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Le 31 octobre, 2 000 participants pourront se confronter à la star mondiale du marathon Eliud Kipchoge sur les Champs Élysées. Un dossard pour le Marathon pour Tous 2024 est à la clé pour les plus rapides.

Le 31 octobre, nous serons à 1 000 jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024. Eliud Kipchoge, le recordman du marathon en 2h01’39”, ouvrira le pas du Marathon pour Tous de 2024 en proposant de remporter un dossard pour cet événement historique.

Une course poursuite dans Paris avec Eliud Kipchoge

A cette occasion, 2 000 participants pourront se mesurer à la foulée de cette légende kenyane.

La course de 5 km sera gratuite et accessible à tous. Elle se déroulera autour des Champs-Élysées. Ce moment unique en plein Paris sera proposé par le Club Paris 2024 et Orange, Parrain Officiel du Marathon Pour Tous. Le format sera original puisqu’il s’agira d’une course poursuite. Le champion olympique devra donc rattraper les concurrents partis avant lui.

Les participants seront eux répartis par sas de départ. Les plus lents s’élanceront en premiers, puis les plus rapides suivront. Ensuite, Eliud Kipchoge partira en dernier, avec une pénalité de temps .

“Cette course unique est à l’image de ce qu’est la course à pied : accessible à tous. Sur l’une des plus belles avenues du monde, je vous mets au défi de ne pas me laisser vous rattraper ! J’ai hâte de partager ce moment avec vous… avant de nous retrouver en 2024.” confie le recordman du marathon.

Ainsi, ceux qui franchiront l’arrivée avant l’athlète remporteront leur dossard pour le Marathon Pour Tous en 2024.

Et pour ceux qui n’auraient pas réussi à terminer la course avant Kipchoge, de nombreuses autres occasions seront proposées pendant les trois prochaines années.

Rendez-vous sur le site du Club Paris 2024 et sur le compte Instagram Team Orange Running pour vous inscrire à la course.

Du 13 au 20 octobre, un challenge sélectionnera par tirage au sort les membres du Club Paris 2024. les plus motivés pour défier Kipchoge le 31 octobre sur les Champs Elysées.

En route pour le Marathon Pour Tous 2024

Pour la première fois de l’histoire, Paris 2024 proposera de vivre l’expérience des Jeux dans la peau d’un athlète. En effet, le Marathon Pour Tous de Paris 2024 se déroulera sur le même parcours que la mythique course du Marathon Olympique. Une distance plus accessible de 10 km sur ce même parcours sera également proposée pendant les prochains JO.

L’automne sera historiquement chargé. Les six plus “gros” marathons de la planète se disputeront en six semaines seulement, à un mois et demi de la clôture des Jeux Olympiques.


Le Marathon de Boston, organisé depuis 125 ans en avril, vient de confirmer sa tenue le 11 octobre, sous réserve de conditions sanitaires favorables. On connaît donc désormais le calendrier des World Marathon Majors, les six plus prestigieux marathons de la planète. Un calendrier redistribué suite à la pandémie. Les trois marathons printaniers (Tokyo, Boston, Londres), migrent à l’automne. Du coup, les six épreuves se courront en six semaines seulement :  Berlin (26 septembre), Londres (3 octobre), Chicago (10 octobre), Boston (11 octobre), Tokyo (17 octobre) et New York (7 novembre). Du jamais vu.

© Eddie Keogh for Virgin Money London Marathon. Eliud Kipoche, vainqueur à Londres pour la 4eme fois, en avril 2019. Il courra de nouveau le long de la Tamise le 3 octobre prochain.

Pas de duel Kipchoge-Bekele…

Pour les athlètes, impossible d’enchaîner deux marathons en si peu de temps. Les vedettes devraient privilégier Berlin et son parcours billard ou Londres, qui prévoit par ailleurs de rappeler 100 000 coureurs pour la première fois de son histoire ! Hors circuit “mondial”, Valence prévu le 5 décembre dont la côte (et les primes !) grimpe en flèche ces dernières années pourrait aussi attirer les meilleurs.

