Premier marathonien français à inscrire son nom au « Seven Continents Club », Philippe Paillaud a écrit son premier roman policier, Marathon rouge sang, paru aux éditions Cédalion. Cet ouvrage captivant associe l’univers du running à une enquête criminelle à rebondissements…

Philippe en bref 66 ans. Membre du Seven Continents Club. Finisher de 24 marathons, dont ceux de New-York (1991), Santiago du Chili (1995), King George Island (2007) et Moscou (2016). Record : 3h36 (Dubaï, 2001). Auteur du Marathour du monde en sept continents (2007, éd. Patrimoines et médias) et Marathon rouge sang (2018, éd. Cédalion, 15€ – disponible en librairies sur commande et sur les sites www.editionscedalion.com et et www.lalibrairie.com

« Quand l’épervier se lamente devant un nid vide, les étourneaux voltigent alentour, insultant à sa douleur », écrivait Prosper Mérimée, dans sa nouvelle ‘‘Colomba’’. La vendetta, guerre privée de vengeance entre familles, était au cœur de l’intrigue. Elle l’est aussi dans Marathon rouge sang, le premier roman policier de Philippe Paillaud, premier marathonien français à inscrire son nom au « Seven Continents Club », en 2007. Le coureur originaire de Melle (Deux-Sèvres) fait même de l’ouvrage de l’auteur de Carmen un testament pour l’assassin, dont l’identité ne sera connue qu’après 300 pages d’une enquête tortueuse et captivante. Comme dans Un risque à courir de Jean-Marie de Dinechin, le monde du running est au cœur de l’intrigue. Les victimes assassinées, Sylvie Joubert (fille d’un sénateur) et Christian Delmont (propriétaire d’une boutique de sport), étaient engagées au marathon de Paris. La psychose d’un serial killer de joggeurs s’empare de la capitale. 

V comme vendetta

Le commissaire Dougret, surnommé Gotlib pour sa ressemblance avec le héros de la BD Rubrique-à-brac, mène l’enquête. Mais le personnage central de l’histoire est son principal soutien, Bertrand Letellier, un journaliste sportif et marathonien émérite. Celui-ci  renaît de ses cendres après une longue déchéance qui le vit perdre un emploi en or, ses amis, sa femme et sa fille. Une rencontre fortuite avec Céline, une ex-collègue de travail devenue patronne de la revue ‘‘Run & Fun’’, l’a relancé. Il est à nouveau journaliste en vogue et coureur d’un club parisien au moment des meurtres qui impliquent ses amis Christian Delmont (la seconde victime) et Carlos Garcia (le premier suspect). Sa quête de vérité le pousse à investiguer avec Dougret et à comprendre que des événements survenus en 1960 en Kabylie et au Chili en 1974 sont les clés des meurtres. Lorsque Gina Guyot, femme d’un riche viticulteur, est à son tour assassinée pendant le marathon du Médoc, l’étau se resserre. Mais les rebondissements seront encore nombreux avant de savoir si l’assassin est un coureur ou un spectateur à l’affût.

Marathon et polar

Sur le dernier Salon de running, devant le stand du marathon du Médoc évidemment..

Cette œuvre de fiction, qui évoque la quête d’intégration et dénonce racisme, nationalisme et loi du talion, associe à merveille vécu de marathonien et enquête criminelle. « En 2007, mon premier livre Le Marathour du monde en 7 continents, qui permit de reverser 9 000 € à la Ligue contre le cancer, retraçait les marathons à travers le monde qui m’avaient guidé jusqu’au Seven Continents Club. Après ce projet, la journaliste et romancière Isabelle Horlans m’a persuadé d’écrire un roman, qui puisse toucher un plus large public. Mon vécu professionnel et des recherches sur l’Algérie et le Chili, deux pays qui m’ont toujours passionné, sont au cœur de cette intrigue complexe», explique Philippe Paillaud. Mais les runners ne sont pas oubliés. « Mon polar inclut des récits de mon marathon de Paris de 2015 et des évocations d’épreuves à l’étranger auxquelles j’ai participé entre 2008 et 2016. Les histoires ou les caractéristiques de vrais marathoniens se cachent derrière des personnages centraux tels que Cécile Bertin (Céline), Patrick Candé (Patrice), Guy-Marie Guéret (Jean-Marie Aubusson) et Lucien Brain (Lucien Train). Bien souvent, la fiction rejoint la réalité. Et, tout au long de l’enquête, l’univers du running est omniprésent. Dans le final, la technologie dans le domaine de la course à pied est même décisive », annonce l’écrivain-marathonien. 

Article rédigé par Julien Bigorne, paru dans le numéro 201 de Running Attitude.

Inconnue il y a neuf mois, Hinke Schokker, Néerlandaise âgée de 35 ans, a, depuis, remporté l’un des plus prestigieux 100 km d’Europe, établi une meilleure performance mondiale de l’année et disputé les Mondiaux de trail. Stupéfiant !

Eastermar, village de 1 500 âmes blotti entre deux lacs de la province de Frise, aux Pays-Bas, fait parler de lui. Connu jusqu’alors pour son top model Doutzen Kroes, qui y est née à l’hiver 1985, et l’incroyable histoire de ses habitants qui se sont partagés 53 millions d’euros à la loterie en janvier 2018, ce bourg fait encore les gros titres des journaux grâce aux exploits de son athlète Hinke Schokker. Un phénomène qui a surpris les locaux eux-mêmes. Les gens du pays la connaissaient surtout pour sa passion des chevaux, sa timidité et sa thèse de doctorat en médecine. Il la percevait comme la fille de Lou (propriétaire d’une ferme) et de Tineke (femme politique, aujourd’hui maire de Vlieland, à 60 km de là, sur une île de la mer des Wadden). Mais tout a changé le 8 septembre 2018. Ce jour-là, Hinke est inscrite aux 100 km de Winschoten. L’épreuve, qui a été support de plusieurs Championnats du monde, est l’une des références européennes de l’ultrafond. La physicienne clinicienne de l’Université de Groningen est presque là par hasard. 

Exploit à Winschoten

« Je n’avais alors jamais couru plus de 21 km en compétition », révèle la Néerlandaise, venue à la course à pied sur le tard, après ses 30 ans. « Dans la vie quotidienne, j’étais de plus en plus essoufflée. J’ai voulu faire quelque chose pour y remédier. J’ai commencé à courir sur les 5 km entre ma maison et mon lieu de travail. Puis, avec des collègues de travail, nous avons commencé à nous entraîner pour un semi, que j’ai bouclé en 1h45. J’ai ensuite rencontré mon mari, Paul Van Snick, marathonien finisher des Six Majors. En 2018, nous avons décidé de disputer le Marathon de Berlin. Mon premier marathon. Pour le préparer, j’ai cherché des épreuves dans le secteur. Il n’y avait que les 100 km de Winschoten. Beaucoup de personnes ont voulu me dissuader de le faire. Mais comme il s’agissait de 10 tours de 10 kilomètres, sur un circuit plat, j’ai pensé que ce serait un bon plan pour mon entraînement. Je pouvais m’arrêter à tout moment », raconte-t-elle. Sauf qu’Hinke ne s’est jamais arrêtée. 

Après 50 km courus à la sensation en 3h41, le public commence à s’intéresser à cette non-licenciée, sans entraîneur, sortie du néant tel le ‘‘Hollandais volant’’. « Dans le final, les gens faisaient du bruit et la holà à mon passage. C’était une nouvelle et très belle expérience », savoure l’inouïe Frisonne, lauréate en 8h00’34, avec 45 minutes d’avance sur sa dauphine. « Personne ne s’attendait à ça. Avec ce chrono, j’aurai pu être championne et recordwoman des Pays-Bas. Mais je n’avais pas de licence de club et je n’ai pas eu droit à ces honneurs ». Hinke a gagné bien plus : l’attention et la confiance en soi. Une semaine plus tard, elle a bouclé le Marathon de Berlin en 2h51. « Après cela, j’ai contracté une petite blessure au genou. Mais je suis vite revenue encore plus forte », indique la désormais sociétaire du Sv Friesland. 

Ascension fulgurante

Son année 2019 tient du chef-d’œuvre. « J’ai signé la meilleure performance mondiale de l’année sur 100 km (7h48’14 le 23 février sur la piste de Steenwijk ; temps amélioré depuis par la Croate Sustic et la Tchèque Churanova), fini le Marathon de Tokyo en moins de 3 heures malgré les trombes d’eau, remporté les 60 kilomètres de Texel et le Trail du roi d’Espagne dans le Limbourg », résume Hinke, qui, après chaque exploit, reçoit un baiser de son époux et l’affection de son chien Bram, un chihuahua d’un an. Le 8 juin au Portugal, elle a participé aux Mondiaux de trail, honorant sa première sélection en équipe des Pays-Bas, aux côtés de la tenante du titre Ragna Debats. « J’ai vomi, connu des maux de tête et chuté. Mais j’ai tout de même fini dans le top 100 de ce trail de 44 km comptant 2 000 m de dénivelé », raconte Hinke. Son prochain défi ? Battre le record des Pays-Bas du 100 km réalisé fin 2018 par Irène Kinnegim (7h35’44). Peut-être le 12 octobre à Amiens…              

Un article de Julien Bigorne, article paru dans Running Attitude 202.

Dominique Cado, marathonien BRETON de 66 ans partage son expérience de coureur sur son site lalignebleue.net dont le succès l’amène à écrire un deuxième livre. Rencontre. 

EN BREF. Dominique Cado, retraité, 66 ans, habite Vannes, a couru 20 marathons, meilleur temps en 3h34’. Son prochain défi : terminer les 177 km de l’Ultra-Marin où il s’est cassé le nez trois fois Son livre de chevet  : Marathon de François Peronnet. Son site : www.lalignebleue.net. Son Facebook : Dom Kdo.

