Tour Lac Aiguebelette : coup de punch sur le lac !

Coureur faisant le tour du Lac d'Aiguebelette

Il y a 41 ans, le Tour du Lac d’Aiguebelette ressentait ses premières pulsations, au rythme de foulées confidentielles. Pendant 34 ans, la famille Morat a porté l’évènement. Lui insufflant vie et âme, propulsant cette atypique routarde au rang de grande classique savoyarde, attirant amateurs comme performeurs. En 2021, après deux cuvées tombées à l’eau, la course prend un second souffle. Le relais est confié à l’association Tour du Lac d’Aiguebelette, coordonnée depuis cette année avec l’agence événementielle Balise, fondée par le duo père-fils Hugo et Thierry Baligand. Le tout épaulé par une team de 110 bénévoles.

Exit donc le Tour du Lac d’Aiguebelette, le renouveau commence par le nom, qui prend un coup de glow : Tour Lac Aiguebelette. « Ce nom est plus moderne, plus esthétique et plus facilement déclinable. Il nous offre davantage de perspectives d’évolution pour les années à venir. » explique Hugo Baligand. La dynamique est bonne. Après 1 650 inscrits sur la 40e édition, la mouture 2026 voit son attractivité bondir. Un record est même atteint : 2 350 dossards écoulés en trois jours chrono. Des sésames pour se challenger sur ces 17 km prenant leur source au cœur du lac d’Aiguebelette, site Natura 2000. Un territoire d’exception, aussi magique que majestueux, mais fragile, souvent victime de son succès.

Un engagement qui fait sens

C’est donc en pleine conscience de ses atouts, mais aussi de la nécessité de respecter et préserver ce site classé Réserve Naturelle Régionale, que toute l’équipe du TLA travaille collectivement. L’objectif est de limiter son impact environnemental et proposer une aventure sportive et humaine responsable, qualitative, engagée et conviviale. Au menu : gestion et traitement des déchets, tri, limitation des emballages à usage unique et utilisation de contenants personnels. S’ajoutent les consignes aux coureurs, le covoiturage, un parcours tracé sur de l’existant, un balisage temporaire et le recours à des prestataires locaux.

À ces mesures se greffe une proposition originale : les participants avaient la possibilité de renoncer à leur médaille.
Cela a permis de reverser 920 € à la Fédération des Associations de Protection du Lac d’Aiguebelette.

Autre initiative, également inscrite dans le tissu associatif local : les dossards solidaires. Ils ont permis de reverser 1 500 € à Handisport Savoie dans le cadre du dispositif « Jeunes à potentiel », qui accompagne les jeunes sportifs vers l’accès à la performance.

Des perfs à l’horizon

Coureur pris en contre-plongée, sur le bitume, encouragé par les spectateurs
©Marjorie Perrot

Dimanche 07 juin. La matinée débute à peine. La rive Ouest s’éveille doucement au bruissement des premiers des 2064 runners, venus déguster ce savoureux tracé. Fluide mais exigeant tapis roulant de 17 km / 80 m+ en sillonnant totalement le tour.

L’édition 2025 fut marquée par des performances records, avec le second sacre après 2024 de Corentin Pellicier en 53:27. Et, côté dames, de Magali Aureille en 58:55.

Les records tomberont-ils cette année ? Les regards sont tournés vers Guillaume Adam (RunMotion Team), second 2025, vainqueur 2022 et 2023, déterminé à reprendre le lead. Et, du même coup, sa revanche. Il aura fort à faire, notamment face à la tête d’affiche, Corentin, qui remet son titre en jeu. Côté dames, Magali se mesurera autant aux autres qu’à elle-même, pour tenter de faire mordre la poussière à son chrono 2025.

9h se rapproche et la foule de coureurs, escortée de ses supporters, enfle. Comblant parkings et piste cyclable, pour rallier l’aire de départ sur le site de la base départementale d’aviron. Là où boissons chaudes et viennoiseries les attendent sur l’espace détente outdoor.

On fire !

Spectateurs encourageant les coureurs du Tour du Lac d'Aiguebelette
©Marjorie Perrot

Le mood est bon, sportif, positif, convivial, fébrile aussi. Chacun attend avec impatience le signal qui les propulsera vers un run endiablé, pressé de mettre le feu au lac !

9h. Enfin. Sous les ovations du public, chauffés par la voix du speaker, Pierre Veillet, la masse des coureurs explose au coup d’envoi, impulse puis s’élance, immense cœur vibrant à l’unisson, faisant leur le mantra de la course « prêts à vibrer ? »

Et ça trace vite ! L’allure est imprimée avec fluidité et énergie. Une poignée de minutes plus tard, les premiers s’affranchissent déjà du passage à la pointe Nord du lac, basculant sur la rive Est, encore nichée dans l’ombre protectrice de la montagne, où piste et bitume se partagent l’espace, surplombant les eaux encore engourdies par la nuit, reposant contre l’Epine, sous le regard du fameux Mont Grêle, son point haut.

Le soleil, lui, attend plus loin, bien décidé à corser l’épreuve au moment opportun.

Km 2,5. L’atmosphère se tendsoudain alors que les voitures ouvreuses dévoilent au regard les premiers challengers, Guillaume Adam et Antoine Mortamet, déjà lancés dans un véloce bras de fer, l’asphalte comme juge de paix, talonnés de près par Corentin Pellicier et Bastien Ferrari, augurant une course sous tension.

Peu à peu, à leur suite, le flot de coureurs, d’abord fin filet, se mue en rivière. Les pas résonnent contre la montagne, les mines sont souriantes mais le regard,déterminé, et le souffle, concentré. La fatigue n’est pas encore installée. Jambes fraîches et esprits focus, tous savent que le défi du jour ne se laissera pas balayer facilement, il faudra en garder sous le pied pour tenir les quelques 15 km restants, chacun dans son objectif de course.

