Le Nevers Marathon prépare sa deuxième édition les 24 et 25 octobre avec départ sur le circuit de Magny-Cours. Déjà plus de 800 inscrits, dont moitié sur le marathon qui avait compté 366 finishers l’an dernier. Le point avec l’athlète nivernais Antoine de Wilde, organisateur de l’évènement.

Dans les starting-blocks sur Magny-Cours, pour l’ekiden du samedi soir.

Circuit de Magny-Cours, bords de Loire, dites-nous en plus sur le parcours… 

« Au lever du jour, le départ fera de l’effet sur le légendaire circuit de Formule 1 Nevers Magny-Cours. Après un tour complet du circuit (4,411 km) pour se chauffer, les coureurs rejoignent le village de Magny-Cours, foulent la campagne nivernaise en passant par le Château du Sallay et le Domaine du Grand Bois à mi-parcours. Ensuite, place à 12 km très agréables le long du canal latéral de La Loire pour rallier Nevers. Avec les couleurs d’automne, cela vaut le coup d’œil ! On entrera dans la cité ducale par le Pont de Loire, face aux monuments emblématiques pour le bouquet final. Un parcours splendide, varié et pour couronner le tout : un dénivelé négatif ! »

Quelles seront les nouveautés à l’affiche ? 

« Pour cette deuxième édition, les épreuves Ekiden et marathon solo seront à label FFA. ? travaillons d’arrache-pied pour garantir un bel accueil et un maximum de confort aux coureurs avec un service de navettes, des nouvelles animations, des soins après course, de la restauration, des offres avec l’hôtellerie. Nos coureurs seront gâtés avec une belle dotation à chacun, parmi les plus qualitatives de France ! »

Belle médaille collector !

Donnez-nous envie de venir courir ce Nevers Marathon le 25 octobre… 

« Nous sommes amoureux de notre territoire et nous parions que vous tomberez sous le charme aussi. La Nièvre ne laisse pas indifférent. Mettre les pieds sur le circuit mythique de Nevers Magny-Cours encore moins. Parcourir les loges, traverser les châteaux, la campagne et ses bocages, boire du bon vin (c’est ici le terroir du Pouilly fumé), se sentir héros lorsque l’on passe la ligne d’arrivée, repartir avec des spécialités nivernaises et une médaille collector en forme de volant de Formule 1… Vous n’oublierez pas le week-end passé avec nous ! »

Michaël et Damiens Gras, 28 ans, cumulent titres et records du 5 000 m au marathon. Ces jumeaux champions, compétiteurs nés, affolent les compteurs tout en jonglant avec leur internat de 9e année de médecine à l’hôpital de Clermont-Ferrand. 


UN PALMARES COMPLET. MICHAEL : 5 000 m : 13’44’’
, 9e en 2019 des championnats de France élite – 10km : 29’00, vice-champion de France en 2016 et 2019 – 20 km : 59’02’’, 3e des 20 km de Paris 2019 – semi-marathon : 1h03’48’’ – marathon : 2h16’12’’, champion de France en 2015 – vice-champion de France de cross long en 2017 et 2019 – 8e et 1er français du marathon des Sables 2014 – 12 sélections en équipe de France (9 jeunes et 3 séniors). DAMIEN : 5000 m : 13’55’’, 7e des championnats de France élite 2019 – 10 km : 29’20semi-marathon : 1h03’48’’ marathon : 2h18’59’’ – 14e des championnats de France de cross long 2019 – 28e et 8français du marathon des Sables 2014 – 5 sélections en équipe de France (4 jeunes et 1 sénior (cross Europe 2018).

Comment avez-vous débuté ? 

A l’âge de 13 ans nous avons été repérés sur les terrains de football par Gérard Galiana, entraineur d’athlétisme. Nous jouions alors depuis 6 ans et notre passion pour le foot s’était un peu tarie à cause d’une mauvaise ambiance dans le groupe. Cela s’est passé lors d’un footing sur une séance de préparation physique en pré saison de Division Honneur. Gérard, dont le fils jouait dans notre équipe, nous a fortement conseillé d’essayer les cross après nous avoir vu prendre plusieurs tours d’avance sur nos coéquipiers. En dehors de nos qualités pour la course, il a également remarqué que nous aimions la compétition et que nous prenions du plaisir à courir. Nous avons accepté avec enthousiasme, impatients de participer aux premiers entrainements d’athlétisme. Nous avons rapidement obtenu de bons résultats, ce qui était très motivant, et, au bout de 2 années où nous concilions foot et athlé, nous avons fait le choix de nous consacrer entièrement à l’athlétisme pour atteindre le plus haut niveau. Gérard nous a formé à la course mais aussi aux sauts et aux lancers pendant deux ans pour développer toutes nos qualités dans nos jeunes années. Patrice Lagarde a été notre second entraineur pour le demi-fond. Il nous avait demandé d’écrire sur un bout de papier quel était notre souhait le plus cher en course à pied : l’un avait écrit champion du monde et l’autre champion olympique ! Il a donc pris le relais pendant 10 ans lorsque nous étions au club de Pessac en Aquitaine et nous a fait franchir les portes du haut niveau en course à pied. C’est Jean-François Pontier, cadre technique fédéral, qui a pris le relais depuis 3 ans à Clermont où nous faisons notre internat de médecine.

Vous êtes des champions mais restez « amateurs », non professionnels. En fin de cursus d’études de médecine, à quel métier vous destinez-vous ? 

Nous en sommes en 9ème année de médecine, entamant notre 3ème année d’internat. Nous avons déjà choisi notre spécialité à l’issue de l’examen classant national : Michaël est interne en anatomie et cytologie pathologique et Damien en médecine physique et de réadaptation.

Que représente la course à pied dans votre quotidien ? 

C’est la première chose à laquelle on pense en se levant le matin. Même si la journée s’annonce chargée, que l’on soit de garde ou qu’il y ait des examens, la première chose qui nous vient à l’esprit c’est : à quel moment va t’on courir ?Nous avons passé notre première année de médecine en courant tous les jours. Depuis nous nous entrainons en moyenne 10 fois par semaine. Maintenant que nous sommes internes nous faisons nos déplacements jusqu’à l’hôpital en courant la plupart temps (parfois en vélo mais quasi jamais en voiture) quelque soient les conditions et avec un sac sur le dos. Les trajets font au plus court entre 4 et 10km, et nous rallongeons souvent cette distance en fonction des besoins de l’entrainement. Le problème c’est qu’à l’hôpital on sait quand commence la journée mais pas toujours quand elle va se terminer. Pour l’anecdote il nous est déjà arrivé de faire des répétitions de 400m à 10h du soir sur une piste non éclairée ou de rentrer chez nous en footing à 2h du matin après une soirée au bloc opératoire.

Choisissez-vous toujours vos compétitions ensemble où vous est-il arrivé de courir chacun une compétition différente en fonction d’un objectif particulier de l’un ou de l’autre ? 

Du fait de notre profil très similaire nous avons tous les deux les mêmes objectifs sur les mêmes épreuves tel qu’un championnat de France ou une course de sélection en équipe de France. Choisir un même objectif nous permet de calquer notre préparation et de partager les séances clés. Il arrive que nous ayons des objectifs intermédiaires différents mais c’est assez rare. Par exemple l’été dernier, Michaël avait choisi de courir Marvejols-Mende, une classique française de 23km où il termine 5ème scratch et 1er français. Cette course avait lieu une semaine avant les championnats de France élite que nous devions disputer sur 5000m et Damien avait préféré se concentrer sur cet objectif (Michaël se classa 9ème et Damien 7ème).

Être toujours à deux, c’est l’une de vos forces, n’est-ce pas ? 

Oui c’est un avantage énorme de pouvoir s’entrainer à deux. Nous n’avons jamais exactement le même niveau, la même forme ou la même motivation et pour celui d’entre nous qui est moins bien cela permet de rééquilibrer la balance. C’est ce que recherchent la plupart des athlètes en partant en stage d’entrainement : un groupe d’un niveau légèrement supérieur pour être tiré vers le haut.

Quelle est la performance la plus marquante pour chacun de vous jusqu’à présent ? 

Michaël : c’est ma troisième place aux 20km de Paris en octobre 2019. Nous étions un groupe de 9, avec 6 kenyans et 3 français, détachés dès le quatrième kilomètre car partis sur des allures rapides avec un passage au dixième kilomètre en 29’04. Je parviens à tirer mon épingle du jeu en montant sur le podium malgré une attaque dévastatrice des africains au quinzième kilomètre et je passe un cap en réalisant un chrono de niveau international (59’02 : IB).