Cette ligne bleue qui guide les marathoniens, Dominique Cado en a fait sa muse. Le fil d’Ariane de son premier livre, édité chez Amphora. De A à Z, toujours avec un zeste d’humour, ce lexique vulgarise le jargon du coureur de fond. Amuseur, empêcheur de tourner en rond, ce Breton en est un bon. D’une page à l’autre, les calembours y jouent des tours. 

Depuis sa publication, Dominique Cado prolonge les bons mots en ligne. Chaque semaine, ce professeur de cuisine retraité partage ses écrits sur son site internet. Fartlek, PPG, seuil, VO2max, VMA, negative split : chaque terme est décrypté. Souci de simplicité, plume soignée, ton décomplexé. En tout, plus de 250 articles partagés, du billet d’humeur au plan marathon, avec un franc succès. Son site compte plus 2,5 millions de visiteur dans 147 pays. Une surprise pour Dominique qui s’est lancé dans cette aventure « on line » par simple envie de partager. 

Trente-cinq ans de tabac

Pas de diplôme d’entraîneur, mais une somme de « bagages » amassés à grandes foulées. La passion l’a gagné sur le tard, à l’aube de la cinquantaine. « Après trente-cinq ans de tabac à raison d’un voire deux paquets de cigarettes par jour, je me dis qu’il va être temps de croquer la vie à pleins dents plutôt que la mort à pleins poumons. Mon médecin m’a laissé le choix entre la natation, la course à pied ou les médicaments, drôle de triathlon… comme je nage comme un menhir, et que les médicaments ne me semblent pas encore la solution, il me reste la course à pied, pas ma tasse de thé… », raconte-t-il en substance à l’entame de son livre.  Son cardiologue, multi-marathonien, lui montre alors le chemin. Après un mois de footing, une folle envie : courir le marathon du Mont-Saint-Michel pour ses 50 ans. A l’époque, confesse-t-il, «  j’avais du mal à courir deux kilomètres ! ». 

Rien d’exceptionnel…

Pari tenu au pied de la Merveille, un dimanche de mai 2002 en 4h15’. « Rien d’exceptionnel mais un bonheur indescriptible ». Depuis, 20 marathons bouclés – sa distance fétiche – mais aussi des semis à la pelle, un 24h et quelques trails, notamment les 56 et 86 km du Raid du Golfe du Morbihan, chez lui, à Vannes. Son meilleur temps sur 42 km ? 3h34’. Rien d’exceptionnel, ajoute-t-il encore, si ce n’est que ce temps’ correspond au potentiel de ses 57 ans. « Lorsque l’on se rapproche de son potentiel, on est exceptionnel. J’ai plus d’admiration pour quelqu’un qui termine en 4h30 à son plein potentiel, que pour quelqu’un qui boucle en 3h, alors qu’il a un potentiel de 2h30. Pour cela, il faut connaître sa VMA, et courir son marathon à 80% de sa VMA », insiste le marathonien. Et lui, cherche-t-il toujours à coller à sa VMA ? Plus maintenant. «  Je n’en vois plus l’intérêt, je n’ai plus rien à me prouver. En revanche, si je peux accompagner une personne proche de son mieux, je le fais avec plaisir ». Dominique s’entraîne trois à quatre fois par semaine toute l’année, en endurance et en incorporant des séances de fartlek principalement. Jamais au-delà du trop, toujours à l’écoute de son corps. « Il faut savoir écouter ses jambes plutôt que sa tête, qui voudrait parfois que l’on aille s’entraîner matin et soir, c’est le danger ! » ajoute le master. Conseiller les autres plutôt que courir pour soi, voilà désormais son mantra. Dominique partage ainsi sans compter. Blago-bloggeur, meneur d’allure parfois, il anime aussi des chroniques sur le running les week-ends sur Larg’, la radio du Golfe. Son actualité, c’est un deuxième livre, La ligne bleue prend son envol 2, condensé de ses conseils bien avisés, qu’il peaufine. Bref, une retraite bien occupée pour ce coureur « lambda » extra.

La ligne bleue se décline. Après avoir mis à l’honneur son ami peintre et marathonien Vincent Dogna en couverture de La ligne bleue de A à Z (Amphora), son deuxième opus, La ligne bleue prend son envol jonglera avec la mouette « rieuse » du jeune dessinateur Sébastien Lamart. 

Derrière le large sourire d’Adrien, un combat. Ce marathonien parisien atteint de sclérose en plaque vit sa passion à fond et généreusement. Il a déjà bouclé un petit paquet de marathons autour des 3h, dont les World Marathon Majors, en compagnie  de son frère jumeau. 

En bref. Adrien, 35 ans, consultant informatique, habite Vincennes, du club les Etoiles du 8e, a couru 17 marathons, dont les World Marathon Majors.  Ses perfs : 2h53’54’’ au marathon, 1h19’18’’ au semi, 35’23’’ au 10 km, 23h56’ sur la CCC, 6h09’ au Half Ironman.

Sourire, toujours. De joie comme de douleur. C’est le credo d’Adrien Marlault. « La vie est assez compliquée comme ça, pas la peine d’en rajouter, autant sourire ! ». Volontiers blagueur, ce« serial » marathonien parisien sort en groupe et donne volontiers de son temps comme bénévole. Sociable, ce consultant dans l’informatique, ne l’a pas toujours été. Ces dix dernières années, il s’est métamorphosé. « Découvrir le running a changé ma vie. Avant, j’étais timide, réservé, je manquais de confiance en moi. En courant, je me suis ouvert aux autres. Les coureurs sont des personnes tellement bienveillantes que l’on se sent tout de suite bien dans cette communauté », raconte-t-il. 

« Je suis du genre monomaniaque, quand j’aime quelque chose, je me donne à fond »

Meneur aux Foulées de Malakoff avec les Etoiles du 8e.

Courses aux Etoiles

Premier dossard en 2009, au semi des Chasseurs de Temps, chez lui, à Vincennes. « J’ai adoré l’ambiance, les gens. J’ai tout de suite voulu en faire d’autres. Les prochains 20 km et semi de Paris étaient déjà complets. Je me suis directement inscrit pour leMarathon de Paris suivant même si je n’y connaissais strictement rien. » 

A Berlin, en 2015.

Avril 2010,le voilà donc marathonien à 27 ans, en 4h20’. Ce premier voyage de 42 kilomètres est une révélation. Courses et belles rencontress’entremêlent, en compagnie des Etoiles du 8e, qu’il croise sur son chemin. T-shirt orange – couleur fétiche du club – et perruque assortie – pour ne jamais se prendre au sérieux  – il enchaîne les marathons. « Je suis du genre monomaniaque, quand j’aime quelque chose, je me donne à fond », s’amuse-t-il. A Paris en 2013, il passe une première fois sous la barre des 3h. Son jumeau Baptiste, lui emboîte le pas et courra son premier en 3h38’. 

Un gros défi suit pour ce binôme de choc : « Courir les six marathons majeurs, c’était un rêve pour moi. Je n’envisageais pas de le vivre sans mon frère. Alors que nous partions pour courir tous les deux le marathon dNew York, en 2014, je ne lui ai pas laissé le choix en lui disant, on commencera par Berlin, en 2015.Tu n’as qu’à courir, je m’occupe de tout. », raconte le jeune coureur. De tour-opérators en dossards charity, les frangins ont ainsi couru – entre autres –New York (2014), Berlin (2015), Chicago (2016), Boston (2017), Londres (2018) et Tokyo cette année. Adrien toujours en tête, entre 3h02’08’ et 2h53’54’’, son record signé à Chicago. C’est qu’il cavale ! Pourtant, il revient de loin. 

2015, tout bascule

Le 19 janvier 2015, sa vie a basculé. En un claquement de doigt, il se retrouve paralysé, privé d’une moitié de son corps.24 heures aux Urgences, une batterie d’examens, et le diagnostic tombe : sclérose en plaque. Adrien pense pêle-mêle « Téléthon », « fauteuil roulant… » et se questionne « Pourrais-je remarcher un jour ? » « Recourir un jour ? » Sa neurologue le rassure avec un « bien sûr ». « Cette maladie auto-immune attaque la gaine protectrice des fibres nerveuses du cerveau, et bloque aléatoirement certaines parties du corps. Elle ne soigne pas mais se traite, avec des médicaments plus ou moins bien tolérés par chaque patient. Ce qui est génial, c’est que la médecine a fait d’énormes progrès depuis quinze ans ! », explique le coureur. Aujourd’hui, il encaisse bien son troisième traitement, deux perfusions à six mois d’intervalle.

Pendant cette période, ma course quotidienne, c’était de me lever de mon canapé et d’aller aux toilettes. Le bâton que j’avais acheté pour la CCC l’année précédente, me servait de canne en permanence ». 

La tête haute

Début 2015 en revanche, ce n’était pas la joie. « Ma course quotidienne, c’était de me lever de mon canapé et d’aller aux toilettes. Le bâton que j’avais acheté pour la CCC l’année précédente, me servait de canne en permanence ». Pendant ces mois difficiles, il a pu compter sur un gros soutien. De sa famille, à son chevet. De ses amis runners aussi, « sa deuxième famille ».Son sourire ne l’a pas quitté. Au fond du sac mais la tête haute. « Je me suis accroché, j’ai pensé à Berlin en septembre. Le compte à rebours était lancé. Après mon premier traitement, en mars, j’ai réappris à marcherJ’avais perdu tous mes muscles ! C’est là que j’ai rencontré le groupe de renforcement musculaire French Frogs qui m’a aussi beaucoup aidé. Ensuite, pendant l’été, j’ai repris l’entraînement ». 

