Depuis huit ans, Pascal Regnerie revit. Il a perdu 26 kilos, court tous les jours, enchaîne les compétitions et cumule les victoires. Cet ancien sédentaire s’est découvert compétiteur, mais reste surtout et avant, en bel amateur. 

Pascal Regnerie, 46 ans, jeune retraité de l’armée, ancien ambassadeur Kalenji. Court depuis 8 ans, membre du Team Provence Endurance. Ses chronos 2018 : 34’32’ sur le 10 km de Nice, 1h16’ sur le semi de Cannes, 2h45 au marathon de Montpellier. Sa page Facebook : www.facebook.com/bambipascal

Révélation en 2011. Pascal Regnerie, 38 ans alors, est informaticien dans l’armée et sédentaire (82 kilos sur la balance). Un jour, par hasard, un dossard ouvre sa nouvelle histoire : « Avec l’armée, on m’a offert un dossard pour Marseille-Cassis. Courir 20 km, monter la Gineste… C’était une montagne pour moi. Je n’avais jamais couru de ma vie  une telle distance!  Je me suis pris au jeu, mis à courir deux à trois fois par semaine. Et ce premier dossard a été une grande découverte. Je n’avais pas dépassé 10 km en 1h à l’entraînement, et j’ai terminé cette course en 1h45’, sans même marcher. Je ne sais pas comment l’expliquer. Le public, l’ambiance, cela m’a boosté », souvient-il. Un beau chrono pour cette première médaille. C’est qu’il a du potentiel : 17km/h au test VMA. Coaché au club 3A d’Allauch, près de Marseille, il poursuit sur sa lancée. Quatre entraînements hebdomadaires, des sorties à jeun, une révision de son alimentation… Bientôt, sa première victoire : vingt six kilos envolés en six mois.L’année 2012 verra ses premiers records : 43’ au 10 km, 1h29’ au semi, et 3h09’ à Nice-Cannes, premier marathon. 

48 podiums !

Depuis, il a fait du chemin. En atteste son bilan 2018 : 52 courses, 48 podiums, 25 victoires dans sa catégorie, six victoires au scratch. Et des records actualisés : 34’32’’ au 10 km, 1h16’ au semi, 2h45’ au marathon. « J’ai 46 ans mais j’ai l’impression d’avoir un corps de 25 ans. Plus je vieillis et plus je progresse !»,s’enthousiasme-t-il. S’il ne renie pas son côté compétiteur, Pascal cultive d’abord son profil amateur. Au sens propre comme figuré. « Je cours d’abord et toujours pour le plaisir, même en compétition ». Boulimique, il confesse, car ce Provençal court tous les jours. Plutôt deux fois qu’une. « Je ne peux pas commencer ma journée sans sortir courir. Eté comme hiver, je suis dehors chaque matin à 5h30-6h. Je ne m’impose rien. C’est un besoin, une routine. ». 

Le plaisir c’est la clé


Semi et marathon sont ses distances de prédilection mais il pratique aussi le trail. Chez lui, aux portes des collines, il a de quoi faire ! Il a goûté l’ultra (6000 D, 80 km du Mont-Blanc, 100 km Raid de Camargue.), mais préfère les trails de 20 à 50 km. Depuis janvier, il enchaîne d’ailleurs les « courts », avec l’envie d’aller décrocher une victoire sur le challenge du Sud-Est des trails cette année qu’il a remporte en 2017. Ses week-end jusqu’au mois d’août sont déjà calés, avec sa team Provence Endurance, et trois courses qu’il parraine. Ses semaines aussi sont bien rodées. « Je cours huit fois par semaine entre 80 et 100 km. Je fais aussi du vélo, de la marche et de la natation. »… Soit 15 à 20 heures d’entraînement par semaine, et une patate d’enfer pour ce master. Sa potion magique ? Peut-être son petit verre de vin quotidien et ses 2 bières par semaine. Car Pascal ne s’interdit rien. « Il ne faut pas se priver. On est amateur, le plaisir doit primer. C’est la clé. »  Conseiller, motiver, c’est aussi ce qui le fait vibrer. Il partage sa vie de coureur et ses petits bonheurs via Facebook. « Je poste chaque jour une photo, un clin d’œil. Si je peux encourager, c’est super. Je m’y suis mis à 38 ans et j’ai perdu 26 kilos. Il n’est jamais trop tard ! L’important, c’est d’oser ». 

Pascal, avant qu’il ne se mette à courir…

Sur la planète marathon, Roger Guillaumin fait figure d’extraterrestre. A son palmarès, 269* marathons bouclés à 81% sous les 3h30. A 62 ans, il vient même de signer un 3h15’. Les années passent mais cet athlète hors-norme ne se laisse pas dépasser. 

* Quand vous lirez ces lignes, ce chiffre sera obsolète. Roger enchaîne les marathons chaque week-end ou presque !

En bref… Roger alias Rodgers, 63 ans, Habite Sonnay, en Isère, court depuis 1987, vient de boucler 200 marathons en 8 ans. Ses meilleurs chronos : 2h51’45’’ sur marathon (Romans 1992) , 1h19’53’’ sur semi (1993), 72,2km sur 6h, 9h sur 100km, 177km sur 24h, 5h48’ sur la 6000D (2004), 5h56’ sur la SaintéLyon (2004), 4edu Défi de l’Oisans en 1995 après 200 km et 12 000m D+  en 6 jours. Sa devise : obstinément optimiste. Sa potion magique : 2 litres d’eau par jour. Son site : rogders42195.fr 

« Parmi les centenaires, Roger est un gars à part. Il a plus de 60 ans mais reste un vrai compétiteur. Et il est impressionnant. Il était capable, il n’y a pas si longtemps, de s’envoyer un 3h07’ comme si de rien n’était.En 2012, à 56ans, il avait enchaîné 30 marathons dont 10 sous les 3h10’.» commente Xavier Colin, marathonien. Des centenaires – ceux qui ont bouclé plus de  100 marathons – Xavier, fondateur du site Planète Marathon, en connait une tripotée. 

