Le syndrome de la bandelette ou syndrome de l’essuie-glace, provoque une douleur qui se localise au niveau de la face externe (latérale) du genou. La cause la plus fréquente se situe au niveau du déroulement du pied pendant la phase d’appui. Le point avec le docteur Jean-Pierre De Mondenard.

Syndrome de l'essuie-glace : une douleur au niveau de la face externe latérale du genou.

Ce syndrome de l’essuie-glace tire son nom de la bandelette ilio-tibiale qui sert en réalité de tendon inférieur au muscle tenseur du fascia lata, sur la face externe de la cuisse. Dans sa partie supérieure, ce muscle s’insère sur l’os de la hanche et possède quelques fibres communes avec les fessiers. Dans sa partie basse, il s’attache sur la tête du tibia. Le problème se pose à ce niveau lorsque la bandelette ilio-tibiale frotte sur la bourse séreuse (existe dans 30% des cas) située sur la bosse osseuse au niveau du côté externe de la tête inférieure du fémur.

Quels sont les symptômes du syndrome de l’essuie-glace?

Cela se traduit par une douleur à l’extérieur du genou. Elle survient après plusieurs kilomètres lors de l’entraînement, pour une distance à peu près constante à chaque sortie de course, puis graduellement de plus en plus tôt au cours des séances, jusqu’à accompagner toute la durée de l’effort. Au début, il ne s’agit pas véritablement d’une tendinite.

L’inflammation concerne seulement la bourse séreuse (30% des cas). Mais si le coureur à pied ne tient pas compte des signaux d’alerte, cette inflammation risque de se transmettre au tendon. Il faut donc prendre ce problème très au sérieux. Et suspendre l’entraînement le temps de calmer les douleurs.

Pour savoir si l’on souffre du syndrome de l’essuie-glace, un test simple : en appui sur le membre inférieur concerné par le problème, comme un héron sur une seule jambe, on réveille la douleur lorsqu’on fléchi son genou jusqu’à 30°. Et surtout, si l’on effectue plusieurs fois le mouvement de flexion-extension en descendant et en remontant.

Un problème purement mécanique

Il faut comprendre que le syndrome de l’essuie-glace est un problème purement mécanique. Pour le résoudre, il suffit en somme de soulager la tension, ce qui passe forcément par un travail d’assouplissement. Bien entendu, ce n’est pas le tendon lui-même qui s’allonge mais le muscle. Il ne faut pas s’étonner dès lors si les exercices prescrits n’entraînent pas une sensation d’étirement à proximité directe du genou mais beaucoup plus haut sur la cuisse.

Autre conseil précieux : évitez de courir sur des sols trop meubles pour ne pas solliciter le genou dans des positions instables. Enfin, il importe de prêter attention à la qualité des appuis. Chez les coureurs, ce syndrome de l’essuie-glace est souvent lié à un problème d’hyperpronation du pied ou, à l’inverse, à un genu varum avec talon varus qui provoque une supination exagérée.

Dans le premier cas, le déroulement du pied trop à plat sur le sol entraîne une hyperpronation avec une rotation importante du tibia. Cela a pour conséquence directe l’étirement du tendon ilio-tibial et son frottement sur la bosse externe du fémur au niveau du genou. Dans la deuxième situation, l’attaque trop externe du talon favorise la surtension de la bandelette venant accrocher la bosse osseuse dit condyle externe, plus proéminente en raison du genu varum (jambes arquées).

La bonne stratégie thérapeutique pour traiter le syndrome de l’essuie-glace

Ce n’est jamais un seul élément qui va venir à bout d’une blessure de course. Si les différentes étapes ne sont pas effectuées correctement dans l’ordre, peu d’espoir de courir à nouveau. Il faut adopter la même démarche stratégique faite de plusieurs éléments :

  1. Rechercher la cause du syndrome de l’essuie-glace : pieds creux, valgus, genu varum (jambes arquées),  jambe plus longue, chaussures inadaptées, trop usées…
  2. Repos sportif de 4 à 6 semaines : si on utilise que l’arrêt de course pour soigner cette pathologie, il y a une grande probabilité de ressentir les mêmes symptômes dès que l’on reprendra la course. Le repos de la zone concernée (genou) est indispensable mais pas suffisant.
  3. Pendant le repos du geste sportif et la mise en place de la stratégie thérapeutique, il est recommandé d’entretenir l’irrigation sanguine du corps par d’autres activités physiques. Aquajogging, marche avec haltères… Le seul critère qui doit guider le choix de ces activités, c’est qu’il ne faut pas sentir la douleur habituelle ni pendant ni après l’activité physique de remplacement.
  4. Orthèses plantaires corrigeant ou contrôlant l’éventuel défaut : genu varum, pieds valgus ou varus. Entre les coureurs concernés par le syndrome de la bandelette, les défauts d’appui peuvent être très différents. C’est pourquoi les orthèses plantaires confectionnées par le podologue ne sont pas réalisées avec les mêmes reliefs pour tous.
  5. Kinésithérapie : messages traverses profonds (MTP) en périphérie du condyle fémoral externe et autoéducation des étirements spécifiques du muscle tenseur du fascia lata et des abducteurs de la cuisse. Ne pas négliger les antagonistes sinon les étirements pratiqués seront moins efficace.
  6. Soins locaux : glaçage triquotidien, mésothérapie, infiltrations de glucocorticoïdes (trois au maximum à 8-10 jours d’intervalle)