Son 2h55’ sous la porte de Brandebourg restera magique. « Toutes les étoiles étaient alignées ce jour là », se rappelle le marathonien. Une revanche après des mois sombres. Une chance aussi, qu’il mesure bien. Courir est un cadeau. Il sait et ne l’oublie jamais. Bien sûr, tout n’est pas parfait. « Les traitements ne fonctionnent pas toujours comme on le souhaite. A Londres l’an dernier, j’ai couru avec 50% de mes capacités et une bonne dose de cortisone dans le sang. J’avais les jambes en coton et je sentais venir une nouvelle inflammation au cerveau. J’ai terminé en 3h29’, loin de mon objectif. Mais j’y suis retourné cette année, en forme, en 3h03 ». 

Big six, done, what else ?

Au total, dix-sept marathons bouclés. Sa plus grande fierté ? La médaille convoitée des « Big six ». Il l’a décrochée en février à Tokyo. Ce trophée, récompense des finishers des World Major Marathons, 200 marathoniens la possèdent en France, 6 000 dans le monde. Les Marlault sont les seuls jumeaux du lot. Depuis, Baptiste a levé le pied. Adrien lui court toujours après sa liste d’envies. D’abord, courir les grands marathons d’Europe. Valence en décembre sera le prochain avec l’espoir d’un nouveau « RP » en 2h50’. Participer ensuite, aux mythiques Comrades, en Afrique du Sud. Et bien sûr, boucler un jour un Ironman, « mais quand je serai grand »précise-t-il avec malice « pour l’instant, je suis trop mauvais nageur ». Côté mental d’acier, en revanche, on le sait déjà armé. 

Son top 6 des marathons majeurs 

1. Chicago (2016, 2h53’54’’). Mon coup de cœur. J’y ai signé mon meilleur chrono mais j’ai surtout été très surpris par le public, bien plus chaleureux qu’à New York à mon sens. En plus, le circuit est très beau, super plat, et on mange très bien dans cette ville ! 

2. Tokyo (2019, 3h00’53’’). Avec le vent et la pluie, ce fut compliqué mais je garde un souvenir extraordinaire des bénévoles et de l’organisation, au-dessus du lot. C’est aussi là qu’on m’a remis la médaille des « Big six ». 

2. Boston (2017, 2h59’27’’). Y aller c’est s’attaquer à une légende, vaincre la fameuse heartbreak Hill, c’est grisant. 

3. Londres (2018, 3h29’). J’adore ce marathon. Pour son ambiance de folie, la plus belle de tous les majors. On a tellement à apprendre du public londonien. Le jour où règnera cette ambiance dans Paris, nous aurons le plus beau marathon du monde ! 

5. Berlin (2015, 2h55’42’’). Ce jour là, faisait un temps superbe, j’avais des jambes de feu, c’est bien simple rien ne pouvait m’arrêter. Je n’ai jamais plus vécu une telle émotion en passant sous la porte de Brandebourg sous les 3h.  

6. New York (2014, 3h02’08’’). Cela peut paraître curieux, mais je le classe en dernier. Cette année là, il y avait beaucoup de vent et suite aux attentats de Boston, un gros déploiement policier et des barrières partout. Je n’ai pas profité du public. J’espère un jour pouvoir y retourner. 

Article rédigé par A.Milleville, publié dans Running Coach numéro 48.

Le 7 avril dernier à Los Angeles, Jordan Ramirez est devenu à 10 ans et 14 jours le plus jeune athlète à finir un marathon sur chacun des sept continents. Sa sœur Blanca, qui a accompli deux fois cette prouesse à seulement 16 ans, détient aussi un record mondial de précocité. Stupéfiant.  

Article de Julien Bigorne, publié dans le numéro 200 de Running Attitude (27.04.2019)

Le drapeau américain flotte au-dessus des frêles épaules d’un gamin qui n’en finit plus de sourire, à chaque crépitement d’applaudissements. Le 7 avril dernier à Los Angeles, le public a assisté à un record du monde, à l’occasion du ‘‘Run to remember’’, une course dans le quartier de Century City dédiée aux policiers, pompiers et premiers intervenants tombés au combat. Jordan Ramirez, jeune écolier californien de La Puente, est devenu à seulement 10 ans et 14 jours le plus jeune athlète à finir un marathon sur chacun des sept continents, améliorant d’un an le record de Nikolas Toocheck. 

Blanca et Jordan à Bangkok, en 2018. ©DR

Records battus à L.A.

« Je voulais finir mon challenge à Los Angeles (L.A.), car j’ai défendu la même cause que la course durant mon périple à travers le monde. Mais cela nécessitait quelques aménagements, car il n’y avait ici qu’un semi-marathon. Sous contrôle des organisateurs, j’ai débuté mon marathon tout seul à 3h du matin, avant de réaliser la seconde partie de course au milieu de 7 000 autres coureurs », raconte le jeune athlète, qui rejoint dans la légende les « baby marathoniens » Wesley Paul (finisher à New-York en 3h en 1977… à 8 ans !), Winter Vinecki (membre du Seven continent dès l’âge de 14 ans en 2013) et Nikolas Toocheck (coureur qui a terminé un marathon dans 50 états américains à 14 ans). Mais son modèle reste sa sœur Blanca, plus jeune féminine à réaliser la même performance que lui (en 2015, à 12 ans). «Elle m’a inspiré par sa persévérance et ses récits. À 8 ans, lorsque j’ai décidé de marcher sur ses traces, j’avais déjà fini 125 courses de 5 km, 14 de 10 km et 8 semis. L’endurance était là. Pour les marathons, je me suis astreint à deux heures d’entraînement par jour, à une nourriture saine et à des préparations mentales. Sinon, je reste un enfant normal, fan de Legos, de comics et de blagues, qui rêve de devenir pompier», indique-t-il. Sa volonté de repousser ses limites a boosté sa famille. Son père Dimas, investisseur immobilier, a trouvé les 50 000 dollars nécessaires pour ce nouveau voyage à travers le monde. Et Blanca, désormais âgée de 16 ans, a rempilé pour une seconde série de 7 marathons. 

Aventure fraternelle

©DR

« Ma première série, en 2014-2015, avait été une expérience extraordinaire. Disputer des marathons à Los Angeles, à Kigali au Rwanda, en Mongolie intérieure (le long de la Grande muraille de Chine), dans les collines de Nouvelle-Zélande et à Asunción au Paraguay, c’est un rêve pour une fille de 12 ans. Pour le final, j’avais bénéficié du concours de l’agence Marathon Adventures, qui m’avait permis de courir une étape du Triple Seven Quest (7 marathons en 7 jours) à Torcy en France puis sur King George Island, en Antarctique. J’avais mis entre 5h30 et 8h pour terminer chaque épreuve. Le plus important dans ce défi était de récolter des fonds pour Operation Smile, association qui fournit des chirurgies de réparation des fentes labiales et palatines aux enfants du monde entier », rappelle Blanca. 

Blanca, à la fin des Seven Continents, en 2015. ©DR

« Pour cette nouvelle série avec Jordan, nous avons cherché des marathons qui, chose rare, acceptent de jeunes coureurs âgés de moins de 18 ans. Cela nous a conduits en Australie, en Égypte, en Angleterre, en Thaïlande, en Antarctique et au Chili. Nous avons effectué la plupart à des vitesses différentes ; notre père accompagnant Jordan en courant ou en marchant. La seule exception a été celui de Bangkok, qui fut l’un de nos plus difficiles en raison de la forte humidité et du départ à minuit. Nous sommes restés ensemble jusqu’à la fin », retrace l’adolescente, qui acheva en solo son second « Seven continents » le 24 mars à Los Angeles. Le jour de l’anniversaire de Jordan, devenu recordman deux semaines plus tard.    

Vice-championne de France 2018 des 100 km et 3Française du Marathon de Paris 2019, Anaïs Quemener a surmonté un cancer du sein agressif et métastasé. Sa plus belle victoire. 

Un article de Julien Bigorne, publié dans Running Attitude 201 (25.05. 2019)

©Vaujours

Ce 14 avril, Django, jeune chien de 3 ans, pose fièrement médaille autour du cou. La breloque au ruban vert lui va presque aussi bien qu’à sa maîtresse, qui l’a décrochée le matin même avenue Foch, au terme de la 43eédition du Marathon de Paris. Au milieu des athlètes masculins, la sociétaire de Tremblay Athletic Club a battu son record personnel (2h47’57) et fini 3eFrançaise. Une satisfaction. « Ici, l’ambiance a tendance à donner des ailes. Du coup, je suis partie un peu vite, ce qui m’a empêché d’atteindre mon objectif (2h45). Mais je me suis bien battue et je suis contente de mon chrono», sourit la jeune femme de 28 ans, reconnaissable à sa foulée rasante, sa petite taille (1,52 m), ses grandes boucles d’oreille rondes et ses tatouages. 

Amoureuse du marathon

Sur son bras gauche, Laksmi, déesse bouddhiste de la fortune, semble lui avoir transmis quelques-unes de ses 16 prospérités : renommée, courage et force, victoire, vaillance…Autant de bonheurs intimement liés à sa pratique de la course à pied. Depuis ses débuts à neuf ans au CSM Villepinte, la discipline a été son « ikigai » (mot japonais inscrit au-dessus de sa clavicule, qui signifie « joie de vivre » et « raison d’être »). « Mon grand-père, Emmanuel (coureur de bon niveau dans les années 1970, NDLR) et mon père et entraîneur Jean-Yves (champion de France de cross-country chez les sapeurs-pompiers en 1990 et en 1991, NDLR)m’ont transmis l’amour du demi-fond. Dès le début, j’ai remporté des cross scolaires. Puis, en octobre 2007, juste après avoir rejoint le Tremblay Ac, j’ai battu, à domicile, le record de France cadette du 10 km (38’33) », se souvient Anaïs, qui a découvert son épreuve fétiche (le marathon) en 2013. 