Allure de croisière 3h25’ 

Roger Guillaumin est un spécimen. Ce n’est pas le roi des cumulards – actuellement Denys Baudry avec 541 marathons -, mais il affiche le plus beau palmarès en moins de 3h30. En trente ans de pratique, 264 marathons, 216 sous les 3h30’, 136 sous les 3h20’. Réglé comme une horloge, Roger. Mieux : depuis son record en 1992 (2h51’45’’), il n’a perdu qu’une minute par an sur marathon. « 3h20-3h25,cela correspond à  mon allure de croisière maintenant, celle où je ne me mets pas dans le rouge. Jusqu’en 2015, je n’étais pas content si je n’arrivais pas en moins de 3h15’. », commente-t-il. Performances impressionnantes pour cet athlète qui veille à toujours rester « en dedans » à l’entrainement comme en compétition. Courir est un art de vivre pour cet Isérois, ancien professeur en lycée technique. « Faire un super chrono un jour sur un marathon et puis ne plus rien faire pendant des mois, voire des années, cela ne m’intéresse pas. ». Sans se « griller », ce master 3 a donc bouclé 27 marathons l’an dernier. Dix-neuf sous les 3h30, neuf sous les 3h25’. En septembre à Plazaola, en Espagne, il a même réalisé un 3h15’14’’. A 62 ans ! Cela restera un de ses grands souvenirs, comme le Marathon Nice-Cannes 2009, où, à 54 ans, il est repassé sous la barre des 3h (2h59’07’’). 

Depuis son record en 1992, Roger a perdu moins d’une minute par an sur marathon. 

Courir et découvrir 

Bien rodé, il tourne à 3 000 km par an, compétitions comprises. Chaque année, une bonne quarantaine de dossards épinglés. « Il m’est arrivé d’enchaîner 1000 km de transport dans le week-end pour aller courir un marathon. L’an dernier, j’ai enchaîné un marathon le samedi soir à Grenoble, et un autre le lendemain matin dans la Drôme, à 60 km de route. »

Rien n’est jamais trop pour « Rodgers », surnom qui traduit l’état d’esprit jeune qu’il cultive. « J’ai tout le temps envie de bouger. J’aime découvrir de nouveaux pays, de nouveaux coins de France. Et j’ai de la chance, ma femme, Evelyne adore aussi voyager. Elle organise nos voyages-marathons, récemment à Séville, dans quelques mois à Saint-Pétersbourg, puis à Berlin en septembre prochain, ce sera une première pour moi. »

Compétiteur donc, plutôt boulimique. Par chance, il n’a jamais eu de pépins. « J’ai juste eu une alerte en 2016, avec une aponévrosite plantaire. J’ai fait une quinzaine de séances de kinés, j’ai levé le pied et tout s’est bien passé. Et finalement j’ai couru autant de marathons que prévu, à savoir 24 cette année-là. »

Sur le Marathon de la Loire, en 2017.

Danser sur les sentiers

Ce fils d’agriculteur, qui travaillait déjà à 10ans dans les champs est une force de la nature. Le sport l’accompagne depuis toujours. Des années de foot, du snowboard pendant 20 ans avec son fils et du vélo, en plus de la course. Depuis 1987, la passion reste intacte. S’il collectionne les marathons, sa distance de prédilection, il affiche également des 100 km, 6h et 24h à son palmarès. Un bon paquet de trails aussi. Pour lui, le bonheur est toujours au bout du chemin. L’évasion « pleine nature » étanche sa soif de liberté. Dévaler les pentes et danser sur les sentiers, cela le fait vibrer : « J’ai un magnifique terrain de jeu à domicile, le massif du Pilat avec plus de 1 000 mètres de dénivelé positif. J’adore le trail, c’est ludique. Seulement en 2008, je me suis fait peur avec une belle gamelle. Alors je suis revenu sur la route, c’est plus tranquille pour les chevilles. Ces derniers temps, je reviens au trail. En 2018, j’en ai bouclé 18, dont 17 podiums en master 3. ». Pousserait-il sur ultra type UTMB ou Diagonale des Fous ? « Ce n’est pas mon truc. Je ne vois pas l’intérêt de courir en pleine nuit sans profiter des paysages, au risque de se perdre en pleine montagne à 4h du matin. J’ai participé une fois à la SaintéLyon, parce qu’elle se déroule près de chez moi, mais c’est l’exception qui confirme la règle… ». 

Passion marathon. Ce livre-témoignage est un recueil des récits de marathons que Roger a courus entre 2012 et 2015. Il y partage sa passion pour la distance, y fait résonner sa soif de découverte et met à l’honneur les belles rencontres nées dans l’effort. Inspirant. Commande en ligne sur rodgers42195.fr

Du feeling avant toute chose

Pas de plan, ni de club ou de coach, au fil des années son expérience l’a guidée. « Au début, je courais à bloc tout le temps. J’ai couru en 2h51’, record sur le marathon de Romans en 1992et ce, quinze jours après avec un 50 km en Ardèche en 3h26’. C’était n’importe quoi ! », se rappelle-t-il.Désormais, Roger misesur l’endurance, reste à l’écoute de ses sensations. « Je serai incapable de suivre un programme de deux mois où l’on me dit quoi faire. Je fais ce qui me chante, quand j’en ai envie. Je bricole beaucoup dans ma maison et quand je suis en train de faire tourner la bétonnière, je ne m’arrête pas pour aller courir. » 

Ses médailles, rien que pour l’année 2018

Donner l’exemple

En moyenne chaque semaine en période de courses, il effectue deux sorties  « running » de 20-30 km et deux  sorties « vélo » de 50 à 80 km environ. La plupart du temps, il s’entraîne seul mais joue volontiers l’émulation. Donner l’exemple, inspirer les plus jeunes–comme les un peu moins jeunes – le motive. Ainsi, prend-t-il plaisir à se mesurer régulièrement avec Elodie, 36 ans. « Nous avons le même niveau en course à pied, mais elle est meilleure que moi en vélo. On se challenge gentiment ». C’est l’une des belles rencontres qu’il a pu faire. Certaines sont furtives – quelques kilomètres partagés sur un marathon – mais Roger tient à ne pas les oublier en publiant ses récits sur son site internet. Mémoire d’une carrière extraordinaire qu’il écrit chaque jour à grandes foulées. 

