Marvejols-Mende : 50 ans de légende

Marvejols-Mende a fête sa 50e édition en compagnie de plus de 3500 coureurs

Marvejols-Mende ne pouvait pas rêver plus beau scénario pour ses 50 ans. Une participation en hausse et un Français vainqueur, Mickäel Gras, sensation de cette édition mémorable.

Avec 3 513 finishers ce 23 juillet contre moins de 2 000 l’an dernier, Marvejols-Mende renoue avec son succès d’antan. La classique fête ainsi joyeusement son cinquantenaire sous un soleil éclatant. Un demi siècle d’histoire pour cette course de légende. L’histoire démarre comme un conte, le 25 décembre 1972.

Courir et militer

Jean-Claude Moulin, et trois copains, en pleine ascension du col du Goudard, le 25 décembre 1972
Les pionniers ©DR

L’histoire démarre comme un conte, le 25 décembre 1972. Jean-Claude Moulin, son emblématique organisateur – qui dédicaçait cette année un livre passionnant – retrouve alors trois copains sur l’esplanade de Marvejols. Rallier Mende sera leur petit défi avant d’attaquer la dinde de Noël.

Le premier acte « officiel » se jouera l’été suivant, 22 juillet 1973. 153 concurrents derrière la banderole pour cette première orchestrée sans aucune autorisation. Oui car à l’époque, courir ainsi sur la route, hors de la piste  n’était pas vu d’un bon œil. Les hurluberlus en short ne couraient alors pas les rues et les compétitions se comptaient sur les doigts d’une main. Marvejols-Mende fit figure de pionnière, un rien provocante et libertaire.

La première édition s'est disputée le 22 juillet 1973, sans autorisation.
Première en juillet 1973. ©DR

Au lendemain de Mai 68, courir, c’était militer. Dans la mouvance de la revue Spiridon et de son slogan « la perf d’accord, la fête d’abord », l’épreuve de Lozère se fait vite une renommée, alliant d’emblée sport et esprit festif.

Ouverte aux non-licenciés comme aux féminines – une première en France ! -, avec des catégories d’âges, des remises de prix, un repas d’après course, une soirée dansante gratuite, et en prime, un tour à poils (sic) sur les coups de minuit… Elle cumule alors les inédits.

Ici commence l’enfer…

Marvejols-Mende a fête sa 50e édition en compagnie de plus de 3500 coureurs
©Photo7

Cinquante ans plus tard, même programme. On y (re)vient ainsi sur les traces des anciens du siècle passé, autant pour s’offrir un défi musclé (22, 4 km et 650 mD+) au cœur de l’été que fêter la course à pied.

Entre les deux villes, la course est rythmée comme une valse à quatre temps. Au menu, « deux montagnes » à gravir, les fameux cols de Goudard et Chabrits.

L’accueil est tonitruant, le décorum soigné. « Ici commence l’enfer », ce fameux slogan inscrit sur l’asphalte au pied de la première montée fait partie de la légende, tout comme des dizaines d’autres barrant la route et prêtant à sourire. Sur les bas côtés, les spectateurs massés partout ce dimanche d’été poussent à ne rien lâcher.

« J’ai rêvé de cette victoire »

Mickaël Gras a remporté la 50e édition de Marvejols-Mende. Un Français vainqueur, ce n'était pas arrivé depuis près de 20 ans !
Mickaël Gras, vainqueur de la 50e édition de Marvejols-Mende. ©Photo7

Le plus ovationné fut sans doute le premier, Mickaël Gras. « Je l’ai rêvé cette victoire, j’y croyais sans trop savoir. J’ai lutté jusqu’au bout, je suis très content de remporter cette course légendaire, surtout avec ce chrono, en ayant gagné 4 minutes par rapport celui d’il y a 4 ans », confiait l’heureux vainqueur, fraîchement redescendu d’un stage Font-Romeu.

Au terme sprint final endiablé, l’Alésien coupe le fil en 1h11’38’’, à une minute du record de l’épreuve et sept secondes de son poursuivant. Un Français vainqueur, cela n’était pas arrivé depuis un certain Philippe Rémond en 1996. La classique ne pouvait pas espérer plus beau gagnant pour ses 50 ans.

Nouveau record pour la Lozère

Corentin Capelier (dossard 126), 23 ans a battu le « vieux » record lozérien sur ce Marvejols-Mende.
Corentin Capelier (dossard 126), 23 ans, a dépoussiéré le record de Lozère. ©Photo 7

D’autant qu’une autre belle surprise n’allait pas tarder sur l’Esplanade centrale, en ébullition toute la matinée. Corentin Capelier, Cévenol de 23 ans a battu le  « vieux » record lozérien de Jean-Louis Soulier de plus d’une minute trente. En 1h17’33, terminant  à la dix-huitième place au général, il fut applaudi et salué par Jean-Claude Moulin, 75 ans, et son épouse Fabienne Curiace, toujours fidèles au poste. Au terme de cette 50e palpitante, on peut dire que la légende s’écrit encore bien au présent, même si l’avenir de cette classique reste pour l’heure en pointillé.

Consultez les résultats 2023, visionnez les photos de la 50e édition de Marvejols-Mende sur Photocanoe.net