Le célèbre chef cuisinier Thierry Marx est aussi marathonien. Il sera au départ des 20 km de Paris, qu’il parraine cette année. L’occasion d’en savoir un peu plus sur la place du sport dans sa vie.

Etre le parrain des 20 km de Paris, qu’est-ce que cela veut dire pour vous ? 

Thierry Marx : «  Je savoure le fait d’être le parrain de ces 20 km de Paris avec beaucoup de bonheur. Ça représente le sport, ça représente le lien social, ça représente un lien avec mon métier. La cuisine c’est “plaisir-bien-être et santé”. Le sport, c’est aussi “plaisir-bien-être et santé”. »

Quelle est la place du sport dans votre vie ? 

« Le sport est indissociable de ma vie. Le mouvement est indissociable de ma vie. Le sport, c’est mon premier plaisir du matin, au même titre que mon café. J’ai couru 17 marathons, 3 semis, et des trails aussi. Il m’est arrivé dans la vie de me laisser aller physiquement. Immédiatement, c’est le sport qui a reposé le cadre, qui m’a redonné une dynamique créative et une énergie pour être chef bien sûr, mais aussi chef d’entreprise. Le sport c’est magique. »

Avec Benoit Campargue, de l’association Pass’sport pour l’emploi.

Les 20 km de Paris soutiendront Pass’Sport pour l’emploi, association pour la réinsertion pour le sport que vous avez co-fondée. Expliquez-nous votre implication pour cette association…  

« Quand la vie frappe fort, on peut perdre confiance en soi. Le sport permet assez rapidement de se rééquilibrer, de se re-calibrer, corps et esprit. Et ça, on le démontre avec Pass’Sport pour l’emploi. C’est 100% de retour à l’emploi pour des jeunes qui a un moment donné se croyaient assignés à un quartier, à un échec scolaire, à une difficulté de vie passagère. Le sport est un cadre éducationnel qui leur permet de dire « je lâche la main du passé ». Rigueur, engagement, régularité. C’est le modèle du sportif qui nous permet de les aider. En course à pied, il faut regarder devant soi. Ce n’est pas le chemin parcouru qui compte, c’est le chemin qui reste à faire. Le sport est là pour nous aider, il ne faut jamais l’oublier. D’ailleurs quand je vois le travail et le succès des handisports, je dis chapeau bas. Il n’y a pas de raison de se plaindre. On avance. Même quand c’est dur et quand la douleur est un peu là. Si on a mal, c’est qu’on est vivant. Et si on est vivant, on avance, c’est ça la course ! »

Quel est votre plus beau souvenir de coureur ?  

« Je pense à Béhobie-San Sebastian. C’est une course particulière où l’on part du point de frontière de Béhobie pour arriver à San Sébastian et ce n’est qu’une course de côte. Ce jour-là, j’ai fait un bon temps. Je me suis accroché à un copain, qui lui ne voulait pas faire de temps. Je me suis mis derrière lui, je n’ai pas craqué et il m’a tracté jusqu’ à la fin. C’est un grand souvenir de camaraderie même si, pour l’anecdote, mes copains ne s’attendaient pas ce que je fasse un bon temps ce jour-là. Du coup, je me suis retrouvé à l’arrivée en simple short et maillot, sans sou à attendre qu’ils reviennent me chercher, et c’était long. »

La cuisine, c’est un travail d’équipe, on parle de brigade de cuisine. La course à pied, c’est un sport individuel. Vous auriez pu faire un sport d’équipe ? Qu’est-ce qui vous fait choisir la course à pied ? 

« Je pense qu’il n’y a pas de sport individuel. Certes vous êtes seul pour courir, pour monter sur un ring ou un tatami mais il y a autour de vous un écosystème bienveillant qui a permis que vous soyez là. Il ne faut pas l’oublier. On va plus vite tout seul mais on va moins loin. Si on veut aller loin, il faut un petit groupe autour de soi .»

©Vincent Krieger.

On parle d’une équipe de chefs cuisiniers au départ de la 41eédition. Vous en savez plus ? 

« On a lancé plusieurs pistes. Il y a des gens très discrets dans ce métier et qui font vraiment de la course à pied, puis d’autres qui en parlent beaucoup et qui ont font un peu moins. On verra qui sera là. En tout cas, il y a un exemple pour nous cuisiniers, c’est un monsieur qui a toujours démontré que le sport était bon pour la cuisine. Ce monsieur c’est Gérard Cagna, un grand de la profession, qui a démarré chez Maxim’s en 1962. Il a 74 ans et sera au départ. Il s’est inscrit car j’étais parrain. Initialement, il ne voulait pas refaire la course. Il fait encore de très très bons temps et démontre que le sport dans le monde du travail permet de durer dans de bonnes conditions. Et pour cela, je salue Gérard Cagna, qui a encore un rôle modèle pour moi et qui m’a beaucoup aidé dans la transmission du savoir-faire. »

Quel message aux coureurs des 20 km de Paris ? 

Le message est assez simple, je leur dis : pensez aux libellules. Vous allez partir d’un pont, y’a de l’eau, pensez à ces petites insectes. Les libellules n’abandonnent jamais. Elles ne reculent jamais. Vous avez 20 km à faire, donc allez au bout. Peu importe le temps. Le temps est contre vous, mais vous allez voir, la magie de l’arrivée, le bonheur de l’arrivée peu importe le temps que vous aurez mis. »