Damien : le semi-marathon de Crémone, ma victoire sur la série B du 5000m de Carquefou 2019 après avoir été emmené par un lièvre pendant 3000m puis avoir tenu mes adversaires à distance sur les 2000 derniers mètres en partant seul devant (record personnel en 13’55 et première qualification aux championnats de France élite).

Vous êtes performant sur piste mais aussi hors-stade et sur longues distances. Très polyvalents donc, comment expliquez-vous cela ? 

Nous avons toujours aimé tous les terrains et toutes les distances pourvu qu’il y ait de la compétition. Notre deuxième entraineur Patrice Lagarde nous faisait beaucoup courir dès nos années juniors. Nous faisions un peu plus de 20 compétitions par an notamment en cross et sur piste au début puis rapidement sur route sur du 10km. Nous avons également découvert la course en montagne où nous avons obtenu nos premières sélections en équipe de France (Michaël 5ème des championnats du monde juniors à Kamnik en Slovénie en 2010). Nous avons ensuite couru notre premier semi-marathon à 20 ans (championnats de France espoir à Bois-Guillaume en 2011 : Michaël 1er en 1h07’31 et Damien 3ème en 1h07’58) et notre premier marathon à 24 ans (championnats de France toutes catégories à Rennes en 2015 : Michaël 1er en 2h18’32 et Damien 4ème en 2h23’40). Nous sommes notamment sortis des sentiers battus en 2014 en participant à un ultra trail des plus renommés : le Marathon des Sables. A 22 ans nous étions les deux plus jeunes participant de cette édition. Dans cette course nous avons effectué un marathon par jour pendant 6 jours dans des conditions extrêmes alors que nous n’avions alors jamais couru plus de 21km d’affilée. Cela ne nous a pas empêché de bien y figurer (Michaël termine 8ème et premier français devant deux traileurs français renommés : Jean-Sébastien Braun 9ème et Christophe Le Saux 10ème, Damien termine 28ème sur plus de 1000 participants).

Combien de fois courez-vous par semaine en moyenne ? 

En temps normal, lorsque nous travaillons à l’hôpital, nous courons 8 à 10 fois par semaine. Pour optimiser notre temps d’entrainement, nous allons la plupart du temps au travail en courant. Nous tournons autour de 110-130km par semaine. Sur les prépas marathon nous essayons d’augmenter le volume sur quelques semaines. Lorsque les semaines de travail sont chargées ou lorsqu’il y a des gardes nous rattrapons souvent notre kilométrage le week-end avec parfois 60km de course sur 2 jours.En stage d’entrainement cela est plus facile d’enchainer les entrainements car nos temps de récupération sont allongés. Nous pouvons alors faire une douzaine d’entrainements avec en moyenne 150 kilomètres par semaine.

Comment Intégrez-vous cet entraînement lourd, dans vos plannings tres chargés ? 

Nos journées de travail sont assez conséquentes mais variables en fonction des stages (par semestre) auxquelles il faut rajouter un certain nombre de gardes (jusqu’à 4 par mois). Au cours de nos stages dans nos spécialités respectives nous avons des horaires plutôt appréciables (8h30-18h auxquels il faut ajouter le temps de travail personnel de formation, de mémoire et de thèse) mais cela demande tout de même une certaine organisation pour y intégrer nos 8 à 10 entraînements hebdomadaires. Par exemple, nous faisons notre endurance fondamentale sur nos trajets entre le domicile et l’hôpital (environ 10km matin et soir), des séances de qualité deux fois par semaine le soir et le plus gros kilométrage le week-end ou sur les repos de garde. Sur des stages plus lourds tel qu’un semestre de chirurgie digestive pour Michaël ou un semestre de rhumatologie pour Damien avec un temps de travail de plus de 60h hebdomadaires nous passions nos entraînements dès qu’un temps libre se présentait, sur des horaires très tôt ou très tard le soir. Organisation qui a été payante avec une sélection aux championnats du monde cross pour Michaël (Aarhus 2019) et aux championnats d’Europe pour Damien (Tilburg 2018) pendant ces semestres intensifs. La problématique principale reste la gestion des temps de récupération primordiale pour ne pas se blesser et continuer à progresser ce qui nous a souvent fait défaut. 

Vous avez participé au Marathon des Sables en 2014, sans même pour chacun de vous avoir couru plus qu’un semi à l’époque. Que retenez-vous de cette expérience ? 

C’est à cause, ou grâce, à un groupe de coureurs de notre ancien club de Pessac. Difficile encore aujourd’hui de dire si c’était une bonne idée mais le fait est qu’il s’agissait d’une expérience inoubliable. Notre père et notre entraineur de l’époque en faisaient partie. C’est en voyant leur enthousiasme dans la préparation de cette aventure que nous avons à tout hasard demandé à notre entraineur d’y participer. Il y a été favorable pour nous endurcir dans l’optique d’une future carrière sur marathon.Notre préparation à cette épreuve a été des plus motivantes. Nous avons testé le matériel, fait et défait notre sac à dos de course à de multiples reprises pour tenter de l’alléger au maximum, monté 6 ou 7 fois d’affilée la dune du Pyla en conditions de course, marcher pieds nus sur des cailloux et se farter les pieds au jus de citron tous les jours pour éviter les ampoules, participer à un stage « commando » incluant des courses d’orientation en pleine nuit avec des militaires du 13ème RDP du camp de Saint Jean d’Illac…La course en elle-même a été extraordinaire, avec un engouement médiatique inattendu autour de nous deux, plus jeunes participants de cette édition, aux avant-postes et en famille avec notre père. Même informés il était difficile de s’attendre à ça : plusieurs heures de course avec un sac à dos de 10kg, sous 40 degrés avec une gestion de l’eau minutieuse, en plein désert sur des dunes ou des chemins caillouteux. Les premières étapes ont été extrêmement difficiles le temps que notre corps s’adapte à ce type d’effort. Dans les premières étapes, des crampes nous paralysaient pendant plusieurs heures après avoir franchi la ligne d’arrivée. Les paysages étaient splendides et nous ont aidés à surmonter la difficulté de la course, tout comme notre esprit de compétition qui nous poussait à nous surpasser pour bien figurer dans le classement général.

Vous avez couru votre premier marathon à 24 ans, en 2015, pour les France à Rennes. Pourquoi avoir fait le choix de démarrer si tôt sur la distance ? 

Ce n’est pas si tôt comparativement aux athlètes africains et ce n’est pas une décision qui nous a empêché de progresser sur les courtes distances les années suivantes. Le marathon est une course d’expérience et le corps a besoin de s’y préparer sur plusieurs années, c’était un choix pour y être réellement performants maintenant à l’âge de 28 ans. Ce fut aussi une opportunité pour Michaël d’être champion de France de marathon toutes catégories à Rennes en 2015 en 2h18’ pour son premier marathon.

Vous avez couru trois marathons (Rennes en 2015 donc puis Annecy 2016 et Francfort 2017). Vous visiez les JO 2020. Quels étaient vos objectifs ? 

Oui c’est exact avec une progression de 2 min par an pour Damien et de 1’ pour Michaël mais aucun de ces 3 marathons n’a été une réelle réussite. Notre objectif réaliste à court terme se situe autour des 2h11’. C’était ce que l’on visait au marathon de Valence en décembre 2019 pour la sélection au JO. Cependant une fracture de fatigue survenue 1 mois avant la course a réduit à néant les espoirs de Michaël et Damien, de retour de blessure après avoir enchainé les gardes à l’hôpital, était en méforme.

Quel est votre objectif à court terme sur cette distance ? 

Nous prévoyons un marathon à l’automne 2020 avec le même objectif. Nous avons fait le choix de prendre un semestre de disponibilité (novembre 2019 à mai 2020) afin de nous consacrer totalement à notre préparation athlétique. Cette période passée quasi exclusivement en altitude nous a réellement fait progresser et nous fait croire à la réussite de cet objectif sur marathon.

Les deux frères (ici avec Jimmy Gressier) ont battu récemment un record de l’Américain Jim Walmsley sur l’A1 Loop, un segment Strava qui correspond à un trail de 33,3 km et 350m D+ situé à plus de 2 200 m, à l’ouest de Flagstaff aux Etats-Unis. Bilan de la course : Au final 1h52’41’’ pour Damien, 1h53’56’’ pour Michaël et 1h54’08’’ pour Jimmy.

Vous avez pris l’habitude de participer à des longs stages, au Kenya ou aux Etats-Unis, où vous vous trouvez actuellement. Racontez-nous pourquoi ces stages sont importants pour vous et comment ils s’organisent. 

