Archive d’étiquettes pour : préparation marathon



Un semi-marathon ou un marathon ne se joue pas uniquement à l’entraînement. Les derniers jours avant la course, le matin du départ et les premiers kilomètres concentrent une multitude de détails capables de transformer une préparation réussie en expérience frustrante. Sommeil, alimentation, hydratation, matériel, échauffement, gestion de l’allure ou ravitaillement ; tour des pièges à éviter avec le champion Yohan Durand.

Avant la course : les erreurs à éviter

1. Négliger le sommeil avant un marathon

Les quatre dernières nuits avant une course sont généralement plus importantes que la seule nuit précédant le départ, souvent perturbée par le stress ou l’excitation. Il est donc préférable, dès le début de la semaine précédant la compétition, de se coucher suffisamment tôt et de conserver des horaires réguliers. Une bonne récupération dans les jours précédant un marathon ou un semi-marathon permet d’arriver au départ avec davantage de fraîcheur.

Mal dormir la veille d'un marathon est tout à fait normal. Ce qui compte réellement, c’est la nuit d’avant-veille. C’est là que le corps recharge en profondeur.
Mal dormir la veille d’un marathon est tout à fait normal. Ce qui compte réellement, c’est la nuit d’avant-veille. C’est là que le corps recharge en profondeur.

2. Se rassurer avec une dernière séance trop intense

La préparation est terminée : une séance exigeante dans les derniers jours ne vous fera pas gagner de forme, mais peut en revanche laisser de la fatigue. Pour un marathon, quelques sorties légères suffisent généralement : un rappel d’allure à J-5, un footing avec quelques lignes droites à J-3, puis un très court réveil musculaire d’environ 20 minutes la veille. En cas de fatigue inhabituelle ou de douleur persistante, le repos reste préférable à une dernière séance forcée.

3. Trop manger la veille au soir

La recharge glucidique avant un marathon ne consiste pas à engloutir une assiette monumentale de pâtes la veille au soir. Pour une course le dimanche, elle commence plusieurs jours auparavant : alimentation habituelle mais riche en féculents à J-3, augmentation des glucides le vendredi, puis apports élevés et répartis tout au long du samedi. Les graisses et les fibres peuvent être réduites afin de faciliter la digestion. Le dîner de veille doit rester simple, familier et raisonnable : riz, pâtes ou semoule, accompagnés d’une petite portion de protéine maigre. Un repas trop copieux risque de perturber le sommeil et le transit.

4. Oublier l’hydratation… ou boire trop

Bien s’hydrater avant une course ne signifie pas boire des litres d’eau pour « faire des réserves ». L’objectif est de boire régulièrement au fil de la journée, en tenant compte notamment de la température et de son alimentation. Des urines très foncées peuvent être un signe de déshydratation. À l’inverse, une consommation excessive et forcée peut provoquer un inconfort digestif et multiplier les passages aux toilettes. Comme pour la nutrition, l’hydratation doit être testée en amont de la compétition.

Veille de marathon : passez en revue votre panoplie, votre plan de course et soignez vos derniers repas.
Veille de marathon : passez en revue votre panoplie, votre plan de course et soignez vos derniers repas.

5. Ne pas anticiper la logistique de la course

Les détails pratiques sont une source majeure de stress le jour d’un marathon ou d’un semi-marathon. Retrait du dossard, horaire de départ, trajet, consignes, toilettes, entrée dans le sas, localisation des ravitaillements : tout doit être anticipé. Repérez également le parcours, ses éventuelles côtes et les endroits où vos proches pourront vous encourager. Moins vous aurez de décisions à prendre le jour J, plus vous conserverez d’énergie mentale pour courir.

6. Ne pas adapter son équipement de running

Préparez votre matériel plusieurs jours avant la course : porte-dossard ou épingles à nourrice, crème anti-frottements, chaussures, chaussettes, tenue, nutrition, gilet ou ceinture… Chaque élément doit idéalement avoir été testé à l’entraînement. Porter un équipement neuf le jour d’un marathon, c’est prendre le risque de découvrir des ampoules, des irritations ou un inconfort après plusieurs kilomètres. La tenue doit également être adaptée aux conditions météorologiques prévues le jour de la course.

