La compression s’impose au cœur des pelotons. Quels intérêts ? Comment choisir textiles et accessoires ? On vous aide à y voir plus clair.

Pas de miracle…
Amélioration du retour veineux, élimination des toxines, augmentation de l’oxygénation musculaire, réduction de la fatigue musculaire, des douleurs à l’effort, des crampes, diminution des blessures, amélioration de la performance… la liste des bénéfices vantés par les fabricants est longue. Et les produits se démultiplient : manchon, chaussette, jambière, cuissard, collant, T-shirt… les marques spécialisées surfent sur la tendance, tout comme les grands équipementiers, qui insèrent des zones de compression sur leurs vêtements. A ce jour pourtant, il est bon rappeler qu’« aucune étude n’a pu montrer une amélioration des performances lorsque l’on porte des vêtements compressifs sur les jambes pendant une course, que ce soit sur un semi, 5, 10 km, un trail des courses sur route de 5 ou 10 km ou encore un sprint de 400 m », selon François Bieuzen, Sport Scientist à l’Institut National du Sport du Québec, l’équivalent de l’INSEP au Canada. Vous ne courrez donc pas plus vite !

… mais un “plus” indéniable pour la récup’
C’est post-effort que l’utilité de ces produits est plus probante, particulièrement pour ceux qui « habillent » les mollets. « La récupération est légèrement facilitée et accélérée lorsque l’on porte des manchons pendant la course ou des chaussettes de récupération après la course. Cela se traduit principalement par une récupération plus rapide de ses capacités neuromusculaires et une moindre sensation de courbatures », commente le spécialiste. C’est donc une aide parmi d’autres, à condition de l’intégrer dans une démarche globale reposant sur trois piliers : bien dormir, bien manger et bien s’hydrater. Et aussi de porter ces produits régulièrement. Pour la chaussette de récupération par exemple, il s’agit de l’enfiler sitôt la séance terminée et de la porte au minimum deux heures d’affilée.

Un large choix…
Les textiles de compression dédiés aux sportifs ne sont soumis à aucun contrôle. La particularité de chaque produit résulte ainsi des recherches menées en interne par les différentes marques. Et de l’une à l’autre, les technologies sont différentes, voire opposées. La plupart, comme par exemple Sigvaris Sports ou Thuasne, misent sur la compression dégressive issue de la compression médicale. Cette technologie exerce une pression plus forte au niveau de la cheville, qui décroît vers la racine du membre. A l’inverse, BV Sport, marque bien connue des sportifs pour ses célèbres « Booster » notamment utilise elle la compression progressive, qui elle exerce une pression plus forte au niveau du mollet. Le choix d’un produit n’est pas anodin. Il convient de privilégier des marques spécialisées au savoir-faire avéré. Cocorico, plusieurs marques françaises se distinguent, certaines fabriquant même dans des ateliers français.

Testez avant d’acheter
Pour un premier achat, il est plus sage de vous rendre dans un magasin spécialisé. D’abord pour faire un tour d’horizon des produits proposés, mais surtout pour demander conseil à un vendeur. Profitez-en pour tester : pour un manchon, par exemple, il est important de choisir votre taille en fonction de votre tour de mollet, de la hauteur du sol jusqu’à votre genou. Pour coller à toutes les morphologies, les fabricants proposent plusieurs tailles, de quatre jusqu’à dix. Et lorsque vous enfilerez le produit, veillez à ce qu’il ne vous serre pas trop, au risque de créer des pathologies – des œdèmes aux pieds, par exemple. Soyez aussi attentif à l’épaisseur du tissu, qui s’il est trop fin, s’abîmera plus rapidement.

L’info plus
Etude au cœur du peloton
En analysant les images (Maindru Photo) de 9 828 participants des éditions 2013, 2014, 2015 et 2016 de l’UTMB, une étude indépendante* a démontré que la compression était davantage utilisée par les finishers (52,9 %) que par les participants ayant abandonné (46,2 %). L’étude a également montré que la proportion de porteurs de la compression augmentait linéairement jusqu’aux 400 premières places, avant de diminuer dans le haut du classement.
• * Etude menée par Anthony Buche & Ménétrier Arnaud, Université de Savoie-Mont-Blanc, Université de Franche-Comté, à paraître prochainement dans la revue Science et Sport.