche en cacao est bien meilleur pour la santé ! Mais ce n’est pas sa teneur en calories qui nous intéresse. Rappelons que les polyphénols du cacao lui confèrent des effets démontrés sur la santé et notamment sur l’humeur, la fonction cognitive et l’hypertension.

On ne peut pas manger de fruits après un repas

Mais qui a dit ça ? Penser ça est surtout la meilleure façon de ne pas en manger car notre rythme quotidien va nous porter jusqu’à la fin de la journée et on risque bien de zapper le ou les fruits dont nous avons besoin. Les aliments ne peuvent pas fermenter dans l’estomac car il y a très peu de bactéries à cet endroit et que le pH y est très acide. Cette idée très répandue est donc fausse. Par contre, si manger un fruit en fin de repas semble inconfortable, mieux vaut alors manger les fruits en dehors des repas. Peut-être s’agit-il d’un SIBO (de l’anglais Small Intestinal Bacterial Overgrowth qui signifie pullulation bactérienne de l’intestin grêle) ? Il faut alors consulter un spécialiste familiarisé à cette problématique afin de prendre les mesures nutritionnelles qui s’imposent !

Le sirop d’agave est un sucre très à la mode qui a la réputation d’être bon pour la santé et pour la ligne. Il ne l’est ni pour l’un, ni pour l’autre.

Véronique Liesse.

Il ne faut jamais sauter de repas 

Allons bon ! Et si on a la nausée, on va se forcer ? Remettons l’église au milieu du village. Il ne faut pas sauter de repas en espérant maigrir plus vite ! Sauter un repas parce que l’on a pas faim est tout à fait normal et recommandé. Il faut réapprendre à écouter les sensations et les signaux que le corps envoie. Si sauter un repas génère des comportements alimentaires pulsionnels, il est alors préférable de l’éviter. Ne pas manger le repas du soir ou du matin parce que l’on a pas faim peut même présenter des bienfaits, notamment d’un point de vue métabolique. 

Les carottes cuites sont très sucrées 

©VoltanAdobeStock

Non, les carottes ne sont pas riches en sucre ! La teneur en « sucre » (entendez « glucides ») des carottes ne va pas varier selon que les carottes soient crues ou cuites ! C’est l’index glycémique des carottes qui est modifié. Rappelons cependant que même cuites, une portion de carottes n’élève pas la glycémie de façon importante. L’index glycémique des carottes a par ailleurs été revu à la baisse ! Elles ne doivent certainement pas être exclues de notre alimentation, même chez les diabétiques ! Réhabilitons la carotte !

Le sirop d’agave est bon pour la santé 

©pat_hastings-

Le sirop d’agave est un sucre très à la mode qui a la réputation d’être bon pour la santé et pour la ligne. Il ne l’est ni pour l’un, ni pour l’autre. En effet, il doit son succès à sa teneur importante en fructose qui a la réputation de peu élever la glycémie, donc l’insuline. C’est pour cette raison que certains le recommandent aussi pour les diabétiques. Sauf que le fructose n’élève pas la glycémie car il est exclusivement métabolisé par le foie, qui le transforme en triglycérides. Il a donc un métabolisme très proche de celui de l’alcool. C’est pourquoi il favorise de l’insulinorésistance (première étape vers le diabète) et qu’il ne faut vraiment pas favoriser sa consommation, ni pour la santé, ni pour la ligne. Le fructose des fruits, oui, le fructose ajouté, non !

Le « sans viande » ayant la cote, il existe de très nombreux produits végétariens bio dont les ingrédients « bio » font frémir. Graisses saturées, additifs, sucres… Attention !

Véronique Liesse.

Le bio, c’est toujours mieux !  

© Jérôme Rommé-AdobeStock

Clairement pas. Bien sûr, le bio présente un intérêt indéniable qu’il n’est pas question une seule seconde de remettre en cause. Mais le bio n’est pas toujours mieux, le bio n’est pas toujours bon. Prenons l’exemple des œufs. Entre des œufs bio, venant de poules nourries au maïs « bio » (dès lors très trop riches en oméga-6 et trop pauvres en oméga-3), des œufs non bio au label Bleu-Blanc-Cœur et ceux de poules nourries à l’herbe ou aux graines de lin, le choix devrait être vite fait.  Le « sans viande » ayant la cote, il existe de très nombreux produits végétariens bio dont les ingrédients « bio » font frémir. Graisses saturées, additifs, sucres… peuvent aussi être bien trop présents dans les produits bio. N’achetons pas aveuglément bio !

Fractionner ses repas fait maigrir 

Contrairement à ce qui a longtemps été proposé par de nombreux nutritionnistes, il n’est pas utile ou bénéfique de fractionner ses repas. Le faire aurait plutôt tendance à faire manger plus. On a donc en réalité intérêt à avoir une alimentation suffisamment riche en fibres et en aliments à faible index glycémique afin d’éviter les fringales incitant à multiplier les repas et à grignoter. Un repas bien équilibré doit pouvoir nous donner de l’énergie pour une période d’au moins 5 heures.

Manger gras fait grossir 

Le mythe du « gras qui rend gros » a la vie dure. Beaucoup de consommateurs continuent à faire, de façon obsessionnelle, la chasse totale aux graisses dans l’assiette. Et pourtant. Il y a certes bien du gras qui en excès favorise le surpoids (les graisses saturées, trans et oméga-6). Et du gras dont un manque pourrait empêcher de perdre du poids (notamment les oméga-3). Car oui, il y a bien du « gras qui fait maigrir » ! Les oméga-3 favorisent une bonne sensibilité à l’insuline et donc moins de stockage. Ils sont anti-inflammatoires, stimulent des gènes qui activent la lipolyse et en inhibent d’autres qui favorisent le stockage… Les oméga-3 modulent aussi notre microbiote. Son bon équilibre est propice au maintien d’un poids sain. Alors, c’est pas du gras qui fait maigrir ça ? C’est la magie des oméga-3 ! 

