Sur le dernier Marathon de Valence, Emmanuel Roudolff-Lévisse, 26 ans, a terminé premier Français et battu son record en 2h11’03’. En contrat chez Puma, désormais installé aux Etats-Unis, ce champion vit sa passion pour la course à fond. 

Emmanuel Roudolff-Lévisse
Emmanuel Roudolff-Lévisse avait décroché le titre de champion de France de cross-country à Vittel en 2019. ©KMSP

Emmanuel Roudolff-Lévisse, qu’est-ce que vous avez pensé de ce Marathon de Valence ? 

«  Je n’avais jamais vu autant de densité sur une course. Même sur les Majors, il n’y a pas autant de niveau. Il y avait du vent mais je pense que Valence est plus rapide que Berlin que j’ai couru en 2019. Il donne aussi plus de chance à ceux qui visent 2h09 ou 2h11. Il y avait 5 groupes avec chacun 2 à 3 lièvres, alors qu’en général, il y a un groupe devant puis un seul autre derrière pour ceux qui visent 2h11 ».

Vous avez réalisé la 23e performance de l’histoire. Quel est votre objectif à court terme sur marathon ? 

« Je vise un chrono en 2h08 l’année prochaine ou dans deux ans. Mais sur marathon, le chrono dépend des conditions, il faut faire avec.

Emmanuel Roudolff-Levisse en bref. 26 ans, diplômé d’un NBA (2019) à l’Université de Portland (Oregon), en contrat avec Puma, champion de France de 10 000 mètres en 2017, champion de France de cross 2019, 13’40’’ sur 5 000m, 28’37’’ sur 10 000 , 64’08’’ sur semi, 2h11’03’ sur marathon. 

Avec un père champion – Pierre Lévisse, 4 fois champion de France de cross dans les années 80 – on imagine que vous avez toujours « baigné » dans la course à pied…

« J’ai pratiqué d’autres sports, notamment du foot, mais j’étais fort en course à pied, alors forcément, ça motive pour se lancer. Cela s’est fait naturellement. »

Vous avez commencé par la piste. Désormais votre distance fétiche, c’est le marathon ? 

« Oui, disons que c’est sur le marathon que j’ai le plus de chance de réaliser des bons chronos. Mais j’aimerai bien encore progresser sur la piste. Il faut toujours entretenir sa vitesse, c’est bon pour le marathon. Je suis encore assez jeune, je pense que j’ai une petite marge sur mes chronos. »

Vous vivez désormais la moitié de l’année en Caroline du Nord aux Etats-Unis. Votre vie a changé depuis janvier…

« Oui en effet, je suis en contrat avec la marque Puma depuis le début de l’année. Je m’entraîne avec des coureurs qui valent 28’ et moins au 10 km. Cela me tire bien vers le haut. »

A quoi ressemble votre quotidien d’athlète, Emmanuel Roudolff-Lévisse ? 

« En préparation marathon, je fais 13 sorties par semaine et entre 180 et 200 km. En général, je fais un footing le matin d’une 1h20, j’ajoute des séances le mardi et le jeudi. Je double ces entraînements en sortant 40 minutes environ pour décrasser les jambes. Et le dimanche, je fais environ 35-40 km avec du fractionné. »

Vous portez donc des chaussures en carbone Puma ?

« Oui et on a de bonnes chaussures. C’était une des conditions pour signer chez Puma car mon but est de courir le plus vite possible. Il y a une paire d’entraînement en carbone (Deviate Nitro) et une paire compétition (Deviate Nitro Elite) qui à mon sens rivalise avec les autres marques que j’ai pu essayer. »

Vous estimez qu’on court plus vite avec ces paires en carbone ? 

« Oui, c’est certain, il y a un gain de temps. Il est variable en fonction des athlètes et des distances. Sur un marathon, je dirai que cela permet de gagner 2 minutes à mon niveau. »

Quels conseils à ceux qui préparent un marathon ?

« La base c’est l’endurance. Si on peut incorporer un long footing de 30 minutes à 45 minutes en échauffement avant sa séance, cela aide à reproduire le schéma du marathon dans le sens où les jambes seront ainsi déjà un peu fatiguées avant de démarrer la séance. »

Quels sont vos objectifs 2022 ?

« Avec mon chrono de Valence, j’espère me qualifier pour les Championnats d’Europe de Munich en août. Je vais aussi me focaliser sur le 10 000 mètres en espérant battre mon record et me qualifier au championnat d’Europe. »

Emmnanuel Roudolff-Lévisse, ous avez été champion de France de cross en 2019. On vous reverra cette saison ? 

« Oui, cela me plairait de me rebattre dans les labours aux championnats de France en mars prochain. Le cross se travaille bien lorsqu’on se prépare sur la piste. »