Pierre-Adrien Hivert, la nouvelle pépite française de La Sportiva
Révélation de la TDS l’an dernier avec un Top 10 dès sa première participation, puis 4e de la SaintéSprint quelques mois plus tard, Pierre-Adrien Hivert confirme qu’il fait désormais partie des Français qui comptent sur la scène internationale. Pour son premier Lavaredo 80K (80 km / 4 600 m D+), l’Annecien de 30 ans visait le Top 5. Il repart finalement des Dolomites avec une superbe 7e place, au terme d’une course étouffante disputée sous plus de 35 °C. Il revient sur cette performance et dévoile les grandes lignes de ses ambitions.
Comment te sens-tu au lendemain de cette 7e place sur le La Sportiva Lavaredo Ultra-Trail ?
Pierre-Adrien Hivert : « Je suis ultra content ! Je ne m’attendais pas à ça. C’est une course qui me faisait rêver, mais j’étais aussi très inquiet quant à ma gestion de la chaleur et de l’altitude. Il y avait beaucoup d’inconnues. Je n’avais pas pu venir reconnaître le parcours, alors j’ai compensé en étudiant les cartes IGN, les chronos des éditions précédentes et les vidéos de la course. Bien sûr, rien ne remplace le terrain et certaines portions m’ont surpris. Le Lavaredo est une course très piégeuse. Certaines sections sont extrêmement roulantes, où il faut sans cesse relancer, tandis que d’autres, notamment dans le final, deviennent beaucoup plus techniques. »

Comment as-tu géré la chaleur, avec des températures qui ont atteint les 35 °C ?
« Le parcours est quasiment toujours exposé. Il y a très peu d’ombre, hormis lors de la traversée des Tre Cime. Mon assistance m’attendait avec de la glace à Cimabanche puis au Col Gallina. Dès que je croisais une rivière, je prenais quelques secondes pour me rafraîchir les avant-bras et la nuque. Ce sont des choix essentiels. Tu perds un peu de temps sur l’instant, mais ne pas le faire peut complètement ruiner ta course. Au final, j’ai consommé quasiment un litre d’eau par heure. »
L’altitude, que tu redoutais également, tu l’as ressentie ?
« Ah oui ! Je me suis pris un bon tir à la sortie du Col Gallina (rires). Je voyais le 8e revenir sur moi, mais j’étais incapable d’accélérer. Habituellement, je peux monter à plus de 1 200 m de dénivelé positif par heure. Là, je plafonnais autour de 1 000. C’est clairement à cet endroit que la course s’est jouée. Cette longue section en altitude, sur le haut plateau jusqu’à la dernière descente, demande énormément de relances. Il ne fallait surtout pas craquer. »
Quand on évolue dans le Top 10, est-ce qu’on prend encore le temps d’admirer les paysages ?
« J’avoue que j’ai surtout regardé mes pieds (rires).À ce niveau-là, tu dois rester concentré en permanence : gérer ton effort, ton alimentation, éviter la moindre erreur.Mais je me souviens avoir levé les yeux dans la montée vers les Tre Cime. C’était un véritable moment d’émerveillement. C’est un endroit irréel, tellement c’est beau. Avec ma compagne, on s’est déjà dit qu’on reviendrait. Cette fois, pas pour courir, simplement pour profiter de ces paysages. »

Pierre-Adrien Hivert, ce 80 km t’a donné envie de revenir sur le grand parcours ?
« Oui, il y a de grandes chances que je revienne sur le 120 km. J’ai découvert la très longue distance avec la TDS l’an dernier et j’ai adoré cette dimension. Les nuits passées à la frontale procurent des émotions qu’on ne retrouve pas sur des formats plus courts. Seul l’ultra est capable d’offrir ces moments d’euphorie. »
Le niveau explose en trail. Les records tombent chaque année et les jeunes talents émergent sans cesse. Comment vis-tu cette concurrence ?
« C’est vrai que la densité devient incroyable. Il y a des pépites qui arrivent de partout. Mais c’est aussi ce qui fait progresser notre sport. Personnellement, je le vois comme une source de motivation supplémentaire. Ça pousse à aller chercher la meilleure version de soi-même.
Cela fait maintenant deux ans que je m’investis pleinement dans le haut niveau. Je me suis fixé un plan sur cinq ans et, pendant cette période, je veux tout mettre en œuvre pour continuer à progresser. »
L’objectif final de ce plan, Pierre-Adrien Hivert, c’est un podium sur l’UTMB ?
« L’UTMB, ça reste la messe. Évidemment que cela fait partie de mes objectifs. Mais en tant que passionné de montagne, je rêve aussi d’aller découvrir la Hardrock. C’est une course mythique qui me fait énormément envie. »