Les légumes frais sont mieux que les surgelés

Tout dépend de ce que l’on entend par « mieux ». En terme de goût, cela ne fait aucun doute. Pour le reste, les légumes surgelés étant récoltés juste avant d’être surgelés et les vitamines étant bien préservées par la surgélation, ils sont donc souvent plus intéressants en terme de qualité nutritionnelle que les légumes frais qui ont parfois voyagé ou été stockés durant une longue période avant d’être consommés. D’où l’intérêt d’acheter local et de saison !  

Véronique Liesse est diététicienne, nutritionniste et micro-nutritionniste. En dehors de ses consultations et de l’enseignement (dont un DU en santé, diététique et physio-nutrition à l’Université de Grenoble pour les professionnels de la santé), elle est coach et formatrice dans les entreprises qu’elle accompagne pour optimiser santé, bien-être, qualité de vie et performance des collaborateurs. C’est dans ce cadre qu’elle a cofondé la société Nutrinergie. Elle a lancé en septembre dernier L’healthentiel by Véronique Liesse, une chaine YouTube pour donner au grand public tous les trucs et astuces pour une nutrition  intelligente, maigrir durablement, garder  la forme et une pleine vitalité.



On ne présente plus Compex, marque leader en matière d’électrostimulation sportive qui équipe de nombreux athlètes professionnels et dont l’une des grandes spécialités est de proposer des produits spécifiques à différentes catégories de sports ou d’efforts. A ce titre, un appareil destiné aux coureurs et traileurs, le Mi-runner. Quand on ouvre la boite, ça impressionne : le boîtier de contrôle est imposant, les connexions nombreuses et les explications techniques réduites au minimum. Mais, point fort de la marque, on trouve sur internet un tas de tutoriels expliquant comment utiliser son appareil et notamment où coller les électrodes en fonction de vos besoins.  En cliquant ici, une petite démo en vidéo.

Une fois passé cette première étape, force est de constater que ce Mi-runner est hyper complet, pour toutes les phases d’une course. Il propose 4 catégories, chacune avec des programmes adaptés. « Prévention » (entorse de la cheville, crampes, lombalgie) et « anti-douleur » (tendinite, lombalgie, entorse de la cheville, décontracturant) pourront être utiles en cas de bobos ou de fragilités. Mais la catégorie la plus complète, c’est celle qui concerne l’avant-course, en phase de « préparation » gainage, endurance, force, force spécifique pour le trail, optimisation de sortie longue et même surcompensation sont proposés dans les programmes de cette catégorie. Après course, de quoi soigner sa « récupération » (active, après compétition, diminution des courbatures).

Complet donc et très efficace ! Grâce à son cordon mi-Sensor, doté de la technologie Muscle Intelligence, la stimulation électrique s’adapte à chacun des muscles ciblés. C’est très pratique pour les zones plus fragiles. On peut aussi programmer des séances plus ou moins longues en fonction de son temps disponible. Là où l’appareil est d’une aide précieuse, c’est lorsque que l’on double un entrainement dans la journée. En intégrant une séance d’électrostimulation entre les deux, on repart sur sa deuxième séance en bien meilleur état.

Le + Le nombre de programme et la possibilité de cibler tous les muscles.

Le – L’encombrement. 

Prix : 249 €



Plus dynamique que sa grande sœur la Triumph, cette version 2 conserve les qualités de confort et de dynamisme de la première version tout en améliorant certains points. Saucony a revu le dessin de l’empeigne pour l’adapter à une plus grande variété de pieds. Couplé à un système de laçage plus performant, on a la sensation d’avoir une chaussure taillée sur mesure. 

La languette ajoute au sentiment de confort tout comme le tissu en double maille jacquard qui maintient bien le pied tout en le laissant respirer. Le seul bémol, c’est le rembourrage au talon que certains apprécieront pour son côté sécurisant mais qui pourra en gêner d’autres, car il est très présent. La semelle est composée de Pwrfoam et d’une semelle supérieure Everun. Là encore le confort est au rendez-vous, le dynamisme un peu moins mais cela reste de très bon niveau pour une chaussure universelle longue distance. Saucony a retravaillé la semelle extérieure en intégrant des rainures triflexes et le cristal rubber entrevu sur la Freedom Iso. Le rendu est excellent dans toutes les conditions météo.

Cette Ride Iso 2 conserve un drop de 8mm qui la rend accessible au plus grand nombre. Côté look c’est simple, sobre et efficace. Une chaussure discrète pour accompagner vos sorties longues, vos semis et marathons si vous êtes un coureur universel poids moyen à lourd à la recherche d’un bon équilibre entre confort et dynamisme.

Usage : toutes distances sur route pour coureur à foulée universelle de tous poids. Poids : 278 g en 42, 5 / 249 g 39. Drop : 8 mm. Prix : 140 €

Les notes du testeur : Amorti : 18/20 – Confort : 18/20 – Stabilité : 17/20 – Souplesse : 16/20. Note moyenne : 17,25/20 

Les + Bel équilibre entre confort et dynamisme. 

Les – Le poids, au-dessus de la concurrence. 

Il a testé : Antoine, 38 ans, 1,89 m, 78 kg, meilleure perf : 3h14 sur marathon (2012). Pieds universels. Chausse habituellement des Brooks, Saucony ou Altra. Conditions du test : 150 km avec séances de 30/30, 400 m sur pistes, seuil, sorties longues, par temps sec et sous la pluie.