Une bonne dose d’évasion – pas de refus ! – avec Véronique Messina, qui nous raconte son dernier périple dans un endroit secret : l’île de Sao Tome au Gabon. Elle a participé du 16 au 21 février à la course The Hemisphere Crossing de 200 km en six jours. Carnet de voyage.

Par Véronique Messina – Photos : Global-Limits

Qui est Véronique ? Cette iséroise de 41 ans vit au Cambdoge et son dada, c’est les ultras. Depuis quelques années, elle les enchaîne. Elle a notamment gagné l’Ultra Gobi (400 km en autonomie dans le désert) en 2016 et l’Ultra Trail d’Angkor (128 km) a plusieurs reprise. Elle a déjà partagé avec nous son récit de l’Ultra Run Rajasthan

Quel bonheur d’avoir découvert cet endroit secret : l’île de Sao Tome, 240 km au large du Gabon, 200 000 habitants, ancienne colonie portugaise indépendante depuis 1975. L’exploit de l’organisateur Stefan Betzelt (Global-Limits) a été de trouver un parcours de 200 km sur cette île de 48 km de long et 32 km de large. Pari réussi, les 6 jours de course cumulent 200 km et 6000 m D+ dans des décors de carte postale et de paradis perdu.

Pile sur l’Equateur

Petit retour sur l’aventure, qui s’est finie au point zéro, endroit exact où se croisent l’équateur et le méridien de Greenwich. Les courses Global-Limits, ce sont des courses par étapes en autonomie au format identique, 200 km en 6 jours, organisées dans des pays aux attraits touristique et culturel incontestés. Global-Limits Cambodge fut ma première (douloureuse) expérience en 2013 : malgré une finish-line mémorable devant le temple d’Angkor Wat, je n’avais qu’une envie, c’était de jeter mes baskets dans le Mekong.  « Ces courses de malades ne sont pas pour moi »… Et puis… on oublie. Je retente l’expérience au Sri Lanka (2015), pour finir sur le rocher sacré de Sigiriya. Et cette fois, j’attrape le virus. J’adore ! Et je commence à chercher d’autres expériences similaires, alliant course à pied et voyages. Je m’inscris à la troisième course Global-Limits au Bhutan (2016), qui en plus des 200 km affiche 10 000 m de dénivelé positif cumulé. La finish line se situe devant le temple bouddhiste sacré du Tiger Nest, perché à 3120 m d’altitude. Ces monuments clôturant chaque course sont autant de trophées inoubliables qui effacent toutes les douleurs de la semaine passée.

Avec ces 3 sésames Cambodge – Sri Lanka – Bhutan, je gagne le droit de participer à la course bonus de 2020 (une seule édition) sur l’ile de Sao Tome. Dont je n’avais jamais entendu parler. C’est une raison suffisante pour me décider. L’autre raison n’est pas des moindres non plus : c’est une île exportatrice de fèves de cacao.

Je rejoins les 57 autres coureurs venus de 28 pays différents. Le plus jeune a 18 ans, Julio, un local. Le plus âgé Hanz fêtera la semaine prochaine ses … 80 ans. J’adore ! Quelle belle image pour se projeter dans l’avenir que de s’imaginer courir encore comme lui dans 40 ans.

Cacao, carambole et café

Samedi nous quittons l’hôtel pour démarrer l’aventure : en route pour le premier campement, la maison du jardin botanique de Agostinho. Agostinho Neto est une ancienne plantation de cacao, qui était l’une des plus grosses exploitations au monde. Elle s’appelait alors Rio de Oura « Rivière d’Or ». A l’indépendance (1975), l’exploitation a été nationalisée et ce fut la fin de la production à grande échelle. Le lieu est comme figé dans le temps, avec son vieil hôpital abandonné depuis les années 60, ses rails de train sur les chemins pavés, ses imposants bâtiments coloniaux, et ses paillotes toujours habitées réparties tout autour. Nous dormons dans la maison du jardin botanique, chacun dans sa moustiquaire, conscients d’être des témoins privilégiés de vestiges du passé, emprisonnés dans une végétation humide.

