Après des années noires et quelques déboires, Ben Violot, ancien obèse alcoolique s’est relevé grâce à la course à pied. Désormais, il poursuit ses rêves d’ultra-trailer. Signe particulier : il va nu-pieds, et court en sandales sur les sentiers.

Ben Violot court les ultra-trails en sandales.
Ben Violot court les ultra-trails en sandales.

Surpoids, alcool, tabac, dépression… A 25 ans la vie de Ben Violot va à vau-l’eau. « Je débordais de partout. Je pesais plus de 110 kilos pour 1,85m. Je fumais comme un pompier et je picolais tous les soirs. Bref, je n’étais pas certain pouvoir atteindre les 50 ans, sachant que c’est l’âge auquel mon père, que j’ai perdu à l’adolescence, a fait son deuxième infarctus. »

Un jour, un sursaut : « J’ai commencé à courir en 2010, pour me remettre en forme. J’étais capable de marcher des heures un sac sur le dos, je me suis dit que j’arriverai bien à courir quelques kilomètres. En réalité, ce n’était pas la joie, je faisais 3 kilomètres, au plus, dans les allées du Bois de Boulogne. J’avais d’emblée mal aux genoux. Malgré tout, j’ai persisté, car ses deux ou trois sorties par semaine me faisaient du bien », raconte ce Canadien résidant en France. 

La course comme thérapie

« Petit à petit, j’ai arrêté l’alcool. Pour la clope cela a été plus compliqué, mais j’ai fini par lâcher. Côté alimentation, je me suis sevré du sucre. J’en consomme très peu aujourd’hui, même en course, je carbure plutôt aux œufs durs », explique ce chef d’entreprise.  

En 2017, à Paris, il termine son premier marathon en 4h30. Sans transition, il enchaîne avec la Jungfrau, un marathon suisse bien plus costaud (2700mD+ par les sentiers). Nouveau déclic : c’est la montagne qui le fait vibrer. Le trail sera sa nouvelle marotte. SaintéLyon en 2017, Ultra Sud Tyrol Ultra Sky Race (127 km et 7500mD+) en 2018… Le voilà alors lancé sur les sentiers. 

Des lectures accompagnent sa petite révolution. En fil rouge, une envie de « reconnexion à la nature ». Il s’intéresse à l’approche de l’Américain Daniel Libermann, qui prône le retour à la course pieds nus, tout comme Christopher Mac Dougall, dans le best-seller Born to Run.

Ben Violot court les ultras-trails en sandales.
En sandales, même sur les sentiers les plus techniques.

Courir en sandales, une quête minimaliste 

« En magasin, on me proposait des chaussures toujours plus amorties. A chaque fois, je me faisais plus mal. J’ai eu des périostites à répétition. Je me suis dit que le problème, c’était mes chaussures. Je suis passé aux paires minimalistes Merrell, Altra, ou encore Topo Athletic, mais je les craquais sur l’avant, façon sandwich, car j’ai le pied très large. C’est un peu comme cela que j’en suis venu essayer les sandales, dont parle l’auteur dans Born to Run »

L’intérêt d’aller ainsi, quasiment nu-pieds ? Les arguments ne manquent pas. « Une sandale est bien plus solide qu’une paire en mousse EVA qui se déforme rapidement. Il m’est arrivé de faire plus de 1 000 bornes avec une paire. Il n’y a pas d’amorti, donc pas confort, c’est sûr, mais la lecture du terrain est nettement meilleure. On développe son équilibre, ses réflexes. » N’est-ce pas périlleux, sur les sentiers empierrés ? « Au contraire, on peut difficilement se tordre la cheville, comme on est très proche du sol », témoigne le coureur. Autre avantage : la personnalisation, bien plus facile.

S’il ne se « borne » pas à courir en sandales, Ben reconnait que c’est ce qui lui convient le mieux, hiver comme été. Une question de sensations. Il a ainsi terminé l’Endurance Trail des Templiers avec une paire de Panta Sandals, sa marque fétiche, aux pieds. 

Partager autour d’un podcast 

En avril, il retournera sur le 100 miles Istria. Après deux abandons et quelques déconvenues, le franco-canadien fin prêt et bien équipé, tentera de battre le record réalisé en sandales (30h47’) sur cet ultra croate. Cet objectif lui a permis de rester motivé pendant les confinements. Ben a  profité de cette période difficile pour lancer un podcast, le Serment d’hypocrite. Ses invités y parlent santé, bien-être et nutrition. De fil en aiguille, il est ainsi devenu ambassadeur pour La Clinique du Coureur, ainsi que pour une marque lilloise de nutrition sportive sans glucides, Holyfat.

Il s’est aussi lancé comme coach santé, faisant profiter de sa petite expérience à des sportifs en quête de nouveaux défis. Bref, le Ben runner d’aujourd’hui, pleinement épanoui, ne demande qu’à partager sa philosophie de vie.