Le matin de la course : les erreurs à éviter

7. Innover au petit déjeuner

Le petit déjeuner se prend généralement environ trois heures avant le départ et doit rester fidèle aux habitudes établies à l’entraînement. Ce n’est pas le moment de tester un shot de caféine découvert sur le village de la course, ni de manger beaucoup plus que d’ordinaire par peur de manquer d’énergie. Jusqu’au départ, buvez en petites quantités, avec de l’eau ou une boisson d’attente déjà testée lors de vos entraînements.

8. Arriver trop tard… ou trop tôt dans son sas

Arriver au dernier moment ajoute une dose de stress inutile. À l’inverse, entrer trop tôt dans son sas peut fatiguer, refroidir les muscles et exposer à l’anxiété collective. Le bon compromis consiste à prévoir une marge confortable tout en restant au chaud et au calme le plus longtemps possible. S’il fait froid, un vieux pull ou un sac-poubelle percé peut servir de protection jusqu’au départ.

Nous n’allons pas nous échauffer de la même manière pour une courte (10 km), moyenne (semi) ou longue (marathon) distance.
Bien s’échauffer, c’est donc considérer un ensemble de paramètres liés au contexte. En premier lieu, la distance de la compétition. Nous n’allons pas nous échauffer de la même manière pour une courte (10 km), moyenne (semi) ou longue (marathon) distance.

9. Zapper l’échauffement

L’échauffement permet de mettre progressivement le corps en action avant une course. Il doit rester bref et progressif : quelques minutes de footing, quelques gammes et de courtes accélérations peuvent suffire. L’objectif n’est pas de se fatiguer, mais de réveiller les muscles, les articulations et le système cardiovasculaire. Si l’organisation impose d’entrer tôt dans le sas, gardez une couche chaude et réactivez-vous en sautillant ou en effectuant quelques mouvements dynamiques une quinzaine de minutes avant le départ.

10. Oublier le passage aux toilettes

C’est un détail qui n’en est pas un. Repérez les toilettes dès votre arrivée et prévoyez suffisamment de temps, car les files d’attente peuvent être longues avant le départ d’un marathon ou d’un semi-marathon. Un dernier passage, même sans envie pressante, peut éviter un inconfort durable ou un arrêt imprévu durant les premiers kilomètres.

Pendant la course : les erreurs qui peuvent coûter cher

11. Ne pas respecter son plan de course

Vous visiez 3 h 45 ? Ce n’est pas le moment de tenter 3 h 35 par excès de confiance. L’allure cible travaillée à l’entraînement doit rester votre référence, quitte à partir quelques secondes plus lentement, notamment lorsque vous découvrez la distance. Sur marathon, il est intéressant de prévoir plusieurs scénarios : un plan idéal, un plan prudent et un plan de secours en cas de chaleur, de vent ou de sensations moyennes. L’intelligence de course consiste à savoir s’adapter sans renoncer trop tôt à son objectif.

En compétition, fiez-vous à l'allure moyenne chaque kilomètre, plutôt qu'à l'allure instantanée, très imprécise.

12. Trop regarder son GPS

L’allure instantanée affichée par une montre GPS peut manquer de précision, notamment dans les tunnels, entre les immeubles ou au sein d’un peloton dense. Regarder son écran toutes les trente secondes peut générer du stress et faire perdre le contact avec ses sensations.

Fiez-vous plutôt à l’allure moyenne, aux panneaux kilométriques et à vos temps de passage tous les 5 km, que vous pouvez noter sur votre main ou votre avant-bras. Sur marathon comme sur semi-marathon, apprendre à courir aux sensations est un véritable atout.

13. Rater un ravitaillement

Le temps consacré à boire ou à s’alimenter n’est pas du temps perdu. Sur marathon, les apports glucidiques doivent commencer tôt et rester réguliers, avec des produits déjà testés à l’entraînement. Buvez selon votre soif, sans vous forcer, et adaptez vos apports aux conditions météorologiques.

