Récent vainqueur du Tour des Cirques du Grand Raid des Pyrénées, IL retrace sa course et se projette sur sa fin de la saison. Il espère frapper un grand coup à la Réunion après sa troisième place l’an passé

Interview réalisée par Pierre-Laurent Gou – Photos : DR

Quelles sont vos impressions après votre victoire éclatante sur le 120 km du Grand Raid des Pyrénées ? 

« Heureux, je ressors regonflé moralement. J’ai pris énormément de plaisir même si j’ai couru la plupart du temps tout seul. Je m’étais dit que je voulais rester jusqu’à Gavarnie avec les premiers pour m’habituer à courir en peloton et me gérer, mais le naturel a très vite repris le dessus. J’avais besoin d’être à mon rythme pour être bien. Je ne regrette pas ma décision car plus on avançait plus l’écart grandissait et j’ai pu profiter des paysages grandioses. C’est aussi pour cela que j’avais choisi cette course, pour découvrir de nouveaux sentiers, changer de ma routine d’entraînement. Le Néouvielle est fantastique mais aussi terriblement technique. J’y ai perdu 1h30 sur mon tableau de marche. »

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Au final, vous battez tout de même le record de l’épreuve…

« C’est secondaire, dans la dernière partie, j’avais le cœur assez haut, dans le Néouvielle, sur chacun des trois sommets traversés. La technicité du terrain rendait aussi cette partie difficile alors j’ai pris mon temps. Mais alors vraiment ! Je ne devrais pas le dire mais un moment, je savais que j’avais de l’avance, alors j’ai profité de la nuit claire. Je me suis couché sur l’herbe pendant cinq minutes et j’ai observé la voie lactée. Cette pause m’a fait le plus grand bien, avant la dernière descente sur Vielle-Aure où j’ai pu dérouler. » 

A vous écouter, on a l’impression que vous n’avez pas souffert… 

« Détrompez-vous ! C’est aussi dur. J’ai eu des baisses de moral par moment mais j’apprends à les gérer. Le GRP se veut magnifique mais aussi très technique. Il y a pas mal de sentiers avec des cailloux instables. On est aussi assez haut en altitude, à plus de 2000 mètres et l’organisme ne réagit pas comme en bas. Mais bon, les Pyrénées sont tellement beaux, qu’il suffit de détourner le regard pour reprendre des forces. » 

Comment avez-vous géré vos ravitos. On nous a parlé d’une pizza ? 

« Mon ami Michaël s’occupait des ravitos. Vu les conditions très chaudes, j’ai pris du liquide, des boissons énergétiques ou de sucré. En arrivant à Barèges, en début de soirée, je le vois manger une pizza alors je lui ai demandé de partager avec moi. Je suis reparti pour les quarante derniers kilomètres avec deux bonnes parts de pizza dans le ventre. L’an dernier sur la Diagonale, en haut du Maïdo, après une quinzaine d’heures d’efforts, j’avais déjà demandé la même chose à mon épouse. C’est peut-être le secret de la réussite (rires) ! »

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Place maintenant à la Diagonale des fous où vous serez attendu suite à votre podium l’an dernier

Oui, c’est ma grosse course de l’année, et je voudrais y faire un bon truc. La saison a été bonne et j’espère que ce sera la cerise sur le gâteau. Je vais surement être plus attendu, mais le plateau y est toujours impressionnant. Je vais essayer de faire la même course que l’an dernier. 

Sauf que cette année, votre ambition est de gagner… 

C’est vrai que depuis ma troisième place de l’an passé, j’ai envie de plus mais quand on prend le départ de ce genre de courses, on ne sait pas ce qui va arriver. J’aimerai parvenir à la gagner, mais je ne sais pas si j’en ai les aptitudes. Ce sera ma cinquième participation, on verra bien ce qui va se passer. Je ne veux pas me mettre la pression. Je me considère toujours comme amateur, et cela me va bien. Depuis le début de l’année, j’ai fini mes courses longues fatigué à Madère comme Suisse en juin dernier. Le GRP m’a remis en confiance. Là, j’ai repris du plaisir sur du très long. Cela m’a regonflé à bloc.

La plus grande épreuve sportive et festive du département du Rhône s’annonce pour le 18 novembre. La fête sera complète, et le succès garanti. Le 13km affiche complet mais il reste des dossards pour le semi et le marathon. Un point avec le président des Beaujolais Runners.

Quelles seront les nouveautés de cette 13e cuvée ?

Un scoop d’abord, les semi-marathoniens passeront cette année par le Cuvage des Compagnons du Beaujolais, un endroit exceptionnel ! Pour la 12 km, le cru 2017 s’enrichit d’1 km et s’officialise en 13 km du Rhône, un clin d’œil au département du Rhône, parrain de la course, qui réunit 13 cantons. Sur cette course populaire, le port du déguisement sera quasi-obligatoire. La Beaujolais Colors by Color Me Rad, 4ème épreuve qui se veut festive comme ses ainées, mais avec une touche de fun en plus sera ouverte à tous, pour 5km sans chrono et suivi d’un festival électro.

Lors de la « nuit du marathon », vous célébrez (entre autres) les coureurs qui cumulent plus de 100 marathons à leur compteur. C’est une singularité…

Le Marathon International du Beaujolais, qui rassemblera 17 000 coureurs, privilégie l’ambiance festive. Certains, anonymes mais atypiques seront présents. Ainsi le « club des 100 » réunit traditionnellement  les coureurs « over 99 marathons ». Il nous a paru évident que tous ses coureurs anonymes passionnés de marathon méritaient une reconnaissance. Notre évènement situé en fin de saison est par ses aspects festifs très bien placé pour les honorer tous les ans. Ils sont devenus nos amis. 2 à 3 passent le cap à cette occasion. Le plus capé, Pascal Comte atteindra le 18 novembre plus de 370 marathons !

Sur ce Marathon du Beaujolais, on fait la fête sans modération, et on déguste ! Combien d’escales gourmandes en chemin ?

Les marathoniens auront la chance de traverser 9 magnifiques châteaux sur le parcours, 15 dégustations dont 9 ravitaillements complets. Sur le 21km, 14 dégustations dont 4 ravitos seront proposées. Enfin, les coureurs du 13 km du Rhône ne seront pas en reste, pas moins de 10 dégustations et 2 ravitaillements ponctueront le parcours.