Boire régulièrement en course, c’est le premier réflexe pour éviter la panne sèche. Comment bien s’hydrater et quelles boissons choisir ? On se jette à l’eau, avec Sandrine Nail-Billaud, pharmacienne. 

Le corps est composée d’environ 55 % d’eau – pour une femme de 60 kg, cela représente environ 33 kg de masse d’eau. C’est un nutriment majeur – vital ! – dans notre organisme. Lors d’un effort intense, la perte d’eau et de sel peut être extrêmement importante et atteindre plus de deux litres par heure, générant de multiples maux (crampes, déshydratation, fatigue, tendinite) et dangereuse (calculs rénaux, coma..) et peut retentir sur la performance si les apports hydriques en cours d’effort sont insuffisants. Il est donc impératif de limiter les pertes en eau pour conserver le maximum de ses capacités sportives tout en assurant un refroidissement corporel efficace, en transpirant. 

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6 REFLEXES POUR RESTER A FLOT 1/ Buvez avant d’avoir soif, dès le début de l’effort, à raison de 2 grosses gorgées de liquide toutes les 10 à 15 minutes. 2/ Vent, altitude, froid, chaleur : ces facteurs accentuent la déshydratation. 3/ Faites le test : avoir des urines claires est un bon signe d’hydratation et d’élimination après l’effort. 4/ Transpirer n’est pas honteux : c’est au contraire le signe que votre thermorégulation fonctionne bien. 5/ Gare aux idées reçues : la bière n’est pas l’idéal pour récupérer, le soda n’est pas une bonne source d’énergie sucrée et non, l’alcool ne réchauffe pas le corps. Consommez-les ponctuellement pour le plaisir et à distance des efforts sportifs. 6/ Trop c’est trop : ingérer une trop grande quantité d’eau est dangereux car cela peut dans certains cas extrêmes provoquer une hyponatrémie – dilution du sodium corporel tellement importante que la contraction musculaire peut être perturbée. Les symptômes ? Nausées, vomissements, dégoût de l’eau, céphalées… à l’extrême, des troubles de la conscience et des crises convulsives pouvant engager le pronostic vital en cas d’hyperhydratation.

Suis-je déshydraté ? 

Lorsque la déshydratation est enclenchée, la fréquence cardiaque augmente de manière significative entraînant une diminution de la tension artérielle ce qui va provoquer des troubles de la conscience et une impression de très grande fatigue. La température corporelle s’élève ce qui entraîne une baisse notable des performances avec une fatigue et une lourdeur des jambes. Un essoufflement, un état léthargique et des difficultés à s’exprimer peuvent apparaître et conduire jusqu’à un état comateux. Lorsqu’ils sont répétés, ces déficits hydrauliques se manifestent par des douleurs musculaires, ligamentaires ou encore tendineuses. Il peut alors apparaître des pathologies à l’effort comme des claquages, des déchirures musculaires ou encore des entorses.

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Quelle eau choisir ? 

Certaines eaux contiennent les minéraux ou oligoéléments (magnésium) pouvant provoquer des désordres digestifs voire des diarrhées légères. Dans l’idéal, l’eau choisie doit avoir un résidu à sec à 180° inférieur à 500 mg/litre. L’idée, c’est de varier. Celle du robinet est adaptée aussi à la pratique du sport ! La boire fraîche est un plus car il semblerait qu’à une température de 10-15°, la majorité de la boisson serait passée en 15 minutes au niveau intestinal. En-dessous, gare aux désagréments intestinaux.

Quelle boisson isotonique ?

En course, il est important de prévenir la déshydratation, mais aussi l’hypoglycémie par l’épuisement complet du glycogène musculaire et encore les pertes d’électrolytes (sel), vitamines et minéraux. L’idéal est donc de boire une boisson permettant de combler ces pertes avec notamment du sucre et du sel. C’est la fameuse boisson isotonique dont la densité serait équivalente à celle du sang afin d’en avoir une absorption maximale au niveau intestinal pendant l’effort. Elle doit être constituée d’une base de sucres à index glycémique élevé pour venir en complément des réserves musculaires tels que du saccharose (sucre blanc), par exemple. Pour un effort long, des maltodextrines (en complément du sucre) pour une boisson hautement glucidique et enfin des sels minéraux pour pallier les carences liées à la transpiration et la pratique du sport. Comment choisir ? À part ces trois éléments indispensables, le reste est affaire de goût. Bec sucré ? Adepte du salé sur les épreuves longue durée ? À vous de voir. Une règle d’or toutefois : testez votre boisson à l’entraînement avant de la choisir pour votre compétition afin d’éviter les mauvaises surprises. 

A SHOPPER

Nutrisens, Naturium poulet-curry. Le + Goût salé apprécié lorsque l’on sature du sucré sur les efforts. Overstim.s, hydrixir antioxydant citron-citron vert. Le + Un léger goût citron-citron vert, sans acidité, colorant ni conservateur. Hydraminov menthe Effinov. Le+ Goût menthe très peu sucré et peu écœurant. 

Article rédigé par Sandrine Nail-Billaud, paru dans Running pour Elles 48.



