Recordman d’Europe du semi-marathon et du 10 km, le champion Julien Wanders courra son premier marathon à Paris le 3 avril. Très attendu, le jeune franco-suisse du Team Asics promet de faire sensation.

Après votre blessure aux ischios-jambiers la saison dernière, votre année commence fort avec un chrono en 1h00’28’’ sur le semi-marathon de Naples fin février.

« Oui, je suis très content de ce semi-marathon. Je sors de deux années compliquées. Revenir aux alentours des 1h, sur un parcours qui n’est pas le plus roulant, sans préparation spécifique, avec de très bonnes sensations, c’est vraiment encourageant. Cela me remet en confiance et me montre que j’ai fait les bons choix, que l’entrainement et le programme de mon coach fonctionnent. »

Le marathon, vous y pensez depuis longtemps ?

« Cela fait longtemps que j’en avais envie oui. Le marathon c’est mythique. C’est une distance olympique contrairement au semi par exemple. Étant encore jeune, je me suis forcé à attendre et j’ai choisi de continuer sur des distances plus courtes et sur la piste. Mais avec pas mal de blessures et de maladies ces derniers mois, j’ai décidé de me lancer car j’avais besoin d’un nouvel objectif. Nous avions envisagé de courir le marathon de Valence en décembre dernier mais c’était trop tôt. »

Julien Wanders, vous serez donc au départ du Marathon de Paris le 3 avril. Quel objectif pour ce premier marathon ?

« Le Marathon de Paris est une course que je regarde depuis longtemps à la télé. J’avais même imaginé par le passé le disputer comme lièvre sur les 30 premiers kilomètres pour me faire une petite expérience. C’est un super marathon avec en plus ASICS comme partenaire. Cela va me permettre d’avoir mes lièvres et mes camarades d’entraînement. Je n’ai pas d’objectif fixe, mais plutôt une fourchette. En-dessous des 2h08 ce sera déjà un bon début pour un premier marathon. Je partirai sur ces bases-là, environ 1h03, 1h04 au semi et ensuite on verra… »


Le record de France sur marathon de Benoit Z (2h06’36’’ à Paris en 2003) vous paraît atteignable ? 

« Le record de France est possible, oui, mais je n’ai jamais fait de marathon encore. Ce sera d’abord une expérience à prendre. Je préfère ne pas trop parler et agir. Je pense aussi au record de Suisse (Tadesse Abraham, en 2h06’40’’ NDLR) qui est dans les mêmes temps que le record de France. »

Quel chrono visez-vous à moyen terme sur marathon ? 

« Je pourrais en dire plus après le Marathon de Paris. Dans ma tête j’aimerai pouvoir me rapprocher du record d’Europe de Bashir Abdi (2h03’36’’, NDLR) forcément, mais on verra… »


Avez-vous prévu de courir un autre marathon en 2022 ?

« Normalement je devrais courir un autre marathon, mais je n’ai pas encore planifié ce que je ferai après le Marathon de Paris. Il y a plusieurs options. Soit courir le marathon aux Championnats d’Europe, soit faire une autre distance aux Championnats d’Europe et courir un marathon rapide comme Valence, ou autre, en fin d’année. Il faut que je planifie la suite. »

Julien Wanders, le marathon des J.O 2024 est dans un coin de votre tête ? 

« Oui bien sûr. J’aurai déjà eu deux ans sur marathon, j’aurai de l’expérience. Si tout se passe bien, il y aura quelque chose à faire. Mais pour le moment, je prends les choses les unes après les autres. Je vais d’abord faire mes débuts sur marathon et ensuite je penserai à d’autres objectifs… »

Le champion Julien Wanders à l'arrivée du dernier 10 km de Valence, terminé en 28'11'' en janvier 2022.
Julien Wanders, sur le 10 km de Valence 2022 terminé en 28’11”, à une minute de son record d’Europe de 2020. ©Albin Durand

Aurez-vous d’autres temps forts cette année ? 

« La suite de la saison est encore vague, mais j’aurai d’autres temps forts. Cette année, je vais me concentrer sur les championnats d’Europe. Je ne sais pas encore sur quelle distance. Et peut être plus tard dans l’année, les championnats du monde de semi-marathon. »

Julien Wanders, quels conseils donner à ceux qui visent un objectif sur marathon ? 

« Mon conseil principal c’est d’être régulier. Ca ne sert à rien de faire des énormes séances puis de faire trois jours de pause. Ou d’aller trop vite sur une séance et d’être fatigué pendant une semaine. Il faut vraiment essayer de gérer ses efforts pour combiner le volume et la qualité. Il faut penser d’abord aux fondations avant d’entamer le travail spécifique. Quatre ou cinq mois pour s’y préparer c’est top pour ne pas se précipiter et éviter la blessure. C’est primordial d’avoir du temps pour préparer un marathon. »

Le fameux mur vous fait peur ?

« Non. Je me suis bien préparé. Peut-être que je dirais le contraire après le Marathon de Paris… Mais si l’on est bien préparé et qu’on part sur les bonnes allures, on doit éviter le mur. »

Hors préparation-marathon, quelle est votre séance favorite pour gagner en vitesse ? 

« Il y en a beaucoup. Pour rester simple, il y a des fartlek courts avec des 1-1 ou 30-30, ça aide bien à gagner ou regagner en vitesse. Après si l’on veut parler de vitesse pure ou travail lactique, ce sera sur la piste avec des répétitions courtes allant jusqu’à 1 000m, avec des pauses plus longues de 3 à 5mn. Là on travaille dans un autre registre. »

Que vous inspire le champion Eliud Kipchoge ? 

« Je l’ai côtoyé notamment quand j’ai fait lièvre sur le 1:59 Challenge. C’est un grand champion. Il a quelque chose en plus, on comprend pourquoi il est performant. Ce qui m’inspire le plus c’est sa concentration et son calme. Comme il le dit, il n’a aucune limite. C’est ce qui le rend très fort. »