Sylviane Yedo Ahehehinnou a perdu 49 kilos en quatre ans et rajeuni de 20 ans. Au cœur de sa métamorphose, sa nouvelle passion qui l’a conduite à courir son troisième Marathon à Paris. Une warrior, cette mère de huit enfants !

Les kilos en trop ont longtemps collé à la peau de Sylviane Yedo, aide-soignante pétillante installée en Ardèche. Grossesses, enfants à élever, divorce douloureux, accident du travail suivi d’une opération lourde… insidieusement, cette mère de 50 ans et huit enfants – cinq garçons et trois filles de 11 à 30 ans –s’est laissé « déborder ».

Trop c’est trop 

Sylviane avant sa métamorphose.

115 kg pour 1,79 m, c’est le poids de Sylviane en 2015. « Je ne me voyais pas grosse car je suis grande et puis j’avais pris d’un peu partout. Ça passait car je m’habillais avec des vêtements larges, je faisais mamma quoi ! » s’amuse-t-elle. Côté régimes, elle a tout testé ou presque. Résultats : du yoyo à gogo. Jusqu’au déclic. Un ras-le-bol au goût amer amorce sa petite révolution. « Le lendemain de Noël 2015, je suis allée courir avec ma fille aînée. Je l’avais déjà fait, entre 35 ans et 40 ans, une dizaine de kilomètres le dimanche avec une copine. Mais ce jour-là, en rentrant, je me suis déshabillée et ce que j’ai vu dans le miroir m’a dégoûtée et rendue triste. Ce n’était plus possible. Je me suis prise en photo. J’ai ressorti du placard un Levi’s taille 42 que je n’ai quasiment jamais porté, avec la ferme intention de rentrer un jour dedansJe me suis mise à courir tous les jours. D’abord 5, puis 10, jusqu’à 15 km, à mon rythme, en alternant marche et course. J’en ai bavé, j’en ai pleuré car on aurait dit un éléphant, mais rien ne pouvait m’arrêter. En parallèle, j’ai réappris à manger. J’ai acheté des livres pour manger sain, supprimer les aliments aux index glycémiques élevés. J’ai aussi fait du renforcement musculaire (abdos, gainage), en suivant des vidéos YouTube et Gym Direct. J’étais à fond, jamais fatiguée. » La métamorphose en impose : moins 10 kilos en un mois, 20 kilos envolés au bout de quatre mois d’efforts. Ce n’était qu’un début. Running à grandes foulées, gainage à tous les étages, menus équilibrés, ce tiercé gagnant a changé sa vie en à peine quatre ans. Méconnaissable, elle pèse aujourd’hui 70 kilos et semble avoir rajeuni de 20 ans. Son fameux Levi’s ? Trop grand ! Elle enfile désormais un 38 avec le sourire, prend plaisir à s’apprêter chaque matin. « Ça fait du bien de se regarder dans le miroir, et de se dire : tu es canon. On devrait se le dire plus souvent je trouve! » s’amuse-t-elle. 

La course aux dossards 

À force de s’entraîner, Sylviane a eu envie de se frotter au chrono. Premier dossard en 2016, sur un 10 km dans la Drôme, bouclé en 1h05. Premier semi, à l’entraînement, en 2h50 pour se rôder avant un 21 km chronométré en 1h55, en 2017, à Saint-Paul-les-Romans, dans sa région. De saison en saison, la niaque reste intacte, la motivation s’amplifie et devient virale. Sylviane créé une communauté Facebook Challenge nutrition & fitness pour motiver les personnes en quête d’une nouvelle silhouette. Elle s’entraîne en groupe le mercredi avec Courir à Valence 2607 et rêve bientôt d’un gros défi : un marathon. « Comme je ne m’en sentais pas capable, j’ai d’abord voulu me tester à l’entraînement. Un jour, j’ai embarqué mon Camelbak, couru 30 km sans m’arrêter jusqu’à une ville voisine en 3h05 ! C’était énorme, j’en ai crié de joie dans la rue. Le soir même, j’ai pris mon dossard pour le Marathon de Marseille, du 18 mars 2018 que j’ai bouclé en 4h41. La même année, j’ai bouclé le Marathon de Lyon en 4h20, alors que j’ai dû m’arrêter après le 37ekm car j’avais des douleurs à la cheville. J’avais alors déjà mon dossard pour Paris 2019, avec dans le viseur moins de 4h. » raconte-t-elle avec enthousiasme. À Paris, où ses trois petits derniers l’ont accompagnée, tout ne s’est passé comme prévu. « Entre le 30 et le 35km, j’ai pris le fameux mur. J’ai dû me faire masser, marcher pendant 5 km. Je termine en 4h42, contente bien sûr, mais déçue par mon chrono. Sur le coup, j’ai pensé tout arrêter, me disant que les marathons, ce n’était plus pour moi. »

Au départ du dernier Marathon de Paris.