Cette Nike Epic React Flyknit 2 propose une empeigne sans couture et sans languette, l’ajustement au cou-de-pied se faisant par une bande élastique. Le poids est de 250 g en 44,5 et l’empeigne est étroite. Premières foulées : l’amorti n’est pas trop présent, le poids léger ne se fait pas au détriment de la stabilité ou du confort qui est très correct. La coque arrière est souple mais elle maintient suffisamment le talon. On peut d’ailleurs les enfiler facilement sans les délacer  mais c’est à éviter toutefois sous peine de fragiliser la partie arrière en forçant insensiblement à chaque fois. Le dynamisme constaté associé au poids réduit les rend très faciles sur piste, ainsi que pour des séances rythmées sur bitume ou chemin stabilisé où elles s’avèrent très efficaces. A noter toutefois : sur piste synthétique humide, l’adhérence est juste dans la moyenne. Leur semelle épaisse ne les rend pas rigide, le déroulé du pied n’est pas entravé. On se sent vraiment libre au niveau du pied, même si l’empeigne vraiment étroite pourrait ne pas convenir à tous les types de pieds. Avec cette Epic React Flyknit 2, Nike propose un modèle assez polyvalent. Certains triathlètes sur courtes distances les ont adoptées pour pouvoir les porter sans chaussette, leur empeigne sans aucune couture limitant les frottements.

Utilisation : entraînements et compétitions toutes distances pour coureur à foulée neutre et d’un poids inférieur à 75 kg.

Prix : 150 € – Poids : 250 g en 44,5 

Les + Polyvalence, empeigne sans couture, prix contenu pour une Nike. 

Les – Empeigne étroite

Notes

Amorti : 17/20 Confort : 17/20 Souplesse : 16/20 Stabilité : 15/20 – Note moyenne : 16,25/20 

Il a testé pour vous

Frédéric, 43 ans, 1,77 m, 69 kg, 2h47’ sur marathon (2013). Pieds légèrement pronateurs, sans correction. Chausse habituellement des Adidas. Conditions du test : 150 km sur route (70 %), chemins stabilisés (20 %) et piste (10 %), tous types de séances



La marque US, nouvel acteur sur le marché européen, présente avec l’Ultrafly 2, son modèle le plus accessible qui garde l’ADN de la course naturelle : faible drop (5 mm) et chaussant généreux pour laisser de la liberté au gros orteil. Nous l’avons déjà dit mais les modèles Topo nous évoquent d’autres marques sans pour autant en être des copies. Cette Ultrafly est une chaussure typée moyennes et longues distances.La semelle à trois densités (4.5 mm de semelle extérieure en caoutchouc, une semelle intermédiaire de 18.5 mm en EVA au niveau du talon et 13.5mm à l’avant et 5 mm de semelle intérieure) protège tout en guidant légèrement le pied dans l’axe naturel de course. Le talon est parfaitement tenu sans que le rembourrage ne soit trop présent. Une attention particulière a été portée au tendon d’Achille avec deux petits coussins qui l’entourent.Cela peut gêner lors des premières sorties mais on les oublie très rapidement. Le mesh est très ajusté et respirant et vient apporter de la stabilité au pied. Rien à redire sur le laçage qui est efficace. La languette est rembourrée juste comme il faut. L’Ultrafly 2 est extrêmement confortable pour une chaussure typée foulée naturelle.Le dynamisme n’est pas en reste même si vous ne battrez pas votre record sur 10 km avec cette chaussure. Le déroulé du pied se fait assez facilement même si l’épaisseur de la semelle ralentit un peu la transition. Cette Ultrafly 2 est à l’aise sur les sorties longues rythmées et les séances d’endurance fondamentale. En revanche elle est trop lourde et trop amortie pour les séances de fractionnés. En résumé l’Ultrafly 2 est une parfaite entrée en matière pour ceux qui veulent s’essayer à une foulée plus naturelle. Elle vous accompagnera efficacement dans vos sorties longues ou d’endurance fondamentale.

Poids : 281 g en 42,5 / 235 g en 38,5  – Drop : 5 mm

Prix : 160 €. 

L’avis du testeur

Amorti : 18/ 20 Confort : 16/20 Stabilité : 16/20 Souplesse : 16/20 – Note moyenne : 16,5/20

Le + Le look épuré de la chaussure que vous pourrez porter en ville. 

Le – Le système de guidance du pied qui ne correspond pas vraiment à l’esprit « foulée naturelle ». 

IL A TESTE POUR VOUS


Antoine, 38 ans, 1,89 m, 78 kg, meilleure perf : 3h14 sur marathon (2012). Pieds universels. Chausse habituellement des Brooks, Saucony ou Altra. Conditions du test :150 km avec séances de 30/30, 400 m sur pistes, seuil, sorties longues, par temps sec et sous la pluie.



A Boston, lors du Patriot Day, il n’y a que trois choses à faire : « Aller encourager les Red Sox, voir le marathon ou participer au marathon. » Le 15 avril dernier, Solène a réalisé SON rêve américain. Compliqué, magnifique… magique. Elle nous raconte.

En bref. Solène Masson court depuis 2015. Marathonienne addict, elle ai découvert les joies du triathlon il y a deux ans et réalisé son premier Ironman. Depuis, rien n’arrête cette Niçoise.

Après une courte nuit et un réveil mouvementé, la pluie tape à la fenêtre. Le porridge avalé, l’heure du départ a sonné. En attendant la navette, j’enfile un poncho, celui de Paris, comme pour rappeler aux Américains que parmi les 30 000 coureurs, il y a des petits Frenchies. Comme un pèlerinage, nous nous dirigeons vers les school buspour rallier Hopkinson. Les visages sont un peu tendus. On craint tous la météo de l’an dernier. Puis l’ambiance change, un air de fête gagne dans le bus. 