Première étape : 36 km, 1100 m D+ / 670 m D-

7 h du matin, c’est le top départ, je suis impatiente de découvrir cette île mystérieuse, de m’enfoncer dans la forêt et de quitter le groupe pour me retrouver seule en pleine nature. Avant le départ, des écoliers entonnent l’hymne national, et le premier ministre en personne prend la parole pour nous encourager. Apparemment notre venue sur l’île est un événement ! Le parcours commence par une boucle sur la plage toute proche, nous repasserons par la plantation dans 11 km. Je pars avec le groupe de tête, et nous nous familiarisons avec le balisage tantôt orange, tantôt rose. Normalement le balisage Global-Limits est orange, mais Stefan n’a trouvé que 7 bombes de cette couleur sur toute l’île. Il a fallu improviser.

Après la plage, c’est une montée de 14 km qui nous emmène à 800 m d’altitude à travers la forêt : du cacao, des jacquiers, des bananiers, du café, des caramboles, des lianes… La roche noire volcanique est recouverte d’un tapis de mousse fluo. Tout est vert, chaud et humide. De la boue jusqu’aux chevilles. Bruit de ventouse. Je fais corps avec le sol. Mon corps trempé de sueur se dissout dans l’humidité ambiante. Je perds mes frontières corporelles. Je suis la forêt, la jungle, la mousse, le brouillard, les oiseaux qui chantent et le jasmin qui se répand.

Arrivés au sommet (km 24) nous descendons sur une piste de gazon au milieu des grands arbres.

Non, ce n’est pas une forêt, c’est un océan de verdure où les lianes, branches, fougères et herbes me dépassent. Je n’ai pas pied, je nage dans la végétation en écartant les feuilles devant moi.

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Au km 30, une rivière à traverser. Nous sommes déjà trempés de transpiration, et cela fait du bien de sentir un peu d’eau fraiche. Les derniers 5 kilomètres montent jusqu’au camp, et j’alterne course et marche. Je rattrape quelques coureurs terrassés par la chaleur et l’humidité. A 2 km de l’arrivée, j’aperçois Julio, le jeune local qui marche péniblement. Il se retourne et me voit. Je lui fais peur, il se met à courir jusqu’à l’arrivée et je ne le reverrai plus jamais de la course ! Comme quoi il ne devait pas être si fatigué…Je finis en 3 h 56. Je me place 1ère fille et 4ème au scratch. Loz, le hong-kongais sera accompagné pendant 25 km par un jeune garçon de 12 ans, chaussé de tongs ! Ils finiront l’étape ensemble, et un 4×4 ramènera le jeune athlète dans sa famille après un repas au campement bien mérité.

Le campement se situe dans l’école du village de Monte Café. J’installe ma moustiquaire dans la classe des 4 ans, entre les chaises empilées, les petites tables et le tableau noir.Fondée en 1858, Monte Café est une des plus anciennes exploitations de café de l’île, aujourd’hui toujours en activité mais en difficulté. 600 personnes y vivent, à 670 m d’altitude.

Shoot de chlorophylle

Deuxième étape : 31 km, 800 m D+ / 1000 m D-. Nous partons à 7 h (c’est qu’il faut libérer les salles de classe, les élèves arrivent avec leur cartable et leur uniforme), pour 3 km de descente puis 5 km d’ascension jusqu’au plus haut point de la course 890 m d’altitude. Un magnifique single track dans la forêt. Non, ce n’est pas une forêt, c’est un océan de verdure où les lianes, branches, fougères et herbes me dépassent. Je n’ai pas pied, je nage dans la végétation en écartant les feuilles devant moi. Shoot de chlorophylle dans une symphonie de chants d’oiseaux. Le vent se lève, le brouillard envahit les lieux mais laisse passer quelques rayons du soleil. Le ciel m’appelle ? Petit moment mystique où je communie avec la nature, en regardant tomber une pluie de feuilles jaunes. Je m’arrête. Je souris. Je suis bien là.