Une warrior tout en douceur 

Passée cette déception, la magie l’a rattrapée. « Une semaine après Paris, j’ai remis mes baskets pour 10 km. J’ai retrouvé l’envie. Courir c’est un besoin, une hygiène de vie. C’est une chance aussi d’être marathonienne à 50 ans. Je ne peux pas laisser tomber maintenant ! » Là revoilà donc repartie à galoper dans sa campagne, le sourire bien accroché, des challenges programmés : trail court, semi, 10 km avant l’été, en attendant Nice-Cannes en novembre. Paris, c’est promis, elle y prendra une revanche, sans doute en 2021, car Florence s’annonce pour 2020. « J’ai l’impression que ma vie commence. Je suis bien dans mon corps, dans ma peau. Mes enfants, les grands, ont bien réussi dans la vie, j’ai une magnifique petite-fille de trois ans, je suis heureuse comme jamais ». Rien ne semble pouvoir arrêter Sylviane, une guerrière qui fait la fierté de sa petite tribu.  

Par A.Milleville, publié dans Running pour Elles 52.

Paul Bernard, 85 ans, court tous les jours ou presque, depuis 40 ans. Il a notamment couru les 40 éditions des 20 km de Paris. Cet ancien réserviste de l’armée de l’air cumule les grands souvenirs de course mais vit bien à 100% dans le présent. « En 40 ans de course, j’ai cumulé 120 000 kilomètres. Ca fait trois fois le tour de la Terre ! Pas mal non ? » lâche d’entrée Paul Bernard. Gouailleur, hâlé et connecté – dernière montre Samsung au poignet – Paulo, comme on le surnomme, fait dix ans moins que sur le papier. 85 ans, l’arrière grand-père ! « On me donne souvent 70 ans. Les années passent et je reste plus jeune, ce n’est pas beau ça ?

4000 km par an

Son secret de jouvence ? Des bornes 365 jours par an, autour de Choisy-le-Roi ou de Villers-sur-Mer, où il réside en alternance. « Entre les entraînements et les compétitions, je tourne à 4 000 km par an. C’est moins qu’avant. A une époque où je courais tellement, parfois trois courses en un week-end, que j’en avais mal aux bras ! Je fais entre 10 et 20 km, soit entre 10 000 et 25 000 pas par jour. Je sors presque toujours avec des amis, tous plus jeunes que moi, de 60 ans en moyenne. Souvent je les pousse, c’est moi la locomotive. » raconte le retraité, volontaire de caractère.
Sa passion pour la course née à l’aube de ses 40 ans, presque par hasard. « J’ai fait carrière dans l’armée de l’air. Tous les ans on passait un test d’effort. Une fois, j’ai couru le kilomètre en à peine 4 minutes, ce qui a suscité l’intérêt de l’entraîneur. Il m’a proposé de faire de l’athlétisme un peu plus sérieusement. C’est comme ça que tout a commencé. » Un, deux, trois kilomètres et plus… Paulo s’entraîne tous les midis avec le club de l’Armée de l’air, au bois de Boulogne. « Je peux vous dire que j’en connais tous les cailloux ! Au bout d’un an j’ai pu faire une boucle de 8km, puis de 10 km puis de 15 km. En même temps, j’ai arrêté la cigarette. Je fumais deux paquets par jour. Ca me brulait la gorge, me comprimait les poumons. A l’époque, on ne se rendait pas compte du danger du tabac. J’ai perdu pas mal d’amis à cause de ça. Sans doute que si je m’étais pas mis à courir, j’en serai mort aussi… » lâche-t-il, songeur.

Premier Marathon de Paris, en 1976

Flashback à ses débuts, dans les années 70. Les « joggeurs » ne courent alors pas les rues. Bob sur la tête, short court, polo en coton et tennis aux pieds, ces « hommes pressés » sont même parfois moqués. Une autre époque. Celle des prémices du hors-stade. En 1976, Paul court son premier 42 km pour le premier Marathon de Paris. « Nous étions 300 au départ, et le parcours consistait en quatre tours du bois de Boulogne. J’avais terminé 72e en 3h40 » se souvient-t-il. 63 autres marathons ont suivi dont l’inimitable New York bien sûr, en 3h25’ en 1988. Meilleur chrono en 2h58’, à 50 ans. A son actif aussi, une quinzaine de 100 km, et près de 200 semis ! Il a couru le premier semi de Paris, qui totalisait alors 25 km du côté de Charléty et des dizaines de Paris-Versailles « Je pense que j’ai dû monter au moins 500 fois la côte des Gardes ! ».

« Un trophée plus grand que moi »

Sa course fétiche, c’est une autre classique d’octobre. Les 20 km de Paris. Le retraité a couru les 40 éditions et participe toujours à l’organisation avec l’ASCAIR. « Je suis bénévole à la remise des dossards et à la préparation des ravitaillements. Organiser c’est bien, mais participer c’est encore mieux. J’ai couru les 40 éditions, toujours avec le même plaisir, même si le chrono n’est plus ce qu’il était. Mon record est en 1h15, maintenant je mets 2h30 ». Le 40e anniversaire d’octobre dernier gardera une saveur particulière. « L’organisation m’a fait une belle surprise. Une fois la ligne franchie, alors que j’étais prêt à rentrer chez moi, le général en chef de l’armée de l’air m’a appelé au micro pour monter sur le podium. Il m’a remis un énorme trophée, presque plus grand que moi et d’au moins 40 kilos ! C’est la plus belle coupe de toutes », raconte-t-il ému. Elle trône en bonne place chez lui, à Choisy, dans sa salle de gym. Une pièce « musée » où s’affiche récompenses et souvenirs. 80 coupes décrochées sur des cross, plus de 300 médailles… Une sacrée carrière, qu’il écrit toujours au présent, à 85 printemps.