Boston, Big Boss

La pluie a totalement ravagé le sol des tentes au départ. L’accès est si compliqué que tout le monde y va de son astuce : sac poubelle autour des baskets, pieds nus… et puis voilà l’heure pour moi de rejoindre mon sas. J’ai à peine attendu, quelle aubaine. Tout est organisé au cordeau. Par chance je me retrouve devant. Je rencontre un Français qui fête son 50eanniversaire et puis 3, 2, 1, top départ. Je suis un peu déstabilisée, car je n’entends pas l’hymne national. Les premiers sas étant partis depuis très, très longtemps. Dès le début le ton est donné. Le parcours est exigeant. Ça part fort, la descente me paraît interminable et je sens que mes quadris vont être mis à rude épreuve. Je me freine un peu, mais pas trop et surtout, je savoure, j’ai les larmes aux yeux. Je suis à Boston, au marathon de Boston. Ce marathon, je l’ai rêvé. J’ai couru mon premier en 2015 et je m’étais dit : « Un jour, je l’aurai ma licorne. » J’ai mis toutes les chances de mon côté. Alimentation, plan d’entraînement, rien n’a été laissé au hasard. Je déroule mon plan de match comme je l’avais programmé, je tiens l’allure, m’hydrate, me ravitaille. Tout se passe bien même si je sais que le plus dur est devant moi. 

©Boston Athletic Association/FayFoto

Toute la ville sur les trottoirs

L’ambiance est totalement folle. Les Américains sont tous là pour nous encourager. Malgré la pluie des premières heures, les rues sont pleines, certains prennent le temps d’embrasser les supporters, de faire des selfies. Tout Boston est à la fête et c’est merveilleux. Les cris s’entendent à des kilomètres, nous ne sommes jamais seuls et… le parcours n’est jamais plat. Le semi arrive vite, je m’en étonne. Un œil sur ma montre, tout est réglé au millimètre. La chaleur commence à se faire sentir. Je commence à chercher mon mari. Il doit être vers le km26. 

44 côtes !

©Boston Athletic Association/FayFoto

Plus nous avançons et plus tout est compliqué. Quarante-quatre, il y a 44 côtes dont une tellement redoutée, la Heart Break Hill, une succession de quatre montées et faux plats… qui clairement a raison de beaucoup d’entre nous. Je vois mon mari, je suis tellement heureuse, je crois qu’il l’est aussi et ça me rend fière. Je ne pense qu’à le retourner à l’arrivée. J’ai juste quelques kilomètres compliqués à passer. Les visages s’étirent et nous rentrons enfin dans Heart Break Hill. Je me promets de ne pas marcher. Je me jure de ne pas avoir de regrets de, « si j’avais su ».Je donne tout, tout ce que j’ai dans les jambes, dans les tripes. Mon rythme chute. Je n’aurais pas le chrono espéré, mais qu’importe, Boston ne se vit pas à moitié. Je me refuse à être déçue et j’avance. Compte toujours mes pas, comme un métronome, de 1 à 8 à chaque chiffre, un pas au sol. Bientôt, nous arrivons dans la ville. Je suis en admiration devant ceux qui nous encouragent. Tous ces« you can do it »raisonnent. Je suis tellement fière à ce moment-là. J’ai la chance de croiser une amie venue m’encourager, je l’embrasse et je repars. Je n’ai qu’une idée en tête : ma licorne. Je sais que je vais la décrocher. Je repense à tout ce que j’ai mis en œuvre  pour ça. Je n’ai fait aucun sacrifice, j’ai juste essayé d’optimiser cette course. Je repense en revanche aux sacrifices que mon mari fait pour ma passion, pour ces voyages que nous faisons pour le sport. J’encourage toutes les personnes croisées. C’est la première fois que je vois des participants en béquille… 

©Boston Athletic Association/FayFoto

Un rêve éveillé

Un dernier pont, une dernière côte et je laisse exploser ma rage. Mais pourquoi ?  Je n’en peux plus de ces bosses mais je sais qu’en face de moi, c’est le dernier virage. La dernière ligne droite. Boylston Street. L’émotion est énorme, la foule massive, moi je vole, baisse les yeux. Elle est là, sous mes pieds, cette ligne au sol. Je relève la tête. Je l’ai fait. 3h30’15” de bonheur et de souffrance. Je suis passée d’un rêve à la réalité. Je souhaite vraiment à chaque personne amoureuse du marathon de vivre un jour celui-là. Ici pas de chichi, pas de blabla, juste des coureurs en baskets venus vivre une expérience unique. Oubliez tout ce que vous avez connu, Boston ne ressemble à rien et croyez-moi, il changera totalement votre vie. 

Article rédigé par Solène Masson, publié dans Running pour Elles 52.



Après la technologie Shakedry, Gore présente une veste équipée du tissu nouvelle génération Gore-Tex Infinium. Les principales différences entre la Shakedry et  cette veste Gore R7 Gore-Tex Infinium résident dans la résistance aux éléments. Si l’Infinium possède une technologie Windstopper (coupe-vent) que n’a pas sa grande sœur, la Shakedry est complètement déperlante tandis que l’Infinium est durablement résistante à l’eau. En pratique, là où vous pourrez rester 5 h sous une pluie battante avec la Shakedry, l’Infinium résistera 30 à 45 minutes avant de céder. On parle ici de grosse pluie en continu.  Mais cette Infinium possède  de vrais atouts.