Et puis il faut continuer à grimper jusqu’au CP 1, remplir les gourdes, et commencer la longue descente en chemin pavé à travers une plantation de palmiers. L’île entière est un jardin. Pas un centimètre carré sans végétation. La pente est douce, cela permet d’allonger la foulée. Puis le chemin devient boueux, les baskets s’enfoncent jusqu’aux chevilles. Le temps est menaçant, il fait si sombre sous les feuillages de bambous qu’on allumerait presque la frontale.

J’arrive en 3 h 15, 30 mn avant la pluie qui ne cessera pas de l’après-midi. On comprend vite pourquoi c’est si vert par ici. Ce n’est pas encore aujourd’hui que le linge va sécher. Difficile de s’habituer à remettre ses vêtements humides le matin, et de chausser des baskets transformées en éponges. Splash, splash… Je redoute les ampoules, mais toujours rien. Contrairement au Rajasthan où les pieds n’ont eu aucun répit pendant 3 jours / 2 nuits, ici je peux chausser mes tongs dès la fin de l’étape et cela change tout. La crème miracle allemande de Maik y est également certainement pour quelque chose.

Le campement est unique : une guest house abandonnée au milieu de la forêt, à Bombain. Le bâtiment tout en bois est rongé par l’humidité, la végétation le digère lentement et il semble comme un radeau en perdition en plein océan. Il sera notre refuge pour les prochaines heures, et nous nous installons sur les balcons pour regarder tomber la pluie et féliciter chaque finisher.

L’affaire est à vendre. Mais l’acquéreur doit s’engager à reprendre en plus de l’hôtel la population qui vit autour et travaillait sur le domaine, quelques familles d’une vingtaine de personnes en tout. Nous les visiterons en fin d’après-midi. Cela fait un an que l’hôtel a fermé, et depuis ce temps, les gens attendent ici, perdus au milieu de la forêt, en plein centre de l’île, à 500 m d’altitude, avec leurs cochons, cabris, et poules. Les enfants ne vont pas à l’école. Ces gens sont-ils heureux ?…

Troisième étape : 29 km, 400 m D+ / 800 m D-

Départ 7 h dans la boue jusqu’aux chevilles. J’ai gardé mes chaussettes trempées et mes baskets éponges, j’ai comme l’impression que ça va rester bien humide. 6 km de single track version mud-day. J’ai trop peur de tomber, j’assure chacun de mes pas et je me fais doubler par une dizaine de coureurs.

La piste est vraiment laborieuse, tellement la végétation est dense. On ne sait jamais où on met les pieds. Les herbes sont urticantes et mes jambes sont en feu. En fait ce chemin est censé être impraticable, pour empêcher toute fuite des esclaves. Avec patience et quelques égratignures, nous gagnerons tous notre chemin vers la liberté. Une fois arrivés au sommet, c’est 23 km de descente jusqu’à la mer ! Sur de larges pistes pavées ou en terre. Impossible de marcher, la pente est parfaite, youhou ! Je rattrape ceux qui m’ont doublée dans la forêt. A chaque traversée des villages, la population qui n’a apparemment pas grand-chose d’autre à faire, est regroupée sur la place ou devant les maisons, et nous encourage en criant des « Forza !!! » et nos prénoms. Il semble que nous les amusions beaucoup.

Je n’ai encore vu personne travailler sur cette île (si, j’en ai vu un : le barman de l’hôtel le dernier soir). Beaucoup ont des outils en main. Mais ils sont assis. Certainement l’heure de la pause… Les femmes passent leur temps à laver le linge à la rivière ou au lavoir. Puis elles l’étendent sur la route, sur les cailloux, ou sur l’herbe. Mais comme il ne sèche pas et qu’il est posé par terre, il faut à nouveau le laver le lendemain. C’est tous les jours le jour de la lessive. Mais l’activité semble un bon moment de rires et de bavardages pour les femmes du village.