Portrait publié dans Running Attitude 198, par A.Milleville

Marathon man, ce pourrait être lui, David Redor, alias Crazy Dave. Ce Français de 44 ans a enchaîné 100 marathons à travers les Etats-Unis l’an dernier. Et ce n’est qu’un début…

Au départ, rien d’extraordinaire. Après quelques 10 km et semis, David Redor s’inscrit à son premier marathon accompagné d’un ami. C’était en 1997, à Paris. « J’ai trouvé ça extra, le virus m’a pris. Pendant quelques années, j’ai couru deux- trois marathons par an. » Puis le curseur est monté… 12 marathons en 2012, de même en 2014. Courir et voyager, voilà qui plaît à ce juriste de formation, qui partage sa vie entre les Caraïbes et les Landes.

52 aux USA

En 2016, suivi par des sponsors, il embarque pour l’Amérique. Avec une envie : 52 marathons en un an. « Un marathon dans chacun des états, plus un à Washington et un aux Bahamas », raconte David.Les marathons officiels se succèdent, en moins de 5h. « Je n’avais pas d’objectif chrono, je souhaitais inscrire ce défi dans la durée, et préserver la machine. Mon record en 2016, c’est Washington, couru en 4h23. » Le 1er octobre, il atteint la barre des cinquante 26,2 miles sans heurts ni douleurs. Et pousse encore le curseur. « Je me sentais bien, alors j’ai décidé de doubler la mise », confesse tout bonnement David. Trois mois donc pour enchaîner 50 marathons. Pari insensé, est-on tenté de penser… Mission accomplie, pourtant, le 31 décembre dernier au Texas, avec un 100e marathon bouclé dans l’année. « J’ai dû enchaîner sévère en décembre, en courant 16 marathons en 15 jours, parfois deux la même journée, le tout sans kiné ni pépins », se rappelle-t-il. De ce défi, il garde un tas d’anecdotes. Comme la fois où dans le Delaware, la compagnie aérienne ayant égaré sa valise, il a couru en sous-vêtements et chaussures de ville. « C’était folklorique! » Reste que ses performances cumulées laissent bouche bée. Il ne carbure qu’à la papaye déshydratée fournie par son sponsor Immun’Age, et à son mental en acier trempé. « Je préfèrerais mourir sur le béton que d’abandonner ! » lâche-t-il sans détour.

De l’Everest à Millau

En 20 ans de course, Crazy Dave assure ne jamais s’être mis dans le rouge. Quelques mois de coupure, il s’y est remis. Cette fois, pour le Marathon de l’Everest. Il s’est entraîné sur les îles Saint-Barthélemy et Saint-Martin, en enchaînant les côtes en plein soleil pour travailler sa résistance. « Pour courir en haute altitude, j’ai grimpé l’Island Peak, située à côté de l’Everest, 6 200 m sans oxygène, six jours avant le marathon. C’était inclus dans le package. Je termine en 9h23, 121e sur 250 concurrents. » David a ensuite couru le Marathon du Médoc en dilettante. Une occasion de travailler son foncier avant les 100 km de Millau, disputés en septembre dernier. « La météo annonçait une pluie légère, alors je n’ai pas pris de deuxième paire de chaussures. Une vraie erreur de débutant car on s’est pris 50 km de flotte. Après le 70e km, j’ai dû faire soigner de grosses ampoules. Les podologues m’ont conseillé d’abandonner. Je leur dit : “Occupez-vous de mes pieds, je m’occupe du reste”. J’ai fini en 20h mais je n’en suis pas fier. » Ce 100 km restera un aparté, car c’est bien la distance mythique des 42,195 km, qui fait vibrer ce « cumulard » – 170 marathons à ce jour. « En 2018 ou 2019, je m’attaquerai au record du monde des marathons effectués en un an. » Une performance détenue par l’Américain Larry Macon, avec 239 marathons cumulés en mode « marche ». David, lui, vise les 300 marathons en douze mois en courant. Il compte s’y attaquer aux Etats-Unis, le seul pays qui en propose quasiment 365 jours par an. «J’ai vu que 50 marathons en trois mois c’était faisable. Alors, si j’accélère dès le début, le record sera battu.» Reste à trouver les sponsors et les 100 000 dollars nécessaires. A suivre…

 

Article d’A.Milleville publié dans Running Attitude 184, novembre 2017

 

 

 

Julien Samson, 25 ans, revient de loin. Cette étoile montante du demi-fond français, a vaincu un cancer. Pendant sa chimiothérapie, courir a été sa thérapie. A la clé, des médailles et un mental de gagnant.

 

« Ce cancer, je l’ai vécu comme une course. Il ne fallait rien lâcher. Au bout d’un moment j’allais voir le jour. » Étoile montante du demi-fond français, Julien Samson a 23 ans lorsque le coup de massue tombe.

Lumière et désespoir

Quelques mois plus tôt, il est aux portes de l’équipe de France. « Porter le maillot bleu, c’est un rêve. En novembre 2014, ma dernière année en catégorie espoir, j’ai participé aux sélections pour intégrer l’équipe de France de cross pour les championnats d’Europe. J’ai terminé 6e et donc potentiellement qualifiable, mais la Fédération m’a écarté au profit d’un autre qui avait abandonné le jour des qualifs, sans doute parce qu’il avait un meilleur CV. J’ai vécu cela comme une profonde injustice. J’étais effondré », raconte Julien. C’est la descente aux enfers. Saison terne, grosse fatigue, puis douleurs thoraciques, sueurs nocturnes. En août 2015, il consulte à l’hôpital de Boulogne-Billancourt où il travaille comme brancardier en radiologie. Sans se douter de ce que le médecin va lui annoncer. Lymphome de Hodking, un cancer qui touche surtout les jeunes. Chimiothérapie, radiothérapie, le protocole débute toutes affaires cessantes. Un traitement lourd qui échoue dans 20% des cas. Son corps, lui, a bien réagi. « Je pense que le sport m’a aidé à mieux accepter le traitement », témoigne Julien.