Ce que l’on a aimé

Elle est parfaitement ajustée ce qui évite l’effet parachute lorsque le vent souffle. L’autre avantage de cette coupe cintrée, c’est est une meilleure conservation de la chaleur corporelle. La technologie Windstopper ne fait que renforcer cette sensation d’être bien au chaud dans sa veste sans avoir trop chaud grâce à une excellente respirabilité. Il faudra vraiment beaucoup transpirer pour que la sueur finisse par s’accumuler dans les manches et que la R7 finisse par coller à la peau. Autre point positif : la capuche ajustable en largeur ce qui manquait sur d’autres modèles de la marque. Là encore c’est appréciable quand le vent souffle. Les adeptes de trail ne seront pas en reste puisque la R7 pourra supporter durablement un sac à dos là où la Shakedry était trop fragile pour l’envisager. Dernier atout : sa légèreté. On ne sent pas la veste sur soi. Elle se transporte dans un sac facilement. J’ai même réussi à la rouler en boule et à l’accrocher sous la selle de mon vélo de course. En résumé Gore propose ici une veste utile sur route comme en trail, hautement résistante au vent, parfaite pour affronter une averse d’orage. 

Prix : 190 €.

Le + Prix nettement plus accessible que la Shakedry.

Le – La Shakedry sèche en 2 min, il faut attendre un peu plus longtemps avec cette Infinium.

Testée par Antoine, dans Running Attitude 201.



Première édition de la Run Mate, les 28 et 29 septembre, autour de Vévey. Ce tour du lac Léman en relais, ce sera 200 km à parcourir, scindés en relais de 3 à 13 km. Cet événement franço-suisse reliera les cantons de Vaud, du Valais, de Genève et le département de Haute-Savoie. Pour participer, deux options : monter une Team de 6 à 9 personnes, ou bien opter pour la version « Ultra » de 2 à 5 coureurs. Une trentaine de points relais seront proposés, ainsi que des challenges fun et culturels.
www.runmate.org



Ces nouvelles New Balance 890 V7 sont très sobres en blanc et très légères (210 g en 44). L’empeigne en tissu façon tricot est très aérée et le chaussant est assez large. Dès les premières foulées en endurance on constate que l’amorti est typé « sportif » : pas de mollesse mais des promesses de dynamisme. Sur la piste pour une séance de fractionnés elles font merveille, y compris sur un sol humide.Même sentiment lors de variations d’allure. En revanche cette empeigne en tissu léger devient vite humide sous une forte pluie, et le blanc est salissant. A noter toutefois qu’elle existe en coloris vert foncé. Sortie longue avec quelques séquences à allure marathon : le confort n’est pas leur qualité première, mais si l’on aime un amorti légèrement ferme, on devrait être à l’aise même après plus de deux heures. Dans ce cas, les coureurs de moins de 65 kg seront alors peut-être plus à l’aise, en revanche au dessus de 75 kg elles risquent de « taper ». Au final, bien que le confort ne soit pas son point fort, ce nouveau modèle se veut polyvalent, de l’endurance aux séances de fractionné rapide.

Utilisation : entraînement toutes distances, compétition jusqu’au semi-marathon pour coureur à foulée neutre, poids inférieur à 75 kg

Prix : 120 euros

Poids : 204 g en 42, 158 g en 38 – Drop : 6 mm 

L’avis du testeur

Amorti : 17/20 Confort : 17/20 Souplesse : 17/20 Stabilité : 15/20 Note moyenne : 16,5/20

Les + Tarif contenu, design sobre, dynamisme. 
Les – Confort en retrait sur sortie longue, pieds humides par temps pluvieux.

IL A TESTE POUR VOUS

Frédéric, 54 ans, 1,77 m, 69 kg, 2h47’ sur marathon (2013). Pieds légèrement pronateurs, sans correction. Chausse habituellement des Adidas. Conditions du test : 150 km sur route (70 %), chemins stabilisés (20 %) et piste (10 %), tous types de séances



Elle impressionne avec son épaisse semelle rouge en partie évidée et  étonne avec sa partie avant qui ne touche pas le sol. Avec ce modèle diffusé à peu d’exemplaires, Asics veut tester un concept offrant un gain d’énergie de 20 % à effort égal. Niveau poids, avec 320 g en 44, ce n’est pas franchement léger. La forme très incurvée oblige à se réceptionner sur le tiers avant du pied : après une adaptation d’environ 20 minutes, ce fut ensuite naturel. En endurance cela incite à être plus dynamique, et à accélérer insensiblement. Sur la piste, après un épisode de pluie, elle offre une adhérence moyenne. La relative rigidité de la semelle se fait oublier, de même que le point dur ressenti en statique sous les métatarses. Sur route ou chemins bien revêtus les variations d’allure se font également facilement, mais la stabilité latérale n’est pas le point fort de cette Metaride : les chemins accidentés seront sans doute à éviter.
Les sorties longues en endurance restent possibles mais la particularité de cette semelle incite à aller vers une foulée un peu plus rapide, approchant l’allure marathon.Pour les coureurs ayant déjà une réception sur l’avant du pied ce modèle sera plausiblement trop typé, en revanche ceux cherchant à réduire leur impact talon trouveront une assistance naturelle.

Utilisation : entraînements route ou chemins stabilisés, compétitions jusqu’au semi (adaptation à envisager sur marathon). 

Prix : 250 €. Poids : 320 g en 44  Drop : 0 mm

Les + Concept étonnant. 

Les – Prix très (très !) élevé, concept pouvant ne pas convenir à tout le monde.

L’avis du testeur

Amorti : 17/20 Confort : 17/20 Souplesse : 16/20 Stabilité : 15/20 Note moyenne : 16,25/20 

Il a testé pour vous

Frédéric, 54 ans, 1,77 m, 69 kg, 2h47’ sur marathon (2013). Pieds légèrement pronateurs, sans correction. Chausse habituellement des Adidas. Conditions du test : 150 km sur route (70 %), chemins stabilisés (20 %) et piste (10 %), tous types de séances



Rien de tel qu’une session intensive entre passionnés pour rester dans la course ! 4 options pour coller à vos envies.

