La fracture de fatigue touche aussi bien le débutant, que le coureur confirmé qui augmente brutalement le nombre, l’intensité et la durée des séances. Le point sur cette fausse fracture qui est un vrai handicap.



La fracture de fatigue touche surtout les coureurs à pied accumulant entraînement et compétitions sans temps de repos suffisant. Cette blessure est donc courante dans le cadre d’une préparation marathon. Il ne s’agit pas d’une vraie fracture, mais de fissures osseuses.

Ces « fissures de fatigue » résultent de l’accumulation des chocs plantaires dont chacun, pris isolément, n’aurait bien entendu aucun retentissement fâcheux. Or, il faut savoir que les structures osseuses se « construisent » sur plusieurs années d’activité.

Ainsi, la charpente du corps est-elle continuellement soumise à l’action des cellules qui fabriquent ou détruisent les substances osseuses.

C’est pourquoi un repos prolongé en chambre provoque rapidement une décalcification des os, suivie d’une atrophie (ostéoporose) qui augmente considérablement les risques de fracture. A l’inverse, une suractivité sur un os non préparé, entraîne un remodelage de l’os où « l’usure » l’emporte sur la réparation.

Fracture de fatigue, quel est le diagnostic ?

La plupart du temps, les fractures surviennent au niveau du bassin ou des membres inférieurs : tibiagenouos du tarse (os du pied), métatarses (os des orteils), fémur,fibula (péroné). 

Quelle que soit la localisation de la fracture de fatigue, la douleur se manifeste souvent de manière progressive. La douleur survient d’abord uniquement au début de l’effort et cesse à dès la fin de l’activité. Plus on pratique, plus tôt la douleur se manifeste. Elle devient de plus en plus intense, au point de devoir cesser sa course. Il est possible qu’un œdème se forme ou une légère enflure chaude au toucher.

Les anomalies radiologiques sont difficiles à déceler au début car le remodelage de l’os est particulièrement fin. La caractéristique essentielle de la fracture de fatigue est le retard d’apparition des signes radiologiques par rapport à l’installation de la gêne douloureuse.

En effet, il faut compter environ deux à trois semaines pour que la radiographie « manifeste » une présence anormale de type fissuration transversale au niveau de la zone sensible.

13 facteurs favorisants

  1. Augmentation non progressive et soudaine de l’intensité et du volume d’entraînement
  2. Séances de rythme trop fréquentes
  3. Sols durs
  4. Changement brutal de surface : passer de l’herbe ou de la terre à l’asphalte et au macadam
  5. Chaussures trop usées ou inadaptées : manque d’amorti ou semelle trop rigide
  6. Troubles morphologiques : pieds creux, genu varum (jambes arquées), genu valgum (jambes en X), jambes de longueur différente
  7. Reprise accélérée après un arrêt prolongé (blessure, vacances). Des épidémies de fissure de fatigue apparaissent à la rentrée des vacances, en septembre-octobre sur des os qui ne sont plus habitués à des efforts intenses et répétés
  8. Diminution de la densité minérale osseuse (DMO)
  9. Masse grasse faible : un certain taux de masse grasse est indispensable pour transformer les androgènes en estrogènes afin de maintenir la densité osseuse
  10. Arrêt des règles. On parle d’une diminution de la masse osseuse par carence estrogénique. Cette diminution de la densité osseuse devient irréversible quand l’aménorrhée se prolonge au-delà de 2 à 3 ans
  11. Tabagisme
  12. Consommation prolongée de glucocorticoïdes
  13. Médicaments contre les brûlures d’estomac. Les sportifs sont de gros consommateurs d’anti-inflammatoires (AINS). Par ricochet de protecteurs gastriques, pour lutter contre les brûlures digestives des AINS, cela rend plus difficile l’absorption du calcium et fragilise les os

Comment s’en sortir sans grand « temps mort » ?

Pour soigner une fracture de fatigue, l’efficacité du traitement dépend essentiellement du repos de l’os touché. Si les phénomènes douloureux sont très importants, la mise en décharge peut être nécessaire à l’aide de cannes anglaises.

La consolidation est d’autant plus rapide que la prescription d’arrêt de sport de la zone concernée est bien respectée.

Pendant la phase de consolidation, on doit pratiquer des activités portées telles que l’aquarunning ou le vélo. Sans ce protocole, la durée du conflit peut aller au-delà de six mois, alors que, bien traitée, l’affaire doit être réglée en quatre à dix semaines.