Maryse Le Gallo pulvérise tous les records à 65 ans
Dès son entrée en Masters 6 (65-69 ans), Maryse Le Gallo a marqué l’histoire de la course à pied française en battant 8 records de France, 5 records d’Europe et 2 records du monde en demi-fond et hors stade. Le parcours exceptionnel d’une athlète hors norme, toujours animée par la passion de l’athlétisme.
« On me demande souvent ma recette. J’explique qu’elle réside dans l’équilibre de ma vie, tel un trépied entre la maison, l’entraînement et le travail ; dans l’écoute de mon corps, qui m’a évité des blessures ; dans le plaisir d’entretenir ma condition physique et de me fixer des défis. Cela ne me gêne pas de continuer à courir, non pour progresser, mais pour moins régresser », confie-t-elle.
Une carrière exceptionnelle en athlétisme Masters

Après 50 ans de course à pied sous licence FFA, la Morbihannaise de 65 ans, demeure une compétitrice dans l’âme. Et elle l’a démontré cette année. A son palmarès : huit records de France, cinq records d’Europe et deux records du monde en Masters 6 féminines (65-69 ans).
« En 2020, par curiosité, j’avais regardé les records de France en Masters 5. Je m’étais attaquée à plusieurs d’entre eux, jusqu’à en détenir huit. J’ai refait la même chose cette année, avec pour objectif de battre, en une seule saison, les records nationaux sur les huit principales distances de demi-fond, du 800 m au marathon ». Objectif atteint. Avec bonus.
Saison d’exception et records en série
« J’ai battu les records du 10 km (40’38) et du 10 000 m (40’21) le même week-end, les 23 et 24 mai à Pacé. J’ai amélioré ceux du 1 500 m (5’23’’36) et du 5 000 m (20’06) le même jour, le 20 juin à Saint-Renan. J’ai établi le record du monde du 3 000 m (11’19’’82) le 4 mai à Auray, ainsi que celui du 1 500 m, qui tenait depuis huit ans.
J’ai réalisé la meilleure performance française sur semi-marathon (1h29’24) lors de mon 40e Auray-Vannes. Enfin, à Rennes, mon 40e marathon, j’ai battu de trois minutes le record d’Europe (3h09’19), malgré la pluie, le froid et une fin de parcours pavée », résume Maryse.
En 2026, elle visera le record d’Europe du 10 km, un titre de championne d’Europe du semi-marathon, ainsi que le record de France du 5 km route.
50 ans de pratique de la course à pied

De tels objectifs forcent l’admiration. « Je suis une passionnée. Pourtant, c’est plus la course à pied qui est venue à moi que l’inverse », explique-t-elle. Repérée dès le collège lors d’un cross scolaire remporté, elle prend sa première licence FFA à 14 ans, en 1974, au CE du Blavet de Quistinic.
Sous son nom de jeune fille, Ficher, elle se forge rapidement une réputation régionale, sans viser le haut niveau. Puis à 19 ans, un drame familial bouleverse son parcours et freine ses ambitions sportives.
L’exploit fondateur sur Auray-Vannes
Employée à plein temps dans l’industrie métallurgique à Lorient, elle rejoin bientôt le CEP Lorient. Jean Vaillant, ancien international français l’entraîne désormais. Entre 1980 et 1987, l’athlétisme lui apporte avant tout un équilibre personnel. Finaliste des Championnats de France de 25 km, elle se révèle pleinement lors de l’édition 1987 d’Auray-Vannes.
« Je venais d’accoucher trois mois plus tôt. Remporter ce 25 km a surpris tout le monde », se souvient-elle.
Le déclic international à Yokohama
Repérée par le Cadre Technique National, la Bretonne participe ensuite, en 1988, à l’Ekiden de Yokohama. Alignée sur le même relais que la Norvégienne Ingrid Kristiansen, recordwoman du monde du marathon, elle vit un moment fondateur.
De retour en France, elle change de club. Nouvel entraîneur et intégration d’un groupe d’entraînement de haut niveau. Ainsi en 1990 – à 30 ans – elle honore sa première sélection en équipe de France sur 15 km à Kassel.
40 marathons et une passion intacte

La même année, elle boucle son premier marathon à Nice en 2h48. Le début d’une longue histoire d’amour avec la distance reine. De 1990 à 1998, elle progresse régulièrement jusqu’à intégrer le Top 10 du marathon de Rotterdam en 2h35’09.
Elle se distingue également aux Championnats d’Europe et du monde, notamment à Helsinki en 1994 et à Athènes en 1997.
Une sportive de haut niveau exemplaire
Ses performances reposent sur une organisation rigoureuse, une hygiène de vie exemplaire, le soutien de ses proches et l’appui de la Ville d’Hennebont. Tout cela lui permet dès 1992 de concilier emploi et entraînements intensifs.
« Je pouvais alors m’entraîner deux fois par jour, participer à des stages, courir jusqu’à 220 km par semaine et travailler spécifiquement les allures marathon », précise-t-elle.
Transmission et engagement pour l’athlétisme

Après une carrière de haut niveau, Maryse Le Gallo poursuit en Masters. Elle remporte notamment les marathons de Boston, Chicago et Québec dans sa catégorie d’âge. En 2004, elle fonde l’Athlé Pays de l’Orient, club aujourd’hui fort de 1 200 licenciés et évoluant en Nationale 2. Présidente pendant dix ans, et toujours entraîneur, elle contribue à l’émergence de talents comme Florian Le Pallec et Antonin Saint-Peyre.
Organisatrice des Championnats de France de cross-country à Plouay en 2018, juge sur le marathon des Jeux Paralympiques de Paris 2024, ambassadrice pour la Ville de Quiberon…. Plus que jamais, Maryse Le Gallo continue de transmettre la flamme du sport, après avoir elle-même porté la flamme olympique.


@xavierwaerzeggers