Ils sont importants pour nous au point que nous les organisons à nos frais, sur nos congés annuels ou sur des congés sans solde. Depuis le mois de novembre nous avons donc pris 6 mois de disponibilité pour partir en stage d’entrainement. Nous avons passé 5 des 6 mois en altitude : 3 mois et demi à Iten au Kenya à 2400m et 1 mois et demi à Flagstaff en Arizona à 2100m.

Ce que l’on recherche lorsque nous partons en stage c’est l’hypoxie liée à l’altitude, la motivation de courir sur des parcours exceptionnels et avec des groupes de coureurs de notre niveau ou supérieur, un planning 100% consacré à la course à pied avec des entraînements biquotidiens.L’atout principal est d’avoir du temps libre pour récupérer entre les séances, d’avoir le temps de faire des étirements et des massages. Tout ce qui est plus compliqué lorsque nous travaillons à l’hôpital.

Leur semaine type d’entraînement au Kenya.

Quels conseils donner à tous ceux qui souhaitent se lancer sur un premier marathon ? 

En tant qu’internes en médecine nous conseillons bien sûr de faire une visite chez le médecin afin d’écarter toute contre-indication et éventuellement faire un test d’effort si vous avez plus de 40 ans et avez pratiqué peu d’activité physique ou que vous ayez eu une longue période d’arrêt. Il faut bien identifier sa motivation (terminer la course, réaliser un chrono, un classement ou seulement se faire plaisir) car la préparation est de longue haleine et va demander des investissements qui devront être compatibles avec vos autres activités. Il y aura aussi de la fatigue générée et le risque de se blesser qu’il faudra minimiser en faisant régulièrement du renforcement musculaire et en adoptant les bonnes stratégies de récupération (stretching, massages, entraînement croisé avec des sports portés etc). C’est difficile mais le résultat en vaut la peine !

Et à ceux qui souhaitent performer, passer un cap symbolique, en moins de 3h30 par exemple ? 

Au préalable, développer sa VMA par des fractionnés plus ou moins longs. Puis effectuer un programme d’entraînement spécifique marathon sur une durée de travail suffisamment longue d’au moins 8 semaines avec entretien de la VMA. Programme qui intégrera progressivement des sorties longues et du travail spécifique à l’allure marathon sur des répétitions de plus en plus longues (jusqu’à 20 kilomètres fractionnés sur une même séance). Le kilométrage hebdomadaire est primordial mais ne doit pas être excessif afin de ne pas occasionner de fatigue qui pourrait s’installer imperceptiblement et être préjudiciable le jour J. Enfin, sur les 2 dernières semaines, savoir alléger son volume d’entrainement mais en gardant suffisamment d’intensité.

Est-ce qu’un athlète vous inspire en particulier ? 

Julien Wanders car il prouve qu’avec de l’ambition, du sérieux et beaucoup de travail, les athlètes européens peuvent lutter contre le gratin mondial des coureurs africains.

Emmanuel Meyssat, tout juste 40 ans cumule déjà plus de 20 ans de trail. Deux décennies que le champion lyonnais dévale les sentiers avec succès, en jonglant entre boulot et vie de famille. Un juste équilibre qui tient de l’harmonie. Rencontre. 


En bref.
40 ans, moniteur d’auto-école, père de deux enfants, habite Larajasse (69) a remporté cinq titres nationaux en trail, course en montagne et kilomètre vertical. Team Hoka et ambassadeur Gorilla TribeSes dernières performances : 1e de l’EcoTrail Paris 2018 en 6h, 6e au dernier championnat du monde de trail 2019 (44 km) en 3h43, 2e sur la SaintéLyon 2019 en 6h02’. 

Comment as-tu débuté ? 

©DR

« J’ai commencé par le cross, en catégorie minimes, en faisant des courses de quartiers sur 4 ou 5 km. Rapidement, je me suis rendu compte que j’avais davantage de qualités sur les parcours accidentés que sur le plat. Cela m’a attiré. En 1998, un championnat de France de course de montagne s’est déroulé à 20 km de chez moi. Deux athlètes de mon club sélectionnés m’ont mis le pied à l’étrier. L’année suivante, en junior 2, mieux préparé, j’ai gagné ma sélection. J’ai fini 4e Français et ils en prenaient 4 ! Cette première victoire fut un point de non retour. Je me suis mis à m’entrainer plus pour être performant dans cette discipline. En parallèle, j’ai découvert le trail qui naissait alors. Depuis, cette discipline cousine de la course en montagne n’a cessé de se développer. »

Quel regard portes-tu sur ta « carrière » et le chemin parcouru… 

 « Cela n’est pas vraiment une carrière car j’ai toujours bossé à côté à temps complet comme moniteur d’auto-école. J’ai toujours mis le sport en avant, mais jamais de manière professionnelle. C’est disons pour moi un « loisir ++ ». Bien sûr, je suis fier d’en d’être arrivé là. En minimisant l’entraînement par rapport à certains membres de l’équipe de France, j’arrive quand même à faire des résultats intéressants, tout en gardant un juste équilibre entre vie professionnelle, familiale et entraînement. »

La passion est intacte depuis tout ce temps ? 

« Oui, je me fais toujours plaisir et j’arrive à progresser. Adapter mon alimentation pour privilégier la filière lipidique à la filière glucidique m’a par exemple permis d’être plus économe et d’aller sur des efforts plus longs depuis 4 ans. J’ai réussi à passer des caps. On apprend encore après vingt ans de pratique ! Et développer ses qualités, cela donne envie de continuer ! »

©Peignée Verticale

Quels grands souvenirs dans le rétroviseur ? 

« Mon souvenir le plus marquant, c’est ma première sélection en équipe de France de course de montagne en 1999 en junior. Y’en a eu 20 autres derrière mais cette première à 19 ans, le maillot bleu-blanc-rouge sur le dos, c’était comme un rêve. Ma victoire sur le SaintéLyon en 2016 fut un cap aussi. Et bien sûr, il y a eu les championnats du monde de trail l’an dernier au Portugal. C’était ma première sélection sur un format type marathon qui me correspondait. J’ai fait une belle performance individuelle et nous avons gagné le titre par équipe. »

Ton terrain de jeu, ce sont les Monts du Lyonnais. La SaintéLyon, c’est ta course phare ? 

« C’est en tout cas la course où je me suis le plus acharné. J’y ai participé une bonne dizaine de fois dont 5 ou 6 en solo. L’épreuve me tient à cœur car j’habite dans la région depuis toujours. Je l’ai tenté en 2010 sans la terminer. J’ai longtemps buté dessus car je n’étais pas prêt. Ma première victoire en 2016 a été un aboutissement. »

En temps normal, une semaine type d’entraînement cela donne quoi ?  

« D’habitude, entre 8 et 12 h par semaine en six entraînements. Pendant le confinement, j’ai tourné à 5 ou 6 h, en alternant footing et home trainer. Ma femme travaillait, je gardais mes deux filles, m’entraîner davantage, c’était compliqué. »

Comment vis-tu le fait de ne pas avoir d’objectif en vue ? 

« Je ne vais pas le cacher, j’aime les dossards. Je fais d’habitude une vingtaine de compétitions par an, c’est une source de motivation pour moi. J’aime bien mesurer le bénéfice de l’entraînement sur des compétitions. J’avais prévu les 80km de l’EcoTrail, reporté début octobre, puis la 6000D annulée ainsi que deux courses du TTN court. J’envisageais une sélection en équipe de France mais je ne sais pas si les championnats du monde auront lieu en novembre. Pour l’instant tout est en pointillé… »

©DR

Entre le trail « court » et le « long », une préférence ? 

« J’aime tout, du cross de 15 minutes au trail de 80 km.  Les longues distances, je préfère les courir que les préparer. Les sorties de plus 3h, cela ne me botte pas trop, en revanche, j’adore la stratégie du jour J. La gestion de l’allure, la gestion des ravitaillements, le fait de bien connaître son corps. A la base, je suis plutôt un coureur de court. Je suis longtemps resté sur des courses de 2 ou 3h. Au-delà, cela ne passait pas car mon organisme était habitué aux efforts courts, utilisant la filière glucidique. J’ai adapté mon alimentation pour développer la filière lipidique, cela m’a aidé pour allonger la durée des efforts à 5 ou 6 heures. »

Et l’ultra au-delà de 80 km ? 

« C’est moins ma tasse de thé. J’aime bien quand ça court, assez vite encore. Je suis issu de la culture athlé. Je me cantonne à 70-80 km, c’est un peu ma limite. Je ne dis pas que je ne serai pas capable de faire plus, mais je n’ai pas forcément envie de le préparer. A l’entraînement, un gros ultra type UTMB, c’est chronophage, énergivore, potentiellement source de blessures sur le plan articulaire et tendineux. Quitte à passer 25h ou plus en montagne, je préfèrerai le faire mode rando-bivouac. »

Côté « matos », quels sont tes derniers coups de cœur ?