©MTLV. Sacrée championne de France de Marathon, à Tours sur le Marathon Touraine-Loire-Valley en 2016.

« Mon premier, c’était à Rotterdam, avec des amis de club. On s’était fait surprendre, car il n’y avait pas de ravitaillements en solide. J’avais été celle qui avait le mieux gérée, en terminant en 3h11’ », évoque la championne de France espoir 2013, devenue candidate au podium senior, lorsque sa vie a basculé, à l’âge de 24 ans, le 7 août 2015. « La veille de l’anniversaire de mon père, suite à une échographie, on m’a diagnostiqué un cancer du sein agressif et métastasé. Je suis tombée de haut, car si un an plus tôt, j’avais remarqué une petite boule sur mon sein gauche, différents médecins m’avaient dit que ce n’était qu’un kyste, bénin et pas inquiétant », confie-t-elle. 

Mental d’acier

©Julien Bigorne

Même durant ses huit mois de chimiothérapie et deux mois de radiothérapie, Anaïs n’a  jamais abandonné la course à pied. « C’était mon moteur, la raison de sortir de chez moi. Entre mes séances de chimio espacées de trois semaines, je continuais les compétitions de 10 km. Même si je finissais en 46’ au lieu de 36’, l’important était de me dire que je pouvais encore les faire », raconte l’aide-soignante aux urgences de l’hôpital Jean-Verdier à Bondy (93). Son courage, admirable, lui a permis de surmonter l’ablation de ses deux seins, quatre opérations causées par des rejets de ses prothèses mammaires ainsi qu’une période d’hormonothérapie à base de tamoxifène (stoppée au bout de trois mois suite à une phlébite). En septembre 2016, seulement six mois après une première mastectomie, Anaïs était championne de France du marathon, en 2h55’26, après avoir rejoint Nathalie Tavernier au 40ekm. Exemplaire. Puis, en avril 2018, son mental hors-norme s’exprima encore, lors de sontitre de vice-championne de France des 100 km à Belvès, en 9h35. « La chaleur (35° C) et le fort dénivelé avaient rajouté à la difficulté pour ma première expérience sur cette distance », raconte l’athlète, qui vise un nouveau podium national, le 12 octobre à Amiens. En attendant, elle continue de s’engager en faveur de la lutte contre le cancer du sein en animant sa page Facebook ‘‘Anaïs Quemener – le sport comme thérapie’’ et comme ambassadrice de l’association Casiopeea le 30 juin sur l’Ultra Marin, dans le Golfe du Morbihan.     

©Christophe Jullien. Engagée avec l’association Casiopeea.

Depuis huit ans, Pascal Regnerie revit. Il a perdu 26 kilos, court tous les jours, enchaîne les compétitions et cumule les victoires. Cet ancien sédentaire s’est découvert compétiteur, mais reste surtout et avant, en bel amateur. 

Pascal Regnerie, 46 ans, jeune retraité de l’armée, ancien ambassadeur Kalenji. Court depuis 8 ans, membre du Team Provence Endurance. Ses chronos 2018 : 34’32’ sur le 10 km de Nice, 1h16’ sur le semi de Cannes, 2h45 au marathon de Montpellier. Sa page Facebook : www.facebook.com/bambipascal

Révélation en 2011. Pascal Regnerie, 38 ans alors, est informaticien dans l’armée et sédentaire (82 kilos sur la balance). Un jour, par hasard, un dossard ouvre sa nouvelle histoire : « Avec l’armée, on m’a offert un dossard pour Marseille-Cassis. Courir 20 km, monter la Gineste… C’était une montagne pour moi. Je n’avais jamais couru de ma vie  une telle distance!  Je me suis pris au jeu, mis à courir deux à trois fois par semaine. Et ce premier dossard a été une grande découverte. Je n’avais pas dépassé 10 km en 1h à l’entraînement, et j’ai terminé cette course en 1h45’, sans même marcher. Je ne sais pas comment l’expliquer. Le public, l’ambiance, cela m’a boosté », souvient-il. Un beau chrono pour cette première médaille. C’est qu’il a du potentiel : 17km/h au test VMA. Coaché au club 3A d’Allauch, près de Marseille, il poursuit sur sa lancée. Quatre entraînements hebdomadaires, des sorties à jeun, une révision de son alimentation… Bientôt, sa première victoire : vingt six kilos envolés en six mois.L’année 2012 verra ses premiers records : 43’ au 10 km, 1h29’ au semi, et 3h09’ à Nice-Cannes, premier marathon. 

48 podiums !

Depuis, il a fait du chemin. En atteste son bilan 2018 : 52 courses, 48 podiums, 25 victoires dans sa catégorie, six victoires au scratch. Et des records actualisés : 34’32’’ au 10 km, 1h16’ au semi, 2h45’ au marathon. « J’ai 46 ans mais j’ai l’impression d’avoir un corps de 25 ans. Plus je vieillis et plus je progresse !»,s’enthousiasme-t-il. S’il ne renie pas son côté compétiteur, Pascal cultive d’abord son profil amateur. Au sens propre comme figuré. « Je cours d’abord et toujours pour le plaisir, même en compétition ». Boulimique, il confesse, car ce Provençal court tous les jours. Plutôt deux fois qu’une. « Je ne peux pas commencer ma journée sans sortir courir. Eté comme hiver, je suis dehors chaque matin à 5h30-6h. Je ne m’impose rien. C’est un besoin, une routine. ». 

Le plaisir c’est la clé


Semi et marathon sont ses distances de prédilection mais il pratique aussi le trail. Chez lui, aux portes des collines, il a de quoi faire ! Il a goûté l’ultra (6000 D, 80 km du Mont-Blanc, 100 km Raid de Camargue.), mais préfère les trails de 20 à 50 km. Depuis janvier, il enchaîne d’ailleurs les « courts », avec l’envie d’aller décrocher une victoire sur le challenge du Sud-Est des trails cette année qu’il a remporte en 2017. Ses week-end jusqu’au mois d’août sont déjà calés, avec sa team Provence Endurance, et trois courses qu’il parraine. Ses semaines aussi sont bien rodées. « Je cours huit fois par semaine entre 80 et 100 km. Je fais aussi du vélo, de la marche et de la natation. »… Soit 15 à 20 heures d’entraînement par semaine, et une patate d’enfer pour ce master. Sa potion magique ? Peut-être son petit verre de vin quotidien et ses 2 bières par semaine. Car Pascal ne s’interdit rien. « Il ne faut pas se priver. On est amateur, le plaisir doit primer. C’est la clé. »  Conseiller, motiver, c’est aussi ce qui le fait vibrer. Il partage sa vie de coureur et ses petits bonheurs via Facebook. « Je poste chaque jour une photo, un clin d’œil. Si je peux encourager, c’est super. Je m’y suis mis à 38 ans et j’ai perdu 26 kilos. Il n’est jamais trop tard ! L’important, c’est d’oser ». 

Pascal, avant qu’il ne se mette à courir…

Sur la planète marathon, Roger Guillaumin fait figure d’extraterrestre. A son palmarès, 269* marathons bouclés à 81% sous les 3h30. A 62 ans, il vient même de signer un 3h15’. Les années passent mais cet athlète hors-norme ne se laisse pas dépasser. 

* Quand vous lirez ces lignes, ce chiffre sera obsolète. Roger enchaîne les marathons chaque week-end ou presque !

En bref… Roger alias Rodgers, 63 ans, Habite Sonnay, en Isère, court depuis 1987, vient de boucler 200 marathons en 8 ans. Ses meilleurs chronos : 2h51’45’’ sur marathon (Romans 1992) , 1h19’53’’ sur semi (1993), 72,2km sur 6h, 9h sur 100km, 177km sur 24h, 5h48’ sur la 6000D (2004), 5h56’ sur la SaintéLyon (2004), 4edu Défi de l’Oisans en 1995 après 200 km et 12 000m D+  en 6 jours. Sa devise : obstinément optimiste. Sa potion magique : 2 litres d’eau par jour. Son site : rogders42195.fr 

« Parmi les centenaires, Roger est un gars à part. Il a plus de 60 ans mais reste un vrai compétiteur. Et il est impressionnant. Il était capable, il n’y a pas si longtemps, de s’envoyer un 3h07’ comme si de rien n’était.En 2012, à 56ans, il avait enchaîné 30 marathons dont 10 sous les 3h10’.» commente Xavier Colin, marathonien. Des centenaires – ceux qui ont bouclé plus de  100 marathons – Xavier, fondateur du site Planète Marathon, en connait une tripotée. 

Allure de croisière 3h25’ 

Roger Guillaumin est un spécimen. Ce n’est pas le roi des cumulards – actuellement Denys Baudry avec 541 marathons -, mais il affiche le plus beau palmarès en moins de 3h30. En trente ans de pratique, 264 marathons, 216 sous les 3h30’, 136 sous les 3h20’. Réglé comme une horloge, Roger. Mieux : depuis son record en 1992 (2h51’45’’), il n’a perdu qu’une minute par an sur marathon. « 3h20-3h25,cela correspond à  mon allure de croisière maintenant, celle où je ne me mets pas dans le rouge. Jusqu’en 2015, je n’étais pas content si je n’arrivais pas en moins de 3h15’. », commente-t-il. Performances impressionnantes pour cet athlète qui veille à toujours rester « en dedans » à l’entrainement comme en compétition. Courir est un art de vivre pour cet Isérois, ancien professeur en lycée technique. « Faire un super chrono un jour sur un marathon et puis ne plus rien faire pendant des mois, voire des années, cela ne m’intéresse pas. ». Sans se « griller », ce master 3 a donc bouclé 27 marathons l’an dernier. Dix-neuf sous les 3h30, neuf sous les 3h25’. En septembre à Plazaola, en Espagne, il a même réalisé un 3h15’14’’. A 62 ans ! Cela restera un de ses grands souvenirs, comme le Marathon Nice-Cannes 2009, où, à 54 ans, il est repassé sous la barre des 3h (2h59’07’’). 