En mode « montagne » avec TeRDAV

TerDav, le spécialiste du voyage à pied propose une série de stages, en trois formules – découverte, aventure, expert. On peut s’élancer sur les plus beaux itinéraires de trek en courant (aventure) ou bien s’offrir une reconnaissance sur l’un des parcours de l’UTMB (expert). 

En détail : catégorie « aventure », au programme à partir du 30 juin: Tour des Aiguilles Rouges en 3 jours, lac Léman-Chamonix en 5 jours, tour du mont-blanc intégral en trail en 7 jours, Briançon-Méditerranée en 8 jours, Chamonix-Briançon en 8 jours. Catégorie « expert », l’ OCC (Orsières-Champex-Chamonix) en 2 jours, la CCC (Courmayeur-Champex-Chamonix) en 3 jours, le tour du Mont-Blanc en 4 jours. Egalement un nouveau stage dans le Puy de Dôme, encadré par le roi des Templiers, Thomas Lorblanchet. 

Combien ça coûte ? A partir de 380 €.

Les + La logistique est adaptée, on court avec un sac léger la journée, on passe la nuit en refuge ou en gîte et l’on profite de conseils avisés de trailers professionnels. 

En mode « perf » avec Bruno Heubi 

L’un de nos coachs référents, Bruno Heubi, entraîneur depuis 27 ans et ancien champion du monde de 100 km propose des stages pour progresser sur quelques week-ends de l’année au CREPS de Reims, à 45 minutes en TGV de Paris. 

En détail : quel que soit votre niveau, vous serez évalué (test de VMA et d’EMA), conseillé dans vos objectifs, vous apprendrez à progresser en comprenant les sens des entraînements. Vous repartirez avec des outils et documents personnalisés pour vous aider à gérer votre entraînement de manière autonome. 

Combien ça coûte ? 390 € pour le stage du vendredi soir au dimanche après-midi avec hébergement, repas au CREPS de Reims et installations techniques à disposition (salle de cours, piste intérieure).
Prochains stages : du 12 au 13 octobre, du 9 au 10 novembre (sous réserve de modification)

En mode « cure » avec Thalasso Pornic 

©Thalassocraties Pornic

Rééditée depuis des années, cette cure spéciale running de Thalasso Pornic associe aquatraining, jogging et  musculation, le tout encadré par un coach sportif et un kiné. 

En détail : le matin des séances variées (sortie longue, fractionné, footing sur la plage), préparation physique en salle, test de VO2 max, renforcement musculaire et postural. Et l’après-midi de soins thalasso (massages tonifiants, douches au jet, séances pressothérapie et de cryothérapie, hydromassages).  

Combien ça coûte ? Formule 6 jours et 23 soins à 1824 € avec hébergement ou 4 jours et 11 soins à 1 236 €.  

Le + Une vraie parenthèse running et bien-être. 

En mode « semaine complète » avec Bernard Faure

Ancien champion de France (2h12’53’’ sur marathon en 1983) et entraîneur, Bernard Faure propose des sessions de 6 jours dans sa maison de charme du Périgord, entre Brive-la-Gaillarde et Périgueux. 

En détail : du samedi après-midi au vendredi matin, on alterne la pratique avec des séances variées, et la théorie, en abordant tous les principes de la progression (VO2, VO2 max, VMA, seuils, etc…) et les fondamentaux aux nécessités spécifiques que sont les domaines de la santé, du marathon et du trail. On élabore son propre plan d’entraînement et travaille sa foulée. 

Prochains stages : du 13 au 19 juillet, du 27 juillet au 2 août, du 10 août au 16 août, du 24 août au 30 août, du 14 au 20 septembre. 

Combien ça coûte ? 812 € pour la première personne, 656 € pour la deuxième personne, en chambre et table d’hôte. 



Qu’il semble loin le temps où la marque de fabrique d’Hoka était une épaisse semelle et un air pataud. Avec cette Evo Carbon Rocket, place à l’allègement à tout point de vue. Poids réduit avec 235 grammes en 44 et empeigne façon « filet » laissant augurer une faible résistance à la pluie, chaussant très étroit, voici pour les présentations. Premières foulées en endurance : l’amorti est plutôt sec, ce n’est pas inconfortable mais c’est sportif. On est finalement mieux en accélérant un peu : comme avec d’autres modèles orientés vers la performance, cette paire semble moins à l’aise à faible allure. Direction la piste pour vérification : oui, ce sont de vraies fusées ! Hormis l’empeigne étroite qui pourrait gêner certains, on se sent quasiment libre de faire ce que l’on veut. Les limites du coureur seront atteintes avant celles des chaussures. Une grosse averse confirmera deux choses : l’eau ruisselle rapidement à travers l’empeigne très fine, la semelle offre une bonne adhérence. Sur une sortie longue (1h45) l’ambiance sportive nécessite de conserver un rythme assez soutenu pour en tirer la quintessence. Si une empeigne étroite et un mesh peu étanche ne sont pas gênants, si l’on aime courir à un bon rythme avec une foulée dynamique, voici un modèle tout à fait adapté, concurrent direct des Nike Vaporfly et Adidas Adizero.

Utilisation : entraînements rythmés sur route pour coureur à foulée neutre, compétitions pour ceux aimant les chaussures à vocation très dynamique.

Prix : 160 € – Poids : 235 g en 44,5

Les + Dynamisme, tarif par rapport à ses concurrentes.

Les – Nécessite une foulée plutôt dynamique, chaussant étroit.