Courir pour tenir

Pendant ces mois douloureux, d’août 2015 à février 2016, il s’est entraîné, tous les jours. « Courir a été une thérapie. J’avais l’impression d’éliminer le surplus de médicaments injectés de mon corps, de me nettoyer. » Même derrière le groupe, il serre les dents pendant les séances de côtes et de fractionnés. Casquette sur la tête pour masquer son crâne lisse. « J’avais l’impression de remplir un verre percé. Après chaque chimiothérapie, tous les quinze jours, je recommençais à zéro. Et deux à trois fois par semaine, je faisais aussi de la musculation à cause de la fonte musculaire causé par les traitements. Courir me permettait de m’évader et d’être comme tout le monde. » A-t-il pris des risques ? C’est certain. « Je n’en ai fait qu’à ma tête. Mes globules blancs étaient à plat, sortir dans les lieux publics, en forêt, ce n’est pas le top. Mais j’en avais besoin. » Un chemin vers la guérison. « Je me disais que tous les efforts paieraient tôt ou tard. » Gagné.

 

Médailles & qualif

En rémission totale en mai 2016, il reprend son travail de brancardier – 10 km par jour dans les couloirs de l’hôpital – et son rythme habituel d’entraînement – 12 séances par semaine. A la clé, une moisson de médailles. Ce début 2017 lui réussit. Le bronze sur le championnat de France 1 500 m en salle à Lyon (4 février), le bronze également le lendemain, aux championnats inter-régionaux sur cross-court à Coulommiers. Troisième place encore quinze jours plus tard, sur le championnat de France élite de 3 000 m en salle à Bordeaux, avec chrono en 8’18”49”’, son nouveau record.

Galvanisé par ses podiums, il s’est qualifié pour le championnat de France élite sur 5 000 m, disputé le 14 juillet dernier. « J’avais envie de prendre une revanche sur la vie, de montrer à mon entourage qui m’a soutenu, que je n’avais rien lâché. » Il décroche cette fois son passeport pour les « France Elite », avec un nouveau record personnel à la clé en 14’13”60”’ réalisé à Oordegem, en Belgique et terminera en 14e position de ce championnat au cœur de l’été.

Sa fin de saison fut compliquée à cause d’une fissure sous la plante du pied, qu’à cela ne tienne. Julien garde en ligne de mire son prochain objectif, le championnat de France de 10 000 m 2018 et tentera d’abaisser son record (30’55”). L’athlète le confesse : « Ce cancer, c’est devenu ma force. Je dirais même que ça a été un mal pour un bien. Et surtout, depuis j’ai encore plus de plaisir à être vivant. Plus de plaisir à courir. » Se sentir vivant, voilà bien le plus important.

Article d’A.Milleville publié dans Running Attitude numéro 183 – octobre 2017.

 

 

 

Entre Londres, en 2016, et Boston, le 16 avril dernier, Julien Bigorne a couru consécutivement les six « majors marathons ». Il est le seul Français à avoir réussi cet enchaînement en un an. Un défi avec une dimension caritative et pour rendre hommage à un ami disparu.

 


CV Flash

Journaliste, 34 ans, vit dans le Val-d’Oise, licencié au club de Saint-Brice Athlétisme, court depuis septembre 2015. Meilleure performance : 4h16 sur marathon (Chicago 2016)


 

« Il y a une limite à toute chose, et il faut toujours la dépasser. » Julien Bigorne s’est répété en boucle cette maxime de l’aviateur Georges Guynemer, avec à la clé, un défi inédit : six World Marathon Majors en un an. Derrière ce projet, financé avec ses économies (budget de 20 000 euros), une histoire personnelle, qui remonte à son premier marathon. Sénart, en 2006. « Je l’ai couru suite un pari avec un ami, sans entraînementJ’ai terminé en marchant, tétanisé par les crampes, en 5h30. Je ne serais pas allé au bout, si je n’avais pas eu un ami génial pour me tirer jusqu’à l’arrivée. Je me suis dit que je ne courrais plus jamais de marathon de ma vie ! »

 

Un cumulard qui a du cœur

Huit ans passent, sans running, puis cet ami décède brutalement. En sa mémoire, en septembre 2015, Julien décide de s’y remettre. Les premières sorties sont pénibles, mais il s’accroche, augmente les doses et s’inscrit au Marathon de Tokyo, en février 2016, qu’il boucle en 5h21. Là, il s’intéresse au club très fermé des « World Marathon majors » que Tokyo vient de rejoindre – 34 athlètes (principalement américains, anglais et chinois) dans le monde ont bouclé consécutivement ces six « majeurs ». Pourquoi pas lui ? Pour le challenge, en hommage à son ami, mais aussi pour soutenir la lutte contre la mucoviscidose que le Rotary Club de Pontoise, dont il fait partie, soutient activement. Il créé une page de collecte sur le site Fosburit et entame ce challenge à Londres, le 24 avril 2016. Pas pour la performance, Julien préférant la « quantité à la qualité », mais pour courir en portant un message d’espoir. Malgré une douleur à la cheville, gagné par l’ambiance sur The Mall, il boucle en 4h28, soit une heure de moins qu’à Tokyo. L’expérience commence à payer. Puis il s’entraîne pour Berlin, et passe, le 25 septembre, sous la porte de Brandebourg en 4h21. Quinze jours plus tard, il s’envole pour Chicago (9 octobre). « Coup de cœur pour cette ville, jour de grâce aussi. J’ai réussi mon meilleur chrono (4h16) », raconte-t-il.

A l’assaut de Millau

Dans son entourage, certains doutent… Parviendra-t-il à boucler New York, un mois plus tard ? Yes, he can, en 4h49. En décembre et janvier, mois de trêve, il poursuit ses entraînements en endurance fondamentale, sans prendre d’autres dossards que ceux de ses Majors.