Depuis son record en 1992, Roger a perdu moins d’une minute par an sur marathon. 

Courir et découvrir 

Bien rodé, il tourne à 3 000 km par an, compétitions comprises. Chaque année, une bonne quarantaine de dossards épinglés. « Il m’est arrivé d’enchaîner 1000 km de transport dans le week-end pour aller courir un marathon. L’an dernier, j’ai enchaîné un marathon le samedi soir à Grenoble, et un autre le lendemain matin dans la Drôme, à 60 km de route. »

Rien n’est jamais trop pour « Rodgers », surnom qui traduit l’état d’esprit jeune qu’il cultive. « J’ai tout le temps envie de bouger. J’aime découvrir de nouveaux pays, de nouveaux coins de France. Et j’ai de la chance, ma femme, Evelyne adore aussi voyager. Elle organise nos voyages-marathons, récemment à Séville, dans quelques mois à Saint-Pétersbourg, puis à Berlin en septembre prochain, ce sera une première pour moi. »

Compétiteur donc, plutôt boulimique. Par chance, il n’a jamais eu de pépins. « J’ai juste eu une alerte en 2016, avec une aponévrosite plantaire. J’ai fait une quinzaine de séances de kinés, j’ai levé le pied et tout s’est bien passé. Et finalement j’ai couru autant de marathons que prévu, à savoir 24 cette année-là. »

Sur le Marathon de la Loire, en 2017.

Danser sur les sentiers

Ce fils d’agriculteur, qui travaillait déjà à 10ans dans les champs est une force de la nature. Le sport l’accompagne depuis toujours. Des années de foot, du snowboard pendant 20 ans avec son fils et du vélo, en plus de la course. Depuis 1987, la passion reste intacte. S’il collectionne les marathons, sa distance de prédilection, il affiche également des 100 km, 6h et 24h à son palmarès. Un bon paquet de trails aussi. Pour lui, le bonheur est toujours au bout du chemin. L’évasion « pleine nature » étanche sa soif de liberté. Dévaler les pentes et danser sur les sentiers, cela le fait vibrer : « J’ai un magnifique terrain de jeu à domicile, le massif du Pilat avec plus de 1 000 mètres de dénivelé positif. J’adore le trail, c’est ludique. Seulement en 2008, je me suis fait peur avec une belle gamelle. Alors je suis revenu sur la route, c’est plus tranquille pour les chevilles. Ces derniers temps, je reviens au trail. En 2018, j’en ai bouclé 18, dont 17 podiums en master 3. ». Pousserait-il sur ultra type UTMB ou Diagonale des Fous ? « Ce n’est pas mon truc. Je ne vois pas l’intérêt de courir en pleine nuit sans profiter des paysages, au risque de se perdre en pleine montagne à 4h du matin. J’ai participé une fois à la SaintéLyon, parce qu’elle se déroule près de chez moi, mais c’est l’exception qui confirme la règle… ». 

Passion marathon. Ce livre-témoignage est un recueil des récits de marathons que Roger a courus entre 2012 et 2015. Il y partage sa passion pour la distance, y fait résonner sa soif de découverte et met à l’honneur les belles rencontres nées dans l’effort. Inspirant. Commande en ligne sur rodgers42195.fr

Du feeling avant toute chose

Pas de plan, ni de club ou de coach, au fil des années son expérience l’a guidée. « Au début, je courais à bloc tout le temps. J’ai couru en 2h51’, record sur le marathon de Romans en 1992et ce, quinze jours après avec un 50 km en Ardèche en 3h26’. C’était n’importe quoi ! », se rappelle-t-il.Désormais, Roger misesur l’endurance, reste à l’écoute de ses sensations. « Je serai incapable de suivre un programme de deux mois où l’on me dit quoi faire. Je fais ce qui me chante, quand j’en ai envie. Je bricole beaucoup dans ma maison et quand je suis en train de faire tourner la bétonnière, je ne m’arrête pas pour aller courir. » 

Ses médailles, rien que pour l’année 2018

Donner l’exemple

En moyenne chaque semaine en période de courses, il effectue deux sorties  « running » de 20-30 km et deux  sorties « vélo » de 50 à 80 km environ. La plupart du temps, il s’entraîne seul mais joue volontiers l’émulation. Donner l’exemple, inspirer les plus jeunes–comme les un peu moins jeunes – le motive. Ainsi, prend-t-il plaisir à se mesurer régulièrement avec Elodie, 36 ans. « Nous avons le même niveau en course à pied, mais elle est meilleure que moi en vélo. On se challenge gentiment ». C’est l’une des belles rencontres qu’il a pu faire. Certaines sont furtives – quelques kilomètres partagés sur un marathon – mais Roger tient à ne pas les oublier en publiant ses récits sur son site internet. Mémoire d’une carrière extraordinaire qu’il écrit chaque jour à grandes foulées. 

Sylviane Yedo Ahehehinnou a perdu 49 kilos en quatre ans et rajeuni de 20 ans. Au cœur de sa métamorphose, sa nouvelle passion qui l’a conduite à courir son troisième Marathon à Paris. Une warrior, cette mère de huit enfants !

Les kilos en trop ont longtemps collé à la peau de Sylviane Yedo, aide-soignante pétillante installée en Ardèche. Grossesses, enfants à élever, divorce douloureux, accident du travail suivi d’une opération lourde… insidieusement, cette mère de 50 ans et huit enfants – cinq garçons et trois filles de 11 à 30 ans –s’est laissé « déborder ».

Trop c’est trop 

Sylviane avant sa métamorphose.

115 kg pour 1,79 m, c’est le poids de Sylviane en 2015. « Je ne me voyais pas grosse car je suis grande et puis j’avais pris d’un peu partout. Ça passait car je m’habillais avec des vêtements larges, je faisais mamma quoi ! » s’amuse-t-elle. Côté régimes, elle a tout testé ou presque. Résultats : du yoyo à gogo. Jusqu’au déclic. Un ras-le-bol au goût amer amorce sa petite révolution. « Le lendemain de Noël 2015, je suis allée courir avec ma fille aînée. Je l’avais déjà fait, entre 35 ans et 40 ans, une dizaine de kilomètres le dimanche avec une copine. Mais ce jour-là, en rentrant, je me suis déshabillée et ce que j’ai vu dans le miroir m’a dégoûtée et rendue triste. Ce n’était plus possible. Je me suis prise en photo. J’ai ressorti du placard un Levi’s taille 42 que je n’ai quasiment jamais porté, avec la ferme intention de rentrer un jour dedansJe me suis mise à courir tous les jours. D’abord 5, puis 10, jusqu’à 15 km, à mon rythme, en alternant marche et course. J’en ai bavé, j’en ai pleuré car on aurait dit un éléphant, mais rien ne pouvait m’arrêter. En parallèle, j’ai réappris à manger. J’ai acheté des livres pour manger sain, supprimer les aliments aux index glycémiques élevés. J’ai aussi fait du renforcement musculaire (abdos, gainage), en suivant des vidéos YouTube et Gym Direct. J’étais à fond, jamais fatiguée. » La métamorphose en impose : moins 10 kilos en un mois, 20 kilos envolés au bout de quatre mois d’efforts. Ce n’était qu’un début. Running à grandes foulées, gainage à tous les étages, menus équilibrés, ce tiercé gagnant a changé sa vie en à peine quatre ans. Méconnaissable, elle pèse aujourd’hui 70 kilos et semble avoir rajeuni de 20 ans. Son fameux Levi’s ? Trop grand ! Elle enfile désormais un 38 avec le sourire, prend plaisir à s’apprêter chaque matin. « Ça fait du bien de se regarder dans le miroir, et de se dire : tu es canon. On devrait se le dire plus souvent je trouve! » s’amuse-t-elle. 

La course aux dossards 

À force de s’entraîner, Sylviane a eu envie de se frotter au chrono. Premier dossard en 2016, sur un 10 km dans la Drôme, bouclé en 1h05. Premier semi, à l’entraînement, en 2h50 pour se rôder avant un 21 km chronométré en 1h55, en 2017, à Saint-Paul-les-Romans, dans sa région. De saison en saison, la niaque reste intacte, la motivation s’amplifie et devient virale. Sylviane créé une communauté Facebook Challenge nutrition & fitness pour motiver les personnes en quête d’une nouvelle silhouette. Elle s’entraîne en groupe le mercredi avec Courir à Valence 2607 et rêve bientôt d’un gros défi : un marathon. « Comme je ne m’en sentais pas capable, j’ai d’abord voulu me tester à l’entraînement. Un jour, j’ai embarqué mon Camelbak, couru 30 km sans m’arrêter jusqu’à une ville voisine en 3h05 ! C’était énorme, j’en ai crié de joie dans la rue. Le soir même, j’ai pris mon dossard pour le Marathon de Marseille, du 18 mars 2018 que j’ai bouclé en 4h41. La même année, j’ai bouclé le Marathon de Lyon en 4h20, alors que j’ai dû m’arrêter après le 37ekm car j’avais des douleurs à la cheville. J’avais alors déjà mon dossard pour Paris 2019, avec dans le viseur moins de 4h. » raconte-t-elle avec enthousiasme. À Paris, où ses trois petits derniers l’ont accompagnée, tout ne s’est passé comme prévu. « Entre le 30 et le 35km, j’ai pris le fameux mur. J’ai dû me faire masser, marcher pendant 5 km. Je termine en 4h42, contente bien sûr, mais déçue par mon chrono. Sur le coup, j’ai pensé tout arrêter, me disant que les marathons, ce n’était plus pour moi. »

Au départ du dernier Marathon de Paris.

