Denis Brogniart : « L’important, c’est de donner le meilleur de soi-même »

Denis Brogniart court souvent avec sa chienne Lucie.

Courir, nager, rouler, c’est le tiercé gagnant de Denis Brogniart, 58 ans. Le sport est un moteur essentiel pour l’animateur de TF1 en quête de dépassement de soi. Retour sur ses dernières aventures et ses souvenirs phares en attendant la prochaine saison de l’émission Koh-Lanta.

Début novembre sur le Marathon de New York, vous avez dit avoir rarement autant souffert. Que s’est-il passé ?

« C’était mon 11e marathon, mon 4e à New York…et le pire. J’étais encore sur le pont Verrazzano, mon téléphone à la main pour prendre des photos, à 5’45’’ du kilomètre. Tout allait bien, météo sublime et d’un coup, ma cuisse m’interpelle comme si j’étais au 38e km. Et là, je me dis : ‘il reste 40 km, ça va être long’… »

Avez-vous envisagé d’abandonner sur ce marathon de New York ?

« Jamais. Le mot abandon ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je le proscris sauf blessure grave, bien sûr. L’élongation me faisait mal, mais je pouvais avancer. J’ai tenu jusqu’au semi sur les bases de 4h, puis j’ai marché. J’ai rarement autant puisé dans mes ressources que ce jour-là. Mon temps est médiocre, mais le sport, c’est aussi explorer des sensations inconnues. Je regrette seulement de ne pas avoir pu profiter pleinement de l’énergie de New York car la douleur a parfois pris le dessus. »

Courir, nager, pédaler, c'est le tiercé gagnant de Denis Brogniart, 58 ans. L'animateur de Koh-Lanta est en quête de dépassement de soi.
Denis Brogniart a terminé 11marathons avec un record en moins de 3h30’, et notamment le Marathon des Sables Jordanie (2024), la Boffi Fifty des Templiers (2023), la MCC (2023), le Grand Raid de la Réunion en relais (2022) /

Comptez-vous revenir sur marathon ?

« À l’arrivée à New York, j’ai dit : “Plus jamais !” Mais vous savez ce qu’on dit… J’aimerais en refaire un pour ne pas rester sur cet échec. Je pense à Nice-Cannes en 2026. Est-ce que j’en aurai les moyens en terme d’entrainement et d’emploi du temps ? Je ne sais pas encore. En tout cas, si je peux, je m’entraînerai pour ! »

Denis Brogniart, la course à pied est votre sport favori ?

« Plus aujourd’hui. Je traîne une rupture totale du tendon d’Achille avec greffe du tendon, une opération du genou, un ménisque à enlever… J’ai trop couru et je suis un peu abîmé. Cette année, j’ai surtout fait du vélo et j’adore ça. La natation est mon sport premier, celui que j’ai beaucoup pratiqué enfant, donc je n’ai pas de lacune.»

Courir, nager, pédaler, c'est le tiercé gagnant de Denis Brogniart, 58 ans. L'animateur de Koh-Lanta est en quête de dépassement de soi.
©Vincent Lyky

Justement, fin novembre, vous avez participé à un triathlon format M original à La Réunion, la 0-3000, du lagon de Saint-Pierre jusqu’au sommet du Piton des Neiges. Racontez-nous cette expérience…

« C’était génial ! Partir de la mer et grimper jusqu’au point culminant d’une île, à 3 070 mètres, tout cela à la force musculaire en combinant trois disciplines, c’est très fort. C’était plutôt un triathlon-trail car la pente était tellement abrupte que quasiment personne ne courait sur la partie finale de 11 km et 1 800 mètres de dénivelé positif. Et une fois au sommet du Piton des Neiges, il fallait garder des forces pour 2h30 à 3h30 de descente. »

Comment s’est passé ce triple effort combinant 1 500 mètres de natation, 45 km de vélo jusqu’à Cilaos et 11 km d’ascension finale à pied ?

 « Très bien en natation, même si c’était physique de nager en évitant les coups de bras et de jambes des autres concurrents. La partie vélo était somptueuse sur la route aux 400 virages, tracée de la mer jusqu’aux entrailles de La Réunion. Ensuite, sur la montée à pied, j’étais en retrait car j’ai toujours une élongation contractée au Marathon de New York. Pour me préserver au maximum, je n’avais pas recouru dix mètres depuis début novembre. »

Courir, nager, pédaler, c'est le tiercé gagnant de Denis Brogniart, 58 ans. L'animateur de Koh-Lanta est en quête de dépassement de soi.
©Vincent Lyky

Aviez-vous un objectif précis sur ce premier triathlon terminé en 7h14’?

« Aucun objectif ; j’y allais juste pour l’aventure. J’aurai pu mettre 45 minutes de moins si je n’étais pas sur une jambe et demie en ce moment. Qu’importe, c’était un bonheur absolu d’arriver au sommet. Ma philosophie aujourd’hui, c’est une bagarre contre moi-même.

Je déteste la formule que l’on prête au baron de Coubertin : “L’important, c’est de participer”. L’important, ce n’est jamais de participer mais d’essayer de donner le meilleur de soi-même avec ses moyens du jour. Et je crois avoir tout donné, sachant que, pour l’anecdote, je n’avais pas fermé l’œil de toute la nuit la veille, ce qui ne n’était jamais arrivé de toute ma vie. Sans doute le stress, même si je ne l’avais pas identifié ainsi… »

Cela vous donne envie de tester d’autres formats ?

« Oui ! J’aimerais faire un triathlon olympique dans un format plus classique et un Half Ironman. Deux objectifs qui me tiennent à cœur. »

La suite de l’interview est à lire dans le numéro 255 de Running Attitude actuellement en vente.