J’arrive au campement en 3 h 04, au village d’Aqua Ize situé en bord de mer sur la côte est de l’île. A l’arrivée, une vingtaine de villageois attend chaque coureur en chantant et criant les prénoms lus sur les dossards. Quel accueil !

Des petits airs de vacances…

Nous plantons les tentes entre les maisons en bois, à quelques mètres du rivage. La côte autour est sauvage et volcanique, cela me rappelle le Cap Méchant de la Réunion. Nous traversons le village avant d’arriver à la finish line, le temps d’apercevoir un bar à coco… Elles sont minuscules ici, mais quel plaisir de boire cette eau !

Franck sera le grand vainqueur du jour : il enquille 10 noix de coco d’affilée. Je reste modeste, avec seulement 3. Accompagnées de tranches frites de fruit à pain au petit resto du coin… On se croirait presque en vacances.

Bain de mer toute habillée, et rinçage à l’eau douce au robinet sur la place du village. On se sent presque propre. Et puis 5 mn après, on est à nouveau tout en sueur. Mais cette fois, le linge peut enfin sécher.

Quatrième étape : 59 km, 1400 m D+ / 1400 m D-

Départs étalonnés pour cette longue étape, un premier groupe part à 5 h 30, le second groupe à 6 h 30. Même si les départs sont matinaux, les nuits sont longues puisque je me couche (et m’endors) vers 20 h. Et une grande partie du temps libre aux campements se passe à glandouiller assise ou couchée. J’ai donc bien le temps de récupérer entre chaque étape (ce qui fait une grande différence avec les courses non-stop).

Première portion de 10 km en forêt, pour s’échauffer, tranquille. Seconde portion beaucoup plus ardue : 12 km sur bitume, en plein soleil, je souffre, je n’ai pas assez d’eau, et je dois marcher pour m’économiser un peu. J’arrive au check-point 3 avec une envie de coca, ce qui n’est pas bon signe chez moi ! Et miracle, un petit vendeur est là avec sa glacière, et me tend le breuvage poison que j’avale cul-sec. Un petit moment de bonheur avant de repartir. Mais cette fois on est dans la jungle, et cela est tout de suite plus supportable. Le chemin est un vrai labyrinthe au milieu des troncs, branches, feuillages, racines, lianes et rivières. Ça ne relève pas la vitesse moyenne, mais ça m’amuse, et petit à petit je double les coureurs du groupe 1, l’occasion d’échanger quelques mots et de s’encourager mutuellement. Pendant les traversées de village, des enfants m’accompagnent pendant 1 ou 2 kilomètres. En tongs. Ça permet de garder le rythme, malgré la fatigue qui s’installe. La dernière partie traverse une plantation de palmier, et finit sous les arbres sur la plage de Praia Grande.

J’ai mis 7 h pour courir l’étape, il me faut un peu de temps et beaucoup d’eau pour récupérer. Je pense à tous ceux encore sur le parcours. Certains arriveront à la nuit, ce qui laisse encore plus de traces et beaucoup moins de temps pour récupérer.

Une rivière avec vue sur le Pic de Cao Grande (rapidement et affectueusement surnommé la montagne pénis) se jette dans la mer : cela fait une salle de bain parfaite au décor idyllique. Un peu de lessive, quelques noix de coco avalées sur les rochers de la plage, un ou deux sachets lyophilisés pour reprendre des forces… La routine s’installe au campement.

