Le Half Marathon des Sables c’est bien plus qu’une course dans le sable. C’est un avant, façon Tetris pour faire rentrer beaucoup trop de choses dans un petit sac. Un pendant qui accélère les relations humaines et charge sérieusement le compteur en kilomètres. Et un après avec récupération au Pisco Sour… Oui, c’est tout ça le Pérou !

Elle raconte...Anne-Sophie Rochette alias @Josyrunning, 37 ans et 2 enfants, habite le Gers, Coach Sportif spécialisée dans le Pilates, opéré du cœur dans son enfance, cours depuis toujours sans faire attention au chrono.

Pau, 6h du matin le 30 novembre. J’embarque pour un long voyage de quasiment 36h, 12h d’avion – où j’étudie à fond  la vie des Avengers – 7h de bus sur des routes sablonneuses avec une sérieuse concentration en nids de poule et puis 30 minutes de camions de l’armée pour rejoindre le bivouac. Désert d’Ica, au sud du Pérou : tout le monde est scotché face au décor. Nous allons passer la semaine à suer dans ce lieu coupé du monde, là, au milieu de nulle part… 

©DiegoCostantini

Pour le moment, c’est la préparation définitive du sac de course. Je quitte ma valise avec un peu d’inquiétude, inquiétude qui se dissipe en arrivant à mon « alvéole » de tentes et en découvrant mes voisins, futurs meilleurs copains de désert. A venir, 96 heures d’une vie simple, transpirante, faite de plats lyophilisés, d’ampoules aux pieds et de sable dans la tente. Ce sera intense, ou ne sera pas.

Mise en bouche

©DiegoCostantini

Etape 1 : 31 km/830mD+. Levée 5h30, excitée par mon premier porridge lyophilisé et prête à en découdre avec tous ces kilomètres de sable. A 7h30 le soleil lance déjà des flammes, plus chaudes que celle de Phenix dans X-men (oui j’ai buché). Les premières foulées dans le sable meuble de la plage annoncent la couleur, ça va être rude. On court les 10 kilomètres en bord d’océan pacifique, c’est magnifique. Tout roule, le mental, les jambes… Heureusement puisqu’on part pour 110 km. Après le premier ravito, place à « la duna ». Là, tout de suite, c’est moins la balade. Pour grimper, j’adopte la technique du zig-zag, peut-être pas la plus rapide mais la moins énergivore. La suite se déroule sans encombre, j’écoute de la musique, des podcasts – Les Pieds sur Terre, de France Culture – ou je tchatche avec des copains de course. Arrivée en 5h55, je suis contente, pas trop fatiguée. L’après-midi, ce sera cryothérapie dans l’océan à 14°C et petits plats dénichés sur Lyophilise.fr (je recommande !). Je me goinfre et je me débarrasse du superflu afin d’alléger mon sac. J’avais embarqué deux pommes, mauvaise idée, elles ont fini cuites et molles.

©DiegoCostantini_
©BenjaminSoto

Un petit goût de poudreuse… 

Etape 2, 55 km / 1200mD+, la longue. Réveil à 3h30 courbaturée, mais toujours aussi excitée. A 5h15 pour le départ, on éteint nos frontales. J’espère ne pas avoir à la rallumer. Mon objectif : arriver avant la nuit. Ça commence fort avec une grande montée dans le sable mou, avec les cuissots courbaturés de la veille, je suis à la peine. Le PC 1 arrive rapidement, 2h de course déjà écoulées. Il est 8h, le soleil chauffe, je me tartine de crème solaire. Jusqu’au PC2, je suis dans le dur. J’ai encore 7h de course devant moi, le moral est un peu à plat. Je mange une demie barre des céréales toutes les heures. Au PC3, je me pose 20 minutes pour soigner une ampoule. Suite à ça je reprends le dessus et je cours quasiment jusqu’au prochain PC. Je sais que la descente de la dune approche et ça me donne des ailes. La duna, en sens inverse, c’était extra.  J’avais l’impression de descendre dans la poudreuse. La fin est longue, heureusement le bœuf séché occupe mon esprit et mon ventre. Je termine en 11h10 bien avant le couché du soleil. Demain, ce sera le jour de repos bien mérité, où j’ai vécu de petites aventures (le détail sur Josyrunning.com). 

©BenjaminSoto

Et un Pisco Sour, un…

Etape 3, 22 km, 510mD+. Debout à 5h30, il faut plier le campement. Départ 7h30 dans le brouillard. Tant mieux car le soleil va chauffer dur ce jour là. Cette étape sera bien plus roulante que les autres. Elle passe tellement vite qu’on en oublierait les paysages les plus beaux et variés du séjour. La médaille me fait couler quelques larmes de bonheur intense. Je termine en 3h42, heureuse ! Place à la piscine, la fête et les Pisco Sour. Hyper indiqué pour toute récupération, ce cocktail péruvien citronné ! Je rentre avec un tas de souvenirs de cette traversée du désert nourrie de belles rencontres. Je tire mon chapeau à toutes les petites mains qui nous ont soignés et guidés. Je regrette en revanche le côté très « marketing » de l’organisation. La mise en avant des « influenceurs » et « VIP » tout au long de la course était un peu fatigante et a fait ressortir un faux-air de ClubMed qu’on ne cherche pas sur un ultra-trail. De plus ,la gestion des invités par les marques partenaires est très inégale au sein des participants, c’est en tout cas le ressenti de pas mal de coureurs…