Une warrior tout en douceur 

Passée cette déception, la magie l’a rattrapée. « Une semaine après Paris, j’ai remis mes baskets pour 10 km. J’ai retrouvé l’envie. Courir c’est un besoin, une hygiène de vie. C’est une chance aussi d’être marathonienne à 50 ans. Je ne peux pas laisser tomber maintenant ! » Là revoilà donc repartie à galoper dans sa campagne, le sourire bien accroché, des challenges programmés : trail court, semi, 10 km avant l’été, en attendant Nice-Cannes en novembre. Paris, c’est promis, elle y prendra une revanche, sans doute en 2021, car Florence s’annonce pour 2020. « J’ai l’impression que ma vie commence. Je suis bien dans mon corps, dans ma peau. Mes enfants, les grands, ont bien réussi dans la vie, j’ai une magnifique petite-fille de trois ans, je suis heureuse comme jamais ». Rien ne semble pouvoir arrêter Sylviane, une guerrière qui fait la fierté de sa petite tribu.  

Par A.Milleville, publié dans Running pour Elles 52.

Paul Bernard, 85 ans, court tous les jours ou presque, depuis 40 ans. Il a notamment couru les 40 éditions des 20 km de Paris. Cet ancien réserviste de l’armée de l’air cumule les grands souvenirs de course mais vit bien à 100% dans le présent. « En 40 ans de course, j’ai cumulé 120 000 kilomètres. Ca fait trois fois le tour de la Terre ! Pas mal non ? » lâche d’entrée Paul Bernard. Gouailleur, hâlé et connecté – dernière montre Samsung au poignet – Paulo, comme on le surnomme, fait dix ans moins que sur le papier. 85 ans, l’arrière grand-père ! « On me donne souvent 70 ans. Les années passent et je reste plus jeune, ce n’est pas beau ça ?

4000 km par an

Son secret de jouvence ? Des bornes 365 jours par an, autour de Choisy-le-Roi ou de Villers-sur-Mer, où il réside en alternance. « Entre les entraînements et les compétitions, je tourne à 4 000 km par an. C’est moins qu’avant. A une époque où je courais tellement, parfois trois courses en un week-end, que j’en avais mal aux bras ! Je fais entre 10 et 20 km, soit entre 10 000 et 25 000 pas par jour. Je sors presque toujours avec des amis, tous plus jeunes que moi, de 60 ans en moyenne. Souvent je les pousse, c’est moi la locomotive. » raconte le retraité, volontaire de caractère.
Sa passion pour la course née à l’aube de ses 40 ans, presque par hasard. « J’ai fait carrière dans l’armée de l’air. Tous les ans on passait un test d’effort. Une fois, j’ai couru le kilomètre en à peine 4 minutes, ce qui a suscité l’intérêt de l’entraîneur. Il m’a proposé de faire de l’athlétisme un peu plus sérieusement. C’est comme ça que tout a commencé. » Un, deux, trois kilomètres et plus… Paulo s’entraîne tous les midis avec le club de l’Armée de l’air, au bois de Boulogne. « Je peux vous dire que j’en connais tous les cailloux ! Au bout d’un an j’ai pu faire une boucle de 8km, puis de 10 km puis de 15 km. En même temps, j’ai arrêté la cigarette. Je fumais deux paquets par jour. Ca me brulait la gorge, me comprimait les poumons. A l’époque, on ne se rendait pas compte du danger du tabac. J’ai perdu pas mal d’amis à cause de ça. Sans doute que si je m’étais pas mis à courir, j’en serai mort aussi… » lâche-t-il, songeur.

Premier Marathon de Paris, en 1976

Flashback à ses débuts, dans les années 70. Les « joggeurs » ne courent alors pas les rues. Bob sur la tête, short court, polo en coton et tennis aux pieds, ces « hommes pressés » sont même parfois moqués. Une autre époque. Celle des prémices du hors-stade. En 1976, Paul court son premier 42 km pour le premier Marathon de Paris. « Nous étions 300 au départ, et le parcours consistait en quatre tours du bois de Boulogne. J’avais terminé 72e en 3h40 » se souvient-t-il. 63 autres marathons ont suivi dont l’inimitable New York bien sûr, en 3h25’ en 1988. Meilleur chrono en 2h58’, à 50 ans. A son actif aussi, une quinzaine de 100 km, et près de 200 semis ! Il a couru le premier semi de Paris, qui totalisait alors 25 km du côté de Charléty et des dizaines de Paris-Versailles « Je pense que j’ai dû monter au moins 500 fois la côte des Gardes ! ».

« Un trophée plus grand que moi »

Sa course fétiche, c’est une autre classique d’octobre. Les 20 km de Paris. Le retraité a couru les 40 éditions et participe toujours à l’organisation avec l’ASCAIR. « Je suis bénévole à la remise des dossards et à la préparation des ravitaillements. Organiser c’est bien, mais participer c’est encore mieux. J’ai couru les 40 éditions, toujours avec le même plaisir, même si le chrono n’est plus ce qu’il était. Mon record est en 1h15, maintenant je mets 2h30 ». Le 40e anniversaire d’octobre dernier gardera une saveur particulière. « L’organisation m’a fait une belle surprise. Une fois la ligne franchie, alors que j’étais prêt à rentrer chez moi, le général en chef de l’armée de l’air m’a appelé au micro pour monter sur le podium. Il m’a remis un énorme trophée, presque plus grand que moi et d’au moins 40 kilos ! C’est la plus belle coupe de toutes », raconte-t-il ému. Elle trône en bonne place chez lui, à Choisy, dans sa salle de gym. Une pièce « musée » où s’affiche récompenses et souvenirs. 80 coupes décrochées sur des cross, plus de 300 médailles… Une sacrée carrière, qu’il écrit toujours au présent, à 85 printemps.

Portrait publié dans Running Attitude 198, par A.Milleville

Marathon man, ce pourrait être lui, David Redor, alias Crazy Dave. Ce Français de 44 ans a enchaîné 100 marathons à travers les Etats-Unis l’an dernier. Et ce n’est qu’un début…

Au départ, rien d’extraordinaire. Après quelques 10 km et semis, David Redor s’inscrit à son premier marathon accompagné d’un ami. C’était en 1997, à Paris. « J’ai trouvé ça extra, le virus m’a pris. Pendant quelques années, j’ai couru deux- trois marathons par an. » Puis le curseur est monté… 12 marathons en 2012, de même en 2014. Courir et voyager, voilà qui plaît à ce juriste de formation, qui partage sa vie entre les Caraïbes et les Landes.

52 aux USA

En 2016, suivi par des sponsors, il embarque pour l’Amérique. Avec une envie : 52 marathons en un an. « Un marathon dans chacun des états, plus un à Washington et un aux Bahamas », raconte David.Les marathons officiels se succèdent, en moins de 5h. « Je n’avais pas d’objectif chrono, je souhaitais inscrire ce défi dans la durée, et préserver la machine. Mon record en 2016, c’est Washington, couru en 4h23. » Le 1er octobre, il atteint la barre des cinquante 26,2 miles sans heurts ni douleurs. Et pousse encore le curseur. « Je me sentais bien, alors j’ai décidé de doubler la mise », confesse tout bonnement David. Trois mois donc pour enchaîner 50 marathons. Pari insensé, est-on tenté de penser… Mission accomplie, pourtant, le 31 décembre dernier au Texas, avec un 100e marathon bouclé dans l’année. « J’ai dû enchaîner sévère en décembre, en courant 16 marathons en 15 jours, parfois deux la même journée, le tout sans kiné ni pépins », se rappelle-t-il. De ce défi, il garde un tas d’anecdotes. Comme la fois où dans le Delaware, la compagnie aérienne ayant égaré sa valise, il a couru en sous-vêtements et chaussures de ville. « C’était folklorique! » Reste que ses performances cumulées laissent bouche bée. Il ne carbure qu’à la papaye déshydratée fournie par son sponsor Immun’Age, et à son mental en acier trempé. « Je préfèrerais mourir sur le béton que d’abandonner ! » lâche-t-il sans détour.

De l’Everest à Millau

En 20 ans de course, Crazy Dave assure ne jamais s’être mis dans le rouge. Quelques mois de coupure, il s’y est remis. Cette fois, pour le Marathon de l’Everest. Il s’est entraîné sur les îles Saint-Barthélemy et Saint-Martin, en enchaînant les côtes en plein soleil pour travailler sa résistance. « Pour courir en haute altitude, j’ai grimpé l’Island Peak, située à côté de l’Everest, 6 200 m sans oxygène, six jours avant le marathon. C’était inclus dans le package. Je termine en 9h23, 121e sur 250 concurrents. » David a ensuite couru le Marathon du Médoc en dilettante. Une occasion de travailler son foncier avant les 100 km de Millau, disputés en septembre dernier. « La météo annonçait une pluie légère, alors je n’ai pas pris de deuxième paire de chaussures. Une vraie erreur de débutant car on s’est pris 50 km de flotte. Après le 70e km, j’ai dû faire soigner de grosses ampoules. Les podologues m’ont conseillé d’abandonner. Je leur dit : “Occupez-vous de mes pieds, je m’occupe du reste”. J’ai fini en 20h mais je n’en suis pas fier. » Ce 100 km restera un aparté, car c’est bien la distance mythique des 42,195 km, qui fait vibrer ce « cumulard » – 170 marathons à ce jour. « En 2018 ou 2019, je m’attaquerai au record du monde des marathons effectués en un an. » Une performance détenue par l’Américain Larry Macon, avec 239 marathons cumulés en mode « marche ». David, lui, vise les 300 marathons en douze mois en courant. Il compte s’y attaquer aux Etats-Unis, le seul pays qui en propose quasiment 365 jours par an. «J’ai vu que 50 marathons en trois mois c’était faisable. Alors, si j’accélère dès le début, le record sera battu.» Reste à trouver les sponsors et les 100 000 dollars nécessaires. A suivre…

 

Article d’A.Milleville publié dans Running Attitude 184, novembre 2017

 

 

 

Julien Samson, 25 ans, revient de loin. Cette étoile montante du demi-fond français, a vaincu un cancer. Pendant sa chimiothérapie, courir a été sa thérapie. A la clé, des médailles et un mental de gagnant.

