La périostite tibiale est une pathologie micro-traumatique due à l’irritation inflammatoire de la membrane externe de l’os. Elle touche surtout les débutants courant sur des surfaces dures et les hyperpronateurs. Le point avec le docteur Jean-Pierre de Mondenard.

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La périostite tibiale est relativement fréquente chez le coureur à pied lorsque le tibia est trop sollicité (progression trop rapide) ou fonctionne dans des conditions anormales (hyper-pronation, jambes arquées…). Elle se manifeste alors par une douleur à la face interne de la jambe, le plus souvent sur le tiers inférieur de la crête du tibia. 

Périostite Tibiale: un traitement avant tout préventif

  • La reprise de l’entraînement en début de saison doit être progressive. Les terrains trop durs ou accidentés sont à éviter dans un premier temps. 
  • Si on accumule les kilomètres à l’approche d’une compétition, il est recommandé de ne pas augmenter la distance parcourue chaque mois de plus de 10% soit pour les trois mois précédant l’épreuve (par exemple) :  300 kilomètres du 90e au 60e jour ;  310 kilomètres du 59e au 10e jour ; 360 kilomètres du 29e au jour J. 
  • Des périodes dites de décompression doivent être intégrées dans la planification de l’entraînement. 
  • Les runners ont leurs habitudes. Par exemple, ils parcourent toujours leur circuit favori dans le même sens, du même côté de la route. Si la chaussée est bombée, la sollicitation au niveau des deux jambes n’est pas identique. Il vaut donc mieux alterner le sens du circuit.

Des chaussures adaptées à votre type d’appui

Dans le cas d’une foulée à pronation (pieds en appui interne), on utilisera donc des chaussures ayant un axe de la semelle le moins courbe possible. C’est l’axe habituel pour les chaussures de compétition. Alors qu’à l’inverse les axes courbes conviennent mieux aux pieds creux. Les marques proposent des modèles contrôlant la pronation, avec un renfort sur la partie interne du talon. Si cela n’est pas suffisant, on pourra s’aider de semelles orthopédiques pour corriger une anomalie de la voûte plantaire ou une inégalité de longueur entre les membres inférieurs. Dans tous les cas, l’utilisation de talonnettes en Sorbothane limite la transmission des chocs au tibia. 

Le protocole de soins de la périostite tibiale 

La mise au repos de la jambe douloureuse s’impose dans tous les cas. Pour les périostites tibiales très douloureuses et handicapantes, l’immobilisation plâtrée du tibia s’avère la méthode la plus efficace. Mais c’est aussi aussi la plus difficile à faire accepter alors que la marche avec béquille ou le simple arrêt de la course, moins astreignants, sont aussi moins rapides. 

Localement, la physiothérapie (ultra-sons, laser) visera à diminuer l’inflammation et la douleur. Durant cette période de mise à pied, afin d’entretenir la condition physique, on recommande de pratiquer des sports où la jambe ne supporte pas en totalité le poids du corps, tels que le cyclisme et la natation qualifiés de sports portés alors que pour la course à pied, le choc plantaire peut atteindre trois à quatre fois le poids du corps.

Enfin, la reprise de la marche puis de la course ne se fera qu’après disparition complète de la douleur. Elle devra être progressive. Fixons quelques points de repère : marcher 100 mètres sans aucune gêne. Puis parcourir plusieurs fois cette distance au cours d’une même séance. Enfin, la séance suivante, augmenter la longueur de chaque séance.

Lorsqu’on marchera six kilomètres en une heure sans douleur, alors, on commencera à trotter.

EN RÉSUMÉ:
4 impératifs pour se soigner d’une périostite tibiale.
Suppression de la cause déclenchante (hyperpronation, inégalité des membres inférieurs, etc.) ;
mise au repos de la jambe ; reprise très progressive de l’entraînement ; étirements des muscles jambiers, surtout le jambier postérieur.