« D’une manière générale, je privilégie les marques françaises. Hoka, qui m’équipe depuis 4 ans, appartient désormais à un groupe international mais garde un bureau d’innovation à Annecy. Plus récemment, j’ai découvert les lacets en silicone Gorilla, une nouvelle marque implantée à 15 km de chez moi. J’ai le pied fin et je serrais trop fort mes lacets. Du coup, je ressentais des fourmillements, une perte de sensibilité aux orteils. Je n’ai plus ce souci avec ces nouveaux lacets qui s’adaptent aux pieds sans points de pression. C’est ce qu’il me fallait ! » 

Désormais 80 000 utilisateurs pour l’application de coaching RunMotion Coach. La start-up s’appuie sur l’expertise de ses fondateurs, Romain et Guillaume Adam, frères jumeaux de 30 ans et athlètes de haut niveau. Rencontre. 

Vous courez depuis combien de temps ?

Nous courons depuis plus de 20 ans, en ayant commencé par les cross scolaires et des courses locales en Haute-Savoie. Nous avons fait beaucoup de piste, en progressant régulièrement. Nous adorions les sensations de vitesse sur 800m, 1000m ou 1500m. Petit à petit, nous avons franchi les étapes grâce à un entrainement progressif. Guillaume a accumulé 25 médailles en Championnats de France, notamment le titre Elite sur 3000m en salle, et porté le maillot de l’Equipe de France aux Jeux de la Francophonie en 2013.


Quels sont vos records en course à pied ? 

Guillaume a couru le 800m en 1’49, le 1500m en 3’38, le 10km en 29’31 et le marathon en 2h26. Romain a couru le 800m en 1’51, le 10km en 31’32 et le marathon en 2h38. Après avoir fait beaucoup de piste, nous sommes de plus en plus sur le long : marathon et trail.

©AntoineDecottigniesPourStadionActu

Nous pouvons donc par exemple grâce au résultat d’un coureur sur 10km et semi-marathon, estimer son chrono sur marathon de manière précise. C’est utile pour voir quel chrono il peut viser mais aussi pour déterminer des allures très précises d’entrainement.

Quel est votre plus beau souvenir de coureur ? 

Pour tous les deux, notre premier marathon, celui de Lausanne en 2018. On passe par tellement de moments et d’émotions sur marathon ! Guillaume a couru 30km dans le groupe de tête de 5 coureurs et accéléré un peu tôt. Les 10 derniers kilomètres ont été très durs, il a ressenti les effets du mur du marathon ! Guillaume termine 4e en 2h28. Romain le rejoint en franchissant la ligne en 2h38. On fait toujours le maximum pour être prêt à l’entrainement, mais il y a toujours un part d’incertitude sur marathon qui rend cette distance mythique. Nous avons aussi beaucoup aimé le marathon de New York en 2019, où Guillaume a terminé 1er français et 45ème au général.

Quels objectifs visez-vous à moyen terme ?

Guillaume aimerait courir un jour en moins de 2h20 au marathon. Cela passera par un volume hebdomadaire plus élevé et le choix d’un parcours plat. Nos premiers marathons ont plus été plus une découverte de la distance qu’une recherche absolue de performance. Romain aimerait approcher les 2h30 et courir des distances longues en trail, notamment l’UTMB, sur un parcours que nous avons déjà goûté en mode randonnée.

Guillaume a co-écrit un projet de recherche analysant la performance en course à pied soutenu par le MIT (Boston) et le CNRS. Quels en sont les enseignements principaux ?

Dans l’étude scientifique, nous avons analysé différents paramètres de la performance grâce à l’analyse de milliers de résultats de coureurs dans le monde. L’enseignement est qu’à partir des résultats de courses, on peut déterminer la VMA et l’endurance d’un coureur. Si la VMA peut être calculée par un test VMA, l’endurance ne peut être calculée que par les résultats de courses.
Nous pouvons donc par exemple grâce au résultat d’un coureur sur 10km et semi-marathon, estimer son chrono sur marathon de manière précise. C’est utile pour voir quel chrono il peut viser mais aussi pour déterminer des allures très précises d’entrainement.

Comment en êtes-vous venus à développer l’application RunMotion Coach ? 

Nous avions de plus en plus d’amis et de collègues qui nous demandaient des conseils pour progresser et prendre du plaisir, sur route et trail. Ils avaient besoin de quelques séances clés et de motivation. Nous avons pensé que nous pourrions créer un service utile au plus grand nombre de coureurs possibles. RunMotion Coach c’est donc un plan d’entrainement sur-mesure et un coach virtuel avec qui on interagit pour des conseils et de la motivation.

Via Run Motion Coach, le débutant comme le sportif confirmé peut trouver de conseils et plans d’entraînement adaptés à son niveau. Comment ce coaching « sur-mesure » est-il possible ?

Guillaume, grâce à son expertise informatique et de coaching a développé des algorithmes permettant d’adapter les plans d’entrainements au regard de l’expérience du coureur, de ses objectifs et de son emploi du temps qui peut varier chaque semaine.Le plan d’entrainement est constitué de séances pour améliorer sa vitesse, son endurance, ses allures spécifiques, avec un rétroplanning lui permettant d’être prêt le jour J tant sur la distance que sur l’allure.

Quels sont les avantages de cette application en terme de coaching par rapport aux autres ? 

Beaucoup d’applications font du tracking d’activité, pour mesurer un parcours réalisé. Par contre, elles ne nous indiquent pas quels entrainements faire pour être prêt pour mon premier marathon ou améliorer mon chrono sur 10km. Notre expérience est justement ce coaching. Lors du dernier marathon de Paris, les coureurs préparaient des chronos entre 5h15 et 2h29. On peut très bien utiliser RunMotion Coach pour progresser et un jour rejoindre un club si l’on a envie d’aller chercher le dernier pour cent de progression.

On peut sur l’application choisir la personnalité de son coach, positif, autoritaire ou philosophe. Dans les faits, la majorité des utilisateurs utilisent lequel ? 

Pour nous, la psychologie du coureur c’est très important. C’est pourquoi le coureur peut choisir le tempérament de son coach virtuel. Certains changent en cours d’année. Environ la moitié utilise le coach positif (Joy), un tiers le coach autoritaire (Philippe) et 20% le coach philosophe (Socrate).


80 000 coureurs utilisent votre application. Vous attendiez-vous à un tel succès ?

Un peu comme en running, nous prenons les étapes une à une, en construisant des bases solides. En démarrant, nous n’avions aucune idée du nombre de personnes qui utiliseraient l’application. Désormais, nous sommes orientés vers l’objectif d’être le premier coach digital en running à l’horizon de 2024 et des JO de Paris. Cela passe par un développement imminent en Grande Bretagne (appli déjà traduite en anglais) et Espagne.

Envisagez-vous de prochaines évolutions sur l’application ?

L’application est désormais synchronisée avec Strava et les montres GPS Garmin, Suunto et Polar pour analyser les sorties du coureur. Nous allons permettre aux coureurs de charger leur séance sur leur montre pour leur faire gagner du temps. Nous allons aussi proposer aux coureurs d’inscrire leurs entrainements de la semaine automatiquement dans leur emploi du temps.


Quels conseils donner aux coureurs qui manquent d’objectifs ces temps-ci, sans dossard en vue avant la rentrée ?

Nous leur conseillons de se fixer des objectifs qui leur donne envie et ont du sens pour eux. Si je veux travailler ma vitesse, je peux planifier un 5km ou un 10km OFF dans 8 semaines. Je peux tenter de courir 1h15 si je n’ai jamais couru plus de 1h. Ou courir mon propre trail près de chez moi et me préparer pour. En tout cas, on reprend progressivement et on construit les bases d’une réussite future à l’automne ou en 2021. En arrivant hyper motivé, et avec un entrainement varié d’ici là, nombreux seront ceux qui battront leur record personnel !

En cette période troublée, nous apportons notre soutien aux organisateurs de courses et donnons la parole à trois d’entre eux pour expliquer ce que report et annulation impliquent en coulisses. 

Nos interlocuteurs 

Romain Piau, directeur de course de l’EcoTrail Paris. // Jean-Charles Perrin, fondateur de Run For You, assure l’organisation de l’EcoTrail Paris, du Semi-marathon de Boulogne, de la Corrida de Noël d’Issy-les-Moulineaux, de la Foulée Meudonnaise, du Trail des Hobbits, la Vanvéenne, la Course-Eiffage du Viaduc de Millau //  Sylvain Aupetit, responsable des évènements Grand Paris Sud, organisateur du Marathon de Sénart.

