« Je suis marathonien ! »

Courir un marathon est un rêve que partagent tous les coureurs. Après avoir longtemps hésité, je me suis enfin jeté à l’eau sur le Marathon de Paris, accompagné par la team Hoka.

Détermination, entraînement et dépassement de soi. C’est avec ces adjectifs que l’on pourrait qualifier la préparation d’un marathon, notamment le premier, un véritable saut dans l’inconnu. J’ai couru plusieurs semi-marathons, avec un meilleur chrono d’1h31’07’’ mais quand j’ai sauté le pas pour me lancer sur le Marathon de Paris, je ne pensais pas me donner autant. Durant près de trois mois, j’ai enchaîné les entraînements intensifs afin d’être le mieux préparé possible.

J’ai travaillé la condition physique, l’endurance, mais également le mental. Je ne savais pas comment mon corps allait réagir. Une défaillance en cours de route est toujours possible. Je l’ai donc gardé à l’esprit au fil des semaines.

Trois mois de préparation intensive

Charlotte Morel et Frédéric Belaubre, triathlètes professionnels et athlètes Hoka, ont terminé leur marathon en 2h56’20’’ et 2h51’49’’.
Charlotte Morel et Frédéric Belaubre, triathlètes professionnels et athlètes Hoka, ont terminé leur premier marathon en 2h56’20’’ et 2h51’49’’. ©Peignée Verticale

J’ai pu compter sur l’aide et le soutien de la team Hoka, avec deux coachs de choc, Charlotte Morel et Frédéric Belaubre, deux triathlètes pro qui courront aussi leur premier marathon. Depuis janvier, ces champions me distillent de précieux conseils pour m’entraîner. Et ils m’ont aussi aidé sur le choix de la nutrition, que j’ai pris le soin de tester en amont de la compétition.

Pour ce qui est de l’entraînement, 4 à 5 sorties hebdomadaires étaient au programme. J’ai couru en moyenne 65 km par semaine. En alternant les séances longues, avec des sorties pouvant aller jusqu’à plus de 30km, avec des séances de côtes ou bien du fractionné, histoire de travailler le cardio et la vitesse, deux qualités toujours être intéressantes à développer.

Marathon de Paris, excitant, exigeant

Marathon de Paris 2023, top départ.
©Peignée Verticale

Dimanche 2 avril. Me voilà enfin sur les Champs-Élysées en compagnie de 50 000 coureurs venus du monde entier pour participer à ce Marathon de Paris. Dans le peloton, comme moi, 43% des coureurs s’apprêtent à vivre leur premier marathon.

J’entre dans mon sas et attend patiemment le départ, entre euphorie et stress. J’ai le sourire, mais la boule au ventre.

Je me fixe des paliers au niveau du chrono visé. Sur les premiers kilomètres, je suis à la lettre les conseils : surtout, pas d’emballement. Je prends un départ prudent et descends les Champs en pente douce avec la place Concorde dans le viseur.

J’ai vite trouvé mon rythme de croisière dans le peloton. Opéra, Musée du Louvre, Bastille défilent avec ça et là, des musiciens, des bénévoles et des supporteurs bien emmitouflés pour nous acclamer. Il ne fait pas bien chaud ce dimanche matin mais Paris est à la fête.

Après une parenthèse verte dans le Bois de Vincennes, on retrouve les rues Paris. Au passage au semi, je suis dans les temps prévus. Les sensations sont bonnes. Mais encore une fois, prudence, je ne m’enflamme pas.

Dix kilomètres avec la tête…

Raphaël, heureux finisher du Marathon de Paris.
Raphaël, heureux finisher du Marathon de Paris. ©Peignée Verticale

Entre le 20e et le 30e kilomètre, j’accélère l’allure, passant de 4’45 en moyenne à 4’35, porté par les acclamations de la foule. Je regretterais bien vite cette poussée d’adrénaline. Car les derniers kilomètres feront mal. Cela fera sans doute sourire les traileurs, mais moi, j’ai bien senti passer les presque 300 mètres de dénivelé au cumulé !

J’ai à nouveau baissé le rythme, plus conforme à mes prévisions. Je profite au mieux du moment présent. Avoir Paris à ses pieds. Communier avec des milliers de coureurs. Se sentir porté par tous les supporteurs massés sur les trottoirs. C’est aussi cela, le Marathon de Paris.

Les jambes sont dans le dur à présent mais je garde l’allure. La montée entre le km39 et le km40 m’a scié. On dit souvent qu’on court un marathon 30 km avec les jambes, 10 km avec la tête, 2 kilomètres avec le cœur et 195 mètres avec les larmes. C’est tellement vrai. Fouler le tapis vert et passer sous l’arche d’arrivée fut une délivrance.

Il m’a fallu quelques minutes pour réaliser. Ça y est, c’est fait. Je l’ai fait, je suis marathonien. C’est pour moi un bel aboutissement, le tout en 3h21’37’’, 8 minutes de mieux que l’objectif visé. J’ai mis deux jours à retrouver mes jambes, bien raides, l’envie de recourir la distance chevillée au cœur. Merci Paris.