Dans le documentaire The Real Mo Farah, Mo Farah révèle sa vraie identité et son arrivée illégale à Londres.

Dans un documentaire diffusé sur la BBC, Mo Farah, quadruple champion olympique d’athlétisme, révèle sa vraie identité et raconte son arrivée illégale au Royaume-Uni sur fond de guerre civile en Somalie, son pays natal. 

Mo Farah dévoile sa vraie identité et son passé, dans The Real Mo Farah, diffusé sur la BBC. Il s’appelle en réalité Hussein Abdi Kahin. Jusqu’à la diffusion de ce documentaire, Mo Farah avait expliqué être né à Mogadiscio, capitale de la Somalie, et arrivé en Grande-Bretagne à dix ans avec sa mère et deux de ses frères et sœurs pour rejoindre son père informaticien. Mais le champion a tu pendant la vérité pendant des années.

« Si tu veux revoir ta famille, ne dis rien »

« J’ai été séparé de ma mère, et j’ai été amené au Royaume-Uni illégalement sous le nom d’un autre enfant », raconte ainsi le champion. A la mort de son père, tué en Somalie alors qu’il avait 4 ans, Mo Farah part vivre chez un oncle à Djibouti. Puis 9 ans, il débarque à Londres un faux passeport en poche. La dame inconnue, qui l’accompagne, lui promet qu’il retrouverait les siens. Il n’en fut rien. Pendant deux ans, l’enfant est contraint à travailler comme domestique dans une famille. Ménage, garde d’enfants, profil bas. Il doit se taire. « Si tu veux revoir ta famille, ne dis rien », lui assène-ton.

« Souvent, je m’enfermais dans la salle de bains et je pleurais », confie le champion. A 12 ans, il est scolarisé, apprend peu à peu l’anglais. Et court déjà très vite. « La seule chose que je pouvais faire pour m’éloigner de cette situation était de sortir et de courir », raconte ainsi l’athlète. Son professeur d’éducation physique, Alan Watkinson, le met alors en confiance. « Le seul langage qu’il semblait comprendre était celui de l’éducation physique et du sport » témoigne le prof de sport. Le jeune Mo lui confie un jour ses secrets. Ce professeur contacte alors les services sociaux, qui le placent dans une nouvelle famille d’accueil somalienne, où l’adolescent grandit.

Mo Farah à l’arrivée du Marathon de Chicago, en 2018. ©Bank of America Chicago Marathon

« Je pense souvent à l’autre Mo Farah »

A 17 ans, à la demande d’Alan Watkinson, Mo Farah obtient la citoyenneté britannique. Quelques années plus tard, il deviendra le grand champion que l’on connaît. Premier Britannique à remporter quatre titres olympiques en athlétisme, il sera anobli par la Reine Elizabeth II.

« Je pense souvent à l’autre Mohamed Farah, le garçon dont j’ai pris la place dans cet avion, et j’espère vraiment qu’il va bien. », conclut Sir Mo.

Après des décennies de silence, il a mis deux ans avant d’oser se livrer ainsi. « Décider de parler été un voyage difficile et émotionnel. Car je n’ai pas compris ce qui m’était arrivé. Maintenant que mes jumeaux ont atteint l’âge que j’avais quand je suis arrivé ici, j’ai senti que c’était le bon moment », explique-t-il sur ses réseaux sociaux.

Le champion, a également partagé des images de sa famille. Il a en effet retrouvé sa mère, Aisha et ses deux frères au Somaliland, région séparatiste de Somalie.

Depuis la diffusion de ce documentaire, le 13 juillet, la police britannique a ouvert une enquête. Et le gouvernement britannique a assuré qu’il ne serait pas déchu de sa nationalité britannique. Un porte-parole le qualifiant de « héros sportif ».