 

« Ce cancer, je l’ai vécu comme une course. Il ne fallait rien lâcher. Au bout d’un moment j’allais voir le jour. » Étoile montante du demi-fond français, Julien Samson a 23 ans lorsque le coup de massue tombe.

Lumière et désespoir

Quelques mois plus tôt, il est aux portes de l’équipe de France. « Porter le maillot bleu, c’est un rêve. En novembre 2014, ma dernière année en catégorie espoir, j’ai participé aux sélections pour intégrer l’équipe de France de cross pour les championnats d’Europe. J’ai terminé 6e et donc potentiellement qualifiable, mais la Fédération m’a écarté au profit d’un autre qui avait abandonné le jour des qualifs, sans doute parce qu’il avait un meilleur CV. J’ai vécu cela comme une profonde injustice. J’étais effondré », raconte Julien. C’est la descente aux enfers. Saison terne, grosse fatigue, puis douleurs thoraciques, sueurs nocturnes. En août 2015, il consulte à l’hôpital de Boulogne-Billancourt où il travaille comme brancardier en radiologie. Sans se douter de ce que le médecin va lui annoncer. Lymphome de Hodking, un cancer qui touche surtout les jeunes. Chimiothérapie, radiothérapie, le protocole débute toutes affaires cessantes. Un traitement lourd qui échoue dans 20% des cas. Son corps, lui, a bien réagi. « Je pense que le sport m’a aidé à mieux accepter le traitement », témoigne Julien.

Courir pour tenir

Pendant ces mois douloureux, d’août 2015 à février 2016, il s’est entraîné, tous les jours. « Courir a été une thérapie. J’avais l’impression d’éliminer le surplus de médicaments injectés de mon corps, de me nettoyer. » Même derrière le groupe, il serre les dents pendant les séances de côtes et de fractionnés. Casquette sur la tête pour masquer son crâne lisse. « J’avais l’impression de remplir un verre percé. Après chaque chimiothérapie, tous les quinze jours, je recommençais à zéro. Et deux à trois fois par semaine, je faisais aussi de la musculation à cause de la fonte musculaire causé par les traitements. Courir me permettait de m’évader et d’être comme tout le monde. » A-t-il pris des risques ? C’est certain. « Je n’en ai fait qu’à ma tête. Mes globules blancs étaient à plat, sortir dans les lieux publics, en forêt, ce n’est pas le top. Mais j’en avais besoin. » Un chemin vers la guérison. « Je me disais que tous les efforts paieraient tôt ou tard. » Gagné.

 

Médailles & qualif

En rémission totale en mai 2016, il reprend son travail de brancardier – 10 km par jour dans les couloirs de l’hôpital – et son rythme habituel d’entraînement – 12 séances par semaine. A la clé, une moisson de médailles. Ce début 2017 lui réussit. Le bronze sur le championnat de France 1 500 m en salle à Lyon (4 février), le bronze également le lendemain, aux championnats inter-régionaux sur cross-court à Coulommiers. Troisième place encore quinze jours plus tard, sur le championnat de France élite de 3 000 m en salle à Bordeaux, avec chrono en 8’18”49”’, son nouveau record.

Galvanisé par ses podiums, il s’est qualifié pour le championnat de France élite sur 5 000 m, disputé le 14 juillet dernier. « J’avais envie de prendre une revanche sur la vie, de montrer à mon entourage qui m’a soutenu, que je n’avais rien lâché. » Il décroche cette fois son passeport pour les « France Elite », avec un nouveau record personnel à la clé en 14’13”60”’ réalisé à Oordegem, en Belgique et terminera en 14e position de ce championnat au cœur de l’été.

Sa fin de saison fut compliquée à cause d’une fissure sous la plante du pied, qu’à cela ne tienne. Julien garde en ligne de mire son prochain objectif, le championnat de France de 10 000 m 2018 et tentera d’abaisser son record (30’55”). L’athlète le confesse : « Ce cancer, c’est devenu ma force. Je dirais même que ça a été un mal pour un bien. Et surtout, depuis j’ai encore plus de plaisir à être vivant. Plus de plaisir à courir. » Se sentir vivant, voilà bien le plus important.

Article d’A.Milleville publié dans Running Attitude numéro 183 – octobre 2017.

 

 

 

Entre Londres, en 2016, et Boston, le 16 avril dernier, Julien Bigorne a couru consécutivement les six « majors marathons ». Il est le seul Français à avoir réussi cet enchaînement en un an. Un défi avec une dimension caritative et pour rendre hommage à un ami disparu.

 


CV Flash

Journaliste, 34 ans, vit dans le Val-d’Oise, licencié au club de Saint-Brice Athlétisme, court depuis septembre 2015. Meilleure performance : 4h16 sur marathon (Chicago 2016)


 

« Il y a une limite à toute chose, et il faut toujours la dépasser. » Julien Bigorne s’est répété en boucle cette maxime de l’aviateur Georges Guynemer, avec à la clé, un défi inédit : six World Marathon Majors en un an. Derrière ce projet, financé avec ses économies (budget de 20 000 euros), une histoire personnelle, qui remonte à son premier marathon. Sénart, en 2006. « Je l’ai couru suite un pari avec un ami, sans entraînementJ’ai terminé en marchant, tétanisé par les crampes, en 5h30. Je ne serais pas allé au bout, si je n’avais pas eu un ami génial pour me tirer jusqu’à l’arrivée. Je me suis dit que je ne courrais plus jamais de marathon de ma vie ! »

 

Un cumulard qui a du cœur

Huit ans passent, sans running, puis cet ami décède brutalement. En sa mémoire, en septembre 2015, Julien décide de s’y remettre. Les premières sorties sont pénibles, mais il s’accroche, augmente les doses et s’inscrit au Marathon de Tokyo, en février 2016, qu’il boucle en 5h21. Là, il s’intéresse au club très fermé des « World Marathon majors » que Tokyo vient de rejoindre – 34 athlètes (principalement américains, anglais et chinois) dans le monde ont bouclé consécutivement ces six « majeurs ». Pourquoi pas lui ? Pour le challenge, en hommage à son ami, mais aussi pour soutenir la lutte contre la mucoviscidose que le Rotary Club de Pontoise, dont il fait partie, soutient activement. Il créé une page de collecte sur le site Fosburit et entame ce challenge à Londres, le 24 avril 2016. Pas pour la performance, Julien préférant la « quantité à la qualité », mais pour courir en portant un message d’espoir. Malgré une douleur à la cheville, gagné par l’ambiance sur The Mall, il boucle en 4h28, soit une heure de moins qu’à Tokyo. L’expérience commence à payer. Puis il s’entraîne pour Berlin, et passe, le 25 septembre, sous la porte de Brandebourg en 4h21. Quinze jours plus tard, il s’envole pour Chicago (9 octobre). « Coup de cœur pour cette ville, jour de grâce aussi. J’ai réussi mon meilleur chrono (4h16) », raconte-t-il.

A l’assaut de Millau

Dans son entourage, certains doutent… Parviendra-t-il à boucler New York, un mois plus tard ? Yes, he can, en 4h49. En décembre et janvier, mois de trêve, il poursuit ses entraînements en endurance fondamentale, sans prendre d’autres dossards que ceux de ses Majors.

La saison reprend à Tokyo, le 26 février dernier. Finisher à nouveau en 4h28. « Sentimentalement, c’est mon préféré. J’aime la culture japonaise. Les bénévoles y sont très nombreux, et extraordinaires. » Julien garde le meilleur pour la fin : Boston, bouclé le 17 avril dernier en 4h42. « J’étais content de finir par ce marathon emblématique. J’ai couru mon meilleur premier semi, malgré le profil difficile et la chaleur. En plus, j’ai terminé juste à côté de Kathrine Switzer, la première femme à avoir couru un marathon, à Boston, il y a 50 ans ! » Belle manière de clôturer son challenge, avec une grosse pensée pour son ami décédé. En un an, 5000 euros ont été collectés pour ABCF Mucoviscidose. Et la suite ? Plus de marathon à l’horizon, mais l’ultra-dimension… Le 100 km de Millau l’attire depuis longtemps. Il y courra certainement en compagnie d’une jeune athlète handisport de son club, histoire une fois de plus de donner du sens à ses foulées.

PHOTOS ©DR

 

Under Armour met en valeur l’art de la défense avec Teddy Riner et Andy Murray avant l’Open de France

Sur le toit de la Grand Arche de la Défense, les deux athlètes Under Armour ont partagé quelques techniques d’entrainement avant le début de la campagne française pour Andy Murray.

Le 24 mai dernier, deux des athlètes élite du team Under Armour ont uni leurs forces. Le champion Olympique et champion du monde de Judo, Teddy Riner, a accueilli Andy Murray, numéro un mondial de tennis pour le supporter dans sa préparation au tournoi français.

Under Armour, marque mondiale d’innovation sportive et équipementier officiel des deux athlètes, a réuni Andy Murray et Teddy Riner pour une séance unique d’entrainement mettant en avant les valeurs techniques du judo et de la terre battue, patience, défense et attaque.