Le fameux « mur » du 30e kilomètre n’est pas une fatalité, mais il survient plus facilement lorsque l’allure est trop élevée, que l’hydratation est négligée ou que les apports énergétiques sont trop tardifs. Les ravitaillements doivent donc faire partie intégrante de votre stratégie de course.

14. Laisser le mental dériver

Pour ne pas subir la distance, découpez le parcours en petites séquences : d’un ravitaillement au suivant ou par blocs de 10 km. Chaque segment devient alors un objectif simple et atteignable.

Lorsque les pensées négatives surgissent — « Pourquoi suis-je là ? », « J’ai mal aux jambes » — revenez à l’instant présent. Relâchez les épaules, contrôlez votre respiration et concentrez-vous sur la prochaine borne kilométrique. Rappelez-vous aussi les raisons qui vous ont conduit sur cette ligne de départ. Pensez aux semaines d’entraînement accomplies et à vos proches qui vous attendent peut-être sur la ligne d’arrivée.



Vous avez terminé un semi-marathon et vous songez à présent au marathon ? Voici ce que vous devez savoir avant de vous lancer dans ce beau défi qui commencera des mois avant le jour J.

Augmenter progressivement le volume

Une préparation marathon demande une augmentation du volume d’entrainement en termes de durée de sorties et de nombre de séances. Généralement, après un semi, on ajoute au moins une sortie par semaine à son planning hebdomadaire avec des sorties en endurance fondamentale et des sorties longues qui dureront plus longtemps.

Accepter de courir plus lentement mais plus longtemps

La montée en charge doit s’effectuer progressivement lors d'une préparation marathon et requiert minimum 12 semaines de préparation bien construite
©Vincent Lyky

Les séances en endurance fondamentale et en endurance progressive seront la base de votre préparation marathon. Le principe est d’assimiler les séances d’intensité, d’augmenter du kilométrage hebdomadaire sans ajouter de contraintes musculaires.

Il est important de bien respecter les allures afin de ne pas engranger de la fatigue musculaire. Pour certains, l’allure marathon est proche de l’allure en « footing », il faudra alors accepter de courir plus lentement.

Travailler son allure marathon

Travailler votre allure marathon sera une priorité de votre programme avec un focus particulier sur la 2ème partie de la prépa (travail spécifique). Cette allure marathon pourra être intégrée dans une sortie longue (ex : 2h avec 3 x 4km à allure marathon (r :3’) ou dissociée sur une séance spécifique (ex : 3 x 4 km à allure marathon avec 20 min d’échauffement et 20 min de retour au calme).

Gérer ses sorties longues

La montée en charge doit s’effectuer progressivement lors d'une préparation marathon et requiert minimum 12 semaines de préparation bien construite
©Vincent Lyky

De nombreux athlètes bornent beaucoup trop. Rappelons qu’il en s’agit en aucun cas de faire une sortie de 42 km durant votre prépa marathon. L’important sera le cumul kilométrique hebdomadaire. Vous pouvez intégrer des sessions à allure marathon au sein de votre sortie longue ou bien faire de l’endurance progressive le lendemain de votre séance spécifique.

A partir de 4 séances par semaine, ce type d’enchainement est idéal pour travailler sur la fatigue de la veille (ex : samedi : séance spécifique avec 3 x 5 km à allure marathon + dimanche : sortie longue de 2h en endurance progressive jusqu’à 90% de votre allure marathon).

Renforcer son corps

Le renforcement musculaire est souvent mis de côté sur les préparations marathon. Pourtant, il est important pour optimiser la récupération, l’assimilation des séances, mais aussi pour renforcer le corps au niveau musculaire, tendineux et osseux.

Des séances de mobilité et de renforcement pratiquées à l’écart des séances spécifiques permettront de prendre un temps pour soi autant que de faire un petit « check-up ».

Tester sa stratégie nutritionnelle à l’entraînement

Encore un point crucial bien souvent négligé. Beaucoup de marathoniens testent leur plan de nutrition le jour J et se retrouvent victimes de troubles gastriques. Il convient de tester toute sa nutrition de l’effort en amont durant les sorties longues ou sur sa compétition à distance du marathon.