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Bêtes sauvages et scènes rurales

Cinquième étape : 27 km, 550 m D+ / 580 m D-

Je n’aime pas le jour après les longues étapes, j’ai toujours du mal à me remotiver. Alors je me fais un petit plaisir : je sors une paire de chaussettes sèches ! ça fait trop du bien, on s’offre les plaisirs qu’on peut ! J’y vais tranquille, je marche beaucoup. Encore une belle ascension en forêt, un passage revigorant à travers les orties tropicales. Et du coup je me mets à courir pour faire circuler le sang parce que ça pique grave !!! Quelques portions sur route également, mais le temps est couvert, c’est beaucoup plus supportable que la veille. Des bêtes sauvages dans les buissons et au bord des routes : des cochons. Plein ! De toutes les couleurs. Selon les combinaisons on peut deviner qui est le père, la mère et la fratrie. Ils mangent des crabes, je vois des pinces qui sortent de leur gueule !

Des femmes qui lavent le linge en chantant, leur petit attaché dans le dos. Des hommes assis avec des pioches. Des hommes assis avec des brouettes. Des hommes assis avec des haches. Des hommes qui boivent du jus de coco fermenté (bref, des hommes qui glandent). Des enfants qui jouent avec des pneus de vélos ou avec des skate-boards en bois (aucun écran !). Ces scènes rurales m’interpellent et me ravissent… tout semble tellement éloigné de mon monde à moi. Qui vit la vraie vie : eux ou moi ?

Je finis en 3 h 18. Dernier campement de tentes sur la plage de Praia Grande, anse verte où la forêt déborde sur le sable blanc, entourée de rochers volcaniques. Parfait étendoir pour faire sécher le linge. C’est l’époque où les tortues viennent pondre leurs œufs la nuit sur la plage, à 2 km de là. Certains chanceux les apercevront. Pas moi, je dors.

Sixième et dernière étape : 16 km (10 + 6)

Ça sent la fin, la douche, le lit, le tee-shirt propre, le buffet à l’hôtel, le café expresso… Tout le monde trépigne d’impatience dans ses vêtements qui puent. L’étape du jour est coupée en deux : 10 km pour rejoindre la plage où le chrono s’arrête. Des barquasses de pêcheurs nous attendent, et nous emmènent sur l’ilôt de Rolas (3 km²) en 20 mn. C’est le moment le plus éprouvant de la course pour moi qui ai peur de l’eau. Je ferme les yeux et je sers les dents, en attendant que ça passe. Ça secoue un peu quand même ! Une fois arrivés sur la plage, le chrono repart et nous devons faire le tour de l’île sous les arbres et sur les milliers de noix de coco qui jonchent le sol avant de monter sur la petite colline sur laquelle passe la ligne de l’Equateur. Nous sommes au point zéro, là où le méridien de Greenwich croise la ligne de l’Equateur. Ne me demandez pas dans quel sens tourne l’eau du lavabo. Y avait pas de lavabo. Par contre on a eu droit une belle douche tropicale sur la ligne d’arrivée.

58 coureurs au départ (28 nationalités), 49 finishers. L’humidité et la chaleur auront eu raison de certains. Mais tous franchiront la ligne de l’Equateur des étoiles plein les yeux.

Je retiens la vitalité et le sourire des anciens, Hanz (80 ans une semaine après la course), et Jamon  (70 ans) l’argentin qui danse plutôt qu’il ne court ; la pugnacité des derniers, qui mettront 3 fois plus de temps que les premiers et ne perdront jamais le sourire ; l’aisance des deux jeunes coureurs locaux (18 et 25 ans), habitués des courtes distances et qui maintiendront leur rythme fou au fil des jours ; les insatiables qui rateront la dernière bifurcation et feront deux fois le tour de la dernière île avant d’enfin trouver l’équateur… et tous les volontaires qui nous auront assistés, hydratés, soignés, encouragés pendant cette belle semaine.

Merci à Stefan d’avoir trouvé une si belle destination. Et à tous les gens rencontrés qui m’ont donné encore tant d’autres idées de prochains voyages… La route n’est pas finie. Continuons, osons, rêvons…