La MDS Crazy Loops, quand l’ultra change de rythme

De nombreux coureurs au départ de la MDS Crazy Loops, à la station alpine La Rosière, sur fond de montagnes.

Nouveau format initié par l’organisation Marathon des Sables en 2025, la MDS Crazy Loops revient cet été dans 5 destinations alpines. Le concept se rapproche davantage de l’esprit Backyard et du format ultra en général, sans la pression liée au chrono ou à la distance.

Pour son premier lancement en 2025, la MDS Crazy Loops prenait déjà place dans des sites alpins majeurs, à l’image de La Rosière ou de Courchevel. Cet été, de mi-juin à fin août, 5 courses seront organisées dans 5 destinations alpines réputées. Si le Marathon des Sables ne se contente plus seulement de son format emblématique datant de 1986 – le Legendary –, c’est pour servir un cadre plus expérientiel et accessible.

De la performance à l’expérience

Contrairement aux classiques formats ultra, les Crazy Loops ne visent pas une distance précise. Le concept se rapproche plutôt d’une course type Backyard – un événement à part entière pensé par Gary Cantrell, alias Lazarus Lake –, selon lequel les participants doivent parcourir une boucle de 3 à 5 km autant de fois que possible. Mais ici, pas de barrière horaire ni d’élimination. Les coureurs ont la liberté de courir comme de marcher, de dormir à tout moment puis de repartir à leur rythme. L’objectif en lui-même consiste à réaliser un maximum de boucles, selon l’envie et le niveau de chacun.

Sur ce format MDS transposé à l’univers montagnard, les participants signent pour l’expérience, tout en se détachant d’une variable qui conditionne généralement toutes les courses chronométrées : la performance.

5 sommets alpins et des formats à la carte

Plusieurs tentes jaunes sur fond de montagnes, pour servir aux participants qui ont choisi l'option bivouac.
La MDS Crazy Loops propose l’option bivouac pour une immersion totale dans le décor alpin ©DR

Pour servir ce cadre d’expérience outdoor, l’organisation Marathon des Sables s’installe cette année dans 5 stations alpines pour une immersion totale de trois jours :

  • Courmayeur
  • La Rosière
  • Morzine-Avoriaz
  • Courchevel
  • Val d’Isère

Ces lieux très typiques offrent en effet un cadre idéal pour le bivouac prévu à l’occasion des Crazy Loops. Là aussi, les participants ont le choix entre l’option tente individuelle fournie en montagne ou l’hébergement libre en station. Par ailleurs, la formule Crazy Loops s’assouplit, avec des formats de 3, 6, 9 ou 12 heures. Les participants sont libres de choisir celui qui correspond le mieux à leurs envies et à leur niveau. Cette déclinaison ancre davantage la MDS Crazy Loops dans son positionnement d’accessibilité et d’inclusion.

« Helping Runners » : l’esprit d’équipe au cœur des boucles

Fauteuil tout-terrain poussé par les Helping Runners lors du MDS Crazy Loops, en descente.
Les « Helping Runners » assistent les participants en fauteuil tout-terrain ©DR

En parlant d’inclusion, il faut dire que cette valeur est au cœur du concept Crazy Loops. Les personnes en situation de handicap inscrites à la course forment jusqu’à 7 équipages, en fauteuils tout-terrain. Alignés sur la même ligne de départ que les autres, ils vivent l’expérience ultra à leur façon, sans pression. Mais l’inclusivité ne va pas sans la solidarité. Pour inciter à la cohésion, l’événement a créé une sorte de rôle libre appelé « Helping Runner ». Ici, l’idée est de permettre à chaque coureur d’accompagner quand il le souhaite un équipage en situation de handicap. Une sorte de solidarité spontanée qui peut consister à pousser un fauteuil en montée ou tout simplement à sécuriser une descente.

Au cœur du projet MDS Crazy Loops, il y a le collectif et l’immersion. Parce qu’aujourd’hui le trail se tourne davantage vers une dimension inclusive et accessible.

Pourquoi la « marque-expérience » séduit

Un participant en fauteuil tout-terrain assisté par un "Helping Runner", lors de la MDS Crazy Loops.
©DR

Avec ses nombreux formats de course, du désert marocain aux plus beaux sites alpins, le Marathon des Sables n’est plus seulement un événement sportif de l’extrême. Il est progressivement devenu une « marque-expérience » qui plaît pour sa variété de formats et sa stratégie de démocratisation. L’explosion de la pratique loisir et de la volonté de se dépasser a sans doute participé au glissement de la quête de performance vers l’envie d’expérience.

Dans une époque où le trail gagne en visibilité, les pratiquants semblent s’orienter davantage vers des formats qui se font terreaux d’expérimentation, sans toutes les contraintes d’un format ultra classique.