L’annulation, vous l’aviez déjà vécue sur le semi de Boulogne-Billancourt en 2015, un tout autre contexte… 

Jean-Charles Perrin : « Oui et je peux dire qu’annuler une course, c’est le pire scénario. Pour le coureur qui s’est préparé, comme pour l’organisateur qui a bossé pendant une année sans aucune satisfaction à l’arrivée. Son bonheur, c’est d’organiser, de voir les gens se dépasser. A Boulogne en novembre 2015, le contexte était très particulier. Les attentats de Paris s’étaient produits alors que nous avions ouvert le village de retrait des dossards pour la course qui devait avoir lieu le dimanche. Nous avons gelé toutes les dépenses possibles en dernière minute, comme le chronométrage par exemple. Au final, plutôt que de rembourser à peine 5 € à chaque inscrit, nous avons préféré proposer l’équivalent de 10 € de remise, soit 30% sur le dossard de l’année suivante avec une priorité d’inscription pour l’édition de 2016. Cette mesure avait été bien perçue mais dans le cas particulier de Boulogne, nous n’avions pas eu d’autre choix que d’annuler. Aujourd’hui, face au coronavirus, le contexte est différent. Le report est une alternative, la meilleure option pour le coureur. »

Suite aux annulations et reports récents, certains coureurs réclament le remboursement de leur dossard. Mission impossible pour les « grosses courses » ?  

Jean-Charles Perrin : « A une semaine de la tenue d’une course, quelle que soit son ampleur et la structure qui la gère, associative ou professionnelle, entre 80 et 90 % du budget est dépensé. Cela concerne tous les coûts de production, l’achat de matériel, des denrées alimentaires, la rémunération de différents prestataires et fournisseurs. A cela s’ajoute, pour les évènements de plus grande ampleur gérés par des structures professionnalisées comme Run For You ou ASO par exemple, un coût humain. Notre modèle repose sur des hommes, des salariés qui travaillent pour les événements. L’EcoTrail par exemple, c’est une quinzaine de personnes qui travaillent toute l’année, ainsi que des prestataires extérieurs (société de production d’images, une agence de communication, etc.). Ces coûts nous les supportons sur une année complète si bien que lorsque le coureur prend son dossard, des sommes sont déjà engagées. »

Le report d’une course, en l’occurence l’EcoTrail, qu’est-ce-que cela implique côté organisation ? 

©Rémi Photo. L’organisation de l’EcoTrail, reporté au 3 octobre, a annoncé la mise en place d’une plateforme de revente de dossards.


Romain Piau : « Nous repartons de zéro. L’équipe de l’EcoTrail va devoir refaire le job, recréer l’événement en sept mois seulement, tout en gérant les évènements déjà planifiés en automne chez Run For You. Il va par exemple falloir vérifier tous les certificats médicaux pour s’assurer de leur validité le 3 octobre et dans le cas contraire, recontacter un à un les coureurs. Nous allons aussi remonter tous les dossiers techniques, afin de les présenter à nouveau à nos interlocuteurs pour obtenir les autorisations nécessaires. Sur l’EcoTrail Paris, qui concerne plusieurs départements, territoires et communes, nous avons une cinquantaine d’interlocuteurs clés et plus de 300 concernés. La Tour Eiffel, les ports de Paris, l’ONF, la préfecture, les communes traversées, le château de Versailles, le Domaine de Saint-Cloud, l’Observatoire de Meudon… sans oublier tout le travail avec faire avec nos partenaires avec qui il va falloir aussi reconstruire le schéma de leur partenariat. C’est du boulot. Cela revient presque à organiser un deuxième événement pour le prix d’un. Heureusement, la bienveillance de nos coureurs, de nos partenaires nous donne de l’énergie pour tout recommencer. »

Quels sont les impacts financiers ? 

Romain Piau : « Pour l’EcoTrail Paris, on estime un surcoût de l’ordre de 20 000 à 40 000 euros, c’est-à-dire entre 5 et 10% de notre budget. Ce surcoût, le coureur ne le verra pas et ne le payera pas. Nous allons bien sûr pouvoir réutiliser médailles, dossards, t-shirts, mais nous allons aussi avoir de nouvelles dépenses, ne serait-ce que pour stocker tout ce matériel jusqu’au 3 octobre. Nous avions par exemple déjà payé les hôtels pour les coureurs élites invités, mais aussi l’équipe vidéo et le PC course, qui commençaient à s’installer pour la Verticale de la Tour Eiffel qui devait avoir lieu 4 jours plus tard. Nous payerons à nouveau ces prestataires en octobre. »

© Grand Paris Sud. Le Marathon de Sénart, prévu le 1er mai, a été annulé dès le 10 mars. Un choix de l’organisation, la communauté d’agglomération Grand Paris Sud, qui explique qu’elle sera en mesure de rembourser totalement les inscrits.

Le marathon de Sénart, prévu le 1er mai et annulé sera en capacité de rembourser intégralement ses inscrits. Comment est-ce possible ? 

 Sylvain Aupetit « Le 10 mars, dans le contexte sanitaire que tout le monde connait, la communauté d’agglomération Grand Paris Sud, a pris la décision, en responsabilités, d’aller au-delà des directives gouvernementales et d’annuler l’édition 2020 du marathon de Sénart. Suite à cette décision, un remboursement total des droits d’inscriptions perçus de la part des inscrits  va être réalisé. Cette option financière est possible, d’une part du fait de l’anticipation de l’annulation qui a permis de ne pas engager de nombreuses dépenses liées à des achats et des prestations d’une part, et d’autre part, par le soutien financier de l’agglomération qui supporte la manifestation  sans toutefois dépasser le budget initial prévu de la manifestation. Annuler la manifestation plus tard aurait nécessairement eu des conséquences financières toutes autres pour l’organisation. Nous ne saurions, en revanche, présumer des organisations et modes de fonctionnement d’autres structures et de leurs capacités ou non à proposer des remboursements suites à des reports ou annulations de courses. »

Sans forcément le connaître, vous avez sans doute déjà entendu Steve Kondo au micro. Il met l’ambiance, (r)échauffe les corps, encourage sans relâche du départ à l’arrivée. Rencontre avec cet « ambianceur » des pelotons de Paris et d’ailleurs. 

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Par Sandrine Nail-Billaud.

CV « Flash ».  20 ans d’animation et d’évènementiel sportif, bénévole actif depuis plus de 10 ans pour « Lisafor ever », musculation quotidienne pour arriver à suivre ces gens qui courent partout

Steve est tombé dans le micro quand il était tout gamin. Animer la fin de sa colonie de vacances à 8 ans avec un micro devant ses camarades a été pour lui une véritable révélation quand il a vu le pouvoir que donnait à sa voix ce micro, le pouvoir de faire rire et applaudir ses copains.

©DR

Au grand dam de sa maman qui lui a toujours dit que manier un micro sur une scène ne l’emmènerai nulle part, Steve y croit en voyant des Michel Drucker, Jean pierre Foucault soulever des tonnes d’applaudissements quand ils ont fini de parler dans leur micro. C’est alors l’époque des radios libres, Steve crée la sienne et sur sa propre radio, il passe de la musique mais il adore aussi y parler en direct et faire le show  …. 

Meilleur DJ du 95 

Or, son matériel de fortune étant régulièrement en panne il doit se rendre chez un dépanneur qui passe dans sa boutique des extraits sonores de musique mais aussi des voix donnant des consignes :  lever les bras, taper dans vos mains puis des applaudissements, des rires tout cela éveillant alors chez Steve une vocation encore plus forte, plus marquée dans ce domaine de l’animation. Finissant par nouer des liens de sympathie avec ce réparateur, celui-ci lui propose de venir voir à quoi correspondent les bandes sonores qu’il entend puisque il est DJ dans une boite de nuit de la région. C’est de nouveau une révélation pour Steve qui va alors enchainer les petits boulots de DJ, d’animations de soirées, de mariages, de départs à la retraite tout y passe jusqu’à gagner le concours de meilleur DJ du Val d’Oise. Il a 17 ans, il va lors définitivement laisser les études de côté (en rassurant sa maman) et devient le DJ le plus couru et le plus demandé de très grosses boites de nuits parisiennes jusqu’à ce qu’un homme l’ayant vu à l’œuvre lui parle d’un évènement prêt à débarquer en France et venu des Etats Unis : la Color Run ! 