Notes

Amorti : 18/20 Confort : 17/20 Souplesse : 17/20 Stabilité : 17/20 – Note moyenne  : 17,25/20 

Il a testé pour vous

Frédéric, 54 ans, 1,77 m, 69 kg, 2h47’ sur marathon (2013). Pieds légèrement pronateurs, sans correction. Chausse habituellement des Adidas. Conditions du test : 150 km sur route (70 %), chemins stabilisés (20 %) et piste (10 %), tous types de séances



Nos athlètes français ont brillé sur les championnats du monde de trail disputés samedi 8 juin au Portugal, sur un circuit de 44 km et 2100mD+. Pour sa première sélection, la Française Blandine L’Hirondel, de Bayeux dans le Calvados, décroche la médaille d’or en bouclant la distance en 4h06’40’’. Chez les hommes, Julien Rancon de Limonest termine à la deuxième place en individuel en 3h37’47’’, à deux minutes du vainqueur Anglais, Jonathan Albon. Notre équipe masculine est sacrée championne du monde. Belle moisson. Bravo, champions !



Le Marathon des Jeux Olympiques de Paris 2024 sera pour la première fois ouvert au grand public. En attendant l’ouverture officielle des inscriptions, 46 amateurs (23 femmes et 23 hommes) pourront déjà tenter de se qualifier le 23 juin, journée de l’olympisme. Pour l’occasion, des courses seront organisées dans douze villes de France. A Paris sur la place de la Concorde transformée en terrain de sport, mais aussi à Angers, Bordeaux, Dijon, La Courneuve, Marseille, Montpellier, Mulhouse, Rennes, Saint-Etienne, Tours et Villeneuve d’Ascq.  Distance à parcourir : 2 204 mètres. Un tirage au sort désignera les 46 heureux élus. 



Cinq nouveaux modèles annoncés avant l’été, dont cette 945, la plus complète. Orientée course et triathlon, elle est capable de stocker jusqu’à 1 000 chansons (casque vendu à part) et permet de s’entraîner en musique, sans smartphone. Elle intègre la cartographie couleur de 47 pays européens et propose la fonction Garmin Pay. Autre nouveauté : une option d’analyse d’entraînement qui décompose l’historique récent de l’utilisateur en catégories basées sur la structure et l’intensité. Autonomie annoncée : 36h en mode GPS, 10h en mode GPS et musique.

600 €, 750 € avec moniteur HRM-Tri et moniteur HRM-Swim.



En course, le poids du sein peut être multiplié par cinq. Pas question donc de négliger le soutien-gorge de sport. Maintien maximal confort, optimal.

1) SG ou brassière pendant l’effort ?

La brassière de sport « généraliste »  type Nike, Asics, H&M, Forever 21, etc., est à réserver aux activités à faible impact (gainage, yoga). En running, c’est du lourd : le sein oscille de haut en bas, d’avant en arrière, sur les côtés… jusqu’à 20 centimètres. Et on ne parle pas des douleurs liées aux cycles menstruels. Le maintien doit être maximal, que l’on ait une petite ou une grosse poitrine. On se tourne le soutien-gorge de sport des marques spécialisées (Zsport, Anita Active, Shock Absorber, Odlo pour ne citer qu’elles) dont la coupe et la matière sont étudiées pour minimiser l’impact de la course.

2) Porte-monnaie et banc d’essai

Un bon soutif de sport, c’est un budget mais tout bien calculé, vous vous y retrouverez. Côté confort d’abord, c’est indéniable – et primordial ! –  au fil des lavages ensuite, car il ne se déformera pas. L’idéal, c’est de se rendre en magasin. En fonction de la forme de votre poitrine, une marque spécialisée vous ira mieux qu’une autre. Enfilez, sautez sur place. Ça bouge ? Ça gêne ? Eliminé !

3) La bonne taille & les détails

Plusieurs détails sont toutefois à vérifier. L’entre-bonnet doit coller au torse, la bande sous-poitrine à plat contre la peau et à l’horizontale. Si elle remonte dans votre dos, c’est sans doute que le tour de buste est trop grand – vous ne devez pas pouvoir y passer deux doigts. Si au contraire, vous vous retrouvez avec des boursouflures sur la poitrine ou au niveau des aisselles, c’est que le bonnet n’est pas assez profond. Ajustez les bretelles, sans trop les serrer, car à la longue, cela vous ferait des marques. Sachez que le maintien d’un soutien-gorge se fait principalement par le dos et non par les bretelles ! Enfin, il est aussi question de confort : à l’essayage, il est essentiel de vous sentir à l’aise, maintenue mais pas comprimée non plus.

4) La coupe à la loupe

La coupe « dos nageur » est idéale en course à pied car elle facilite l’aisance des mouvements et assure aux bretelles de rester en place. Les runneuses ayant une forte poitrine préfèreront les modèles aux larges bretelles croisées (et matelassées) dans le dos (en forme de X ou de Y) afin d’assurer un bon maintien pendant l’effort. Pour la fermeture, trois options possibles, avec trois agrafes dans le dos, à l’avant entre les seins, ou bien à enfiler ; là c’est vous qui voyez. Idem pour les bonnets préformés et les modèles avec armatures, qui devront être protégées d’une matière douce et capitonnée, c’est une question de goût et d’habitude.

Le saviez-vous ? 1/3 des coureuses souffrent de la poitrine en courant et ne connaissent pas vraiment leur taille. 



Lac Baïkal, cet endroit fascinait Véronique depuis la lecture du livre de Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie. Elle s’est jetée à l’eau en traversant ce lac gelé en courant, le 2 mars dernier. Récit.