On sait ainsi déjà qu’Eliud Kipchoge, recordman du monde sur la distance (2h01’39” à Berlin en 2018), s’est engagé auprès de l’organisation britannique. Après son échec de 2020 – 8e place sur l’édition reprogrammée en octobre -, cette nouvelle participation londonienne sonnera comme une revanche pour le champion kenyan.

Kenenisa Bekele (forfait à Londres en octobre 2020) a lui réservé son ticket pour Berlin. 2021 ne verra donc vraisemblablement pas le duel tant attendu entre ces deux monstres sacrés…

Nous avons demandé à Véronique Billat, physiologiste de renommée mondiale, son avis sur le marathon en 1h59’40’’ d’Eliud Kipchoge. Son analyse, publiée prochainement dans Journal of Sports performance and physiology est déroutante. 


Qui est Véronique Billat ?
Cette physiologiste française, professeure des universités, détentrice d’un brevet d’état 3e degré d’athlétisme, a notamment fondé la méthode d’entraînement BillaTraining et publié le livre Révolution marathon (Editions DeBoeck).

Quelle est votre analyse du chrono en 1h59’ d’Eliud Kipchoge ?

©DR

« Nous avons comparé les performances d’Eliud Kipchoge sur ses trois derniers marathons, tous à six mois d’intervalle. Berlin en septembre 2018, course de son record du monde en 2h01’39’’,  Londres en avril 2019 en 2h02’37’’ puis Vienne, le 12 octobre dernier, où il a couru en 1h59’40’’. Ce qui est intéressant, c’est l’analyse comparative entre la course officielle (Berlin) et la course articifielle (Vienne). Il faut d’abord savoir que ce qui caractérise Kipchoge, c’est qu’il a une formidable réserve de puissance liée à sa carrière en demi-fond. Il a imprimé depuis longtemps à l’entraînement des allures de 23-24 km/h et a une tendance naturelle à varier les allures sur marathon, en courant le second semi plus rapidement que le premier. »

“Le marathon en 1h55 est en vue.”

Véronique Billat.

Au-dèla des deux minutes d’écart entre ses chronos de Berlin l’an dernier et de Vienne, le 12 octobre, quelles différences avez-vous pointées ?

©DR. Eliud Kipchoge à Vienne le 12 octobre, sur le marathon organisé pour lui par la multinationale Ineos.

« A Vienne, il n’a pas pu exprimer tout son potentiel car le tempo lui était dicté par la voiture ouvreuse, et par les 41 lièvres qui se sont relayés autour de lui. Dès le départ, le motif était imprimé avec une allure constante oscillant entre 2’48’’ et 2’52’’. Cela l’a privé de son talent, de sa réserve de puissance. A Berlin justement, c’est lorsque ses lièvres ont craqué, au 25ekm qu’il a pu faire sa course. Il avait alors couru 2/3 du marathon sous sa vitesse moyenne, qui était de 20,8km/h, puis 1/3 au-dessus. A Berlin, il était à 94% de sa vitesse critique, c’est-à-dire la plus haute vitesse que l’on est capable de tenir sans atteindre sa VO2max. A Vienne, il a couru à 98% de sa vitesse critique, c’est-à-dire qu’il a davantage puisé dans ses réserves. » 

Selon vous, Eliud a donc réalisé une meilleure performance à Berlin l’an dernier même s’il a couru plus vite à Vienne ?

« Oui tout à fait. Dans le mot performance, il y a le chrono final certes, mais aussi le chemin parcouru pour l’accomplir. Si tout n’avait pas été si codifié et planifié à l’avance, on aurait peut-être pu voir les chiffres « 1h58 » ou « 1h57 » s’afficher à Vienne. En tout cas, le marathon en « 1h55 » nous paraît bien visible ! »

©Michael Gruber-VCM.

Comment expliquez-vous sa « fraîcheur » à l’arrivée à Vienne ? 

« Il n’a pas tout donné car il n’a pas pu gérer sa course lui même. »

L’absence de contrôle anti-dopage à Vienne fait débat. Votre avis sur ce point ? 

« Sa carrière et sa longévité parle pour lui ainsi que la constance de ses performances. A Berlin, rappelons-le, il y avait eu des contrôles. »

Et ses chaussures « magiques », dernier prototype de Nike, qui font « courir plus vite ». Anecdotique ? 

« Oui. »