Sur les 20 km de Paris. ©Didier Lefebvre

Baptême du feu au Troca’

Nous sommes alors à l’époque des courses à pied un peu différentes : course colorées, courses à obstacles, début des courses féminines et sans aucune préparation, Steve va monter pour la première fois sur la scène au Trocadéro devant plus de 13 00 personnes : un véritable baptême du feu pour ambiancer cette première Color Run française. A partir de ce moment-là, Steve devient l’ambianceur de très nombreux évènements sportifs dont beaucoup sont liés à a course à pied ! Un comble pour lui qui ne court pas du tout, mais qui reste très admiratif des performances réalisées par chacun ! Aussi quand l’organisation du Marathon de Paris le contacte, il y a 5 ans, pour se positionner à un point stratégique du marathon : le 30ème kilomètre, c’est que Steve, comme l’avait prédit l’organisation, est la seule et unique personne capable de rebooster ces coureurs. Là où les jambes désobeissent à la tête, Steve est là, avec au niveau de ce mur du  30ème , un mot gentil pour chacun, quelques pas de course échangés avec un autre (parce que même si il ne court pas, il sait courir !) et depuis 5 ans il est là pour vous tous, pensez-y quand le mur se rapprochera dangereusement cette année sur le Marathon de Paris…

Depuis 5 ans, Steve est présent également avec son énergie communicative pour les  coureurs des 20 km de Paris mettant le feu dans les sas d’attente, au semi-marathon de Boulogne, à l’Ecotrail Paris mais aussi sur de nombreuses courses féminines dont la très célèbre «  la Parisienne », la course des princesses à Versailles ou même le triathlon des roses à Paris et Toulouse. 

Mais depuis 5 ans il est aussi le grand frère de toutes celles qui participent au Raid des Alizées et qui voit leur réveil (souvent très matinal) boosté par l’énergie débordante de Steve !

Check sur l’EcoTrail Paris.

Fournisseur officiel d’énergie

« Un ambianceur doit pouvoir donner de l’énergie à tous, faire naitre un sourire quand vous êtes dans le sas d’attente avec des milliers de personnes, vous encourager quand vous êtes dans le dur vous féliciter, vous écouter aussi, alors vous comprenez que au final après des sessions d’animations j’ai fait moi aussi mon propre marathon !  Je ne fais pas de course à pied mais j’ai eu trottiné comme Bambi dans la prairie à une époque et donc savoir ce qu’un coureur peut ressentir c’est important pour pouvoir l’aider et l’accompagner».

Alors que l’on aime rester dans sa bulle avant le départ d’une course importante ou au contraire extérioriser son appréhension en participant aux sessions d’entrainements collectifs menées par les ambianceurs et professeurs de fitness, il est bien évident que les succès des épreuves de course à pied passent aussi par l’ambiance présente lors de la course. Et ça, les organisateurs d’évènements de course à pied l’ont bien compris en faisant appel à Steve Kondo !

Depuis la rentrée, Julien Devanne enchaîne les victoires. Mieux. A un mois d’intervalle, ce consultant informatique licencié du FreeRun/A3Tours cumule les titres de champion de France sur semi-marathon et sur marathon. Une consécration !

Un doublé inédit. Julien Devanne vit une saison au sommet. Le 13 septembre à Auray-Vannes, il était sacré champion de France sur semi-marathon en 1h06’40’’. Le 25 septembre, il a remporté à l’arrachée Paris-Versailles en 52’. Le 6 octobre, il a gagné le semi de Run in Lyon en 1h08’21’’ avant de devenir, le 13 octobre, champion de France sur marathon à Metz en 2h25’27’’. Ce doublé semi et marathon, à un mois d’intervalle est assez inédit. On se souvient qu’Aline Camboulives l’avait réussi en 2015. Côté masculin, la référence est un certain Dominique Chauvelier. En 1990, l’athlète avait cumulé deux titres sur marathon et 25 km. Pour la petite histoire, les « France » de semi-marathon (21.1 km) n’existeront qu’en 1992. Julien Devanne avait alors trois ans. Il démarrera l’athlétisme quelques années plus tard en catégorie « poussin ». 

©PhotoRunning-FFA.

Après plusieurs places sur les « France » de semi-marathon ces dernières années, vous avez décroché votre premier titre national sur cette distance à Auray-Vannes, le 13 septembre. Racontez-nous… 

«  J’ai commencé l’athlétisme à Angers, où j’ai grandi, à l’âge de 8 ans. Je rêve depuis longtemps d’un titre de champion de France sur n’importe quelle distance. Il se trouve que c’est sur semi-marathon que je m’exprime le mieux. En coupant le fil de la ligne d’arrivée à Vannes, c’était un peu le feu d’artifice, la consécration. On passe une heure à courir à fond, il y a le stress de battre les adversaires, l’adrénaline de la ligne d’arrivée, le fait de repenser à tous les entraînements difficiles, tout cela se bouscule en quelques secondes… »

En bref. 30 ans, consultant informatique, habite à Lyon, licencié au club FreeRun/A3 Tours. Son palmarès avant 2019 : 10e des championnats de France de semi-marathon 2018 à Saint-Omer en 1h06’07’’, 3edes championnats de France de semi-marathon 2017 en 1h04’07’’ (2017), 2e des championnats de France de semi-marathon 2016 à Marcq-en-Baroeul en 1h05’47’’. Ses meilleurs chronos : 1h04’07’’ sur semi, 2h17’21’’ pour son premier marathon à Paris (2019). 

©E-Lemaistre. Victoire en 52 minutes sur le dernier Paris-Versailles.

Après ce titre à Vannes, vous avez gagné les week-ends suivants Paris-Versailles et le semi de Run in Lyon… 

« Oui, j’ai bien enchaîné. A vrai dire, Paris-Versailles n’était pas prévu. Suite à mon titre à Vannes, l’organisation m’a invitée à cinq jours de l’épreuve. J’étais en forme, je me suis dis que c’était peut-être le moment de gagner cette grande classique. Je n’avais pas repéré le parcours, ce que je ne fais jamais d’ailleurs. Je savais juste qu’il y avait deux bonnes bosses que j’ai bien gérées. Ensuite, le semi de Lyon était prévu. J’habite à Lyon depuis deux ans, et ce ‘Run in’ est un peu un championnat du monde local. Je portais les couleurs de mon entreprise, comme beaucoup de coureurs sur l’événement d’ailleurs. »

Sur votre lancée, vous avez décroché le titre de champion de France sur marathon à Metz le week-end suivant… 

« Oui, ce titre sur marathon c’était mon objectif de l’année. Le championnat de France de semi n’était qu’une étape. Mon chrono à Metz n’est pas fou (2h25’37’’, NDLR) mais je visais le titre avant tout. Sur les championnats, on court moins vite que sur les gros marathons car ce n’est pas la même stratégie. On court sans lièvre, en se jaugeant mutuellement, le but étant d’être le premier à l’arrivée. J’étais annoncé comme favori, ce qui m’a mis une pression supplémentaire au départ mais j’ai bien réussi à tirer mon épingle du jeu. Pourtant, cela n’a pas été simple. Courir un marathon, que l’on soit élite ou amateur, est toujours difficile. Décrocher le titre sur cette distance, après celui sur semi, c’était un très grand moment que j’ai vécu avec ma famille, et mon club FreeRun/A3Tours. Je pourrais dire que c’est l’apothéose de ma carrière sportive, mais j’espère vivre d’autres moments aussi intenses ! »


Quelle est la prochaine étape pour vous ?

« Porter le maillot de l’équipe de France ! Je représenterai la France sur Marseille-Cassis le 27 octobre, dans le cadre d’un challenge méditerranéen de courses sur route. En 2020, il y aura deux échéances avec les championnats du monde de semi-marathon en mars en Pologne, puis les championnats d’Europe de semi-marathon, en août à Paris. J’espère y participer. »

Avez-vous d’autres objectifs pour 2020 ? 

« J’aimerai bien recourir un marathon rapide, en 2h15’. A moyen terme, je vise 2h13’ sur la distance. Je retournerai peut-être à Paris, où j’ai couru mon premier marathon en avril dernier (en 2h17’21’’, NDRL) mais rien n’est décidé. » 

©Photorunning-FFA

Une semaine d’entraînement type pour vous, cela ressemble à quoi ? 

« En préparation marathon ou semi, je cours en moyenne 150 km par semaine. Cela peut varier de 100 à 180 km par semaine, de 6 à 14 entraînements. Je cours seul, coaché à distance par mon entraîneur Jean Theurel. Chaque semaine, je garde toujours la même structure, en trois séances « phares ». Le mardi, je fais du fractionné court, par exemple des 15 x 200 ou 300 mètres. Le mercredi, je fais du fractionné long,  avec des séries de 15 répétitions de 500 mètres à 800 mètres. Le dimanche, je fais des sorties longues de deux heures. Soit à allure constante, à 16km/h. Soit en variant l’allure avec 1h à 14 km/h, puis 1h avec des variations d’allures entre 16 et 20 km/h. En dehors de cela, je fais des footings à 13 km/heure. »

Entre votre travail de consultant informatique et vos entraînements, comment vous organisez-vous ? 