Après un passage sous la Tête de Cheval, gardienne du lac, naguère spot très prisé des amateurs de via ferrata, direction la Combe avant de dérouler vers le port puis le village d’Aiguebelette-le-Lac, km 8, où attendent supporters et ravito, dans une ambiance musicale et festive.

Boulets de canon !

Coureurs sur le bitume, pris en contre-plongée
©Marjorie Perrot

Défilent ensuite sous les semelles, Lépin-le-Lac, km 11,5 et sa deuxième fan zone/ravito, à l’ambiance survoltée. Après ce shot d’énergie, il est temps d’embrayer vers la rive Ouest et Saint-Alban-de-Montbel, rejoignant ainsi la piste cyclable qui ceint une partie du lac.

A l’approche du Sougey, qui les introduira dans l’ultime portion, la victoire et un repos bien mérités dans le viseur, les coureurs oscillent entre regain d’énergie et utilisation de leurs toutes dernières ressources. Une ligne droite, puis une autre, et le dernier virage se dessine, balisé par une haie de supporters en grande forme, en communion, hurlant leur joie, leur soutien, leur admiration, accompagnant les coureurs jusqu’à la libération de la ligne d’arrivée, l’explosion de fierté, puis le relâchement.

Médaille autour du cou, les 2060 finishers peuvent enfin rejoindre familles et amis sur l’espace herbeux de la base d’aviron et savourer leur victoire, tout en picorant dans le ravito d’arrivée.

Fin du suspense ! Les records sont tombés, encore ! Chez les messieurs, comme les dames, des temps canons ! Exit la large victoire de la 40ème ! Au terme de deux derniers tiers de course plongés dans un duel haletant, Guillaume Adam enclenche le NOS sur son final et arrache la victoire et sa revanche à 2 secondes sur Corentin Pellicier, en 52:55, tout deux ayant largement creusé l’écart derrière eux. Guillaume bat ainsi le record établi en 2025 par Corentin de 32 secondes et, cerise sur le gâteau, améliore son chrono perso de 2 minutes ! Le talentueux licencié de l’Union Olympique Albertville Tarentaise monte donc cette année sur la seconde marche en 52:57, tandis que son co-licencié Antoine Mortamet s’octroie une belle troisième place en 55:10.

Côté féminin, c’est de nouveau Magali Aureille, de l’Athlé St Julien 74, qui l’emporte avec une confortable avance sur sa seconde, Laurie Lindekens, également de l’UOAT (01:03:09), battant son propre record 2025 de 58:55 en claquant un superbe 58:14 ! Annelyse Dagorne, de l’Uson Athlé Nevers vient boucler ce brillant trio gagnant en 01:04:53.

Clap de fin

Tandis que coureurs et accompagnants se dispersent peu à peu, cap vers les plages alentours pour certains, irrésistiblement attirés vers les eaux délassantes du lac, d’autres par les burgers, pizzas et autres victuailles réconfortantes proposées par les divers snacks et restaurants du coin, la team TLA commence doucement à replier, avec la satisfaction d’une cuvée 2026 réussie.

Ne reste plus à l’orga qu’à dresser, à tête reposée, le bilan de cette belle journée sportive et populaire. Hugo Baligand, orga heureux : « Nous sommes particulièrement fiers de cette édition 2026, fruit de plusieurs mois de travail. Il s’agissait également de la première édition organisée avec l’agence Balise, que nous avons fondée avec Thierry. Un immense merci à toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à la réussite de cet événement : nos bénévoles, nos prestataires, notre équipe de freelances, nos partenaires ainsi que les collectivités qui nous accompagnent. La réussite d’un événement comme celui-ci repose avant tout sur l’engagement collectif de toutes ces personnes. Voir autant de sourires, d’émotions et de satisfaction chez les participants, c’est ce qui nous rend le plus fiers aujourd’hui. Rendez-vous en 2027 ! »

Ils l’ont fait !

Damien et Anaïs assis dans des transats, médaille autour du cou
Damien et Anaïs ©Marjorie Perrot

Rencontrés au détour des transats, Damien et Anaïs, deux amis finishers, en plein grignotage ! 01:58:06 et 01:58:17.

« La course s’est bien passée mais il a fait chaud sur le retour, on prend beaucoup de soleil sur le bitume alors que la première partie était hyper ombragée. Le parcours était plutôt roulant et sur les seules bosses à passer, il y avait un peu de monde qui nous attendait, bien joué par l’orga ! Dans ces moments un peu compliqués, le fait qu’il y ait du public, ça motive. L’ambiance au sein du peloton était sympa et il y avait régulièrement des points avec les supporters sur un parcours de 17 km quand même assez court. On a beaucoup apprécié le fait d’avoir notre prénom en gros sur le dossard, du coup, il y avait beaucoup de gens qui criaient notre prénom et ça c’était vraiment cool ! L’espace décontracté outdoor où l’on peut se poser sur les transats ou sur l’herbe est top ! Pour nous, c’est une première ! Peut-être une offre de repas coureurs serait un plus. Partis ensemble et arrivés ensemble, nous sommes très heureux de notre épreuve, on est passé juste sous notre objectif de course des 2h, parfait ! »

Damien et Anaïs

Classement 17 km

Hommes : Guillaume Adam 52:55 – Corentin Pellicier 52:57 – Antoine Mortamet 55:10

Femmes : Magali Aureille 58:14 – Laurie Lindekens 01:03:09 – Annelyse Dagorne 01:04:53