Profitons de l’hiver pour parler du froid dans tous ses états. On lui connaît des bienfaits pour la récupération avec la cryothérapie, mais il revêt aussi d’autres propriétés intéressantes côté cosmétique. On parie qu’un vent glacial va souffler dans votre salle de bain… 

Par Sandrine Nail Billaud, article paru dans la rubrique “Femmes” de Running Attitude 206.

Rayon beauté d’abord, le froid a tout bon. Le traitement de la peau par le froid est un geste cosmétique populaire. Les Coréennes, en particulier, sont folles de ce rituel pratiqué au quotidien. S’appliquer du froid sur le visage illumine le teint, améliore la circulation sanguine, prévient la formation de rides et permet de lutter contre l’acné et les taches de pigmentation. Magique non ? Il y aussi le fameux « effet frisson » qui permet de tonifier la peau du corps et de secouer les cellules graisseuses, les adipocytes. D’ailleurs, la plus ancienne des crèmes, dite cold cream, conservée au froid, est bien connue pour sa sensation de fraîcheur laissée sur la peau. Côté cheveux, ça marche aussi. Le froid raffermit le cuir chevelu, resserre les cavités dans lesquelles les cheveux sont implantés, et agit aussi sur les écailles du cheveu. Alors que la chaleur et certaines molécules chimiques ouvrent ces écailles, rendant les cheveux perméables aux agressions, le froid les referme, scellant la fibre pour la protéger. Se rincer les cheveux à l’eau froide ou terminer son brushing sur la fonction « air froid » de son sèche-cheveu, c’est donc un bon réflexe pour refermer les écailles de ses cheveux, par extension, préserver leur hydratation et leur brillance. 

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Le « frotox », vous connaissez ? 

Le froid, c’est aussi un atout jeunesse pour la peau. Ces derniers temps, on entend parler du « frotox », présenté comme le nouveau Botox®, mais sans toxine. Il s’appelle Iovera® et se pratique en cabine. Le but : dégommer les rides d‘expression du front en gelant temporairement la branche temporal du nerf facial. Comment cela se passe ? Une fois marqué l’emplacement du nerf sur chaque tempe, le dermatologue fait une piqure anesthésiante puis enfonce les 3 petites aiguilles de l’appareil Iovera®. Leur extrémité gelée reste au contact des fibres nerveuses durant quelques secondes. Après la séance, il peut y avoir un œdème, voire des bleus durant dix jours, ainsi que des douleurs plusieurs heures comme pour toutes les injections. Quels atouts ? Contrairement au Botox®, qui agit au bout de quelques jours, le Frotox lisse les rides quasi instantanément. Et aucune substance étrangère n’est injectée puisque c’est le froid qui déride. Ça rassure. Côté bémols, il y a le prix, environ 400 €, aussi élevé qu’une séance de Botox®, pour un résultat moins durable : de deux à quatre mois, contre quatre à six chez son supposé « concurrent ». Et pour une action plus limitée puisque il n’agirait que partiellement sur la ride du lion, ne traiterait pas la patte d’oie et n’est pas indiqué en cas de vieillissement trop marqué du front, des sourcils et des paupières. Pour l’heure, le manque de recul fait que cette technique, très courante aux Etats-Unis, reste encore peu pratiquée en France.

SOS dermatos…

Le  froid est aussi appliqué avec succès notamment pour traiter la sécheresse de la peau avec des écailles visibles, les démangeaisons, les poils incarnés, ainsi qu’en cas de ralentissement de la cicatrisation. Mais c’est surtout pour traiter certaines pathologies cutanées comme les verrues et les taches pigmentaires que les dermatologues ont été les pionniers de son utilisation. En effet, le traitement des lésions cutanées, condylomes, carcinomes et autres, se pratique généralement avec de l’azote liquide à -180°C appliquée soit avec un dispositif type coton-tige, soit avec un appareil adapté. En cas d’opération plus importante appelée cryochirurgie, une anesthésie locale peut y être associée. 

Un effet anti-bourrelet 

Ah ces bourrelets, remplis d’adipocytes, on s’en passerait volontiers ! Bonne nouvelle : nos adipocytes sont sensibles au froid. C’est ce qu’a prouvé le fabricant du Coolsculpting, une technologie médicale qui s’attaque aux bourrelets localisés via un appareil, le Zeltiq, autorisé depuis 2010. La promesse ? Une diminution de 25 à 40% de l’amas graisseux ciblé avec un résultat progressivement visible entre de deux à six mois après la séance. Le jour J, le bourrelet est aspiré dans une ventouse et refroidi jusqu’à – 7 °C pendant quarante minutes. La séance dure une heure pour le ventre, deux heures lorsqu’on s’attaque aux poignées d’amour, à l’intérieur des cuisses, aux genoux ou encore à la banane sous-fessière. Quand on retire la ventouse, la peau fait l’effet d’un steak congelé, mais se réchauffe dans l’heure. Il peut y avoir des bleus, la zone peut parfois rester insensible ou au contraire douloureuse pendant une à trois semaines. Les limites de ce refroidissement ultra-ciblé ? Son prix : entre 900 € et 1 300 € selon la zone. 

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Cryo & bobos

La cryothérapie, sous la forme de bain froid existe depuis l’antiquité, mais ce n’est que depuis les années 1970 que l’application de vessie de glace ou de spray froid intéresse nos scientifiques.  Depuis vingt ans, les sportifs – les rugbymen notamment – ont recours aux bains froids pour récupérer, activer le retour veineux, la pression hydrostatique et la fameuse sécrétion d‘endorphine. Dans le traitement des douleurs, la cryothérapie s’est plus récemment démocratisée avec l’ouverture de centres de cryothérapie « corps entier », un peu partout en France. Il s’agit d’une méthode naturelle, non invasive et très efficace pour activer sa récupération. 

Mais le recours le plus fréquent au froid, c’est pour soulager la douleur, l’œdème et l’inflammation après un choc traumatique. Le froid peut être utilisé sans risque dès les premières minutes d’un accident sportif : entorse (de la cheville, du genou) mais aussi en cas de lésions des fibres musculaires (élongation, déchirure, claquage). Sur les tendinites et les bursites, on l’applique à raison de 20 minutes 2 ou 3 fois par jour, si besoin sur plusieurs jours. En revanche, sur une contracture ou des courbatures, c’est plutôt sur le chaud qu’il faudra miser. Le froid s’applique aussi pour les tendinites et les bursites.


Des contre-indications ? On évite le froid en cas de :  Affections dermatologiques ou de plaies ouvertes (avec ou sans saignement) / Contractures ou courbatures : c’est le chaud qui soulagera  / Blocage vertébral type torticolis ou lumbago : le chaud est recommandé /  Fracture ; même si au début la glace peut être utile pour faire diminuer l’œdème ou l’hématome il ne faut ensuite plus en mettre pour que la partie lésée soit bien irriguée par le flux sanguin et puisse se reconstituer.