Véronique, 41 ans, iséroise d’origine, vit au Cambdoge. Elle a couru plusieurs ultras, notamment l’Ultra Gobi (400 km en autonomie dans le désert) qu’elle a gagné en 2016, et début 2019, l’Ultra Trail d’Angkor (128 km) qu’elle a aussi remporté.

Ma préparation physique étant impossible à Phnom Penh, où je vis, je lis blogs et témoignages d’anciens coureurs. Et je m’équipe pour cette immersion hivernale : masque de ski, cagoule de braqueuse de banque, chaussettes et T-shirt en laine, crampons pour les baskets, ce qui est pour moi une découverte.

Six pieds sous “mer”

J’arrive trois jours avant à l’aéroport d’Irkutsk, histoire de m’acclimater. Premier footing, au bord de la rivière partiellement gelée, par -10°C et un grand ciel bleu : je suis bien. Transfert à Listvianka, petit village au bord du lac Baïkal. Je teste cette fois mes « chaînes », plutôt confortables. Mais courir sur le lac est très éprouvant, pour moi qui ai peur de l’eau. Sous mes pieds, je vois les abysses noirs, jusqu’à 1600 mètres de profondeur. J’entends des craquements sourds, la glace qui travaille… Je sprinte en hurlant vers la rive : je n’aime pas ça du tout !

Le lac Baïkal est la plus grande réserve d’eau douce de la planète, 260 fois le lac Léman en volume. Les Russes l’appellent la Mer, et l’endroit est sacré. 636 km de long sur 80 km de large, et ses eaux transparentes permettent une visibilité à plus de 40 mètres. Au briefing du vendredi, j’ouvre grand mes oreilles. On nous parle de fissures. L’une ressoudée, l’autre, fraîche de la veille, reste sous surveillance. Nous serons assistés en cas de besoin… Gloups.

« Refermez-moi ces fissures… »

Le marathon est programmé pour demain. Nous partons en aérocraft pour rejoindre la rive en face. Une heure de glissade sur cette patinoire géante, un joli baptême. En sortant de l’engin, 10 à 20 cm de neige molle. J’ai les pieds trempés avant même de commencer… Un rituel chamanique s’impose : on trempe son petit doigt dans un verre de lait – en temps normal, c’est de la vodka –, on jette une goutte à chaque point cardinal, boit une gorgée et verse le reste sur la glace, en pensant très fort : « Refermez-moi ces fissures ! » Nous sommes 100 coureurs, dont 15 filles sur le marathon et 25 sur le semi. Il fait -8°C, nuageux. 10h, c’est le top départ. Je découvre la course sur neige : l’impression d’être saoule, mes pieds ne vont pas droit, je n’avance pas et souffle comme un âne. Je m’applique, lève mes pieds, abaisse ma cagoule et peu à peu, la foulée se stabilise. Sur neige damée, ça devient plus facile. Enfin, je ne dépasse pas les 10 km/h. Un petit pont de bois est posé sur la première fissure aux bords boursouflés. Brrr… Je l’enjambe vite fait sans penser au vide liquide sous mes pieds.

Cosmonaute en scaphandre

Côté équipement tout va bien. J’ai juste l’impression d’être un cosmonaute en scaphandre qui pose le pied sur une planète gelée. Mes pieds se sont réchauffés (2 paires de chaussettes en laine), j’abaisse et remonte ma cagoule dès que mon nez gèle, et mon masque ne s’embue pas. Tous les 7 km, thé chaud, noix, fromage et fruits secs. Je ne rate aucun ravito car il fait soif. 2h12 au semi. Après 21 km enneigés, place à la patinoire. Une surface lisse et noire s’étend à l’infini. On voit paR transparence les failles blanchâtres et les bulles de neiges emprisonnées. C’est féérique. Le lac est vivant. Il respire, toussote, vibre. Je me retrouve seule. À droite : un désert blanc. À gauche : le même désert blanc. Pas d’ours en vue, ouf. Je cours sur une surface de verre au-dessus d’un gouffre. C’est incroyable, effrayant et grisant. Sur cette patinoire, la foulée est plus courte, le corps tendu, crispé. 

Km24 : je vois l’hôtel à l’arrivée de l’autre côté du lac. Le parcours est balisé de petits drapeaux rouges dans la neige. Je pense à Scrat l’écureuil de L’Âge de glace… j’espère que la glace est plus résistante que la banquise du dessin animé.

Vite, vite, la terre ferme

Km 30 : la fameuse fissure à franchir sur un nouveau petit pont. Je n’ai presque plus peur, mais rentre le ventre, vide mes poumons, accélère. Vite, vite, la terre ferme. Km 39 : dernier ravito thé chaud. Les volontaires, immobiles et sans aucune protection contre le froid, patientent pour nous servir au fur et à mesure, sinon l’eau gèlerait dans les gobelets. Merci à eux. La ligne d’arrivée est franchie, en 4h30. Sixième fille, je n’ai pas affolé les chronos, mais j’ai gardé mon nez, mes oreilles, mes orteils et tous mes doigts. Surtout, j’ai traversé le Baïkal en courant. Enjambé ses fissures, observé ses failles sous-cutanées avec la peur d’y voir apparaître des fantômes, foulé sa neige immaculée, piétiné ses sculptures de givre. Le Baïkal ne m’a pas engloutie. Cette nouvelle aventure me fait dire que nos seules limites sont celles que nous nous imposons. Que le monde est si grand et si varié, qu’on ne vit pas devant un écran.

Récit de Véronique Messina publié dans Running pour Elles 52

photos by Maria Shalneva/ Absolute Siberia


Le 28 avril dernier, Londres a vibré pour les 43 221 coureurs de son marathon, 39e du nom. Standing-ovation inimitable et ambiance débridée… Sandrine s’est laissé gagner par la folie de ce « majeur » au grand cœur. Elle nous raconte.