« C’est le plus gros souci car il faut trouver un bon équilibre entre vie professionnelle et entraînement. Je jongle entre trois créneaux, le matin de 6h30 à 7h30, sur la pause déjeuner du midi ou bien le soir après 19h. Je m’adapte en fonction de mon emploi du temps professionnel. C’est un équilibre précaire car tout peu vite se dérégler en fonction d’impératifs ou de baisse de forme… »


Soignez-vous particulièrement votre récupération ?

« Je ne fais rien de particulier côté récupération. Je n’ai même pas le temps d’aller voir un kiné ! On me dit souvent de moins m’entraîner. En même temps, ma dernière blessure date d’une quinzaine d’années. Plus jeune, je m’hydratais mal, je courais même lorsque j’étais malade, ou je m’entraînais trop dur en étant parfois proche de la blessure. Maintenant, je me connais bien, je sais ne pas me mettre dans le rouge. » 

©Marathon de Metz-Mirabelle. Fier d’être champion de France de marathon !

Quel conseil donner à ceux qui débutent en course à pied ?   


« Je pense qu’il faut courir à la sensation, sans trop se poser de questions sur son cardio ou ses allures. Je vois parfois des débutants qui prennent des nutritionnistes ou qui se focalisent sur l’équipement. Tout cela représente des gains marginaux, et ne remplace pas le plus important : courir, s’entraîner, toujours en gardant la notion de plaisir. » 

Quelle clé pour progresser ? 


« En premier lieu, je dirai qu’il faut s’entraîner à courir vite. La compétition, c’est toujours le reflet de ce que l’on fait à l’entraînement. Et la course, c’est des mathématiques. Si l’on est capable de courir 10 x 1000 mètres à telle allure à l’entraînement, alors on sait qu’on peut faire un 10 km à la même allure en compétition. »

Nous avons demandé à Véronique Billat, physiologiste de renommée mondiale, son avis sur le marathon en 1h59’40’’ d’Eliud Kipchoge. Son analyse, publiée prochainement dans Journal of Sports performance and physiology est déroutante. 


Qui est Véronique Billat ?
Cette physiologiste française, professeure des universités, détentrice d’un brevet d’état 3e degré d’athlétisme, a notamment fondé la méthode d’entraînement BillaTraining et publié le livre Révolution marathon (Editions DeBoeck).

Quelle est votre analyse du chrono en 1h59’ d’Eliud Kipchoge ?

©DR

« Nous avons comparé les performances d’Eliud Kipchoge sur ses trois derniers marathons, tous à six mois d’intervalle. Berlin en septembre 2018, course de son record du monde en 2h01’39’’,  Londres en avril 2019 en 2h02’37’’ puis Vienne, le 12 octobre dernier, où il a couru en 1h59’40’’. Ce qui est intéressant, c’est l’analyse comparative entre la course officielle (Berlin) et la course articifielle (Vienne). Il faut d’abord savoir que ce qui caractérise Kipchoge, c’est qu’il a une formidable réserve de puissance liée à sa carrière en demi-fond. Il a imprimé depuis longtemps à l’entraînement des allures de 23-24 km/h et a une tendance naturelle à varier les allures sur marathon, en courant le second semi plus rapidement que le premier. »

“Le marathon en 1h55 est en vue.”

Véronique Billat.

Au-dèla des deux minutes d’écart entre ses chronos de Berlin l’an dernier et de Vienne, le 12 octobre, quelles différences avez-vous pointées ?

©DR. Eliud Kipchoge à Vienne le 12 octobre, sur le marathon organisé pour lui par la multinationale Ineos.

« A Vienne, il n’a pas pu exprimer tout son potentiel car le tempo lui était dicté par la voiture ouvreuse, et par les 41 lièvres qui se sont relayés autour de lui. Dès le départ, le motif était imprimé avec une allure constante oscillant entre 2’48’’ et 2’52’’. Cela l’a privé de son talent, de sa réserve de puissance. A Berlin justement, c’est lorsque ses lièvres ont craqué, au 25ekm qu’il a pu faire sa course. Il avait alors couru 2/3 du marathon sous sa vitesse moyenne, qui était de 20,8km/h, puis 1/3 au-dessus. A Berlin, il était à 94% de sa vitesse critique, c’est-à-dire la plus haute vitesse que l’on est capable de tenir sans atteindre sa VO2max. A Vienne, il a couru à 98% de sa vitesse critique, c’est-à-dire qu’il a davantage puisé dans ses réserves. » 

Selon vous, Eliud a donc réalisé une meilleure performance à Berlin l’an dernier même s’il a couru plus vite à Vienne ?

« Oui tout à fait. Dans le mot performance, il y a le chrono final certes, mais aussi le chemin parcouru pour l’accomplir. Si tout n’avait pas été si codifié et planifié à l’avance, on aurait peut-être pu voir les chiffres « 1h58 » ou « 1h57 » s’afficher à Vienne. En tout cas, le marathon en « 1h55 » nous paraît bien visible ! »

©Michael Gruber-VCM.

Comment expliquez-vous sa « fraîcheur » à l’arrivée à Vienne ? 

« Il n’a pas tout donné car il n’a pas pu gérer sa course lui même. »

L’absence de contrôle anti-dopage à Vienne fait débat. Votre avis sur ce point ? 

« Sa carrière et sa longévité parle pour lui ainsi que la constance de ses performances. A Berlin, rappelons-le, il y avait eu des contrôles. »

Et ses chaussures « magiques », dernier prototype de Nike, qui font « courir plus vite ». Anecdotique ? 

« Oui. »

Le célèbre chef cuisinier Thierry Marx est aussi marathonien. Il sera au départ des 20 km de Paris, qu’il parraine cette année. L’occasion d’en savoir un peu plus sur la place du sport dans sa vie.

Etre le parrain des 20 km de Paris, qu’est-ce que cela veut dire pour vous ? 

Thierry Marx : «  Je savoure le fait d’être le parrain de ces 20 km de Paris avec beaucoup de bonheur. Ça représente le sport, ça représente le lien social, ça représente un lien avec mon métier. La cuisine c’est “plaisir-bien-être et santé”. Le sport, c’est aussi “plaisir-bien-être et santé”. »

Quelle est la place du sport dans votre vie ? 

« Le sport est indissociable de ma vie. Le mouvement est indissociable de ma vie. Le sport, c’est mon premier plaisir du matin, au même titre que mon café. J’ai couru 17 marathons, 3 semis, et des trails aussi. Il m’est arrivé dans la vie de me laisser aller physiquement. Immédiatement, c’est le sport qui a reposé le cadre, qui m’a redonné une dynamique créative et une énergie pour être chef bien sûr, mais aussi chef d’entreprise. Le sport c’est magique. »

Avec Benoit Campargue, de l’association Pass’sport pour l’emploi.

Les 20 km de Paris soutiendront Pass’Sport pour l’emploi, association pour la réinsertion pour le sport que vous avez co-fondée. Expliquez-nous votre implication pour cette association…  

« Quand la vie frappe fort, on peut perdre confiance en soi. Le sport permet assez rapidement de se rééquilibrer, de se re-calibrer, corps et esprit. Et ça, on le démontre avec Pass’Sport pour l’emploi. C’est 100% de retour à l’emploi pour des jeunes qui a un moment donné se croyaient assignés à un quartier, à un échec scolaire, à une difficulté de vie passagère. Le sport est un cadre éducationnel qui leur permet de dire « je lâche la main du passé ». Rigueur, engagement, régularité. C’est le modèle du sportif qui nous permet de les aider. En course à pied, il faut regarder devant soi. Ce n’est pas le chemin parcouru qui compte, c’est le chemin qui reste à faire. Le sport est là pour nous aider, il ne faut jamais l’oublier. D’ailleurs quand je vois le travail et le succès des handisports, je dis chapeau bas. Il n’y a pas de raison de se plaindre. On avance. Même quand c’est dur et quand la douleur est un peu là. Si on a mal, c’est qu’on est vivant. Et si on est vivant, on avance, c’est ça la course ! »

Quel est votre plus beau souvenir de coureur ?  

