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Le traileur-montagnard corse et ancien recordman du GR20, Guillaume Peretti et son ami Jean-François Hautin ont réussi mercredi leur traversée intégrale du massif du Cinto en alpi-running soutenus par leurs partenaires Compressport, Polar et Scarpa.

Cet itinéraire qu’ils ont nommé l’Altavia “La haute voie”, est la plus évidente et la plus aérienne en Corse. La traversée intégrale de toute l’arête dorsale du massif du Cinto cumulait 45 km et 6000mD+. Le duo l’a traversé en 14h25. Un chiffre qui ne reflète qu’à peine la technicité et l’engagement de l’itinéraire.

Guillaume a répondu à quelques questions postées par son sponsor, Compressport….

Quel était le parcours ? l’itinéraire ? Est-ce que cela avait été fait ? Et dis-nous en plus sur la technicité et l’engagement du parcours…

Le parcours est tout simplement l’intégralité du Massif du Cintu de l’est à l’ouest, précisément de Croce d’arbitro (un col routier entre le village de Popolasca et Castiglioni) au Col de Vergio.Elle passe par les sommets les plus connus comme justement le cintu, punta minuta, paglia Orba…Nous avons imaginé un itinéraire typé exclusivement Alpirunning qui consiste, à ne pas utiliser de matériel d’alpinisme, il y a quand même beaucoup de passages très alpins avec des voies cotées de 3a à 5+, avec des rappels qui devaient être obligatoires mais après reconnaissance nous avons réussi à passer outre. Il y a aussi de longues courses d’arrêtes.Il faut dire que l’itinéraire n’avait jamais été réalisé d’une seule traite. Plusieurs montagnards confirmés, comme Marc Constant, avaient réalisé une traversée assez similaire, plus courte et surtout en validant absolument tous les petits sommets et pointes de la traversée. Lui-même avait réalisé cette même traversée en hiver (ça a été une source d’inspiration pour notre projet de l’Altavia).Avec notre vision de l’alpi running, deux ou trois sommets n’ont pas été réalisés, pour cause de cotation d’escalade trop élevée et la présence de rappels trop importants et impossibles à réaliser sans matériels adéquate.  

©Justin Galant


Pourquoi ce projet ? Quelle importance avait cet itinéraire pour toi ? 

C’est un peu pour la continuité de mon parcours de montagnard et trailer, un tracé souvent imaginé par les professionnels de la montagne (guides et accompagnateurs).Mettre en avant autre chose que les grandes traces connues comme le GR20 ou le mare a mare ….Dire qu’il y a beaucoup à faire en alpinisme en Corse.

Pourquoi était-ce important de le faire avec ton ami Jean-François Hautin ? 

Jean François a été le compagnon idéal pour ce projet par sa connaissance. De plus, lui-même avait pensé de le faire pratiquement en même temps que moi.C’est une révélation pour nous car nous avons constaté que notre façon de voir la montagne est la même.Vouloir un partage d’effort qui est pour moi maintenant fondamental. 


Peux-tu nous décrire un peu la journée ? Quels ont été les moments forts de la traversée ?

 La journée c’est très bien passée dans l’ensemble, la première partie était la plus « roulante » j’étais pas mal stressé pour la météo car c’était le seul paramètre incontrôlable.J’ai eu quand même des hauts et des bas durant la sortie et nous avons constaté que la grande difficulté était de garder de la lucidité sur toute la longueur malgré la fatigue. Les moments forts ont été tout d’abord lorsque Julien Soler nous a rejoint sur un des sommets techniques, sa présence m’a beaucoup boosté. Le passage clé a été à Bocca Minuta (qui est un des cols du cirque de la solitude). Par manque d’eau nous avons dû perdre 400 mètres de denivelé pour trouver un point d’eau et donc remonter ensuite. Bizarrement cela m’a donné encore plus de détermination pour arriver au bout. Et bien entendu le dernier sommet avec la satisfaction d’avoir réalisé un rêve ensemble.