Le fameux « appel de Londres », ce sera une deuxième fois pour moi. Je garde un souvenir ému de ce « major ». En 2014, j’y avais battu mon record personnel, en 3h53. Initialement, j’avais dans l’idée d’approcher ce RP, mais j’ai revu in fine mes priorités. La performance est une chose, le plaisir doit primer, pas vrai ? Je décide de cacher l’écran de ma montre avec une bande de K-Tape, histoire de ne pas me mettre la pression. Deux heures d’Eurostar plus tard, me voici de l’autre côté de la Manche avec le groupe de l’agence Sportifs à Bord. Voyage tout confort, avec hôtel – que dis-je… le Strand Palace, s’il vous plaît – dans l’hyper-centre, à 600 mètres de l’arrivée… Je crois rêver.

Marathon londres

La révolution en carton

Le jour J, la journée démarre par une petite balade en bus pour rejoindre le départ à Greenwich. Notre groupe patiente sagement dans des tentes, bien à l’abri. La météo est fraîche, 8°C avec un peu de vent. Les boissons chaudes à disposition sont appréciées. Pas de bousculade, tout est millimétré, parfaitement huilé, de la dépose des sacs, jusqu’aux toilettes, accessibles sans file d’attente. Côté dames, l’urinoir d’un nouveau genre fait de l’effet. Les fesses à l’air, chacune soulage sa vessie debout, en tenant un petit récipient en carton jetable, même forme que ces messieurs, éclats de rire garantis. L’entrée dans les sas, de couleurs différentes – 4h15 pour moi – se passe sans encombre, et le départ sera rapide. Coup de canon à 10h pour les champions, 10h22 pour ma vague. C’est parti pour 5 kilomètres en pente douce, bien agréables pour dérouler la foulée. Le circuit est performant, sans difficultés, plus simple qu’à Paris, je dirais. Cette année toutefois, quelques rétrécissements de chaussées inopinés – sans doute pour permettre aux piétons de traverser – nous ont obligés à ralentir la cadence ici et là. Je dois dire que ce sera mon unique petit « bémol ». Car en dehors de cela, tout était extra.  

Une planche et des cornes

À commencer par l’ambiance. Énorme : une standing ovation ininterrompue, du 2e km jusqu’à l’arrivée. Nuées de spectateurs et refrains rythmés. Ce qui se vit sur les bas-côtés est hallucinant, plus intense qu’à New York. On frise l’hystérie. D’ailleurs, je me suis vu remettre mes écouteurs pour « m’entendre »… Sur Tower Bridge, pour le passage du semi, c’était la folie. Quatre ou cinq rangées de supporters installés sur des gradins, hurlant sans discontinuer. Sur leur passage, les coureurs « charity », l’âme de ce marathon, embrasent le public. Imaginez, grâce à eux, un milliard de livres sterling a été levé en une journée, c’est un record planétaire. Ces coureurs au grand cœur sont souvent déguisés. Moi je suis servie, coincée entre un (beau) surfeur et un rhinocéros géant… Improbable, non ? La possibilité d’inscrire son nom au fameux Guinness Book suscite les défis les plus farfelus. Pour la petite histoire, 38 participants sont entrés dans ce livre des records au terme de cette 39e édition. Le plus rapide a bouclé en 2h43 habillé en zombie. Les plus lents, une équipe de six, ont mis 5h59 à courir au diapason, dans un unique costume XXXXXXL… Délirant !

J’ai juste vu Big Ben…

Pas d’extravagance pour moi, mais je reçois tellement d’encouragements, sans parler des messages des amis qui me suivent via les réseaux sociaux. Ça me dope, j’avance bien, remets un moment mes écouteurs pour étouffer les hurlements et me reconcentrer. Au 27e km, je retrouve Caroline, une amie. Blessée, elle avance en alternant 30’ course et 15’ marche. Je laisse définitivement tomber l’idée de faire un chrono, préférant l’épauler et partager l’instant. Tout cela est tellement grisant ! Ensemble, on profite, on tape dans les mains des gamins. La foule est si compacte, si agitée que je zappe complètement le décor. J’ai croisé Big Ben c’est sûr, mais pour le reste… mystère. Il paraît qu’en début de course, on a tourné autour d’un gros galion. Ah bon ? 40e km, je décide de filer devant Caroline. Plus que deux derniers kilomètres vers le finish. Un virage et c’est le Palais de Buckingham, puis la place Victoria Memorial – noire de monde – enfin le Mall. Cette large avenue ornée drapeaux britanniques est magique. Je passe l’arche en 4h22. Pas de RP à la clé donc. Qu’importe. Mon essentiel était ailleurs ce dimanche matin. Je suis heureuse d’avoir vibré au rythme de l’inimitable spirit of London.

Récit Sandrine Nail-Billaud publié dans Running pour Elles 52

avec A.M – Photos : Virgin Money London Marathon


Ce livre démythifie près de 50 affirmations sur la coure à pied parmi les plus répandues. On démêle le vrai du faux pour améliorer ses performances tout en minimisant les risques de blessures.

Mythes et réalités sur la course à pied de Martin Lussier et Pierre-Mary Toussaint, 328 p., 17 €.



Maintien 5, le plus élevé, même pour les fortes poitrines. L’enfilage est pratique et rapide, les bretelles sont ajustables avec trois niveaux d’attaches. En blanc, noir, bleu, du 85-100 A à G et 105-115 B à G.

Zsport Zbra Silver, à partir de 54,90 €.