En une décennie, Yoann Stuck s’est offert une nouvelle vie. Ce champion au look branché, membre incontournable de communauté running cultive le partage partout où il court.

Depuis 2010 et tes premiers footings, ta vie a changé. Raconte-nous « l’avant » et le « maintenant »…  

Avant, je cumulais deux voire trois boulots, je sortais beaucoup et j’abusais de tout. Je fumais plus d’un paquet par jour, je picolais beaucoup, je mangeais très mal et l’un de mes boulots étant pizzaiolo…mes repas n’étaient du coup pas très variés. L’arrêt du tabac a été l’élément déclencheur du début en course à pied, pour ne pas dépasser le quintal. Puis le reste est venu progressivement, car évidemment, lorsqu’on a une hygiène de vie meilleure, cela se ressent sur tout (le travail, le sommeil, la récupération…) ; et ensuite, c’est un cercle vertueux car quand on voit les retombées positives sur son physique mais aussi sur sa vie en général, on a envie de voir plus loin. Du footing de 20 minutes cramé, je suis passé à plus long, plus varié, plus vite et progressivement, j’ai vu que j’avais une marge de progression importante, alors j’ai continué.

Ton premier dossard, c’était où ?

Sur le Run in Lyon, 10 km. Sur cette première course, mon idée était de faire moins de 45’ : j’ai fait exactement 44’59, c’était en 2010.

Ta première victoire ?  

Celle que je retiens est celle des Cabornis car le plateau était relevé. Personne ne me connaissait vraiment et j’étais sur mon terrain de jeu habituel, les Monts d’or. C’est là que j’ai commencé à être contacté par des marques et à entrevoir mon « potentiel » en course à pied. Arrivé un peu comme un cheveu sur la soupe dans ce milieu, j’ai commencé à prendre plus au sérieux ma pratique à ce moment-là je crois.

A son palmarès… 4e de l’EcoTrail Paris 80 km (2019), 3e de Wings for Life Rio (2019), 1er trail de Saint-Emilion (2019), 1er du KV de La Plagne (2018), 3e du KV du Madtrail (2018), 3e du 10 km du Mont-Blanc (2018); 1er de l’Ultra Trail des Vagues de Belle-ile (2018)…

Quelle est ta distance favorite aujourd’hui ? 

Entre 50 et 80 kilomètres mais j’essaye d’être polyvalent et d’aller voir un peu tous les formats et les terrains. avec l’envie de faire plus long maintenant, en espérant avoir la maturité qui va avec.

Ta course fétiche ? 

Je dirai le Wings for Life que je fais maintenant depuis 5 ans ; cette fondation récolte des fonds pour trouver un remède à la paraplégie et aux lésions de la moelle épinière ; c’est une course aussi originale puisqu’elle se déroule dans plus de trente pays en même temps et dont le but est d’être le dernier à se faire rattraper par la « catch car »  ; j’aime donc beaucoup cette course que j’ai eu la chance de ne jamais faire au même endroit. Les EcoTrails sont aussi des formats que j’apprécie de plus en plus.

Quel est ton plus beau souvenir de course ? 

La première fois que j’ai fait le marathon du Mont Blanc ; j’étais avec ma compagne et des amis, et c’était mon premier trail en montagne, avec l’ambiance qui va avec. La vue et terrain ont pas mal aidés à m’orienter vers le trail.

©DR

Ton pire souvenir ? 

L’EcoTrail 2019 ; je venais de perdre ma maman et je n’aurais sans doute pas du prendre le départ ; mais même si j’ai eu les pires sensations et ai détesté cette journée, cela m’a beaucoup aidé pour la suite. Quand on pense avoir touché le fond, on peut enfin donner un coup de pied pour remonter… je crois que depuis, je remonte petit à petit.

Ta plus belle rencontre ? 

DES belles rencontres, pas seulement une. C’est aussi ça que j’aime dans le sport. Peut être plus particulièrement celle avec Eric Lacroix, mon entraineur et ami aussi. Et après, ce sont plus des gars rencontrés par le biais de la course qui sont devenus de vrais amis.

Ton prochain objectif ? 

Le marathon des sables ; pas prévu au départ, c’est pourtant une course que je rêve de faire depuis quelques années (250km en 6 étapes) ; pour le challenge d’être en autonomie, dans le désert, plusieurs jours avec des étapes plus ou moins longues. J’ai déjà fait des courses à étapes et se sont toujours des aventures humaines très enrichissantes. Le lavaredo et la CCC seront les prochains objectifs.

La course qui te fait rêver ?

Western States aux Etats Unis ; elle fait 100 miles ; c’est une course historique et atypique  car elle l’une des premières à avoir été créée en ultramarathon. C’est un format qui me plait malgré la chaleur qu’il y fait.

Ton athlète « mentor » ?  

Anton Krupicka pour l‘athlète quil est encore aujourd’hui ; avant, l était bien présent sur la scène mondiale du trail mais je prends toujours autant de plaisir à suivre ce qu’il fait aujourd’hui car il sait partager ses passions.

Yoann est en autre ambassadeur de la marque Gore.

Ta leçon en presque 10 ans de pratique ? 

L’humilité je crois ; et arriver à prendre du recul, se satisfaire de ce que j’ai la chance d’avoir.

A quoi ressemble une semaine type d’entraînement pour toi ?

J’aime « borner » donc j’aime les semaines à plus de 100 à 150km/semaine. Je m’entraîne généralement tous les jours avec un entrainement en fin de matinée et parfois une autre séance en fin d’après midi ; je préfère les séances type « au train » ; par contre, je déteste les séances de vitesse pure.

Quels conseils aux trailers amateurs ?

Savoir y aller progressivement, ne pas brûler les étapes (distances et fréquence d’entrainement), c’est important.

Iamwoodstuck, un style & des valeurs. Pour développer sa gamme de vêtements – lifestyle et running – Yoann s’est entouré de fournisseurs impliqués, spécialistes du made in France, du coton bio, de fibres végétales. Une démarche qui sonne vraie.

Peux-tu nous présenter ta marque iamwoodstuck ?

iamwoodstck pour moi, c’est l’illustration de mon changement de vie : esprit sain dans un corps sain. Savoir profiter de ce qui nous entoure avec positivisme. La référence au festival Woodstock explique un peu l’esprit de la marque.