Cela vaut pour le petit déjeuner d’avant course (ex : le fameux Gatosport), les gels, les barres et les boissons. Vous saurez ainsi comment votre corps assimile tel ou tel produit de l’effort et comment il digère cet apport, ce qui vous permettra, en cas d’inconfort, de changer de marques ou de produits.

Lire aussi : Que manger avant une compétition ?

Planifier sa préparation sur 10 à 16 semaines

La montée en charge doit s’effectuer progressivement lors d'une préparation marathon et requiert minimum 12 semaines de préparation bien construite
©Vincent Lyky

Mieux vaut commencer une préparation en étant prêt. En effet, beaucoup d’athlètes se blessent ou arrivent fatigués le jour J car ils sont passés de 1 ou 2 séance(s) à 3 ou 4 d’un coup. La montée en charge doit s’effectuer progressivement. Comptez entre 1 mois et 2 mois de « remise à niveau » afin d’arriver prêt physiquement et mentalement pour le début d’une préparation.

Si vous effectuez deux marathons dans l’année, la 2ème prépa sera écourtée car il y aura déjà eu une augmentation du volume d’entrainement. De même, pour un premier marathon, la prépa sera un peu plus longue (plus de 12 semaines) afin de voir comment votre corps réagit à votre nouvelle charge d’entrainement.

Respecter ses allures d’entrainement

Courir trop vite à l’entraînement, c’est (hélas) fréquent. La prépa marathon est aussi une course en soi qui nécessite gestion et maitrise de vos allures.

Vous serez en capacité d’aller plus vite sur vos séances, et c’est normal car c’est une allure que vous allez tenir sur 42 km et que vous courrez sur quelques kilomètres seulement à l’entraînement.

Si vous ne respectez pas vos allures, vous accumulerez de la fatigue avant le grand départ. De plus, cette maitrise sera un bon exercice pour le jour où vous serez en capacité d’aller plus vite sur le premier semi, mais où il faudra veiller à rester « en dedans », sans s’emballer dès les premiers kilomètres.

Soigner sa récupération 

La montée en charge doit s’effectuer progressivement lors d'une préparation marathon et requiert minimum 12 semaines de préparation bien construite
©Vincent Lyky

La récupération fait partie de l’entraînement. Les plans sont mis en place avec un respect des temps de travail et des temps de repos. Même si vous vous sentez bien, ne rajoutez pas une séance à votre planning (sauf avec l’accord de votre coach).

De même, le sommeil sera aussi un élément clé car c’est en dormant qu’on récupère et assimile les séances spécifiques. Vous pouvez aussi effectuer des auto-massages ou utiliser des appareils comme l’électrostimulation pour optimiser  votre récupération.

Lire aussi Après marathon : comment bien récupérer et quand reprendre l’entraînement ?

Se fixer un chrono raisonnable

L’objectif d’un marathon est souvent de faire un beau chrono, mais il faudra surtout prendre du plaisir du début à la fin. Si à l’arrivée vous vous dites que vous auriez pu aller plus vite, cela veut dire que vous avez bien géré l’épreuve.

A l’inverse, si vous pensez que vous n’auriez pas dû accélérer si tôt ou que vous n’avez pas respecté vos allures, cela témoigne d’une mauvaise gestion qui engendra de la frustration après les nombreux « sacrifices » d’une longue préparation…

Accepter les séances difficiles ou ratées

La montée en charge doit s’effectuer progressivement lors d'une préparation marathon et requiert minimum 12 semaines de préparation bien construite
©Vincent Lyky

Des séances pourront vous laisser une mauvaise sensation, des allures spécifiques vous paraîtront trop difficiles à tenir, et c’est normal. Ces séances sont effectuées avec la fatigue accumulée de la semaine. Jugez de leur assimilation. Si les « mauvaises séances » s’enchaînent et la fatigue s’installe, revoyez votre chrono à la baisse.

Enfin, il se peut qu’une séance passe à la trappe à cause d’un imprévu. Une sortie manquée ne sera pas grand chose dans le cadre d’une préparation étalée sur plusieurs mois. Elle ne mettra pas votre marathon à plat. Focalisez-vous plutôt sur le travail déjà effectué, fuyez à tout prix la stratégie du « coûte que coûte » au risque de vous blesser.