« Je pense à Béhobie-San Sebastian. C’est une course particulière où l’on part du point de frontière de Béhobie pour arriver à San Sébastian et ce n’est qu’une course de côte. Ce jour-là, j’ai fait un bon temps. Je me suis accroché à un copain, qui lui ne voulait pas faire de temps. Je me suis mis derrière lui, je n’ai pas craqué et il m’a tracté jusqu’ à la fin. C’est un grand souvenir de camaraderie même si, pour l’anecdote, mes copains ne s’attendaient pas ce que je fasse un bon temps ce jour-là. Du coup, je me suis retrouvé à l’arrivée en simple short et maillot, sans sou à attendre qu’ils reviennent me chercher, et c’était long. »

La cuisine, c’est un travail d’équipe, on parle de brigade de cuisine. La course à pied, c’est un sport individuel. Vous auriez pu faire un sport d’équipe ? Qu’est-ce qui vous fait choisir la course à pied ? 

« Je pense qu’il n’y a pas de sport individuel. Certes vous êtes seul pour courir, pour monter sur un ring ou un tatami mais il y a autour de vous un écosystème bienveillant qui a permis que vous soyez là. Il ne faut pas l’oublier. On va plus vite tout seul mais on va moins loin. Si on veut aller loin, il faut un petit groupe autour de soi .»

©Vincent Krieger.

On parle d’une équipe de chefs cuisiniers au départ de la 41eédition. Vous en savez plus ? 

« On a lancé plusieurs pistes. Il y a des gens très discrets dans ce métier et qui font vraiment de la course à pied, puis d’autres qui en parlent beaucoup et qui ont font un peu moins. On verra qui sera là. En tout cas, il y a un exemple pour nous cuisiniers, c’est un monsieur qui a toujours démontré que le sport était bon pour la cuisine. Ce monsieur c’est Gérard Cagna, un grand de la profession, qui a démarré chez Maxim’s en 1962. Il a 74 ans et sera au départ. Il s’est inscrit car j’étais parrain. Initialement, il ne voulait pas refaire la course. Il fait encore de très très bons temps et démontre que le sport dans le monde du travail permet de durer dans de bonnes conditions. Et pour cela, je salue Gérard Cagna, qui a encore un rôle modèle pour moi et qui m’a beaucoup aidé dans la transmission du savoir-faire. »

Quel message aux coureurs des 20 km de Paris ? 

Le message est assez simple, je leur dis : pensez aux libellules. Vous allez partir d’un pont, y’a de l’eau, pensez à ces petites insectes. Les libellules n’abandonnent jamais. Elles ne reculent jamais. Vous avez 20 km à faire, donc allez au bout. Peu importe le temps. Le temps est contre vous, mais vous allez voir, la magie de l’arrivée, le bonheur de l’arrivée peu importe le temps que vous aurez mis. »

Récent vainqueur du Tour des Cirques du Grand Raid des Pyrénées, IL retrace sa course et se projette sur sa fin de la saison. Il espère frapper un grand coup à la Réunion après sa troisième place l’an passé

Interview réalisée par Pierre-Laurent Gou – Photos : DR

Quelles sont vos impressions après votre victoire éclatante sur le 120 km du Grand Raid des Pyrénées ? 

« Heureux, je ressors regonflé moralement. J’ai pris énormément de plaisir même si j’ai couru la plupart du temps tout seul. Je m’étais dit que je voulais rester jusqu’à Gavarnie avec les premiers pour m’habituer à courir en peloton et me gérer, mais le naturel a très vite repris le dessus. J’avais besoin d’être à mon rythme pour être bien. Je ne regrette pas ma décision car plus on avançait plus l’écart grandissait et j’ai pu profiter des paysages grandioses. C’est aussi pour cela que j’avais choisi cette course, pour découvrir de nouveaux sentiers, changer de ma routine d’entraînement. Le Néouvielle est fantastique mais aussi terriblement technique. J’y ai perdu 1h30 sur mon tableau de marche. »

© DR –

Au final, vous battez tout de même le record de l’épreuve…

« C’est secondaire, dans la dernière partie, j’avais le cœur assez haut, dans le Néouvielle, sur chacun des trois sommets traversés. La technicité du terrain rendait aussi cette partie difficile alors j’ai pris mon temps. Mais alors vraiment ! Je ne devrais pas le dire mais un moment, je savais que j’avais de l’avance, alors j’ai profité de la nuit claire. Je me suis couché sur l’herbe pendant cinq minutes et j’ai observé la voie lactée. Cette pause m’a fait le plus grand bien, avant la dernière descente sur Vielle-Aure où j’ai pu dérouler. » 

A vous écouter, on a l’impression que vous n’avez pas souffert… 

« Détrompez-vous ! C’est aussi dur. J’ai eu des baisses de moral par moment mais j’apprends à les gérer. Le GRP se veut magnifique mais aussi très technique. Il y a pas mal de sentiers avec des cailloux instables. On est aussi assez haut en altitude, à plus de 2000 mètres et l’organisme ne réagit pas comme en bas. Mais bon, les Pyrénées sont tellement beaux, qu’il suffit de détourner le regard pour reprendre des forces. » 

Comment avez-vous géré vos ravitos. On nous a parlé d’une pizza ? 

« Mon ami Michaël s’occupait des ravitos. Vu les conditions très chaudes, j’ai pris du liquide, des boissons énergétiques ou de sucré. En arrivant à Barèges, en début de soirée, je le vois manger une pizza alors je lui ai demandé de partager avec moi. Je suis reparti pour les quarante derniers kilomètres avec deux bonnes parts de pizza dans le ventre. L’an dernier sur la Diagonale, en haut du Maïdo, après une quinzaine d’heures d’efforts, j’avais déjà demandé la même chose à mon épouse. C’est peut-être le secret de la réussite (rires) ! »

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Place maintenant à la Diagonale des fous où vous serez attendu suite à votre podium l’an dernier

Oui, c’est ma grosse course de l’année, et je voudrais y faire un bon truc. La saison a été bonne et j’espère que ce sera la cerise sur le gâteau. Je vais surement être plus attendu, mais le plateau y est toujours impressionnant. Je vais essayer de faire la même course que l’an dernier. 

Sauf que cette année, votre ambition est de gagner… 

C’est vrai que depuis ma troisième place de l’an passé, j’ai envie de plus mais quand on prend le départ de ce genre de courses, on ne sait pas ce qui va arriver. J’aimerai parvenir à la gagner, mais je ne sais pas si j’en ai les aptitudes. Ce sera ma cinquième participation, on verra bien ce qui va se passer. Je ne veux pas me mettre la pression. Je me considère toujours comme amateur, et cela me va bien. Depuis le début de l’année, j’ai fini mes courses longues fatigué à Madère comme Suisse en juin dernier. Le GRP m’a remis en confiance. Là, j’ai repris du plaisir sur du très long. Cela m’a regonflé à bloc.

La plus grande épreuve sportive et festive du département du Rhône s’annonce pour le 18 novembre. La fête sera complète, et le succès garanti. Le 13km affiche complet mais il reste des dossards pour le semi et le marathon. Un point avec le président des Beaujolais Runners.

Quelles seront les nouveautés de cette 13e cuvée ?

Un scoop d’abord, les semi-marathoniens passeront cette année par le Cuvage des Compagnons du Beaujolais, un endroit exceptionnel ! Pour la 12 km, le cru 2017 s’enrichit d’1 km et s’officialise en 13 km du Rhône, un clin d’œil au département du Rhône, parrain de la course, qui réunit 13 cantons. Sur cette course populaire, le port du déguisement sera quasi-obligatoire. La Beaujolais Colors by Color Me Rad, 4ème épreuve qui se veut festive comme ses ainées, mais avec une touche de fun en plus sera ouverte à tous, pour 5km sans chrono et suivi d’un festival électro.

Lors de la « nuit du marathon », vous célébrez (entre autres) les coureurs qui cumulent plus de 100 marathons à leur compteur. C’est une singularité…

Le Marathon International du Beaujolais, qui rassemblera 17 000 coureurs, privilégie l’ambiance festive. Certains, anonymes mais atypiques seront présents. Ainsi le « club des 100 » réunit traditionnellement  les coureurs « over 99 marathons ». Il nous a paru évident que tous ses coureurs anonymes passionnés de marathon méritaient une reconnaissance. Notre évènement situé en fin de saison est par ses aspects festifs très bien placé pour les honorer tous les ans. Ils sont devenus nos amis. 2 à 3 passent le cap à cette occasion. Le plus capé, Pascal Comte atteindra le 18 novembre plus de 370 marathons !

Sur ce Marathon du Beaujolais, on fait la fête sans modération, et on déguste ! Combien d’escales gourmandes en chemin ?

Les marathoniens auront la chance de traverser 9 magnifiques châteaux sur le parcours, 15 dégustations dont 9 ravitaillements complets. Sur le 21km, 14 dégustations dont 4 ravitos seront proposées. Enfin, les coureurs du 13 km du Rhône ne seront pas en reste, pas moins de 10 dégustations et 2 ravitaillements ponctueront le parcours.