Dominique Cado, marathonien breton de 66 ans partage son expérience de coureur sur son site lalignebleue.net dont le succès l’amène à écrire un deuxième livre. Rencontre. 

EN BREF. Dominique Cado, retraité, 66 ans, habite Vannes, a couru 20 marathons, meilleur temps en 3h34’. Son prochain défi : terminer les 177 km de l’Ultra-Marin où il s’est cassé le nez trois fois Son livre de chevet  : Marathon de François Peronnet. Son site : www.lalignebleue.net. Son Facebook : Dom Kdo.

Cette ligne bleue qui guide les marathoniens, Dominique Cado en a fait sa muse. Le fil d’Ariane de son premier livre, édité chez Amphora. De A à Z, toujours avec un zeste d’humour, ce lexique vulgarise le jargon du coureur de fond. Amuseur, empêcheur de tourner en rond, ce Breton en est un bon. D’une page à l’autre, les calembours y jouent des tours. 

Depuis sa publication, Dominique Cado prolonge les bons mots en ligne. Chaque semaine, ce professeur de cuisine retraité partage ses écrits sur son site internet. Fartlek, PPG, seuil, VO2max, VMA, negative split : chaque terme est décrypté. Souci de simplicité, plume soignée, ton décomplexé. En tout, plus de 250 articles partagés, du billet d’humeur au plan marathon, avec un franc succès. Son site compte plus 2,5 millions de visiteur dans 147 pays. Une surprise pour Dominique qui s’est lancé dans cette aventure « on line » par simple envie de partager. 

Trente-cinq ans de tabac

Pas de diplôme d’entraîneur, mais une somme de « bagages » amassés à grandes foulées. La passion l’a gagné sur le tard, à l’aube de la cinquantaine. « Après trente-cinq ans de tabac à raison d’un voire deux paquets de cigarettes par jour, je me dis qu’il va être temps de croquer la vie à pleins dents plutôt que la mort à pleins poumons. Mon médecin m’a laissé le choix entre la natation, la course à pied ou les médicaments, drôle de triathlon… comme je nage comme un menhir, et que les médicaments ne me semblent pas encore la solution, il me reste la course à pied, pas ma tasse de thé… », raconte-t-il en substance à l’entame de son livre.  Son cardiologue, multi-marathonien, lui montre alors le chemin. Après un mois de footing, une folle envie : courir le marathon du Mont-Saint-Michel pour ses 50 ans. A l’époque, confesse-t-il, «  j’avais du mal à courir deux kilomètres ! ». 

Rien d’exceptionnel…

Pari tenu au pied de la Merveille, un dimanche de mai 2002 en 4h15’. « Rien d’exceptionnel mais un bonheur indescriptible ». Depuis, 20 marathons bouclés – sa distance fétiche – mais aussi des semis à la pelle, un 24h et quelques trails, notamment les 56 et 86 km du Raid du Golfe du Morbihan, chez lui, à Vannes. Son meilleur temps sur 42 km ? 3h34’. Rien d’exceptionnel, ajoute-t-il encore, si ce n’est que ce temps’ correspond au potentiel de ses 57 ans. « Lorsque l’on se rapproche de son potentiel, on est exceptionnel. J’ai plus d’admiration pour quelqu’un qui termine en 4h30 à son plein potentiel, que pour quelqu’un qui boucle en 3h, alors qu’il a un potentiel de 2h30. Pour cela, il faut connaître sa VMA, et courir son marathon à 80% de sa VMA », insiste le marathonien. Et lui, cherche-t-il toujours à coller à sa VMA ? Plus maintenant. «  Je n’en vois plus l’intérêt, je n’ai plus rien à me prouver. En revanche, si je peux accompagner une personne proche de son mieux, je le fais avec plaisir ». Dominique s’entraîne trois à quatre fois par semaine toute l’année, en endurance et en incorporant des séances de fartlek principalement. Jamais au-delà du trop, toujours à l’écoute de son corps. « Il faut savoir écouter ses jambes plutôt que sa tête, qui voudrait parfois que l’on aille s’entraîner matin et soir, c’est le danger ! » ajoute le master. Conseiller les autres plutôt que courir pour soi, voilà désormais son mantra. Dominique partage ainsi sans compter. Blago-bloggeur, meneur d’allure parfois, il anime aussi des chroniques sur le running les week-ends sur Larg’, la radio du Golfe. Son actualité, c’est un deuxième livre, La ligne bleue prend son envol 2, condensé de ses conseils bien avisés, qu’il peaufine. Bref, une retraite bien occupée pour ce coureur « lambda » extra.

La ligne bleue se décline… Après avoir mis à l’honneur son ami peintre et marathonien Vincent Dogna en couverture de La ligne bleue de A à Z (Amphora), son deuxième opus, La ligne bleue prend son envol jonglera avec la mouette « rieuse » du jeune dessinateur Sébastien Lamart.