Marseille-Cassis : 3 séances spécifiques pour réussir la descente
Marseille-Cassis évoque immédiatement le col de la Gineste et ses kilomètres de montée. Pourtant, pour de nombreux coureurs, le moment le plus délicat de la course commence une fois le sommet franchi.
Pour réussir Marseille-Cassis, il ne suffit donc pas de préparer la montée de la Gineste. Il faut aussi apprendre à bien descendre. Voici 3 séances spécifiques à intégrer dans votre préparation Marseille-Cassis pour mieux gérer la descente, préserver vos jambes et conserver une foulée efficace jusqu’à l’arrivée.
Après la montée de la Gineste, la tentation est grande d’accélérer immédiatement. Pourtant, une descente courue trop vite ou avec une technique approximative peut avoir des conséquences importantes quelques kilomètres plus tard.
À chaque appui, les quadriceps doivent absorber les impacts et contrôler la vitesse. Si le coureur freine excessivement avec une foulée trop longue, la fatigue musculaire augmente rapidement.
Le scénario est classique : quadriceps qui se durcissent, foulée qui se désorganise, perte de relâchement et parfois apparition de crampes dans les derniers kilomètres.
L’objectif de la préparation n’est donc pas simplement d’apprendre à courir vite en descente. Il faut apprendre à descendre efficacement et économiquement.

1. Travail spécifique des descentes contrôlées
Cette première séance permet de développer les qualités techniques nécessaires pour descendre efficacement : gestion de la cadence, relâchement, placement du corps et maîtrise des appuis.
L’objectif est notamment de réduire le freinage à chaque foulée et d’habituer progressivement les quadriceps aux contraintes de la descente.
Exemple de séance
Fréquence : tous les 7 à 10 jours
- 15 minutes d’échauffement en endurance
- 6 à 8 descentes de 1 à 2 minutes
- Récupération en remontant tranquillement
- 10 minutes de retour au calme
La priorité doit rester la technique. Inutile de chercher immédiatement la vitesse maximale.
En descente, adoptez une légère inclinaison vers l’avant, augmentez légèrement la cadence et évitez de chercher de grandes foulées. Les appuis doivent rester rapides et dynamiques.
Le piège consiste à se retenir à chaque pas. Cette stratégie augmente le travail excentrique des quadriceps et peut laisser des traces importantes sur la suite de la course. À l’inverse, une foulée plus fluide et un coureur relâché permettent de mieux exploiter la pente sans gaspiller inutilement de l’énergie.
2. Enchaînement montée + descente
C’est probablement la séance la plus spécifique pour préparer Marseille-Cassis.
Le principe est simple : reproduire à l’entraînement la transition qui intervient après la Gineste. Vous devez être capable de passer d’une montée exigeante à une descente active tout en conservant une bonne technique.
Cette séance apprend au corps à gérer simultanément la fatigue cardiovasculaire accumulée dans la montée et les contraintes musculaires de la descente.
Exemple de séance
Fréquence : 1 fois par semaine pendant la période spécifique
- 20 minutes d’échauffement
- 3 × 8 minutes de montée au seuil
- 5 minutes de descente active immédiatement après chaque montée
- 3 minutes de récupération
- Retour au calme
L’objectif n’est pas de sprinter dans la descente. Après chaque montée, concentrez-vous sur votre capacité à retrouver rapidement une foulée fluide. La descente doit être active, mais maîtrisée.
Cette séance est particulièrement intéressante pour apprendre à ne pas se laisser emporter par l’euphorie après le sommet. Sur Marseille-Cassis, quelques kilomètres courus trop rapidement après la Gineste peuvent coûter cher en fin de course. La bonne stratégie consiste à accélérer progressivement tout en conservant suffisamment de fraîcheur musculaire pour les derniers kilomètres.

3. Travail du pied et des appuis
La qualité des appuis devient particulièrement importante lorsque la fatigue s’installe.
Sur un parcours vallonné, le pied et la cheville doivent être capables de stabiliser rapidement le corps et de s’adapter aux variations du terrain. Un travail régulier des appuis peut donc compléter efficacement les séances de course.
Exemple d’exercices
Fréquence : 1 à 2 fois par semaine en complément de l’entraînement
- Corde à sauter
- Équilibre sur une jambe
- Équilibre sur une jambe les yeux fermés
- Foulées bondissantes
- Montées de genoux
- Talons-fesses
- Skipping
- Travail pieds nus sur pelouse
- Petits appuis rapides sur échelle de rythme
Ces exercices peuvent être intégrés à l’échauffement ou réalisés lors d’une courte séance complémentaire.
L’objectif n’est pas de créer une fatigue supplémentaire importante, mais de travailler la stabilité, la coordination, la réactivité du pied et la qualité des appuis.
Comment intégrer ces séances dans une préparation Marseille-Cassis ?
Ces trois séances ne doivent pas remplacer les fondamentaux de votre préparation. Elles viennent compléter le travail d’endurance, les sorties longues, les séances de seuil et la préparation spécifique à la course.
L’idéal est d’introduire progressivement le travail en descente afin de laisser aux muscles et aux articulations le temps de s’adapter.
La priorité peut être donnée aux descentes contrôlées en début de préparation spécifique, puis aux enchaînements montée + descente lorsque l’objectif Marseille-Cassis se rapproche.
Le travail des appuis peut quant à lui être conservé régulièrement tout au long de la préparation, à condition de rester complémentaire et de ne pas générer de fatigue excessive.
Marseille-Cassis : ne négligez pas les kilomètres après la Gineste
Préparer Marseille-Cassis, ce n’est pas uniquement apprendre à gravir la Gineste. La réussite de la course dépend aussi de votre capacité à bien gérer la bascule et la descente vers Cassis. Courir trop vite dès les premiers mètres peut donner l’impression de gagner du temps, mais une fatigue musculaire excessive peut ensuite transformer les derniers kilomètres en véritable combat.
En travaillant régulièrement les descentes, les enchaînements montée-descente et les appuis, vous apprenez à mieux exploiter le profil du parcours.
L’objectif le jour de Marseille-Cassis : franchir la Gineste avec encore suffisamment de fraîcheur pour profiter de la descente, accélérer progressivement et finir fort à Cassis. La descente peut vous faire gagner du temps. Mais pour cela, elle doit être préparée.