La saison reprend à Tokyo, le 26 février dernier. Finisher à nouveau en 4h28. « Sentimentalement, c’est mon préféré. J’aime la culture japonaise. Les bénévoles y sont très nombreux, et extraordinaires. » Julien garde le meilleur pour la fin : Boston, bouclé le 17 avril dernier en 4h42. « J’étais content de finir par ce marathon emblématique. J’ai couru mon meilleur premier semi, malgré le profil difficile et la chaleur. En plus, j’ai terminé juste à côté de Kathrine Switzer, la première femme à avoir couru un marathon, à Boston, il y a 50 ans ! » Belle manière de clôturer son challenge, avec une grosse pensée pour son ami décédé. En un an, 5000 euros ont été collectés pour ABCF Mucoviscidose. Et la suite ? Plus de marathon à l’horizon, mais l’ultra-dimension… Le 100 km de Millau l’attire depuis longtemps. Il y courra certainement en compagnie d’une jeune athlète handisport de son club, histoire une fois de plus de donner du sens à ses foulées.

PHOTOS ©DR

 

Under Armour met en valeur l’art de la défense avec Teddy Riner et Andy Murray avant l’Open de France

Sur le toit de la Grand Arche de la Défense, les deux athlètes Under Armour ont partagé quelques techniques d’entrainement avant le début de la campagne française pour Andy Murray.

Le 24 mai dernier, deux des athlètes élite du team Under Armour ont uni leurs forces. Le champion Olympique et champion du monde de Judo, Teddy Riner, a accueilli Andy Murray, numéro un mondial de tennis pour le supporter dans sa préparation au tournoi français.

Under Armour, marque mondiale d’innovation sportive et équipementier officiel des deux athlètes, a réuni Andy Murray et Teddy Riner pour une séance unique d’entrainement mettant en avant les valeurs techniques du judo et de la terre battue, patience, défense et attaque.

Le meeting de ces deux champions est le premier événement organisé sur le nouveau toit de la Grande Arche de la Défense. Après la séance d’entrainement, les deux numéros un mondiaux ont partagé leurs expériences et connaissances que nécessite le succès à leur niveau.

Largement reconnu comme un perfectionniste de l’entraînement, l’envie de Murray de développer davantage ses préparatifs du tournoi lui a prouvé que le Champion Olympique et du Monde, Teddy Riner, était le partenaire d’entrainement parfait. L’engagement de Teddy Riner à utiliser les dernières innovations en matière de méthodes d’entrainement a fermement établi et maintenu sa position de numéro un – soulignant l’engagement d’Under Armour de rendre tous les athlètes meilleurs.

« C’était un honneur de m’entrainer et de parler avec Andy Murray à Paris, et j’espère qu’il a apprécié de m’avoir pris en compte dans son entrainement. »

La séance d’entrainement montre Teddy Riner entrainer Andy Murray dans quelques exercices dynamiques, dérivés du dojo mais pertinents pour la terre battue. La séance d’entrainement a mis en avant l’art de passer de la défense à l’attaque à travers des mouvements stratégiques du corps.

« C’était un honneur de m’entrainer et de parler avec Andy Murray à Paris, et j’espère qu’il a apprécié de m’avoir pris en compte dans son entrainement. Le judo est construit sur le pouvoir de transformer la défense en attaque, une stratégie qui est également cruciale au tennis. Je crois que cette session nous a appris de nombreuses choses à chacun d’entre nous, pas seulement sur son importance mais sur la patience, l’attention et la volonté d’y arriver. Que ce soit pour la boxe, le tennis ou le judo, Under Armour est une marque de champions et le signe d’un vrai champion est la détermination à rester au top et à progresser. Après avoir travaillé avec Andy aujourd’hui, il est clair que nous partageons cette vision et je lui souhaite le meilleur pour Roland Garros. Je suivrai d’ailleurs sa progression de près ! » commente Teddy Riner.

« Il était donc fascinant de voir comment Teddy prépare les grands événements et repousse les limites de son propre entrainement, non seulement physiquement mais aussi mentalement. »

Le numéro un mondial et athlète Under Armour, Andy Murray, ajoute :

« Etre numéro un mondial nécessite de ne pas se reposer sur ses acquis, de ne jamais croire que nous ne pouvons plus rien apprendre et toujours chercher ce que vous pouvez améliorer. Il était donc fascinant de voir comment Teddy prépare les grands événements et repousse les limites de son propre entrainement, non seulement physiquement mais aussi mentalement. Avec Roland Garros approchant, la rencontre a été vraiment spéciale. Dans cette période clé de préparation, c’était intéressant de poser mes yeux sur le tournoi de là-haut, et Under Armour a été capable de m’aider à me concentrer sur mes tactiques d’entrainement avant l’un des tournois les plus importants de l’année pour moi. »

Les deux athlètes portaient les derniers vêtements performance Under Armour, créés pour rendre les athlètes meilleurs, comprenant la technologie Under Armour ThreadBorne qui construit les vêtements en 3D et supprime les coutures pour optimiser la forme et le confort. Les athlètes portaient également les chaussures Charged Ultimate 2.0 training shoes – une chaussure légère et de soutien avec un extra grip qui la rend parfaite pour les séances d’entrainement intensives. Teddy Riner portait son habituel Kimono Under Armour pour certaines parties de la séance d’entrainement.

Stéphane Diagana : « La qualité plutôt que la quantité »

Ancien champion du monde du 400 m haies, c’était à Athènes en 1997, Stéphane Diagana s’est reconverti avec brio dans la course sur route, descendant sous les 3 heures au marathon. Interview & conseils.

  • Quand avez-vous arrêté votre carrière de haut niveau et quand êtes-vous passé à la course sur route ?

