La ménopause est un passage délicat, plus ou moins brutal, dans la vie d’une femme. Si vous transpirez à grosses gouttes, que vos leggings semblent un peu plus serrés, que vous passez la nuit à vous retourner, que vous êtes épuisée et irritable, alors… courez !

La ménopause précédée souvent d’une longue phase de préménopause intervient en général vers 50 ans. Elle se définie par une absence de règles depuis un an. Cela correspond à l’épuisement du capital d’ovocytes que la femme produit depuis ses premières règles, en lien avec la fin de sécrétion d’œstrogènes. Entre 40 et 50 ans les règles peuvent devenir irrégulières et les premiers symptômes, souvent inconfortables, apparaissent lors de cette période de préménopause. 

Courir, du bonus en phase de ménopause 

Le sport et la course à pied en particulier, agissent comme un traitement curatif grâce à la sécrétion d’endorphines. Ces fameuses endorphines qui dopent le moral. N’avez-vous jamais ressenti cette sensation de bien-être à la fin d’une séance ?

Pour les bouffées de chaleur très présentes chez de nombreuses femmes, la bonne nouvelle est que celles qui font de l’exercice régulièrement en souffrent beaucoup moins car habituées à transpirer.

Les sueurs nocturnes, c’est autre chose. La faute aux estrogènes qui diminuent la production de mélatonine qui aide à s’endormir. Le corps lutte pour dormir en essayant d’abaisser la température corporelle. Et cela fait paradoxalement transpirer. Un recours à un complément alimentaire à base de mélatonine peut alors donner un coup de pouce.

Est-il possible de faire remonter son niveau d’hormones ? Les hormones synthétiques qui sont données sous le nom de traitement hormonal substitutif (THS) peuvent minimiser certains des symptômes de la ménopause tout en protégeant les os. Une étude bénéfice-risque sera alors prescrite obligatoirement par votre médecin traitant car ces traitements peuvent favoriser la survenue de cancer du sein et d’accidents vasculaire

Moins de glucides et plus de protéines durant la ménopause

Certes, la course à pied permet de brûler un très grand nombre de calories. Mais ce n’est pas pour autant que vous devez manger n’importe quoi ! Les assiettes riches en glucides (pâtes, riz) ne sont plus une bonne idée à tous les repas. En effet, la diminution de la synthèse des œstrogènes rend l’organisme plus sensible aux glucides. En clair, il stocke un maximum. Il vaut donc mieux miser sur les protéines pour compenser la fonte musculaire et le relâchement des tissus. Ces deux phénomènes sont souvent observés en période de ménopause. 

Courir pour préserver son coeur

La ménopause est une période à risque au niveau cardiovasculaire. Toujours à cause de la chute des œstrogènes. En effet, chez la femme après 50 ans, il est possible de voir survenir diabète, hypercholestérolémie ou encore hypertension artérielle, d’où un suivi régulier obligatoire chez son médecin. Cependant ces maladies sont très souvent en relation avec une prise de poids, une alimentation déséquilibrée et surtout une forte sédentarité… autant de raisons pour continuer à bouger. Donc à courir ou bien à marcher pour une prévention optimale.

Et lutter contre l’ostéoporose 

Pour les femmes en âge de ménopause qui court depuis longtemps, pas de changement notable à apporter à leur pratique. Cependant, on recommande un point de vigilance sur l’amorti des chaussures. Celui-ci devra être adapté pour éviter de trop forts impacts sur le sol. 

En effet, le sport soumet les os des membres inférieurs à de fortes contraintes et les impacts au sol peuvent générer des traumatismes et notamment des fractures de stress. Ainsi, il est dangereux de faire courir d’emblée une femme atteinte d’ostéoporoseSi l’ostéoporose est diagnostiquée sans fracture, on conseillera des sports portés comme le vélo ou la natation. Ou encore des sports à faibles impacts sur le squelette comme la marche ou la marche nordique avec des bâtons pour bien faire travailler aussi ses bras et se gainer.

A toutes allures

La diminution des hormones liée à la ménopause réduit considérablement la capacité à maintenir ses muscles au top niveau. Une coureuse de fond très expérimentée verra ses performances se stabiliser ou diminuer au moment de la ménopause. Mais vous n’avez pas encore atteint votre potentiel maximum (en entrainement et compétition) alors une belle marge de progression s’offre à vous. Même après 50 ans !