Le meeting de ces deux champions est le premier événement organisé sur le nouveau toit de la Grande Arche de la Défense. Après la séance d’entrainement, les deux numéros un mondiaux ont partagé leurs expériences et connaissances que nécessite le succès à leur niveau.

Largement reconnu comme un perfectionniste de l’entraînement, l’envie de Murray de développer davantage ses préparatifs du tournoi lui a prouvé que le Champion Olympique et du Monde, Teddy Riner, était le partenaire d’entrainement parfait. L’engagement de Teddy Riner à utiliser les dernières innovations en matière de méthodes d’entrainement a fermement établi et maintenu sa position de numéro un – soulignant l’engagement d’Under Armour de rendre tous les athlètes meilleurs.

« C’était un honneur de m’entrainer et de parler avec Andy Murray à Paris, et j’espère qu’il a apprécié de m’avoir pris en compte dans son entrainement. »

La séance d’entrainement montre Teddy Riner entrainer Andy Murray dans quelques exercices dynamiques, dérivés du dojo mais pertinents pour la terre battue. La séance d’entrainement a mis en avant l’art de passer de la défense à l’attaque à travers des mouvements stratégiques du corps.

« C’était un honneur de m’entrainer et de parler avec Andy Murray à Paris, et j’espère qu’il a apprécié de m’avoir pris en compte dans son entrainement. Le judo est construit sur le pouvoir de transformer la défense en attaque, une stratégie qui est également cruciale au tennis. Je crois que cette session nous a appris de nombreuses choses à chacun d’entre nous, pas seulement sur son importance mais sur la patience, l’attention et la volonté d’y arriver. Que ce soit pour la boxe, le tennis ou le judo, Under Armour est une marque de champions et le signe d’un vrai champion est la détermination à rester au top et à progresser. Après avoir travaillé avec Andy aujourd’hui, il est clair que nous partageons cette vision et je lui souhaite le meilleur pour Roland Garros. Je suivrai d’ailleurs sa progression de près ! » commente Teddy Riner.

« Il était donc fascinant de voir comment Teddy prépare les grands événements et repousse les limites de son propre entrainement, non seulement physiquement mais aussi mentalement. »

Le numéro un mondial et athlète Under Armour, Andy Murray, ajoute :

« Etre numéro un mondial nécessite de ne pas se reposer sur ses acquis, de ne jamais croire que nous ne pouvons plus rien apprendre et toujours chercher ce que vous pouvez améliorer. Il était donc fascinant de voir comment Teddy prépare les grands événements et repousse les limites de son propre entrainement, non seulement physiquement mais aussi mentalement. Avec Roland Garros approchant, la rencontre a été vraiment spéciale. Dans cette période clé de préparation, c’était intéressant de poser mes yeux sur le tournoi de là-haut, et Under Armour a été capable de m’aider à me concentrer sur mes tactiques d’entrainement avant l’un des tournois les plus importants de l’année pour moi. »

Les deux athlètes portaient les derniers vêtements performance Under Armour, créés pour rendre les athlètes meilleurs, comprenant la technologie Under Armour ThreadBorne qui construit les vêtements en 3D et supprime les coutures pour optimiser la forme et le confort. Les athlètes portaient également les chaussures Charged Ultimate 2.0 training shoes – une chaussure légère et de soutien avec un extra grip qui la rend parfaite pour les séances d’entrainement intensives. Teddy Riner portait son habituel Kimono Under Armour pour certaines parties de la séance d’entrainement.

Stéphane Diagana : « La qualité plutôt que la quantité »

Ancien champion du monde du 400 m haies, c’était à Athènes en 1997, Stéphane Diagana s’est reconverti avec brio dans la course sur route, descendant sous les 3 heures au marathon. Interview & conseils.

  • Quand avez-vous arrêté votre carrière de haut niveau et quand êtes-vous passé à la course sur route ?

J’ai arrêté ma carrière de haut niveau en 2004, j’avais 35 ans, blessé, je n’ai pas pu préparer les Jeux Olympiques à Athènes. Mais durant ma carrière sur piste j’avais déjà couru sur route avec les 10 miles de Rosny-sous-Bois, près de Paris, soit 16 km. En fait une sollicitation du journaliste de France 2, spécialiste de l’athlétisme, Patrick Montel qui participait à l’animation de cette course. Mais disons que mes véritables débuts furent au semi-marathon de Saint-Affrique en Aveyron, là où je suis né, un semi qui n’existe plus d’ailleurs. C’était en 2005.

  • Mais pour le coureur qui débute, certainement pas un semi pour son premier dossard, plutôt un 10km. Que lui conseillez-vous ?

Un 10 km, s’il a déjà quelques mois de pratique, pourquoi pas. Sinon, je pense que le 5 km, même si les 5 km sont plus rares dans les calendriers, c’est mieux. Le débutant qui ne partira pas trop vite négociera mieux cette courte distance que le 10 km quand même plus exigeant. Cela le mettra en confiance pour la suite.

  • Et votre premier marathon ?

En 2005 aussi à New York. C’est le marathon que l’on a envie de faire, la ferveur du public, la ville, c’est à tout point de vue, un marathon exceptionnel, même si j’aime aussi beaucoup celui de Londres. J’ai donc couru le marathon de New York 2005 en 3h07’.

  • Votre record sur marathon, c’était quand et où ?

En 2009, j’ai d’abord couru à Londres en 2h57’, descendant sous les 3 heures, puis j’ai établi mon record à l’automne en 2h54’ au marathon Nice-Cannes.

« Ne pas surcharger le kilométrage au détriment de la puissance musculaire. » ©Kalenji

  • Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent se lancer sur la distance reine ?

Je pense que deux ans de pratique, c’est bien avant de courir son premier marathon. Mais pour ce qui concerne la préparation, je suis un adepte de la qualité plutôt que la quantité qui peut provoquer des blessures. C’est pourquoi 3 séances par semaine plutôt que 4, c’est bien et suffisant selon moi. Sinon, tout dépend bien sûr du passé sportif du coureur. S’il n’a pas de références sportives ou très peu, il devra bien sûr faire des sorties en endurance pour préparer son premier marathon. En revanche, celui qui, par exemple, a joué au tennis et s’est donc initié au fractionné, il pourra faire moins long, moins de kilomètres en endurance et insister plus sur les séances fractionnées.

  • Quelles sont les séances clés en préparation marathon ?

C’est trois belles séances. Une sortie longue de 2 heures à 15 km/h, km/h à l’allure objectif, et des séances de fractionné sur piste. La piste, c’est important. Elle donne de bons repères. Je fais par exemple 10, 12 fois 1 000 m en 3’25’’, 3mn30s. En résumé, je privilégie la puissance musculaire à l’endurance. Jamais un gros kilométrage pour moi. Bien sûr, c’est aussi à cause de mon passé d’athlète de haut niveau que je peux me permettre cela. Mais vos lecteurs peuvent s’en inspirer en ajoutant à l’endurance et au fractionné une 4e séance consacrée au renforcement musculaire, lequel, je le répète est très important.

  • Pourquoi le renforcement musculaire est-il important ?

J’estime que si on manque de temps avec le travail quotidien, les contraintes familiales, pour à la fois faire de l’endurance et renforcer la puissance musculaire, il faut privilégier cette dernière. Pourquoi ? Parce que, avec le passage des années on perd de la puissance musculaire, ce qui entraîne une baisse de la VO2 (consommation maximale d’oxygène que l’on prélève dans l’air et qui est consommée par nos muscles) et de la VMA (vitesse maximale aérobie). On va donc courir de moins en moins vite. Et ce n’est pas l’endurance, l’accumulation des kilomètres qui pourra compenser. Il ne faut pas surcharger le kilométrage au détriment de la puissance musculaire.

Le fractionné, passage obligé pour progresser en endurance pour Stéphane Diagana ©Kalenji

  • Que faire pour entretenir sa puissance musculaire ?

En plus des séances fractionnées, on peut, comme je vous l’ai dit, ajouter une 4e séance consacrée au renforcement musculaire. A savoir monter des côtes, faire des foulées bondissantes, gravir des tribunes de stade avec des petits sauts. Je répète que plus les années passent et plus cette puissance va diminuer rapidement si on ne l’entretient pas. Et plus on va régresser.

  • La récupération, c’est également très important ?

En effet il faut récupérer après une compétition et au cours de la saison. La récupération sert la progression et éloigne les blessures. Le vélo est une activité très complémentaire à la course à pied qui évite le contact avec le sol, et qui permet le maintien des acquis sur le plan cardiovasculaire.

  • Et le trail qui est en plein boom, cela vous inspire, envie d’essayer ?

Pourquoi pas un marathon en nature, mais sincèrement je préfère le rythme, la nature c’est plus pour moi en vélo ou VTT, qu’en course à pied.

Propos recueillis par Philippe Maquat en mai 2016 et publiés dans Running Coach numéro 35.


Vu du Campus de Mougins.

Un campus sport-santé à Mougins

Un campus sport-santé qui s’étendra sur 4 hectares à Mougins dans les Alpes-Maritimes devrait voir le jour fin 2018, avec Stéphane et Odile Diagana comme directeurs. « Reste à boucler le financement de ce projet » dit Stéphane. Ce campus accessible à tout le monde et qui s’adresserait à deux niveaux de pratique : le défi de la compétition sur marathon, trail ou triathlon ou bien la recherche de la forme avec des activités de fitness. En bref ce centre disposera d’une piste d’athlétisme, mais aussi d’une piscine olympique et d’un anneau cyclable. Pour la forme une salle de fitness est prévue, une salle de musculation étant également programmée. Un espace restauration et une résidence hôtelière verront aussi le jour dans ce campus qui ne sera donc pas dédié qu’à la recherche de la performance, mais bien également à la santé, avec la collaboration de médecins qui feront équipe avec les coaches.