J’ai arrêté ma carrière de haut niveau en 2004, j’avais 35 ans, blessé, je n’ai pas pu préparer les Jeux Olympiques à Athènes. Mais durant ma carrière sur piste j’avais déjà couru sur route avec les 10 miles de Rosny-sous-Bois, près de Paris, soit 16 km. En fait une sollicitation du journaliste de France 2, spécialiste de l’athlétisme, Patrick Montel qui participait à l’animation de cette course. Mais disons que mes véritables débuts furent au semi-marathon de Saint-Affrique en Aveyron, là où je suis né, un semi qui n’existe plus d’ailleurs. C’était en 2005.

  • Mais pour le coureur qui débute, certainement pas un semi pour son premier dossard, plutôt un 10km. Que lui conseillez-vous ?

Un 10 km, s’il a déjà quelques mois de pratique, pourquoi pas. Sinon, je pense que le 5 km, même si les 5 km sont plus rares dans les calendriers, c’est mieux. Le débutant qui ne partira pas trop vite négociera mieux cette courte distance que le 10 km quand même plus exigeant. Cela le mettra en confiance pour la suite.

  • Et votre premier marathon ?

En 2005 aussi à New York. C’est le marathon que l’on a envie de faire, la ferveur du public, la ville, c’est à tout point de vue, un marathon exceptionnel, même si j’aime aussi beaucoup celui de Londres. J’ai donc couru le marathon de New York 2005 en 3h07’.

  • Votre record sur marathon, c’était quand et où ?

En 2009, j’ai d’abord couru à Londres en 2h57’, descendant sous les 3 heures, puis j’ai établi mon record à l’automne en 2h54’ au marathon Nice-Cannes.

« Ne pas surcharger le kilométrage au détriment de la puissance musculaire. » ©Kalenji

  • Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent se lancer sur la distance reine ?

Je pense que deux ans de pratique, c’est bien avant de courir son premier marathon. Mais pour ce qui concerne la préparation, je suis un adepte de la qualité plutôt que la quantité qui peut provoquer des blessures. C’est pourquoi 3 séances par semaine plutôt que 4, c’est bien et suffisant selon moi. Sinon, tout dépend bien sûr du passé sportif du coureur. S’il n’a pas de références sportives ou très peu, il devra bien sûr faire des sorties en endurance pour préparer son premier marathon. En revanche, celui qui, par exemple, a joué au tennis et s’est donc initié au fractionné, il pourra faire moins long, moins de kilomètres en endurance et insister plus sur les séances fractionnées.

  • Quelles sont les séances clés en préparation marathon ?

C’est trois belles séances. Une sortie longue de 2 heures à 15 km/h, km/h à l’allure objectif, et des séances de fractionné sur piste. La piste, c’est important. Elle donne de bons repères. Je fais par exemple 10, 12 fois 1 000 m en 3’25’’, 3mn30s. En résumé, je privilégie la puissance musculaire à l’endurance. Jamais un gros kilométrage pour moi. Bien sûr, c’est aussi à cause de mon passé d’athlète de haut niveau que je peux me permettre cela. Mais vos lecteurs peuvent s’en inspirer en ajoutant à l’endurance et au fractionné une 4e séance consacrée au renforcement musculaire, lequel, je le répète est très important.

  • Pourquoi le renforcement musculaire est-il important ?

J’estime que si on manque de temps avec le travail quotidien, les contraintes familiales, pour à la fois faire de l’endurance et renforcer la puissance musculaire, il faut privilégier cette dernière. Pourquoi ? Parce que, avec le passage des années on perd de la puissance musculaire, ce qui entraîne une baisse de la VO2 (consommation maximale d’oxygène que l’on prélève dans l’air et qui est consommée par nos muscles) et de la VMA (vitesse maximale aérobie). On va donc courir de moins en moins vite. Et ce n’est pas l’endurance, l’accumulation des kilomètres qui pourra compenser. Il ne faut pas surcharger le kilométrage au détriment de la puissance musculaire.

Le fractionné, passage obligé pour progresser en endurance pour Stéphane Diagana ©Kalenji

  • Que faire pour entretenir sa puissance musculaire ?

En plus des séances fractionnées, on peut, comme je vous l’ai dit, ajouter une 4e séance consacrée au renforcement musculaire. A savoir monter des côtes, faire des foulées bondissantes, gravir des tribunes de stade avec des petits sauts. Je répète que plus les années passent et plus cette puissance va diminuer rapidement si on ne l’entretient pas. Et plus on va régresser.

  • La récupération, c’est également très important ?

En effet il faut récupérer après une compétition et au cours de la saison. La récupération sert la progression et éloigne les blessures. Le vélo est une activité très complémentaire à la course à pied qui évite le contact avec le sol, et qui permet le maintien des acquis sur le plan cardiovasculaire.

  • Et le trail qui est en plein boom, cela vous inspire, envie d’essayer ?

Pourquoi pas un marathon en nature, mais sincèrement je préfère le rythme, la nature c’est plus pour moi en vélo ou VTT, qu’en course à pied.

Propos recueillis par Philippe Maquat en mai 2016 et publiés dans Running Coach numéro 35.


Vu du Campus de Mougins.

Un campus sport-santé à Mougins

Un campus sport-santé qui s’étendra sur 4 hectares à Mougins dans les Alpes-Maritimes devrait voir le jour fin 2018, avec Stéphane et Odile Diagana comme directeurs. « Reste à boucler le financement de ce projet » dit Stéphane. Ce campus accessible à tout le monde et qui s’adresserait à deux niveaux de pratique : le défi de la compétition sur marathon, trail ou triathlon ou bien la recherche de la forme avec des activités de fitness. En bref ce centre disposera d’une piste d’athlétisme, mais aussi d’une piscine olympique et d’un anneau cyclable. Pour la forme une salle de fitness est prévue, une salle de musculation étant également programmée. Un espace restauration et une résidence hôtelière verront aussi le jour dans ce campus qui ne sera donc pas dédié qu’à la recherche de la performance, mais bien également à la santé, avec la collaboration de médecins qui feront équipe avec les coaches.