Marathon : les 10 questions à se poser avant le jour J

Découvrez les 10 questions à vous poser avant de prendre le départ de votre prochain marathon.


Allure, énergie, ravitaillement, fatigue, mental, un marathon se gagne dans la gestion. À quelques jours du départ, ces dix questions vous aideront à vérifier si votre stratégie est cohérente et, surtout, à savoir quoi faire lorsque la course ne se déroule pas exactement comme prévu.

1. Mon objectif est-il réaliste aujourd’hui ?

Oubliez quelques instants le chrono rêvé au début de votre préparation. Votre objectif doit correspondre à votre forme actuelle. Vos dernières séances à allure marathon, votre sortie longue, votre régularité et vos sensations sont de meilleurs indicateurs que votre record sur une distance plus courte. Définissez trois niveaux : objectif A(ambitieux), objectif B (réaliste) et objectif C (finir fort et proprement). Le jour J, vous commencez sur le scénario B. Vous ne passez au scénario A qu’après avoir constaté que l’effort est maîtrisé.

Découvrez les 10 questions à vous poser avant de prendre le départ de votre prochain marathon.
©Marathon Nice-Cannes / Activ’Images

2. Quelle allure vais-je réellement tenir ?

Le piège classique est de courir à l’allure correspondant au chrono visé dès le premier kilomètre. A ce stade, vous devez avoir l’impression de vous retenir. Les secondes gagnées au départ se payent cash à l’arrivée.   Fixez une fourchette d’allure, plutôt qu’un chiffre au kilomètre près. Par exemple, pour 3h30, ne vous obligez pas à courir chaque kilomètre en 4’58’’. Acceptez les variations liées au parcours, aux conditions. Votre priorité est de maintenir un effort stable. Si vous devez déjà vous concentrer pour tenir l’allure avant le 10e kilomètre, c’est que vous allez probablement trop vite.

3. Suis-je capable de courir au feeling ?

Votre montre est un outil, pas votre pilote. La fréquence cardiaque peut dériver, le GPS être imprécis et l’allure instantanée devenir anxiogène dans une foule. Utilisez trois indicateurs : allure moyenne + effort + sensations. Dans une montée, face au vent ou lorsqu’il fait chaud, acceptez de ralentir légèrement et conservez le même niveau d’effort. Demandez-vous régulièrement : « Est-ce que je pourrais tenir cette intensité encore deux heures ? » Si la réponse est non au 15e kilomètre, le problème n’est probablement pas votre motivation.

Découvrez les 10 questions à vous poser avant de prendre le départ de votre prochain marathon.
©Marathon Nice-Cannes-Activ’images

4. Mon ravitaillement est-il une vraie stratégie ?

La stratégie doit être décidée avant le départ et répétée à l’entraînement. Les recommandations actuelles permettent généralement d’envisager un apport de l’ordre de 60 à 90 g de glucides par heure, à condition que cette quantité ait été progressivement entraînée et soit tolérée individuellement. Notez précisément quoi prendre et à quels kilomètres. Programmez votre montre avec des alertes de ravitaillement plutôt qu’une alerte uniquement basée sur la distance. Vous éviterez d’oublier de manger lorsque la course devient intense.

5. Ai-je testé mon petit-déjeuner et ma stratégie glucidique ?

Le jour J n’est pas le moment de manger « parfaitement ». C’est le moment de manger ce que votre système digestif connaît. Le petit-déjeuner doit être testé dans les mêmes conditions qu’une course : heure du réveil, délai avant le départ et quantité. La préparation nutritionnelle commence également les jours précédents, avec une augmentation des apports en glucides permettant de maximiser les réserves de glycogène. Reproduisez le protocole de votre dernière grosse sortie : même petit-déjeuner, même boisson, mêmes produits et horaires similaires. Si quelque chose vous a posé problème à l’entraînement, ne le réintroduisez pas le jour du marathon.

6. Que vais-je changer si la météo est mauvaise ?

Votre chrono cible a été établi dans certaines conditions. S’il fait chaud, s’il y a du vent ou une forte humidité, ces références changent. Préparez votre stratégie la veille, après avoir consulté les prévisions. En cas de chaleur, baissez l’ambition dès le départ et utilisez davantage les ravitaillements pour vous refroidir. Avec du vent, protégez-vous autant que possible dans les groupes et acceptez les variations d’allure.

7. Comment vais-je gérer les 10 premiers kilomètres ?

Le début du marathon est trompeur : vous êtes frais, porté par l’ambiance et entouré de coureurs qui partent souvent trop vite. Votre niveau de fatigue ne reflète pas encore le coût réel de votre allure. Faites des 10 premiers kilomètres une phase de contrôle. Ne cherchez pas à récupérer les secondes perdues dans les premiers kilomètres à cause des bouchons ou du départ. Si vous vous sentez exceptionnellement bien, ne changez rien, pensez : « je suis facile maintenant pour courir encore à 35 kilomètres. »

Découvrez les 10 questions à vous poser avant de prendre le départ de votre prochain marathon.
©Marathon de La Rochelle-Maindru

8. Que vais-je faire au 30e kilomètre ?

C’est ici que votre stratégie doit devenir automatique. La fatigue peut provoquer une baisse de cadence, une crispation, une foulée moins efficace et surtout une envie de modifier brutalement l’allure. A partir du 30e, ne pensez plus au chrono final. Faites un check en quatre points : posture, respiration, allure, ravitaillement. Redressez-vous, relâchez les épaules, vérifiez votre rythme et prenez votre apport prévu. Puis découpez la fin de course : 30-35, 35-40, puis les 2,195 derniers kilomètres. Une succession de petits objectifs est mentalement plus facile qu’une seule longue ligne droite jusqu’à l’arrivée.

9. Que ferai-je si mon objectif devient impossible ?

C’est probablement la question que les coureurs se posent le moins… alors qu’elle peut sauver leur marathon. S’obstiner sur une allure devenue irréaliste transforme parfois une simple baisse de régime en explosion complète. Définissez à l’avance vos critères d’abandon de l’objectif chrono. Par exemple : fréquence cardiaque anormalement élevée, effort qui devient très difficile avant le semi, impossibilité de s’alimenter ou fatigue qui augmente rapidement. Dans ce cas, ralentissez de 5 à 15 secondes au kilomètre, stabilisez l’effort et réévaluez après quelques kilomètres. Vous pourrez parfois relancer plus tard. Le coureur expérimenté n’est pas celui qui respecte son plan à tout prix, mais celui qui sait quand le modifier.

10. Ai-je préparé tout ce qui ne concerne pas la course ?

Une mauvaise nuit, un déplacement stressant, une tenue mal choisie ou un gel oublié ne ruineront pas nécessairement votre marathon, mais pourquoi ajouter des problèmes à ceux que vous aurez déjà à gérer ?

Préparez tout la veille, voire avant, si votre participation nécessite un déplacement : chaussures, tenue, dossard, montre, gels, ravitaillement personnel, vêtements pour l’attente et trajet jusqu’au départ. Repérez les toilettes, les sas et les ravitaillements. Chargez et programmez votre montre. Puis arrêtez de vouloir optimiser. Le matin du marathon, votre travail est terminé : il reste à exécuter.